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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 21:09

 800px-Carte des coprs de volontaires de 1830

Evidemment, à l'époque on raisonnait encore en termes d'indépendance de la Belgique. Ce qui n'allait plus durer.

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 06:55

J’ai lu avec intérêt les opinions de Jules Gheude et d’Alain Maskens publiées dans « La Libre Belgique » de ces 4 et 5 juillet. L’argumentation relève souvent davantage d’une préférence a priori que l’on cherche à justifier que de l’objectivité, par ailleurs illusoire sur l’appréhension du fait politique, tant celle-ci peut être subjective. Tout en sachant que dans des matières aussi complexes il subsistera très probablement inévitablement un degré d’incertitude par rapport à la pertinence des argumentations qui présideront aux choix, quels que soient les scenarios.

 

En l’occurrence, le seul principe logique essentiel à ne pas perdre de vue étant que tout qui prend parti pour un scenario déterminé concernant la Wallonie ou Bruxelles, doit le faire sur base de ce qu’il estime vraiment être le meilleur possible pour les Wallons ou les Bruxellois. C’est pourquoi il est évidemment primordial d’entamer au plus tôt un débat public sur les choix d’avenir possible pour ces deux Régions-Etats en devenir fort différentes l’une de l’autre. Or là, le champ est beaucoup plus large que des choix tranchés publiés ici où là pourraient le faire croire.

 

Il faut en particulier en finir avec l’illusion d’une « Belgique francophone » qui n’ose pas dire son nom puisqu’appelée « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Sans rejoindre tout à fait Bert Kruismans - l’humoriste chouchou de la RTBF toujours en quête du « bon Flamand » - qui déclare cyniquement que Bruxelles est une ville « qui parle en français mais pense en flamand », tout montre que cette création politique est destinée à rester parfaitement artificielle et très instable.

 

Je ne partage pas le choix de termes guerriers par Jules Gheude qui parle de « dernière bataille » et de « coup décisif » comme s’il déniait à la Flandre le droit légitime des Peuples à disposer d’eux-mêmes. Comme je reste confondu devant le fait que des partis et des organes de presse francophones ont pu taire aux citoyens la réalité politique et institutionnelle qui s’est imposée le 31 octobre 1962 lors du « clichage » de la frontière linguistique par 130 députés (dont 93 élus dans les arrondissement flamands) contre 56 autres (dont 45 élus d’arrondissements wallons). « Clichage » qui a été complété par l’adoption de la loi sur l’emploi des langues et la reconnaissance des quatre régions linguistiques le 2 août 1963 ainsi que par l’inscription dans la Constitution des Régions linguistiques le 24 décembre 1970. Constatons donc que depuis 1963, et à plusieurs reprises, ce choix politique de la frontière linguistique a plutôt été confirmé que remis en question malgré un échafaudage de délicats compromis. La Constitution (et personne ne remet ça en cause) précise que les limites des Régions ne peuvent être changées ou rectifiées que par une loi adoptée à la majorité des suffrages dans chaque groupe linguistique de chacune des Chambres… Ne rêvons plus ! BHV est scindé depuis 49 ans et les frontières sont définitives. Préparons plutôt l’avenir. Et à ceux qui estiment que la reconnaissance du caractère flamand serait une tragédie pour les francophones égarés (comme l‘écrivait déjà Jules Destrée en 1929) on peut rétorquer que la scission de l’Université de Louvain a apaisé les esprits dans la ville universitaire, que les francophones seront toujours libre d’être candidats et de voter pour des listes francophones. Encore que, pour les élections régionales de 2009, 58% des électeurs francophones ont apporté leurs suffrages à la liste francophone (UF) alors que 42 % des électeurs (toujours francophones) ont voté pour une liste flamande classique… Rien ne prouve que l’éclatement de la Belgique ne soit pas – à terme- une bonne chose. En particulier pour les Wallons.

 

On pourra objecter à mon opinion que celle-ci se préoccuperait peu du destin des francophones de Bruxelles ou des environs. Wallon, je n’aurai pas l’impudence de m’exprimer à leur place. C’est à ceux-ci à se choisir leur propre avenir. Depuis Renan, pour les tenants d’un humanisme français, la conception moderne de la nation dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve plutôt sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d’une appartenance commune. Elle est ainsi à la fois extérieure aux individus, en même temps qu’elle est intériorisée et transmise d’une génération à l’autre.

Le fort sentiment d’appartenance et de différenciation par rapport aux autres régions qui est exprimé régulièrement à Bruxelles – et Alain Maskens a raison de le dire - montre qu’au-delà des difficultés liées au multiculturalisme local, il existe une identité forte, facteur d’autonomie bruxelloise. Laissons-la s'exprimer.

Cela n’a jamais empêché les Wallons d’exprimer une forte solidarité avec les Bruxellois dits francophones. Mais cette solidarité doit être réciproque et suppose, à Bruxelles, une même solidarité à l'égard de la Wallonie. Une solidarité concrétisée dans des engagements plus précis que ceux édictés sous les auspices de la seule institution actuelle de la Communauté française. Des accords directs bi-régionaux pourraient avantageusement remplacer le flou actuel. La « Belgique francophone » si elle est anti-flamande est également et surtout fort peu soucieuse de l'identité wallonne.

 

Pour la Wallonie, pour les Wallons, confrontés à court terme et inéluctablement à des choix imposés mais douloureux, il n’est plus temps de craindre l’avenir, mais de le préparer. C'est-à-dire, se donner les moyens de le comprendre avant qu’il ne devienne présent afin de l'affronter avec la dignité d’un peuple adulte et responsable. Il revient aux acteurs politiques et sociaux, mais aussi aux intellectuels, de considérer ce dernier comme tel. On sait (on pense) que le passage par un confédéralisme de dissociation qui se prépare n’est que l’antichambre du séparatisme. Dans un premier temps, la Flandre s’en accommodera tout en maintenant - pour dix ans ? - le lien solidaire avec les Wallons, qu’elle n’aura pourtant de cesse de vouloir rompre le plus tôt possible. La Flandre n’est pas encore tout à fait prête, il lui reste à parfaire ses préparatifs en utilisant au mieux la latitude que lui laissent le système de péréquation et la loi de financement des entités régionales. C’est là l’intérêt des Flamands.

