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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 11:34

Communiqué du Mouvement du Manifeste Wallon

Le Mouvement du Manifeste wallon s’est intéressé, au cours de ces derniers mois, au difficile cheminement du projet de réforme du Ministre J.C.MARCOURT, touchant le « Paysage de l’enseignement supérieur et universitaire ».

Au lendemain de l’accord obtenu par le Ministre de l’Enseignement Supérieur avec les Recteurs des six institutions universitaires principales de l’espace Wallonie-Bruxelles, le MMW, a analysé en Conseil d’administration  la substance de ce récent  accord, à la lumière de sa revendication, toujours confirmée, d’une régionalisation de l’Enseignement ; et il entend faire connaître sa forte déception à cet égard, au vu de la conclusion des multiples concertations.

Tout en reconnaissant avec satisfaction que de réelles avancées sont par ailleurs acquises, notamment pour faire admettre par tous la nécessité d’un dialogue et d’une coopération plus intenses et concrets entre les différentes institutions et réseaux d’enseignement supérieur et universitaire, le Mouvement du Manifeste wallon entend se distancier de la manière la plus nette , des orientations et principes directeurs adoptés mentionnés ci-après ; ils trahissent en effet, selon le MMW, une volonté claire de préservation du modèle de gestion politique et organisationnel COMMUNAUTAIRE de ce type d’enseignement, bien plus qu’ils ne font apparaître une réelle émergence d’un nouveau modèle de structuration REGIONALE  ET  INTER-REGIONALE, modèle que le MMW considère comme bien plus prometteur, en termes de dynamisation et de transversalité, dans la perspective du redressement wallon et bruxellois :

1. L’organe supérieur de coordination mis en place, qu’est l’Académie unique ARES, instituée dans un but de recherche permanente de qualité et d’excellence, est exclusivement conçu et organisé selon la configuration communautaire traditionnelle, sans prévoir aucun espace réel pour une vraie coordination universitaire wallonne préalable ;

2. La distinction territoriale entre l’enseignement présent dans le Brabant wallon et celui en place en Région bruxelloise , distinction initialement introduite avec clairvoyance dans le projet ministériel, a été finalement fortement gommée par le Ministre, sous la pression principalement de l’Université Catholique de Louvain, institution agrippée  à sa seule compréhension communautaire traditionnelle de sa mission et de sa gestion ;

3. Les pôles géographiques ou « académiques », destinés à permettre dans l’espace des regroupements d’institutions d’enseignement supérieur, sont définis en fonction d’un découpage territorial passéiste et purement conventionnel de la Wallonie, scotché aux désuètes limites de provinces, dans une large méconnaissance des nouvelles unités territoriales de base que sont les bassins de vie et les bassins scolaires ; de cette médiocre appréhension du paramètre territorial, découle, à titre d’exemple, un isolement inacceptable de l’espace d’enseignement correspondant à l’actuelle Province de Hainaut, espace censé remplir à lui seul, contre toute raison, la double fonction de pôle et d’ « inter-pôle »  d’enseignement supérieur et universitaire…

En conclusion, pour ces raisons principales, le Mouvement du Manifeste wallon entend exprimer ses nettes réserves quant aux potentialités de la nouvelle ‘architecture’ esquissée, et ce, eu égard aux objectifs primordiaux du développement régional, du relèvement sensible du taux de réussite des étudiants, et d’une démocratisation vraiment accrue de l’accès des jeunes à ce type d’enseignement.

Le MMW appelle donc à une reconsidération approfondie du projet de réforme dont il est question, et ce , dans l’intérêt même tant du niveau de qualité de l’enseignement, de la recherche, et de la gestion des institutions elles-mêmes, que des populations étudiantes concernées et de la redynamisation du tissu socio-économique des Régions.

                                                    Pour le Conseil d’Administration du Mouvement du Manifeste wallon,

                                                                                                                  Jean LOUVET , Président

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Published by Claude Thayse - dans Invités
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 01:52

 « L'homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l'opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution, et c'est à vous qu'est spécialement imposé le devoir de l'accélérer. Pour remplir votre mission, il faut faire précisément tout le contraire de ce qui a existé avant vous ». (Robespierre)

 

 

Je ne vais pas vous parler de cette foutaise qui occupe certains esprits à propos d’une catastrophe planétaire. Soyons sérieux, ça occupe et permet d’occulter beaucoup de choses. Ainsi, la presse - concentrée à Bruxelles - a très peu parlé de la réunion de mercredi à l’Elysette, siège du gouvernement wallon d’une commission qui a pour tâche d’organiser les nouvelles compétences de la Wallonie. Compétences qui sont transférées du fédéral. Il était pourtant temps !

 

Il était temps, dans la mesure où les nouvelles compétences wallonnes concernent chacune et chacun d’entre nous, au quotidien. Maisons de repos, allocations familiales, sécurité routière, fiscalité (changement de mécanisme de la loi de financement), activation de l'emploi et d’autres domaines qui seront désormais traités par les gouvernements de la Wallonie et de Bruxelles.

 

Mais, il y a, en plus, un sentiment d'urgence à redéfinir un projet wallon, à remettre en place la dynamique wallonne. Je ne peux que me réjouir à ce sujet de lire que la principal parti de Wallonie retrouve des accents wallons par les déclarations de ses ministres Tillieux et Marcourt. De même des propos de milieux syndicaux et mutuelliste de la même mouvance qui vont dans le même sens. C’est un bon signe parce la population ne se sent guère concernée par ces réformes, certes encore trop timides pour ceux qui sont conscients de l'évolution de institutionnelle, conscient des échéances, des compétences à mettre en œuvre. Alors que la Flandre, dès 1999, a émis, par le biais de son parlement, des résolutions qui ont tracé le sillon de sa politique durant de nombreuses années, la population wallonne, confortée par les médias, vit, quelque part encore, dans l'image d'une Belgique protectrice et immuable. Or, il est du rôle de tout ce qui tourne autour du monde politique, de tout ce qui a de l'influence, des intellectuels, de prendre leurs responsabilités en avisant les citoyens avec méthodologie et pédagogie, de ce que, désormais, leur avenir et leur quotidien seront liés à davantage de Wallonie que d’État Fédéral.

 

C’est pourquoi, je me réjouis du débat « intra-francophone » qui s’est enfin ouvert à l’initiative de membres wallons et bruxellois d’un parti qui était pourtant devenu frileux sur ce sujet sous la très longue présidence de l’aventurier conservateur, royaliste et belgo-unitariste présidant actuellement aux destinées d’un gouvernement fédéral qui applique, le doigt sur la couture du pantalon, les ukases d’une Commission européenne inféodée aux agences de notation, aux « Marchés » et aux banquiers.

 

Je suis surtout heureux de lire les propos du nouveau président du PS bruxellois qui m’incitent à penser que là-bas aussi, l’idée régionaliste progresse. Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, et dans les autres formations, la tiédeur (et je suis gentil en écrivant ça) domine encore quand ce ne sont pas des réactions hostiles et irrationnelles. Et pourtant, tant les Bruxellois francophones que les Wallons ont tout à gagner d’une redéfinition de leurs relations.  Comment, en effet, peut-on encore être promoteur d’un communautarisme linguistique qui si on le maintien va, par exemple, forcer les Bruxellois à avoir un problème de sous-nationalité après 2014 ?