Malgré cela, au-delà de ces réflexions, faut-il pour autant négliger un aspect essentiel : Jamais encore des raisons purement économiques n’ont été à la base de la création ou de la disparition d’un Etat. Et, en effet, on observe qu’une volonté politique forte n'est pas tenue de respecter des analyses économiques même objectives mais aussi parfois frileuses. L’exemple de la Slovaquie est là – certes dans un autre contexte – pour le montrer. Pourquoi les Wallons n’auraient-ils pas, comme d’autres, le droit de croire en eux ? Mais là aussi et pour cette raison, il y aura à arbitrer entre l’émotion et la raison. Comme l’écrivait Louis de Bonald dans ses « Considérations sur la Révolution française » : « Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n’est pas de faire son devoir, mais de le connaître ».

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Published by Claude Thayse - dans Réflexions
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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 16:13

La guerre froide de tranchée que se livrent la Wallonie et la Flandre depuis les années ’30 est évidemment loin d’être terminée. Le « gaz de combat » ou plutôt « l’agent biologique » le plus toxique s’appelle – j’en ai souvent parlé ici même « Communautés ». Tout serait effectivement plus simple si on parlait en termes de territoires.

Dans le texte fondateur de Jules Destrée : «la célèbre « Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre » sur laquelle j’aurai bientôt l’occasion de revenir, s’il se revendique internationaliste, en tant que socialiste (ce qui est bien dans l’esprit de l’époque), il considère que s’il y a internationalisme, cela suppose l’existence de nations, Destrée conclut ainsi : « Une Belgique faite de l’union de deux peuples indépendants et libres, accordés précisément à cause de cette indépendance réciproque, ne serait-elle pas un Etat infiniment plus robuste qu’une Belgique dont une moitié se croirait opprimée par l’autre moitié? » J’aime bien qu’il précise comme s’il avait eu une vision prémonitoire des cent ans qui viennent de s’écouler n’avoir: « pour la solution de cet inquiétant problème, qu’un espoir limité dans notre monde politique »…

 

Quoiqu’il en soit, si la situation économique a changé, le contexte politique, lui a évolué très (trop !) lentement. Mais les choses bougent et je ne me range pas dans le camp des pessimistes qui augurent d’un avenir sombre pour la Wallonie. Celle-ci se débarrasse progressivement des virus de pensée qui ont été implantés au cours des 60 dernières années par des médias qui ont repris sans vérification des propos alarmistes et défaitistes quand ils n’étaient pas inventés de toute pièce pour servir la propagande flamande ou belgiciste. Leur objectif ? : « Tout faire pour nier l’existence de la Wallonie, ce vague « sud du pays »…

 

J’ai parlé précédemment de la fable qui veut que les Wallons auraient refusé le bilinguisme dans les années ’30… Il y en a un autre encore plus grand. Celui, fondateur du nationalisme flamand : « les Wallons ont dominé la Belgique depuis sa création et opprimé les Flamands »…

Or c’est évidemment absolument faux. Voici, depuis la montée en force du Mouvement flamand, la répartition de l’origine (« pré »- régionales) des ministres jusqu’au moment de la publication de la « Lettre au roi » /

Ministères et périodes

Flamands

Bruxellois

Wallons

A. Beernaert : 26 octobre 1884/ 17 mars 1894

60%

14 %

26 %

J.de Burlet  : 26 mars/1894/25 juin 1896

75 %

9 %

16 %

P.de Smet de Naeye : 26 juin 1896/ 23 janvier 1899

87 %

-

13 %

J.Vanden Peereboom : 24 janvier 1899/ 31 juillet 1899

84%

-

16 %

P. de Smet de Naeyer : 5 août 1899/ 12 avril 1907

76 %

-

24 %

J. de Trooz : 1er mai 1907/ 31 décembre 1907

67 %

11 %

22 %

F.Schollaert : 9 janvier 1908/ 8 juin 1911

57%

22 %

21 %

Ch. de Broqueville : 18 juin 1911/ 4 août 1914

42%

22 %

36 %

Les Wallons y ont toujours été minoritaires. Il est difficile de préciser les préférences des ministres bruxellois, mais on peut supposer que, même si le système électoral n’était pas universel, ils devaient privilégier les intérêts de leur communauté (pour utiliser un terme moderne) or, celle –ci était majoritairement flamande comme le montre les résultats du recensement de 1848 :

Bruxelles et sa périphérie (ancien B-HV avec facilités)

Nl – Fr.

Anderlecht

90% - 10%

Auderghem (Ouderghem)

Wat.-Boitsf.

Bruxelles (Brussel)

60% - 39%

Haren

100% - 0%

Laeken (Laken)

79% - 21%

Neder-over-Heembeek

99% - 1%

Etterbeek

97% - 3%

Forest (Vorst)

93% - 7%

Ixelles (Elsene)

54% - 46%

Jette

87% - 13%

Koekelberg

98% - 2%

Molenbeek-Saint-Jean (Sint-Jans-Molenbeek)

85% - 15%

Schaerbeek

72% - 28%

Saint-Gilles (Sint-Gillis)

83% - 17%

Saint-Josse-ten-Noode (Sint-Joost-ten-Noode)

49% - 51%

Uccle (Ukkel)

95% - 5%

Watermael-Boitsfort (Watermaal-Bosvoorde)

98% - 2%

Woluwe-Saint-Lambert (Sint-Lambrechts-Woluwe)

100% - 0%

Woluwe-Saint-Pierre (Sint-Pieters-Woluwe)

99% - 1%

Berchem-Sainte-Agathe (Sint-Agatha-Berchem)

100% - 0%

Evere

100% - 0%

Ganshoren

100% - 0%

Woluwe-Saint-Étienne (Sint-Stevens Woluwe)

99% - 1%

Kraainem

100% - 0%

Drogenbos

89% - 11%

Linkebeek

100% - 0%

Rhode-Saint-Genèse (Sint-Genesius-Rode)

94% - 6%

Wemmel

99% - 1%

Wezembeek-Oppem

99% - 1%

 