 

Il est temps de sortir de cette opposition stérile et néfaste, cette logique communautaire qui nous a été imposée par l’aveuglement de certains et qui si elle a fait le bonheur de la Flandre (et d’un parti communautaire bruxellois qui continue à en faire ses choux gras…) a contribué à retarder le redressement de la Wallonie. Alors que les recettes des régions qui se redéployent sont bien connues, pensons simplement à la pénalisation (c’est plus qu’un handicap) due à la non-maîtrise de l’enseignement un des principaux outils de redéploiement économique.  

 

 Mais ce n’est pas tout, là aussi, il faudra aussi sortir des tabous hérités des convultions et déchirements politiques du passé comme les conséquences du « pacte scolaire ». (A propos d'enseignement, relisez cette page).

 

Nous sommes à un de ces des moments où l'histoire s'accélère. Un de ces moments où se révèlent les vrais Hommes d’Etat.

Oui, nous sommes à la fin d’un monde. C’est le moment de dire de redéfinir un vrai projet wallon et de dire avec Danton  : « De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! »

 

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 22:05

 

Lu sur TOUDI cet avis de José Fontaine :

 

"On s'étonne ici que nous puissions parfois nous sentir plus proches de certains Flamands que de la RTBF et de Maingain.

 

Pourtant, celui-ci propose une Brabant bilingue qui serait la même chose que l'ancienne province, avec trois millions d'habitants, ce qui pose quand même des problèmes car ce serait imposer un bilinguisme sans fondement à 300.000 Brabançons wallons (je veux dire dans les administrations, les communes etc, ce qui coûte cher).

 

Or cette démarche coûteuse, la finalité n'en est que l'agrandissement de Bruxelles au détriment de la Flandre qui y perdrait sans doute sa langue: en effet, dans un cadre belge, elle devient minoritaire et comme le bilinguisme débouche sur la francisation (déjà bien avancée dans le Brabant flamand), cette proposition est une proposition qui consiste à dire aux Flamands que l'on va détruire ce pour quoi ils se battent depuis 150 ans. On ne peut pas dire que cet homme cherche les solutions les plus adéquates à l'entente.

 

En outre la Wallonie perdrait sa région la plus riche.

 

Il est possible que pour certains Bruxellois, se vivant comme des non nationalistes, que la Wallonie perde une partie de son territoire est sans importance. Pourtant, à ce que je sache - et personne ne les a contestés et nous les avons approuvés en mai à cet égard - les Bruxellois cherchent aussi à demeurer eux-mêmes, à ne pas être considérés sous le seul angle francophone. Ils devraient donc partager notre perplexité devant des propositions du type de celles de Maingain.

 

Mais celui-ci va encore plus loin: en cas de disparition de la Belgique, Bruxelles et la Wallonie doivent faire un seul pays, fusionner sur tous les plans. On se demande ce que cela peut bien vouloir dire. Xavier Mabille a souvent insisté sur le fait qu'un Etat moderne ne doit pas se donner une seule capitale et c'est ce que les Wallons ont fait en partageant la fonction capitale entre Namur, Liège, Charleroi et Mons.

 

Si Bruxelles rentre dans la danse il va partager quoi avec qui? Avec personne. Le raisonnement de Maingain comme celui de Rudy Aernoudt c'est que Bruxelles est encore plus importante que la Belgique, qu'il faut donc tout miser sur Bruxelles: une telle union - une métropole urbaine a divers atouts que n'a pas un pays même plus étendu et plus peuplé sans grande ville qui puisse équilibrer - consisterait en une absorption de la Wallonie par Bruxelles.

 

En 1965, je me souviens avoir entendu Théo Lefèvre, ancien premier ministre, vanter lui aussi les mérites de Bruxelles, dans une perspective belge. Dès cette époque, je me suis posé la question de savoir si l'on ne vouait pas ainsi la Wallonie à devenir la banlieue de la capitale de l'Europe.

 

Il me semble légitime d'avoir comme ambition pour la Wallonie autre chose que cela. Le projet de Maingain y conduit évidemment. Si dans le cadre belge tout est déjà tendu à concentrer à peu près tout à Bruxelles, sur un territoire plus restreint, la tentation sera encore plus grande et les résultats plus néfastes: on aurait ainsi une ville boursouflée, à la manière de ces essences d'ombres (les forêts de hêtres), qui ne laissent rien subsister en dehors d'elles-mêmes. La Wallonie disparaîtrait évidemment comme pays, même probablement, à termes, les grandes villes.

 

Nous avons eu ici le fantasme explicite de Bruxelles-francophone n'imaginant pour la télé wallonne que dans la conversation avec les vaches en wallon. Nous avons ici le fantasme d'un Bruxellois qui, un grand sourire aux lèvres, nous annoncent que notre avenir c'est d'être bouffés par la capitale de l'Europe.

 

Il ne faut pas quand même oublier que la politique c'est viser à l'entente, à travers des compromis. Bart de Wever est ce qu'il est mais il ne propose pas l'annexion de la Wallonie par la Flandre et ne dit rien non plus de tel pour Bruxelles.

 

Maingain est le plus dangereux des nationalistes, car, dans la difficile entente entre les trois composantes belges, il préconise au fond que celle à laquelle il appartient détruise la Flandre et bouffe la Wallonie.

 

Qui a des fantasmes? Et en l'occurrence les fantasmes les plus troublants: ceux de la toute-puissance.

 

Maingain = "Je tiens à vous dire que vous ne serez jamais aussi heureux que lorsque je vous aurai tous mangés".

 

Le danger pour la Wallonie est que beaucoup de gens - y compris en Wallonie - sont prêts à adhérer au projet de se faire bouffer et à renoncer non seulement à la liberté mais à l'être même.

 

Il faut espérer en une révolte des forces du cœur et de l'esprit.

 

Elle ne viendra pas de la RTBF où ces propos ne feront pas scandale alors qu'ils sont plus dangereux qu'un dérapage sur les mille collines.

Oui à la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, non aux totalitaires qui n'acceptent pas la diversité."

 

 

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:13

Comment comprendre ce curieux message diffusé par les médias : « Catalogne : La coalition nationaliste conserve la majorité mais enregistre une baisse, tandis que la gauche indépendantiste connaît une forte poussée ». ? Les vainqueurs ne sont-ils pas tous portés par la cause indépendantiste ? Y aurait-il de mauvais indépendantistes appelés « nationalistes » et de bons ? Ce qui est intéressant dans le résultat de dimanche en Catalogne, c’est que le mouvement en faveur de l’indépendance dépasse les 60%. Les médias belges trouvent qu’il s’agit là d’un recul (comme ils ont détecté un recul de la N-VA aux communales…). Comme si la perspective de l'indépendance catalane s'éloignait, et concomitamment, ils insistent lourdement sur le fait que la Constitution espagnole interdit tout référendum d'autodétermination.

  

Ils sont évidemment inquiets.

  

Certes, alors que chez nous, on pourrait dire en boutade qu’il n’y a que la couleur des affiches qui différencie les partis traditionnels dits de droite ou de gauche, la situation en Catalogne est fort différente. Cette Région a vécu longtemps sous une dictature sanglante dirigée depuis Madrid.  Les positions des uns et des autres sont assez tranchées. Si la CiU (Convergencia i Unio) qui était le parti dominant dans la coalition de droite sortante a porté le message autonomiste jusqu’ici, elle a aussi permis par son discours parfois ambigu, évitant le mot « indépendance », d’ouvrir un boulevard au vieux (1931 !) parti indépendantiste et républicain de gauche, l’ERC (Esquerra republicana de Catalunya) qui attendait son heure. Voici donc le retour des fils et petits fils des Républicains de 1936, compagnons des Brigades internationales où de nombreux Wallons se sont illustrés. Je ne doute pas qu’ils vont se mettre en mouvement !

 

Reste donc à voir si ces deux partis vont pouvoir s’entendre – et comment ? – pour aboutir à une déclaration unilatérale d'indépendance puisqu’en dehors de cette dernière, il n’y a pas vraiment, entre eux, un socle commun de valeurs et de principes. L’intérêt général, notion qui n’existe pas en Droit belge (ni dans les esprits des politiques en Belgique) va-t-il permettre de réconcilier les courants autonomistes ?

 

Entre une tendance de droite ambiguë sur l’autonomie et proche du libéralisme de la N-VA et une gauche plus intransigeante socialement et défenderesse historique de l’indépendance, je suis curieux de voir qui va mener le bal, mais je parie pour l’ERC.

 

De toute façon, la graine est en terre et on ne reviendra pas en arrière. Les processus d'accès à l'indépendance sont des processus de type cathartiques. Le parti d’Artur Mas a ouvert la voie, l’appel d’air ainsi créé a redynamisé les aspirations. Si je peux me permettre une réflexion, la N-VA de Bart De Wever ferait bien d’en tenir compte. En parlant de confédéralisme au lieu d’indépendance, elle risque également de se voir doublée par sa droite (ou sa gauche?) victime de ne pas avoir su exploiter la dynamique qu’elle a contribué à entretenir.

« On ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens » disait le Cardinal de Retz…

 

Et la Wallonie dans tout ça ? Quelles conséquences cette élection pourrait-elle avoir chez nous ?

 

La fin programmée des transferts financiers, la perspective d’obtenir bientôt de nouvelles compétences, et celle d’une victoire massive de la N-VA aux élections de 2014, font que le temps presse : il faut  que la Wallonie puisse à terme rapide, assurer son avenir en ne comptant que sur elle-même.

 

Dans ce contexte, il est intéressant de constater qu’après Jean-Claude Marcourt, il y a quelques temps, Jean-Pascal Labille, président de la Mutualité socialiste et surtout de la Société Régionale d’investissement de Wallonie (SRIW), ainsi que Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne viennent coup sur coup de plaider pour une accélération de la préparation des transferts aux régions ainsi que du dépeçage (n’hésitons pas à utiliser des mots clairs) des Communautés, en particulier de la calamiteuse « Communauté-culturelle-française-Fédératio-Wallonie-Bruxelles ». Allant même pour Bodson de parler de quatre Régions… Ce qui rappelle quelque chose !

 

Intéressant, parce que le parti socialiste – en particulier en Wallonie où il reste dominant – semble être figé dans l’attente d’un hypothétique miracle fédéral qui ne viendra évidemment pas. Di Rupo ne sauvera pas la Belgique de papa, Magnette pourra dire ce qu’il veut. La logique des réformes successives de l’Etat affirme clairement le fait régional. Et si la Région est, passage obligé, le berceau de l’autonomie et de l’identité wallonne, on ne passe pas toute sa vie au berceau.

 

Il y a pourtant urgence pour le gouvernement wallon dominé par le PS et qui traîne énormément. C’est Henri Laborit qui, je pense, avait décrit les mécanismes de défense comme la fuite, l'agression ou... l’inhibition. Nos politiques, toutes tendances confondues ont choisi l’inhibition. Effrayant !

 

 A moins que comme l'a montré l'ethnologue Marie Muzard dans son essai : « Ces grands singes qui nous gouvernent », chez les singes, plus l'espèce est évoluée, plus le rôle du chef est limité et l'autonomie importante, en revanche, les espèces les moins évoluées, n'ont pas trouvé d'autre moyens que la hiérarchie struicte pour assurer la cohésion de leur groupe. Dans les partis politiques belges, il semble bien que la créativité soit égale à celle de leurs dominants...

 

Comme il y a urgence à ce que les militants wallons s'unissent et se fassent entendre au sein de tous les partis.

 

En Catalogne, en Ecosse, en Flandre, la dynamique est bien lancée…

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 20:49

« Redde Caesari quae sunt Caesaris »… aurait pu dire l’historien Bart De Wever en réponse aux réactions (assez excessives comme tout ce qui touche à cet homme) suscitées à ses propos à la VRT.

 

Ce terme (wallonisering) est pourtant largement utilisé en Flandre depuis fin 2009, moment où les Flamands se sont rendus compte que suite à la crise, le chômage y a grimpé de plus de 20% alors que la Wallonie s’en tirait avec une hausse plus modérée de 3.4 %.

 

Et l’inventeur de cette expression est l’économiste vedette de Flandre, le gourou des marchés, le juke-box à opinions, le spécialiste en tout, le chouchou des petits écrans, surtout la RTB(f). Vous l’aurez reconnu, c’est GEERT NOELS ! (une simple recherche sur Internet vous le confirmera). Début 2010, il avait précisé sa « pensée » à l’émission « Matin première »,  soulignant que « dans les mêmes circonstances traversées à l’époque du déclin (organisé par la Belgique, mais ça, il ne l’a pas dit) de la Wallonie, la Flandre réagit de la même manière ».

La presse s’est empressée d’utiliser ce concept comme le Standaard du 2 février 2010 qui titrait : « la Flandre se wallonise-t-elle ? ».

 

Mais si ce terme est aussi populaire, que mettent-ils vraiment dans ce vocable douteux ? Douteux parce qu’il intègre tous les clichés sur la Wallonie qu’ont les Flamands). Leur patronat (Thomas Leysen (FEB), Herman Daems (Société flamande d’investissement GIMV)) comme les politiques (Herman et Eric Van Vompuy, Alexander De Croo…) n’ont depuis plus cessé de l’utiliser dans le sens que frappée par la crise économique (fermetures de grandes entreprises comme Opel, Ford. Et demain Volvo et Audi ?) la Flandre se mettrait à ressembler à la vision qu’ils ont de la Wallonie.

A noter que deux versions du terme circulent.