Difficile de croire que les ministres bruxellois aient été tellement altruistes qu’ils en auraient oublié leurs intérêts…  Citons Destrée à ce propos, il les a bien connus : « « Une seconde espèce de Belges s’est formée dans le pays, et principalement à Bruxelles. Mais elle est vraiment peu intéressante. Elle semble avoir additionné les défauts des deux races (terme utilisé à l’époque pour « communautés » et n’ayant pas le côté péjoratif actuel), en perdant leurs qualités. Elle a pour moyen d’expression, un jargon innommable dont les familles Beulemans et Kakebroek ont popularisé la drôlerie imprévue. Elle est ignorante et sceptique. Elle a pour idéal un confortable médiocre. Elle ne croit à rien, est incapable de générosité ou d’enthousiasme, soupçonne toujours chez autrui le mobile bas et intéressé, abaisse par la « zwanze » toute idée qui la dépasse. Certains laudateurs de cette platitude en ont voulu faire une vertu: le « middelmatisme », mot aussi laid que l’état d’esprit signifié. Le patriotisme de ces middelmates est nul, ils accepteraient bénévolement toute domination qui ne dérangeait point leurs aises coutumières. Cette population de la capitale, dont quelques échantillons épars existent en province, n’est point un peuple: c’est un agglomérat de métis ». Hélas, depuis, depuis leur position centrale ils ont pris  le contrôle des puissants moyens de propagande que sont la radio et la télévision d’abord, de la presse écrite ensuite, le «middelmatisme », s’est largement répandu chez nous également et n’est plus seulement circonscrit à Bruxelles…

 

Michel Quévit a donc raison de faire remonter les causes du déclin wallon aux premières années de l’existence de la Belgique.  Mais je vous ai déjà entretenu de tout ça !

La raison de ce billet tient à la publication, fin juin, dans « Le Vif » d’une interview de Bart De Wever qui fait une comparaison entre l’Allemagne et la Flandre à propos de la dette grecque…

Il y dit, en substance : « Les pays en difficulté et du sud ont besoin d’une transfusion », pour lui, en échange de cette « transfusion », ces pays et régions doivent faire des efforts, « ils doivent accepter des réformes et continuer leurs mesures d’économies » Pour le leader flamand, il existe ainsi, en Europe, une ligne qui sépare le sud du nord. « Et malheureusement, cette ligne passe par la Belgique »”. Surtout, il ajoute que pour lui, l’Allemagne, comme la Flandre « doit payer et n’a pas voix au chapitre ». « "L'idée que l'Europe devient un peu un modèle belge en plus grand prend de l'ampleur. Personne ne peut reprocher aux Allemands de ne pas avoir envie de devenir les Flamands de l'Europe ».

Je trouve la comparaison assez malheureuse, mais significative d’un certain esprit… dont De Wever ne se fait que le porte parole.

Commençons par l’Allemagne…

Nous sommes en 1941. Le 6 avril, la Wehrmacht envahit la Grèce. Elle y restera jusqu'en 1944. Dans son ouvrage « Dans la Grèce d'Hitler », l'historien Mark Mazower estime que la Grèce est le pays qui a le plus souffert du joug nazi – derrière la Russie et la Pologne – et qu'elle a subi un « pillage systématique de ses ressource ». En 1941, les nazis imposeront en outre à la Banque centrale grecque, comme ils l'ont fait dans d'autres pays, un prêt de 476 millions de reichsmarks au titre des contributions à l'effort de guerre.

 

Cet « emprunt » ne sera évidemment jamais remboursé, pour la simple raison qu'il ne figure pas dans l'accord de Londres de 1953 qui fixe le montant des dettes extérieures contractées par l'Allemagne entre 1919 et 1945. Afin de ne pas répéter les erreurs du traité de Versailles et de ménager ce nouvel allié de l'Ouest face à la menace communiste, les Etats-Unis consentent à réduire la dette de l'Allemagne de moitié. Les victimes de l'Occupation sont priées d'oublier leurs demandes de réparation. L'objectif stratégique des alliés est d'édifier une Allemagne forte et sereine, plutôt que ruinée par les dettes et humiliée.

 

Washington obtient surtout des pays bénéficiaires du plan Marshall qu'ils renoncent à exiger immédiatement leur dû, repoussant d'éventuelles réparations à une réunification de l'Allemagne dans le cadre d'un « traité de paix ». « A partir de là, l'Allemagne s'est portée comme un charme pendant que le reste de l'Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l'occupation allemande », a résumé l'historien de l'économie allemand Albrecht Ritschl, professeur à la London School of Economics, dans un entretien à Der Spiegel (vous trouverez une version française dans le Courrier international).

 

Ce sursis permettra à la RFA de connaître un véritable « miracle économique », le fameux Wirtschaftswunder pendant quatre décennies. Et au moment de passer à la caisse, Bonn s'arrangera pour ne pas honorer ses engagements. Le chancelier Helmut Kohl obtient en effet que le traité de Moscou de 1990 entérinant la réunification ne porte pas la mention « traité de paix », une des conditions figurant dans l'accord de 1953 pour d'éventuels remboursements. « C'était un moyen de continuer à fuir les réparations », souligne le Süddeutsche Zeitung (article traduit en français). En approuvant ce traité, la Grèce a perdu, aux yeux de Berlin, toute légitimité à réclamer des réparations. « Dans la pratique, l'accord de Londres de 1953 libéra les Allemands de leur obligation de rembourser leurs dettes de guerre ».

 

Si on suit bien, l'actuel champion économique de la zone euro a fait trois fois défaut au cours du XXe siècle : dans les années 1930, en 1953 et en 1990, L'Allemagne n'a pas réglé ses réparations après 1990 - à l'exception des indemnités versées aux travailleurs forcé (et encore, ils ont pourtant essayé récemment encore…). Les crédits prélevés de force dans les pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale et les frais liés à l'Occupation n'ont pas non plus été remboursés. A la Grèce non plus. Or personne en Grèce n'a oublié que la République fédérale devait sa bonne forme économique aux faveurs consenties par d'autres nations.

Le parallèle est facile à faire avec la Wallonie. Quévit avait parlé de « pillage économique de type colonial », pour parler des transferts économiques de Wallonie vers la Flandre et Bruxelles. Sans parler du détournement des milliards fonds européens usurpés, les Wallons, comme les Flamands ne devraient pas oublier que la bonne forme économique de la Flandre vient du transfert (de la captation ne pourrait-on pas parler d’occupation par la Belgique) sous couvert de « solidarité nationale » de notre richesse et du fruit de leur labeur.

 

De Wever a raison, la Flandre et l’Allemagne partagent évidemment la même mauvaise foi quand il s’agit de rembourser ses dettes.

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 06:26

 

NB : ce billet est également publié sur http://www.forces-wallonnes.be.

 

En cette veille du premier mai, fête (initialement de la déduction) du travail, que chacun cherche à s’approprier, le RW vous invite à la réflexion.

 

Qui va faire gagner la Wallonie demain ? : Ceux qui comprendront l’attente principale des Wallons et sauront la satisfaire.

 

Mais quelle est-elle donc, cette attente ?

 

Comment arriver en effet à faire un choix judicieux entre tous les thèmes politiques d’actualité sur lesquels les Wallons sont en attente ? De l’emploi à la croissance, de l’immigration à la sécurité, de la dette au budget, de l’index à la compétitivité, de l’Europe à la mondialisation, de l’éducation à l’écologie, du Fédéral à la Région, de la Région à la Communauté…

Pas simple ! Ne sommes-nous pas en effet devant une sorte d’immense fouillis devenu assez incompréhensible pour le commun des mortels ? Comme un cochon qui n'y retrouverait pas ses petits, le politique le plus habile éprouve lui aussi quelques difficultés quant à la sélection du thème essentiel, quitte alors à recourir aux vielles recettes du populisme ou de la langue de bois. Il suffit d’ouvrir vos journaux ou d’écouter les émissions politiques pour s’en rendre compte.

 

Pourtant, à y regarder de plus près, sur tous ces sujets sur lesquels les politiques traditionnels sont cruellement en échec, quelque chose prime dans la tête de tous les Wallons : le sentiment diffus de toujours subir, d’avoir perdu la main. Voilà l’attente principale qu’il faut satisfaire : ils veulent qu’on les aide à reprendre la main sur tous ces sujets qui sont les leurs.

 

Car les faits sont là. Depuis soixante ans, un peu comme le savon mouillé glisse de la main, tout leur a échappé : le travail pour commencer qui, par les grands changements que l’entreprise a connus, imposés par le système (je ne reviendrai pas sur les causes exogènes et parfaitement démontrées de ce qu’on a appelé « le déclin wallon » *) et par sa disparition progressive au fil des années, les a poussés subrepticement dans la précarité, l’incertitude du lendemain ou la solitude sociale ; la monnaie, la dette, et le budget avec ses coupes sombres dans les revenus, imposées par une politique d’austérité due aux errements des banquiers et à une pensée unique elle aussi importée qui sacrifie les recettes de la croissance ; les systèmes sociaux (il n’y a pas que la Sécurité sociale) destinés à compenser, à rééquilibrer les situations personnelles et que chacun a vu se faire détruire progressivement; l’Europe et la mondialisation qui ont complètement éloigné les citoyens de ces sphères nouvelles de décision ; l’enseignement qui les a progressivement écartés de l’école et de la compréhension même des choses les plus élémentaires pour aider leurs enfants à espérer avoir une vie plus agréable qu’eux ; la politique enfin qui ne propose plus grand-chose d’exaltant ni d’alternative... La récente sortie de la FGTB de Charleroi contre un certain PS (« La Libre » du 30 avril 2012) le montre encore… « A force de composer, on finit par se décomposer » dit à juste titre Daniel Piron dans cette interview.

 

Enfin, facteur d’aliénation, le bond technologique et surtout médiatique auquel les Wallons se sont d’ailleurs très bien adaptés mais qui a curieusement eu deux mauvaises conséquences quant à leur liberté : il a inversé les rapports de force, rendant le client vassal du fournisseur, et il les a éloignés de leurs réalités en créant une véritable addiction aux médias - si peu - sociaux et aux nouveaux gadgets High Tech…

 

Bref, pour chaque Wallon, un destin devenu aléatoire a remplacé peu à peu la maîtrise relative que celui-ci avait eue dans le passé sur toutes ces réalités. Avec pour conséquences perverses une certaine forme de repli sur soi, un désintérêt affiché pour la chose publique, la réduction de sa place et de son engagement dans la vie civile, pourtant gage du bon fonctionnement et de la qualité de la démocratie. Il ne faut pas chercher ailleurs les causes de la poussée de certains partis aux élections présidentielles françaises.

 

Et chez nous ? Dans les partis traditionnels qui ont mis des barrières à l’entrée des partis émergents, facteurs de renouvellement et qui, en conséquence, occupent le pouvoir depuis tant de temps, où sont donc passés les militants sincères et désintéressés ?

 

Démocratie ? Oui le voilà, le véritable enjeu des prochaines années: aider les Wallons à reprendre la main sur leur destin plutôt que les maintenir sous le joug d’une fausse et illusoire protection belge.

 

Il est temps d’arrêter la poursuite d’une politique qui accentue la perte vertigineuse qu’ils ressentent - à juste titre - dans la conduite de leur vie ; mais aussi celle consistant à vouloir les protéger à tout prix contre la réalité soi-disant inéluctable du monde à venir. Une autre manière en somme, après les avoir fragilisés, de les maintenir dans l’infantilité.  

Il faut dire que la seule certitude en la matière, c’est qu’il n’y en a pas. Il n’y en a jamais eu.

 

A nous, au Rassemblement wallon, de leur offrir la perspective du changement qui, non seulement rompra avec ce passé atrophiant quant à leur liberté de choisir, mais leur ouvrira de nouveaux horizons en les responsabilisant et en leur redonnant ce « goût de l’avenir » dont Max Weber disait qu’il est le fondement de la politique.

 

(*) Après des travaux fondateurs comme ceux de M. Michel Quévit, un consensus s'est dégagé pour reconnaître que la Wallonie a souffert d’un désinvestissement des décideurs économiques belges au profit de la Flandre, à savoir la haute bourgeoisie bruxelloise placée à la tête des sociétés holdings qui contrôlaient une grande partie du capital des entreprises belges.

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Published by Claude Thayse
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 17:34

Un communiqué de la Régionale Rassemblement Wallon du Brabant wallon

 

La déclaration gouvernementale fédérale comprend le projet de fusion d’arrondissements judiciaires pour en réduire le nombre de moitié. Deux raisons – en plus des économies d’échelle escomptées - peuvent justifier cet objectif.