Une première : la Flandre se met à ressembler à la Wallonie avec un chômage élevé, une emprise suffocante des pouvoirs publics, une morosité économique générale, des syndicats « agressifs » et des routes qui se dégradent…

L’autre – plus discrètement évoquée et pour cause – veut que : « ce que les Wallons font, ils le font mieux »…

Et c’est vrai, toute proportion gardée, on peut observer que le chômage augmente en Flandre plus sensible au retournement de conjoncture, le nombre de fonctionnaires flamands croit (50% des fonctionnaires sont flamands d’après une étude publiée en 2010 par Dexia), la décision économique s’éparpille, le taux d’activité est bas (le nombre de chômeurs de plus de 50 ans augmente et 70% des travailleurs qui ont choisi un crédit-temps sont flamands. 

Certes, l’économie flamande conserve de solides atouts, les finances publiques y semblent plus saines et le taux de chômage y est plus bas. Mais, le doute s’est bien installé.

 

Quoi d’étonnant à ce que le président du plus grand parti - de droite - se fasse le relais de ce doute en proposant des mesures conformes à ses vues. Il vise bien évidemment les politiques qui auraient conduit la Wallonie où elle est, ces partis qui, sauf pour de brèves périodes, sont au pouvoir au fédéral depuis la dernière guerre. Il vise le PS(B !) et le PSC-CDH. Ces derniers se sont d’ailleurs empressés de botter en touche en disant que De Wever s’en prenait aux Wallons… Et le tour est joué, on le diabolise ainsi à bon compte. Un indépendantiste flamand, même démocrate, ne peut être qu’un nazi, évidemment. Les militants wallons pourtant issus de la Résistance ont eux été traités d’inciviques lorsqu’ils ont mis en cause l’unité factice de la Belgique en prônant une régionalisation. Alors qu’un nationaliste belge est paré de toutes les vertus. Rien de nouveau sous le ciel belge…

 

Ceci dit, la métaphore est péjorative, j’en conviens. Mais, il s’agit là d’un procédé courant. L’écolo Marcel Cheron n’a-t-il pas parlé un jour « d’ hennuyèrisation » pour critiquer la politique choisie pour le développement de Nivelles ? Ne parle-t-on pas - mais là, ce n’est pas péjoratif - de « bruxellisation », puisque c’est un terme utilisé par les urbanistes pour désigner les bouleversements urbanistiques d'une ville livrée aux promoteurs au détriment du cadre de vie de ses habitants ?

 

J’ai pour ma part une toute autre définition du terme « wallonisation ».

 

C’est la stratégie belge de pillage systématique d’une région, la Wallonie, au profit de la capitale d’un pays et d’une autre région sous couvert de solidarité nationale.

 

C’est ainsi que depuis 1830, on a considéré que ce qui était bon pour la Flandre et Bruxelles était bon pour la Wallonie, et vice versa. Cette phase de « solidarité nationale » visant à développer un axe économique puissant Bruxelles-Anvers ( la belgicisation ?) a duré jusqu’à la crise de la sidérurgie wallonne. Et quand ce fut au tour de la Flandre d’assumer le rôle de région contributrice, les élites flamandes ont très rapidement entamé une campagne - toujours en cours - de dénonciation des « transferts » vers la Wallonie. « La Flandre a refusé de venir au secours de la sidérurgie wallonne », explique Michel Quévit dans son livre « Flandre-Wallonie, Quelle solidarité ? ». Le ton a été donné par l’ACV, l’aile flamande de la CSC (le syndicat chrétien) – « plus un franc flamand à la sidérurgie wallonne » – et, côté politique, par Eric Van Rompuy, qui, en 1979 – il est président des CVP Jongeren –, déclarait : « J’en ai assez du poids wallon ! La Flandre en a marre de supporter le poids économique de la Wallonie. »

 

Quand il s’est agi d’aider la sidérurgie wallonne, on a décidé d’aider aussi d’autres secteurs, regroupés dans ce que l’on a appelé les « secteurs nationaux » (sidérurgie, textile, fabrications métalliques, automobile, construction navale, verre, charbonnages…qui, ceux-là, intéressent tout spécialement la Flandre). De 1977 à 1980, la Flandre a ainsi capté 77 % des aides de l’État (La sidérurgie, sur la même période, reçoit 22 % des aides, dont une partie profite à Sidmar, qui n’en a pas besoin, étant notamment déjà aidée par les lois d’expansion économique).

Pourtant, il aurait été logique que la Wallonie, qui était en déclin, reçoive la plus grande part de ces fonds. C’est à ce moment-là qu’a sonné le glas de la solidarité économique et à partir des années 90, c’est la solidarité sociale qui est remise en cause.

 

Mais qui le sait aujourd’hui ? Qui en est conscient, ou plutôt qui osera la dire dans une presse aux ordres des politiques qui se gargarisent d’avoir « sauvé le pays » ? Quand cessera-t-on de mentir au peuple wallon ?

 

Et une petite réflexion pour terminer. On peut s'étonner du succès de certaines formules et de leur persistence dans le temps. Parfois malgré leur grande bêtise. Il y a la légende (fausse !) des Wallons qui auraient refusé le bilinguisme dans les années '30, par exemple dont l'origine est inconnue mais qui est encore aujourd'hui répercuté dans la presse.

Mais il y en a d'autres dont l'origine est connue : "Les francophones ne sont demandeurs de rien" (Maingain) ou encore : "le confédéralisme est le fédéralisme des cons" (Delperée) et qui sont tout à fait idiotes, mais ont beaucoup de succès.

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Published by Claude Thayse - dans Coup de gueule
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 20:26

 

« Je veux les peuples grands, je veux les hommes libres. »

Victor Hugo

 

 

 

Il est toujours bon de prendre un peu de recul quand c’est possible. Voilà pourquoi je ne me suis pas pressé de réagir à chaud quelques heures après le scrutin. Ce recul permet de mieux juger et d’analyser plus sereinement les résultats.

 

La première leçon, c’est évidemment la progression de la N-VA en Flandre. Elle est spectaculaire. Ce parti est parvenu en quelques années à s’implanter dans le paysage politique. Ce n’est pas étonnant.

Je lis pourtant qu’il serait en recul, que son score est inférieur à celui que lui auraient prédit les sondages. Il n’en est bien évidemment rien et ceux qui prennent leurs rêves pour des réalités  se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à… l’omoplate.  

Pourquoi ? Simplement parce qu’il est très difficile d’évaluer les résultats de ces élections locales, communales et provinciales.  D’aucun se basent sur les résultats provinciaux en pensant les exporter au niveau national sous prétexte que les circonscriptions électorales sont les mêmes que pour les scrutins fédéral et régional.

Que disent-ils ? La N-VA n’aurait obtenu que 28,6 % des voix, tout juste un peu mieux qu’en 2010 (27,8 %). Et alors ? C’est oublier que les deux élections locales étaient concomitantes.  Classiquement, on vote de la même manière dans les deux. C’est un principe connu. Or, il y a gros à parier que la grande majorité des électeurs vote d’abord au niveau communal pour une personnalité locale et dans un second temps,  pour cette même personne ou pour son parti au niveau provincial.

Les résultats par province agrègent donc les résultats communaux à quelques détails près liés à la présence ou l’absence de ces personnalités connues ou proches sur les listes.

La N-VA serait un parti d’extrême droite qui a récupéré les voix du Vlaams Belang ? Voire… Tout d’abord, les partis qui militent, de façon démocratique, pour l’indépendance ne sont pas pour autant des partis d’extrême droite. Bien au contraire, la N-VA a souvent mis en avant son objectif de réduire la puissance de nuisance du Vlaams Belang qui, lui professe ouvertement ce genre d’idées. Ce n’est pas parce que c’est un parti que propose des solutions dites « de droite » qu’il n’est pas démocratique. D’ailleurs, si on se base sur les résultats des dernières élections provinciales, il apparaît que les électeurs qui ont quitté le VB ont plutôt voté les autres partis démocratiques. Sur base des résultats de 2010 (Mais comme je l’ai expliqué plus haut, ce type de calcul est biaisé) : le CD&V qui décrochait 17,3 % en 2010 fait 21,5 % cette fois-ci. Le VLD passe de 13,6 % à 14,6 % des suffrages..

Enfin, même si comparaison n’est pas raison, faut-il rappeler que les militants qui ont fondé le Rassemblement wallon dans les années ’60 ont été qualifiés d’inciviques alors qu’ils étaient pour leur grande majorité issus de la… Résistance !

Enfin, dernier point. Les électeurs auraient voté pour la N-VA  sans vraiment savoir que ce parti est indépendantiste ou pour de toutes autres raisons… Ouais… C’est faire injure aux citoyens flamands, beaucoup mieux politisés que chez nous. Ils savent parfaitement pour qui ils ont voté. Si dans l’arrondissement d’Anvers il y aurait peut-être eu confusion et que les électeurs y auraient exprimé un vote « national », ce qui reste à démontrer, c’est qu’il y avait un double enjeu, à la fois « national » et local.

Non, ceux qui espèrent un ressac aux prochaines élections en seront pour leurs frais.

Le fait de se rependre en imprécations dans la presse dite francophone ne fera qu’accélérer les choses.

 

A part le fait que De Wever ne puisse perdre le contrôle de ses troupes.  Et effectivement, nul n’est à l’abri d’un dérapage qui sera monté en épingle pour discréditer tout le travail fait par ailleurs. Parce que n’en doutons pas, il devrait faire de l’excellent travail. La N-VA n’a-t-elle pas choisi ses cadres parmi des milliers de candidatures et d’adhésions ? Et parmi ces derniers, d’anciens poids lourds de la politique, des milieux économiques ou académiques ?

Par ailleurs, n’oublions pas que De Wever est historien, j’imagine difficilement qu’il ne tiendra pas compte des erreurs commises par d’autres avant lui.  Croyez-moi, jusqu’ici, il a fait un parcours parfait.  La mise en scène de son discours et de son déplacement jusqu’à l’Hôtel de ville ne devait rien au hasard et correspondait à l’image que le Peuple de Flandre attend de voir.

 

Il reste à répondre à ceux qui n’ont pas encore compris comment il en est arrivé là. C’est simple. Il est arrivé au bon moment et a su capitaliser sur le sentiment d’humiliation de la Flandre. Sentiment qui a culminé avec la manière dont les partis et médias francophones se sont moqués de Leterme après son succès électoral entre 2008 et 2010. Même si ce sentiment remonte à beaucoup plus loin, il était encore gérable jusqu’en 1962-63, quand après la fixation de la frontière linguistique, l’instauration de facilités au départ provisoire s’est révélée définitive dans l’esprit de quelques ultras francophones. Certes, les torts sont partagés, puisqu’on a accepté le redécoupage du pays sur base de communautés linguistiques aux frontières floues. Laissant ainsi la place à des conflits de territoire. Et ce n’est pas fini puisque la scission de l’arrondissement de Halle-Vilvoorde n’est que partielle.

 

L’arrivée d’échevins (Adjoints au Maire) appelés « de la flamandisation » dans certaines communes procède de la même logique. Ils correspondent à ca qui est attendu. Et pour être tout à fait honnête avec vous, j’aimerais bien qu’en Brabant wallon, nous ayons des échevins ayant dans leurs attributions le respect du caractère wallon des communes, du respect de la langue française et du maintien des traditions.

 

Deuxième leçon, en Région de Bruxelles-Capitale, ce fut un festival de mauvaise foi et d’humiliations dont même les politiciens pourtant friand ne sont pas prêts de se remettre. J’ai pu constater qu’une fois de plus, Bruxelles et les 18 villages de la Région ont été le centre du monde dans les médias. Pour ces derniers, à part quelques « stars », La Wallonie, on ne connaît pas ou alors, c’est si  peu important...

Inquiétante progression du parti « Islam ». Là où il se présente, il fait mieux que le FDF… Un communautarisme en chasserait-il un autre ?

 

Troisième leçon, en Wallonie justement.

On y a voté « gestion communale » logiquement. En faveur de ceux qui (à part les « stars des médias » dont certains étaient déjà  réputés élus d’avance) pouvaient rendre le meilleur service à leur communauté. Après ça, les jeux d’alliance ont fait la décision.

Epinglons quand même quelques résultats interpellant. Le piètre score de Demotte (il est vrai parachuté) à Tournai. Le recul d’Ecolo dans son fief historique à Namur. La quasi disparition d’élus d’extrême droite probablement parce que cette… euh… tendance se présentait en ordre dispersé sous une multitude de sigles (NEW, NWA et FNW et « Wallonie d’Abord »).

Une poussée du PTB+ d’extrême gauche extrêmement présent sur le terrain entre les campagnes électorales. Même si on peut deviner que ce fait va titiller le PS et qu’à la prochaine occasion, ce dernier abandonnera sa modération actuelle visant à maintenir Di Rupo le plus longtemps possible au poste de premier ministre. On assistera alors à une « regauchisation » du parti.

Le FDF qui a bénéficié d’un fort soutien médiatique obtient deux élus communaux en région liégeoise, l'un caché sous l’étiquette « Intérêts communaux » et un autre qui a bénéficié du vote de rejet, suite au mécontentement du à l’éviction de Michel Daerden à Ans, en l’absence de candidats d’extrême droite ou gauche. Ça ne devrait être qu’un feu de paille.

En Brabant wallon, ils passent deux élus à la province. Là aussi, profitant sans doute plus de l’absence de liste d’extrême droite et du manque de crédibilité du parti anti-politique « pirat » que de réelle adhésion puisque si on compte une importante population de bruxellois immigrés dans la province, il semble bien que ces derniers aient votés plutôt « gestion locale » que communautaire. Ce dont on peut se réjouir.

Si le RW fait de scores faibles, mais honorables en Hainaut, là où il s’était présenté préférentiellement, le RWF, lui, n’arrive pas à dépasser son résultat de 2006.  Décidément, le fondamentalisme rattachiste ne semble pas convaincre malgré des sondages prometteurs.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 23:21

C’est un signe, il y a quelque chose qui bouge dans les esprits de nos politiciens de Wallonie. Après Les anciens maïeurs de Charleroi et de Namur l’année dernière, voici par exemple, le discours du Allocution du Depute-président du collège provincial de Namur, le Dr Dominique Notte à l’occasion de l’ouverture des « fêtes de Wallonie ».