 

Il est évident que cette réforme s’inscrit dans le contexte de ce qu’il est convenu d’appeler la scission de l’arrondissement judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvoorde qui fait (faisait ?) figure d'exception puisqu'il s'étend sur deux arrondissements de régions différentes. L'arrondissement judiciaire de Bruxelles est qualifié de bilingue français-néerlandais. Le principe de cette scission est acquis moyennant quelques accommodements.

 

Les arrondissements actuels datent d’une époque - la période française pour l’arrondissement de Nivelles - où les déplacements étaient longs et difficiles et par ailleurs, la structure politique et institutionnelle du pays a évolué.

 

La Régionale Rassemblement Wallon du Brabant wallon estime qu’à l’instar d’autres institutions, l’organisation pratique de la Justice doit s’adapter à l’évolution institutionnelle et sociologique du pays. En d’autres termes, il faut rapprocher la Justice des citoyens et servir ces derniers dans la langue de leur Région. Plutôt que de se faire sous les influences politiques des uns et des autres, la réflexion devrait se nourrir d’une étude intégrant les besoins réels de la population en termes de proximité.

 

Pourquoi, par exemple maintenir le système actuel des Cours d’Appel  dont les juridictions ne correspondent pas aux limites administratives des provinces, ni même des Régions puisque actuellement le Brabant wallon dépend de la Cour d’Appel de Bruxelles ? Pour mémoire, hors cette dernière située de fait en dehors du territoire wallon, Il y a deux Cours d’appel à Mons et Liège. Est-ce normal, réaliste et surtout suffisant ?

En effet, il est évident que l’existence de décrets et règlements spécifiques à la Wallonie va s’accentuer. Ce qui va devoir être appliqués par les tribunaux... Pensons simplement à l'aménagement du territoire qui a une très grande implication judiciaire.

 

La Régionale RW du Brabant wallon veut rappeler aux élus fédéraux de la province, qui devrait être une vraie province à part entière (*), que le Brabant wallon fait partie intégrante de la Wallonie. Il les appelle à être particulièrement vigilants dans ce dossier et à ne brader ni l’intégrité de la province ni surtout l’appartenance régionale au nom d’on ne sait quels intérêts communautaires.

 

Le Rassemblement Wallon souhaite que la réforme en cours soit l’occasion de revoir l’organisation administrative et territoriale de la Justice pour que celle-ci corresponde aux réalités institutionnelles et sociologiques de la Wallonie actuelle et future. En particulier pour les habitants du Brabant Wallon, Wallons à part entière.

 

(*) C’est un autre domaine, mais faut-il rappeler l’oubli de la scission du Diocèse de Malines-Bruxelles qui inclus encore le Brabant wallon - incongruité que, alors que les diocèses d’Anvers et de Hasselt voyaient logiquement le jour à la fin des années 1960 -  et dont le principe a pourtant été accepté en son temps par le Vatican lors de la scission de l’ancienne province unitaire du Brabant ? Oubli qui coûte cher chaque année puisque le budget du Brabant wallon intervient dans des travaux des fabriques de cathédrale de Malines et de Bruxelles sans que les Conseillers provinciaux s’en émeuvent, alors qu’il suffirait de refuser de voter ce point pour provoquer le débat nécessaire.

 

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Published by Claude Thayse - dans Brabant wallon
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 11:45

Voici le texte d'une pétition envoyée aux candidats à la Présidence de la République et aux actuelsdéputés à l'Assemblée nationale.

 

Elle rejoint complètement les positions du Rassemblement wallon en ce qui concerne la défense de notre patrimoine culturel tellement mis à mal par la « Fédération Wallonie-Bruxelles».

 

Abandonner nos langues nationales est un crime culturel, politique et économique.

 

L’anglo-américain connaît un degré d’extension mondiale jamais atteint par aucune langue avant lui. Son éventuel reflux prendra des décennies. Il doit son triomphe actuel à la surpuissance d’abord de l’Empire britannique, puis des Etats-Unis après 1945, et à leurs politiques très volontaristes d’expansion linguistique et de « conquête des esprits ».

 

Cette domination entraîne une dévalorisation des autres langues, y compris des plus grandes telles, en Europe, l’allemande, l’italienne. La langue française la subit de plus en plus à l’étranger  et en France. L’anglicisation forcenée pénètre commerce, communication interne de grandes entreprises, publicité, médias, audio-visuel, jusqu’aux secteurs vitaux : recherche et publications scientifiques, brevets non traduits.

En France, comme en Italie et en Allemagne, l’enseignement est affecté. Dès l’école maternelle et élémentaire, le temps imparti au français diminue au profit du seul anglais. Dans les écoles de commerce, dans tout l’enseignement supérieur, les cours en anglais prolifèrent. Peut-on accepter qu’un «  classement de Shanghaï », basé sur des critères exclusivement anglo-américains, prétende faire loi en matière d’évaluation scientifique, et formate les esprits au détriment de leur créativité ? Nouvelle guerre contre l’intelligence ! (Charles Durand).

 

Ce que l’hégémonie de l’anglais fait perdre en influence, en cultures populaires, en attraction d’étudiants étrangers, à l’allemand, au russe, au français, etc., les Anglo-Américains le gagnent. Sur le simple plan matériel, le Pr. François Grin, de l’Université de Genève, chiffre leur gain annuel en dizaines de milliards d’euros.

 

L’avenir du monde ne repose pas sur la langue anglaise ! L’imposer comme langue commune puis unique est une aberration tant culturelle et spirituelle qu’économique et politique.

 

Plus grave : cette hégémonie est relayée, voire portée, par les élites d’Europe, bien que toutes ne soient pas les « collabos de la pub et du fric » stigmatisés à juste titre par Michel Serres.

En France, la baisse des crédits au remarquable réseau d’action culturelle – lycées, instituts, Alliances françaises - et de coopération à l’étranger  s’est accentuée ces dernières années.

C’est surtout cette attitude vassale qu’il convient de dénoncer et faire cesser dans les parties de nos peuples intoxiquées par une propagande incessante depuis plus d’un demi-siècle.

Nous appelons les Français, tous les francophones, non seulement à s’indigner, mais surtout, contre la politique de la langue unique, contre la pensée unique (Claude Hagège), à résister.