 

(…)

J’ai lu un récemment, dans la revue de philosophie Agora, un texte dont le propos m’a interpellé. Le professeur WUNENBURGER disait quelque chose qui ressemblait à ceci « Le sens de la fête s’est perdu dans notre société  moderne. Les fêtes religieuses et patriotiques ont peu à peu été écartées du calendrier, ou alors réduites à des jours fériés ou chômés dont les enfants ne connaissent plus le sens ».

 

Ayons la franchise de reconnaître que c’est hélas vrai !

 

Les noms des rues n’évoquent plus un caporal héroïque, une infirmière courageuse, un poète dont la langue est depuis longtemps oubliée. TREZIGNIES, Gabrielle PETIT, Nicolas BOSRET, hélas, ne font plus écho dans la mémoire que nous avons de notre patrie. Quelques historiens passionnés font colloque à MARIEMONT pour célébrer HUENS et sa série « Nos Gloires » mais cette succession d’images héroïques, de chromos comme on disait jadis qui magnifiaient Pierre L’ERMITE sur son âne, Guillaume de la Marck un sanglier sur le bouclier ou Jules DESTREE écrivant vindicatif « Sire, il n’y a pas de belges », ce panthéon politique de nos héros régionaux n’existe plus.

 

Pour 200.000 fêtards qui viennent prendre un ou plusieurs verres sur nos places et dans nos ruelles, Paulus évoquera au mieux un  traiteur et Michaux un pâtissier de la place mais personne, je dis bien personne ne sera à penser que l’un fut l’inoubliable peintre du pays noir qui dessina notre coq wallon et que l’autre Michaux n’excellait pas dans les éclairs à la crème mais dans les fulgurances littéraires et qu’il fut l’un des plus grand poète, l’un des plus grands peintres du 20ème siècle, né un 29 mai 1899 sur notre Place de l’Ange.

Pour le professeur WUNENBURGER, la multiplication des festivals de toutes sortes a envahi l’ensemble de notre société et contribué à rééquilibrer la fiscalité de nos villes et nos villages, à transformer “la” fête en spectacles vides de sens donnés par des artistes d’ailleurs devant des badauds inactifs dont la participation se limite  à la consommation des produits vendus sur place.

 

Mais ce débat a eu lieu déjà quand deux télévisions se disputaient la place. Ce débat-là aussi semble vieux ! Et pourtant il est acquis désormais que cette fête crée par François BOVESSE qui reposait sur l’évocation par la mémoire de faits passés ayant contribué à définir notre communauté d’appartenance, cette fête-là a disparu… elle n’a depuis longtemps ni chant, ni hymne, ni drapeau...  il ne lui reste hélas que le boire et le manger.

Mais si nous ne commençons pas nos matchs de football par un « haka », si pas un adolescent wallon n’a un coq couleur de sang tatoué sur le bras, si nous ne couvrons pas les routes du tour de France avec nos drapeaux pour affirmer notre hégémonie dans le sport, si nous ne marchons pas le dimanche  autour de territoires  pour exiger un archaïque droit du sol, ce n’est pas parce que nous avons oublié notre terroir...  c’est  parce que nous l’avons partagé avec tous ceux qui descendaient dans les mines, ceux qui travaillaient nus devant les coulées d’acier, ceux qui pour devenir wallons se faisaient carriers... si nous n’avons pas de chant de ralliement, c’est parce que les italiens n’ont pas voulu imposer le leur aux espagnols qui ne comprenaient pas les polonais, c’est parce que le ralliement chez nous a toujours été fait d’accueil, de solidarité et d’hospitalité.

 

Il y a quelques jours un homme politique du nord du pays a  déclaré que le match serait terminé après les élections régionales de 2014 et il a cru bon d’ajouter, comme si la menace n’était pas assez claire, que nous avions intérêt à nous mettre à table pour négocier parce que plus tard, ses exigences seraient pires.

Nous vivons,  décidément, dans une drôle de famille  où ce sont nos frères qui nous menacent !

L’histoire, en Afrique du Sud, en Amérique, en Inde a montré que l’ethnocentrisme, non seulement  ne portait pas en lui les germes du bonheur des peuples mais que des leaders de conciliation GANDHI, MANDELA, OBAMA pouvaient fédérer dans la paix  et parfois avec fermeté de grands, d’ambitieux projets de société, garants d’équité et d’épanouissement social.

 

Je veux aujourd’hui profiter de ces « fêtes de Wallonie » pour affirmer clairement que nous n’avons pas peur, que les rodomontades des faux historiens qui ont falsifié la réalité des tranchées de quatorze, ne nous effraient pas et que sans haine, sans  armes, ni violence  nous saurons, demain comme nos aînés,  dépasser les difficultés passagères même structurelles pour reconstruire un avenir prospère.

 

André Renard, prophétique,  avait annoncé  en 1960 la fin de l’ère sidérurgique mais comment aurions-nous pu passer d’une ère industrielle à une ère  informatique  en une génération et faire par magie de nos  métallos des informaticiens, de nos cités d’acier de Marcinelle à Chertal des  business parks  aux parkings  proprets ?

Mais nous résorbons notre retard et dans l’aéronautique, dans la production pharmaceutique, dans les biotechnologies, dans les techniques de l’environnement, nous travaillons désormais au redéploiement de  ce qui devient jour après jour  notre nouveau tissu  économique.

 

L’histoire a montré que les peuples qui s’ouvraient au monde allaient de l’avant  parce qu’ils intégraient avec les populations migrantes des capacités d’adaptation et  l’opportunité de débouchés nouveaux.

Que ceux qui ne veulent plus de nous dans leur « système économique » mesurent bien l’impact d’une Wallonie qui fera, demain, ses achats ailleurs là où on a une autre attitude à lui proposer que suffisance et mépris.

Les systèmes économiques sont, aujourd’hui, imbriqués de manière complexe et les équilibres sont  fragiles  et  instables   pour ceux qui ne s’entendent avec aucun de leurs voisins d’où qu’ils viennent.

 

Au cours des mois écoulés et durant la longue crise institutionnelle que nous avons connue, la France, notre Patrie historique a plusieurs fois répété par la voix de ses plus grands hommes politiques, de droite comme de gauche, qu’elle ne nous laisserait jamais tomber... et ce n’est pas par pure générosité mais parce que dans le calcul des forces  qui compteront demain en Europe, deux millions et demi de travailleurs , c’est un impact économique qui compte.

 

Nos fêtes de Wallonie n’ont jamais été très patriotiques, dommage pour BOVESSE... et je parie un casier de Trappiste de Rochefort, que l’an prochain, ce ne sera pas encore avec   « Le chant des Wallons » que la tête d’affiche de la Place Saint-Aubain finira son concert en apothéose, sous un feu d’artifice, mais  notre identité wallonne ira grandissante, parce  que c’est un fait établi : l’identité des corps humains se forge dans l’adversité.

Mais je sais  aussi qu’une inclinaison naturelle  nous pousse à l’interculturalité, à la négociation, au compromis et  à la solidarité... nos cris ne seront jamais de haine... nous n’avons pas besoin de tambour dans nos marches Adeps  que nous ne faisons d’ailleurs pas en godillots.

 

Nous sommes, nous avons toujours été de nature pacifiste. Comme nos amis québécois, nos révolutions à nous sont « tranquilles ».  Ils  nous serviront de modèles. Pourquoi d’ailleurs ne pas opter plutôt comme eux pour une  « Fête du peuple wallon » plutôt que des fêtes de Wallonie qui font précisément prédominer le sol sur ses habitants.  

 

Oui, nous créerons demain comme eux  notre nouvelle identité sur la culture de nos designers, de nos chercheurs, dans les chansons de nos artistes mais jamais sur l’exclusion, jamais par la haine, jamais dans le refus de l’autre... c’est  notre fierté à nous : celle d’une nation  fondée sur la volonté, sur le désir, sur  l’envie d’harmonie et de prospérité... une société qui revendique le bonheur pour chacun :  vive la Wallonie, vive l’ensemble des peuples dont elle est le fruit qui la font aujourd’hui et la feront demain.

Nous retrouverons, alors, je n’en doute pas le goût de la fête, celle qu’on fait pour marquer une pause au cours d’un travail harassant  et peut être alors qu’au-dessus du travail accompli, sans qu’un parlement l’aie imposé, un chant  véritablement populaire  s’imposera à tous qui  sera le ciment de la fierté retrouvée.

La Province de Namur est fière d’œuvrer dans cet esprit auprès des autres niveaux de pouvoirs pour que notre fête  soit la plus belle et que chacun y trouve sa place.

 

Nous sommes fiers d’être Wallons, heureux de nous retrouver pour partager ces Fêtes de Wallonie.

Bonnes fêtes à tous- Boune Fiesse di Wallonie à Torto !

Vive la Wallonie.

Vivent la Province de Namur et les Namurois

 

Intéressant, non ?

 

Présenté comme le père de la curieuse appellation « Fédération (culturelle, on oublie toujours de le dire) Wallonie-Bruxelles » (cet espèce de lifting morphologique de la Communauté française de Belgique), même Richard Miller le constate : « on n’a pas tranché entre vision communautariste et vision régionaliste, parce que la situation de notre pays est complexe. Nous allons essayer de trouver les meilleurs mécanismes possibles pour pouvoir travailler ensemble. Mais quand on dit déjà « travailler ensemble », cela montre bien qu’il y a des distinctions, des différences », explique-t-il.

 

En tous cas, pour trouver une date officielle de fête du Peuple wallon, un jour de fête nationale, n’ayons pas peur des mots, nous n’avons que le choix dans les grands moments de notre Histoire. J’en ai en son temps listé quelques-unes ici : http://www.claude-thayse.net/article-15575241.html

 

J’ai une préférence pour le 1er octobre 1795, date du décret de rattachement à la France. Car comme l’écrivait l’Historien H. Hasquin dans : « La Wallonie, son histoire » avant de devenir un pamphlétaire politique : « Cette période est décisive. Pour la première fois ont été amalgamées dans un même ensemble territorial des principautés de langue romane qui, jusque là, avaient connu des destins différents en raison des fragmentations de l’espace politique. Enfin, il convient de rappeler que ces vingt années (période française) ont laissé un héritage politique, juridique, institutionnel et culturel sans lequel il n’est pas possible de comprendre l’histoire contemporaine du pays et de ses entités constitutives ».

 

Mais bien entendu, il y a d’autres dates. Le choix sera (serait) toujours difficile et restera subjectif. Pour plus d’informations, on se référera à l’Histoire de Wallonie de Léopold Génicot (1973) ;  aux deux tomes de l’Encyclopédie : « La Wallonie, le pays et les hommes » (dans toutes les bibliothèques publiques) (1975-1981) ; L’identité wallonne, aperçu historique, publié à l’occasion du 10ème anniversaire de la Région wallonne (1991) ;  Le livre : « la Wallonie, son histoire » d’Hervé Hasquin, (1999), des publications et portail Internet de la Région wallonne  ou de l’Institut Jules Destrée ; et plus récemment à « l’ Histoire de la Wallonie, de la préhistoire au XXIème siècle » sous la direction de B. Dumoulin et J.-L. Kupper (2004).

 

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 22:00

Wallons et fiers... de notre province !

 

Le Brabant wallon c’est la plus jeune province avec ses spécificités et son identité propre. Il fait intégralement partie de la Wallonie par son histoire et son ancrage culturel.

De l’Est à l’Ouest, c’est un pays de traditions séculaires, c’est une terre de travail, tout autant celle des travailleurs de l’agriculture, des ouvriers des carrières ou de la sidérurgie que celle, plus récente, des chercheurs des sociétés scientifiques ou de haute technologie. C’est une terre de formation, de la petite école communale à l’université. C’est une identité propre faite de travail, d’innovation, de capacité à s’adapter, d’ouverture et de solidarité.

 

Du Roman Païs au Brabant wallon, c’est une terre d’hommes et de femmes qui s’y investissent jour après jour, souvent depuis plusieurs générations.

 

Le respect de son identité doit être assuré et conforté. C’est un des objectifs du Rassemblement wallon.

 

Or, lorsqu’on parle du Brabant wallon, on nous colle volontiers une image de richesse et de « banlieue bruxelloise » dédiée à quelques Bruxellois cossus en mal de verdure.

 

Cette image est évidemment tronquée et édulcorée. Une certaine frange du monde politique et médiatique veut méconnaître la réalité. Faisant fi de l’Histoire. Avant la scission de l’ancienne province du Brabant, notre arrondissement de Nivelles était le parent pauvre, le « laissé pour compte » d’une province du Brabant dominée par Bruxelles et ce qui allait devenir le Brabant flamand. Les plus anciens s’en souviendront.

A cause de cette image, il est aussi plus difficile d’y être pauvre qu’ailleurs. Par ailleurs, la pression immobilière y rend quasi impossible la possibilité pour nos jeunes d’y habiter.

C’est une terre de la dualité qui conjugue paupérisation et rayonnement mondial.

 

Mais le Brabant wallon, c’est heureusement plus que ça. C’est une province fière de son passé, maîtrisant son présent et pour laquelle nous voulons préparer l’avenir.

 

Mais à quoi sert encore la Province ?

 

Si les compétences des provinces ne sont quasiment pas définies, ni dans la Constitution, ni dans la loi provinciale, en tant qu'autorités subalternes elles s'occupent de « matières d'intérêt provincial » dit la loi provinciale

En l’état actuel et en attendant une éventuelle réforme des compétences territoriales, les provinces peuvent donc agir dans une série assez large de domaines. En matière d'enseignement, d'infrastructures sociales et culturelles, de médecine préventive et de politique sociale. Elles s'occupent également d'environnement, ou encore de routes et de cours d'eau, d'économie, de transport, de travaux publics, de logement, d'emploi des langues...