 

La résistance au mondialisme niveleur, pour le français et la biodiversité linguistique, doit être au cœur des élections prochaines, puisque la langue est un bien commun que chacun peut contribuer à préserver tous les jours, et lors des élections.

 

Nous invitons donc les citoyens qui refusent la soumission à cet ordre destructeur de la personnalité de la France, de sa langue et de la diversité linguistique et culturelle, à demander un engagement clair à tous les candidats à la Présidence et à la députation.

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Published by Claude Thayse
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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 05:30

Je délire peut-être, mais...

 

Si j’ai bien compris, en termes techniques (je vous résume -une partie de - la théorie), les swaps (de l'anglais « to swap »  : échanger) sont des échanges d'une devise contre une autre, alors que fonctionnellement, c'est une sorte d’emprunt.

 

Un swap c'est, en quelque sorte, un accord entre deux parties qui s’entendent pour procéder à un échange. Une forme d’arrangement qui consiste à effectuer une transaction à double sens d’actifs financiers. On tire sur son crédit et on reconstitue ensuite dans un court délai son droit au tirage.

 

Le montant principal du swap n’est pas échangé, c’est pourquoi on parle souvent de montant « notionnel ». Seuls les flux d’intérêts sont échangés aux dates prévues par le contrat. Les deux contreparties peuvent convenir de ne s’échanger que la somme nette des montants dus de part et d’autre. En règle générale, l'une des deux parties paie donc un intérêt à l'autre partie du swap. Cela dépend des différentiels entre les taux d'intérêt en cours entre les deux devises.

 

Au cours de la crise 2008-2009, la FED (Réserve fédérale américaine) a fourni près de 60 milliards de dollars sous cette forme de crédit à diverses institutions financières étatiques. Finalement, parce que les conditions de crédit se sont améliorées depuis, les emprunteurs de l'époque ont logiquement « débouclé » (comme on dit dans les milieux financiers) ces swaps, ce qui les a fait disparaître complètement du bilan de la FED... Jusque là, rien à dire.

Mais pourquoi parler de ça ici ?

 

Parce que c’est à partir de maintenant que ça devient intéressant, suivez-moi…les choses sont à nouveau en train de changer.

 

Vous le savez, la Banque centrale européenne (BCE) ne peut pas directement renflouer les gouvernements insolvables européens de Grèce, d'Italie, d'Espagne, du Portugal, (de Belgique ?) etc... Comme de son côté, la FED ne peut pas directement sauver les banques (insolvables !) européennes…

 

On en vient donc aux techniques de renflouements indirects...

 

Principe de fonctionnement :

 

La FED est actuellement en train d'accélérer à nouveau son activité de swap et ouvre de nouvelles lignes de crédit illimitées à la BCE sous ce qu'on appelle des « accords de swap » entre banques centrales.

A son tour, la BCE fournit des capitaux pour trois fois rien aux banques européennes en difficulté (0,01 %*). Puis, les banques - comprenant une contrepartie tacite ? - utilisent ce financement très bon marché pour acheter les bons d’Etat à fort rendement des états endettés, dégradés par les agences de notation.

 

Donc, si l'on suit le parcours de l'argent, la FED prête (indirectement) de l'argent aux états endettés... en passant indirectement par les banques européennes (insolvables, mais… refinancées par les Etats auquels elles prètent à fort taux d'intérêts) qui gagnent de l'argent (qu'elles ne méritent pas) dans l'affaire, tandis que les contribuables perdent de l'argent qu'ils ne méritent pas de perdre...

 

Voilà pourquoi votre fille est muette !

 

C'est simple la finance internationale!

 

Merci de réagir si vous estimez que je n'ai rien compris... Mais... 

 

(*) http://www.larrouturou.net/2012/01/pourquoi-faut-il-que-les-etats-payent-600-fois-plus-que-les-banques/

 

Et pour compléter, à lire : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201846370526-stiglitz-exhorte-les-europeens-a-repenser-leur-gestion-de-la-crise-276137.php

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 18:30

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les propos de Jean-Claude Marcourt, pourtant mesurés ont eu le mérite de susciter le débat… Un débat qu’avec d’autres nous souhaitions depuis des années.

 

La réalité

 

Qu’a-t-il dit concrètement sinon ceci : « il faut  déconstruire  la fédération Wallonie-Bruxelles pour la reconstruire ensuite »… Rien de bien dramatique. Au contraire, un raisonnement logique pour quelqu’un qui a dans ses compétences l’enseignement supérieur du commerce extérieur, des PME et l’Economie et qui se rend bien compte des dysfonctionnements induits par cette institution qui empêche les deux Régions de mener à bien les politiques qui les concernent. Il n’a pas tort, « cette fédération ne correspond plus à rien. »

 

Marcourt a évidemment pris la mesure du Mouvement bruxellois (une réalité, même si peu osent l’appeler comme ça) puisque même le CdH bruxellois a, à l’occasion d’un déjeuner de Nouvel An (10 janvier), également insisté pour que le monde politique bruxellois se montre proactif afin de consolider l’autonomie de la Région… Le PS était intervenu récemment dans le même sens lors du budget de la « COCOF » et une députée libérale avait même estimé en même temps que la Fédération Wallonie-Bruxelles était plutôt une fédération Wallonie-Wallonie (ainsi que d’autres… Belle unanimité !). Je ne remontrerai pas à l’époque où Fadila Lanaan, fraîchement désignée Ministre en charge de la culture annonçait qu’elle allait rééquilibrer les subsides en faveur de Bruxelles qui comme chacun le sait est « une sorte de désert en matière d’institutions culturelles »....

 

Et si, simplement, Marcourt avait voulu rappeler aux Bruxellois que s’ils existent c’est parce que la Wallonie les a défendu et les défend encore face à la Flandre ? Après tout, depuis 1830, la Wallonie a transféré des moyens financiers et humains (1) considérables pour favoriser le développement de Bruxelles et de toute la Flandre (Sans compter les Fourons qui ont été sacrifiés (abandonnés) pour permettre la reconnaissance de la Région bilingue de Bruxelles-Capitale).

 

Difficile dans ces conditions - sans être de mauvaise foi -  de critiquer la solidarité des Wallons envers Bruxelles. Solidarité qui a été sans faille jusqu’ici.

 

La 6ème réforme de l’Etat oblige évidemment à réfléchir – et très vite – aux moyens à mettre en œuvre et aux outils nécessaires pour accélérer le redressement socio-économique de la Wallonie. Quoi de plus normal ? Et ce qui est valable pour la Wallonie l’est également pour Bruxelles qui –peu touchée grâce à la réforme de la loi de financement - s’en sort bien alors que la Flandre et surtout la Wallonie et y perdront suivant des économistes de la KUL (2).

 

Le Rassemblement Wallon depuis qu’il existe a toujours plaidé pour une plus grande responsabilisation des Régions et la prise en main de leur destin. Ce qui n’exclut nullement – et nous ne pouvons nous réjouir de lire qu’un des principaux ministres du gouvernement wallon nous rejoigne sur ce point - des accords de coopération équilibrés entre Régions voisines. Chacun étant maître chez soi. La seule nuance concerne le nombre. Marcourt n’en voit que trois. Faut-il lui rappeler que là aussi, c’est comme les Mousquetaires… qui étaient quatre ?

 

J’aime assez cette opinion de Michel Quévit à « La Libre » dans laquelle il montre une belle évolution et remet les pendules à l’heure : « La Wallonie est viable seule, oui. Vous savez, tout est relatif : la Flandre est la 45e région d’Europe et Bruxelles est 3e ! Tandis que la Wallonie se classe 70e en termes de PIB/habitant (3). Dans ce débat, on est dans une logique de stigmatisation. Or, la Wallonie peut s’en sortir seule : elle n’est pas la dernière région d’Europe, elle est juste en dessous de la moyenne. Mais c’est le rôle de la politique que de lui permettre de passer au-dessus de cette moyenne. Il n’y a pas de fatalité au sujet du redressement économique. Le Pays Basque était comme la Wallonie avant de revenir dans la moyenne européenne. Et ils n’ont pas besoin de la Catalogne pour s’en sortir ».

Il a raison, nous sommes bels et bien là dans une logique de stigmatisation. Tout le monde, à commencer par les Flamands a peur de la prise d’autonomie de la Wallonie.

Le bêtisier

 

Sans parler des éditorialistes des journaux de la capitale, à tout seigneur tout honneur ; à ce jour, ceux qui ont hurlé le plus fort sont Flamands (Grouwels) et Bruxellois comme Maingain ou Moureaux. (entre autres…)

 

Morceaux choisis :

Grouwels :

« Pourquoi Marcourt voit-il Bruxelles comme un frein ou un handicap plutôt que comme un atout ? Pourquoi veut-il que la Communauté française se retire de facto de Bruxelles et se replie sur la Wallonie ? Bruxelles ne s'en portera pas mieux et la Wallonie, non plus. Ce n'est pas en se désinvestissant de Bruxelles (par exemple dans le domaine de l'enseignement) que la Communauté française investira plus en Wallonie. C'est une situation lose-lose plutôt que win-win ».

Maingain :

« Jean-Claude Marcourt fait de l'isolationnisme qui va à l'encontre des intérêts des Bruxellois et des Wallons. Désormais, il apparaît que c'est également le cas coté wallon. Il y a une complicité implicite entre les régionalistes wallons et les nationalistes flamands. »

« Bruxelles et la Wallonie, pris séparément, n'ont aucun avenir économique ! Il n'y a pas un économiste sérieux (sic ! Voir ci-dessus) qui prône un repli sur soi de ces deux Régions

Moureaux :

« Il faut envisager des scénarios déchirants »

« Si la Wallonie ne veut plus de nous, nous devrons en tirer les conséquences. Les Bruxellois ne doivent pas rester au balcon ! »

 

J’aurais pu ajouter Borsus ou Miller pour le MR. Mais leur position est difficile puisqu’ils doivent donner des gages « d’unité indéfectible » suite à leur rupture avec leur aile bruxellissime. Ne tirons pas sur l’ambulance.

 

On le voit, la perspective de voir la Wallonie oser se prendre en main et veiller – enfin – elle-même à ses intérêts va à l’encontre de la pensée unique (propagande belgo-flamande) de ceux qui ont compris que l’autonomie wallonne servira d’abord l’intérêt des Wallons. On comprend dès lors la stigmatisation immédiate que fait naître toute remarque ou propos concernant une possible réflexion autonomiste ou simplement d’identité… Faut-il rappeler cette jolie définition de l’écrivain liégeois Pierre-René Mélon qui n’a pas pris une ride  : « Repli wallon » : affirmation d'identité émise à plus de 20 kilomètres de la capitale ?

 

 

(1)    Michel Quévit - Flandre - Wallonie Quelle solidarité ? (Editions Couleur-livres 2010

(2)    La nouvelle loi sur le financement ferait gagner à terme 272 euros par habitant à Bruxelles et 207 euros/habitant au Fédéral, tandis que la Wallonie en perdrait 210 et la Flandre 289. http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/article/713673/loi-de-financement-flandre-et-wallonie-et-y-perdront.html

(3)    Sachant que le PIB est le plus mauvais moyen d’estimer la richesse produite par une Région… si on compare les rentrées de l’impôt des personnes physiques (IPP) : Wallonie et Bruxelles représentent autant que la Flandre pour les rentrées fiscales. Ce qui est encore plus frappant, c’est lorsqu’on regarde les rentrées de l’Isoc (impôt des sociétés) : c’est la Wallonie qui reçoit le plus de l’impôt des sociétés… mais qui en parle ?

(4)    « Petit glossaire de la sous-France », Ed. talus d'approche

 

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Published by Claude Thayse - dans Coup de gueule
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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 05:40

Que penser de l’article publié ce 12 janvier dans « Le Soir » sous la plume de Béatrice Delvaux ?

 

En gros, d’après l'enquête « Soir-Standaard » : « Chroniques d'un état critique » publiée entre Noël et Nouvel an, si certains en sont encore à rêver d'un plan B (Belgique continuée sous forme de Fédération Wallonie-Bruxelles), pour l’éditorialiste « vedette » de ce quotidien bruxellois, des  « Wallons haut placés » préparent leur futur sans la Flandre et (surtout horreur  sans nom !) sans… Bruxelles.

 

Le caractère plus que tanguant, des analyses et des positions de Mme Delvaux sur les questions dites communautaires est trop bien connu. Tantôt le ras-le-bol et la tentation de jeter le bébé avec l'eau du bain,  tantôt l'encensement quasi mystique de la solution fédérale ou à défaut de mieux, de la liaison (soumission) à la Flandre pourvu que la Belgique survive, tantôt l'exaspération de ce « non-pays » (une de ses expressions favorite) et – le plus souvent - la mise au coin, si pas l’accusation de ringardise de ceux qui ne vont pas dans le sens voulu par la Pythie francophone de la périphérie flamande de Bruxelles.

 

Mais le ton de l’article nourrit de propos divers (et pourtant connus mais redécouverts) donne à croire qu’elle penserait que l'idée qu'un plan « W » serait finalement non seulement nécessaire, mais bienvenu.

Pour nous, c’est évident, pour elle, c’est surprenant. Serait-ce là un vrai changement politique véhiculé par le Soir ?

Relayer l'idée, dans ses colonnes plus que conservatrices au sens unitaristes (reconnaissons le), que la fin de la Belgique serait peut-être pour 2014, voire même 2012 ou au plus tard 2019…  pourrait constituer un fait majeur quand on connaît le poids politique de ce quotidien dans la construction-déconstruction de l'opinion publique. Mais attendons de voir…

 

Si une hirondelle ne fait pas le printemps. Compte tenu du caractère fluctuant de l’auteur de cet article et, sans être parano, d’éventuelles arrières pensées « d’appel à la raison » à ceux qui au sein des partis transitionnels sont très loin d’approuver l’existence d’une identité wallonne (par crainte d’effaroucher leur « électorat fond de commerce) pour essayer de tuer cette idée dans l’œuf », ce qui est intéressant, ce sont les nombreux commentaires d'intervenants qui, sur le même ton et avec des scores d’approbation importants, se réjouissent de cette perspective. Commentaires qui peuvent se résumer d'une seule courte phrase : « enfin le plan W » !

 

Comme quoi, nous étions des précurseurs à l’époque de « W+ » en mettant en avant dans notre programme – et au moins dans un premier temps, tant que ce pays existe encore - une Belgique redessinée sur base des quatre territoires régionaux (*) autonomes et égaux en Droits.  Depuis, on sait qu’il nous reste une petite dizaine d’année.

 

Mais, espérant me tromper, force est aussi de constater que les forces qui irriguent encore l'opinion publique wallonne, conjuguées aux attentes des membres influents de notre population (**), de leur incapacité (ou pusillanimité ?) à se remettre en question, je ne peux qu’en retirer aujourd’hui la conviction que ces derniers iront jusqu'au bout de tout ce qui peut ressembler à la continuation d'une Belgique, aussi fantasmée soit-elle.  Pourtant, même si le gouvernement Di Rupo n'est là que pour repousser l’échéance inéluctable, tous savent maintenant que l'on va vers l’étape suivante : un état confédéral.  C’est est un progrès.

 

Notre rôle est de hâter la réflexion  qui permettra à la scission de se réaliser, étape essentielle pour une solution d'avenir. A nous d’accompagner les Wallons pour accomplir la totalité de leur voyage d’émancipation de la tutelle belge qui leur a tant couté (***).

 

Alors, oui ! En avant pour le plan « W » !

 

(*) Euphémisme pour ce qu’ailleurs, on appellerait « Etats confédérés »

(**) En dehors de membres importants de représentants syndicaux(en particulier Thierry Bodson)  qui ont un message de plus en plus clair.

(***) Je vous renvoie au dernier livre de Michel Quévit qui reste une mine d’informations en attendant la sortie de presse d’un livre original sur le passé et le présent wallon écrit conjointement par un historien (Arnaud Pirotte) et un géographe (Yannick Beauthière).

 

http://0z.fr/8X5qN

 

Repris de Forces Wallonnes

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 06:39

« N’attendez pas de ceux qui ont créé des problèmes, qu’ils puissent les résoudre »
Albert Einstein.

Madame, Monsieur,

Il reste moins de dix ans à la Wallonie pour reprendre la juste place qui est la sienne dans le concert des Régions développées d’Europe. Les temps qui viennent seront difficiles. L’euphorie médiatique qui a suivi la laborieuse mise en place d’un gouvernement fédéral sous la pression des agences de notation ne doit pas le faire oublier. 

 

Tout au long cette année de campagne électorale, mais aussi les suivantes, nous vous promettons que nous allons surprendre: tout ce que nous dirons, tout ce que nous ferons ne sera dicté que par le seul impératif de l'intérêt supérieur de la Wallonie. Quitte à aller à contre-courant de la pensée générale comme, par exemple, de cette chimère politique sans substance : la « Fédération Wallonie-Bruxelles », posture verbale de la classe politique « francophone » qui camoufle son désarroi stratégique face à un Etat flamand en proche devenir. Le dire, c’est notre mission. C’est notre devoir.

 

Notre combat pour une certaine idée de la Wallonie, c'est un combat quotidien pour un maximum possible d’autonomie, un combat pour que, dans tous les cas, l'intérêt particulier cède devant l'intérêt général, pour que le bien commun ne soit pas accaparé par le profit de quelques-uns mais bien au contraire pour l'avantage de tous. Un combat qui refuse toutes mesures linéaires ou uniformes et qui prend en compte les intérêts locaux, mais en les fédérant dans l’intérêt de tous.

 

Nous pouvons l’affirmer puisque nous ne sommes tenus par aucun groupe d'intérêts, nous conserverons jusqu’au bout notre liberté. Il n'y a pas parmi nous de politiciens usés, d'hommes d'affaires véreux ou encore de « stars » hors du coup. Il y a en revanche avec nous ceux qui ont l'énergie de la résistance, l'espoir, mais aussi la volonté d'un avenir meilleur pour notre Wallonie !

 

Nous sommes certes aujourd'hui plus petits que d’autres, mais l'arbre de la liberté de la Wallonie et du rassemblement des Wallons au service de l'intérêt général est planté ! Cet arbre, c’est celui de la liberté, de la démocratie, et de la fierté que nous pouvons nous réapproprier pour être acteurs de notre destin et  de celui de la Wallonie.

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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