Autonomes mais sous tutelle. Cela signifie que les provinces exercent leurs compétences tout en étant soumises au contrôle des autorités supérieures. Ainsi, par exemple, une école provinciale sera gérée sous le contrôle de la Communauté française (appelée maintenant « Fédération Wallonie-Bruxelles »… communauté imaginaire, là où on fait en sorte que Wallons et Bruxellois (uniquement « francophones ») dorment ensemble mais où dans les faits, ils rêvent séparément). Une initiative en matière d'aménagement du territoire sera surveillée par la Région.

Le Collège provincial est appelé à assurer l'administration journalière des affaires provinciales. La province a aussi, entre autres, le pouvoir de délivrer les autorisations d'exploiter des établissements industriels, artisanaux, commerciaux et agricoles, qui comportent des risques ou des nuisances et qui doivent donc être contrôlés.

Le Gouverneur dispose d'une série de pouvoirs en matière de sécurité et de maintien de l'ordre. Il se charge, par exemple, de la coordination des actions de secours lors de catastrophes d'une certaine importance.

En bref, sur son territoire, la province gère tout ce qui est d'intérêt provincial, c'est-à-dire ce qui ne relève ni de l'intérêt fédéral, communautaire ou régional, ni de l'intérêt communal.

Les provinces exercent une double fonction :

*       d'une part, elles sont des pouvoirs locaux subordonnés : les provinces sont chargées de l'exécution de certaines décisions prises par d'autres pouvoirs ;

*       d'autre part, elles sont des collectivités politiques autonomes, dotées de leur propre pouvoir de décision : les provinces sont compétentes pour toutes les matières qui relèvent de l'intérêt provincial, c'est-à-dire que les provinces sont libres de prendre des initiatives dans la mesure où la matière n'est pas exclue de leur compétence par la Constitution, la loi ou le décret.

Les provinces, soumises à la tutelle de la Région wallonne, exercent donc une série de missions obligatoires et des missions facultatives, qui sont propres à chaque province.

Parmi les missions obligatoires des provinces, on retrouve :

la tutelle spéciale d'approbation sur les actes des autorités communales pour certaines matières (essentiellement sur les budgets, modifications budgétaires et les comptes, les dispositions générales en matière de personnel occupé au sein de l'administration sous réserve d'exceptions), les candidatures à certaines magistratures, la couverture du déficit des fabriques de cathédrales, des établissements chargés du temporel des cultes orthodoxe et islamique, des établissements d'assistance morale laïque, le maintien de l'ordre...

Parmi les missions pourtant facultatives les plus importantes et les plus fréquentes, on retrouve l'enseignement, la culture, l'aide sociale, le patrimoine.

En l’état actuel, et tant qu’elles existent, on ne peut donc pas dire que les provinces ne servent plus à rien comme beaucoup le croient. Et pourtant, dans sa Déclaration de Politique Générale, le Collège provincial du Brabant wallon indiquait que « le déficit de la Province en matière de visibilité est flagrant » et qu'il entendait y remédier. On attend toujours…

A terme, nous sommes partisans de la suppression l'assemblée parlementaire provinciale dont le rôle ne se justifie plus depuis la fusion des communes. Il y a – en effet - deux économies substantielles à réaliser. Une économie financière par la suppression du traitement des membres du Collège provincial (anciennement « députés provinciaux »), gouverneurs (et les jetons de présence des 37 conseillers provinciaux) et une économie institutionnelle par la simplification du paysage institutionnel. Le gain se traduirait par une plus grande homogénéité du territoire wallon. Nous préconisons son remplacement par des bassins de vie administratifs coordonnés par le gouvernement wallon et les fonctionnaires provinciaux qui verraient ainsi leur rôle revalorisé. On peut prévoir 3 bassins : Autour de Jodoigne à l'est-, autour de Wavre/Ottignies-LLN au centre et autour de Nivelles pour l'ouest.

 

Les défis

 

La position géographique qu’occupe le Brabant wallon, à proximité de la Région de Bruxelles-capitale, est à la fois un avantage, mais aussi un risque.

La « Déclaration de Politique Générale » - décembre 2011 du Gouvernement « Papillon 1er » dit expressément « qu’afin de promouvoir activement la coopération entre Bruxelles et son hinterland, une communauté métropolitaine sera créée par la loi spéciale. Y siégeront les représentants des Gouvernements régionaux. La loi spéciale prévoira que toutes les communes de l’ancienne Province de Brabant de même que l’autorité fédérale sont membres de droit de la communauté métropolitaine. Les provinces seront libres d’y adhérer.

Cette communauté métropolitaine aura pour mission d'organiser la concertation entre ceux-ci sur des sujets de compétence régionale et d'importance transrégionale. Les trois Régions concluent un accord de coopération pour fixer les modalités et l’objet de cette concertation.

C’est au sein de la communauté métropolitaine que se tiendra la concertation entre les trois Régions relative a la mobilité, a la sécurité routière et les travaux routiers, de, vers et autour de Bruxelles. Le fait de fermer ou de rendre inutilisables les accès et sorties du ring fera l’objet d’une concertation préalable.

Une structure dans laquelle les trois Régions et l’Etat fédéral seront représentés, sera créée au sein de la SNCB »

Certes peu de détails ont filtré, depuis lors, sur cette structure appelée à rapprocher Bruxelles des communes de son « hinterland socio-économique »[1]. Il semble bien que cette plateforme de « coopération » interrégionale aura pour territoire la totalité de l’ancien Brabant. Il est acquis qu’elle exercera des compétences de type régional et « d’importance transrégionale. » Les domaines envisagés - aménagement du territoire, travaux publics, mobilité, voire emploi - sont actuellement gérés aux niveaux fédéral, régional et communal. Pour autant, seule la mobilité est, jusqu’ici, mise en avant. Il est question de faciliter le dialogue sur « la sécurité routière et les travaux routiers de, vers et autour de Bruxelles ». Les aménagements prévus pour le « ring » sont concernés et devraient faire l’objet d’une concertation préalable.

 

Est-ce une manière indirecte de réunir ce qui a été scindé il y a plus de vingt ans et de nier les spécificités et l’autonomie du Brabant wallon ? Charles Picqué, Ministre président bruxellois a ainsi souligné que la sixième réforme de l'Etat constituait un indéniable progrès pour la Région bruxelloise. Il a également ajouté que « Si cette communauté est plus qu’un groupe de réflexion, il faut que Bruxelles y ait un poids décisif » (Sic !)

Certes, personne ne nie que le Brabant wallon, mais comme tout le reste de la Belgique d’ailleurs, fait encore partie de la zone économique (Hinterland) de l’axe Bruxelles-Anvers voulu par la politique de centralisation-concentration menée depuis 1830. Or, nous constatons comme l’avaient prévu les partisans de la scission de l’ancien Brabant que depuis (et seulement depuis) celle-ci, notre jeune province, grâce à son autonomie politique, a vu son économie se développer au point de devenir un modèle pour le reste du pays.

 

Pourquoi des élus du Rassemblement wallon au Conseil provincial ?

 

Même si, à terme, nous sommes pour la suppression de la dimension politique des provinces, nous entendons intervenir là où cela doit se faire, en mettant l’accent sur ce qui fonctionne bien, en encourageant les synergies et en rationalisant ce qui sera possible de faire afin de recentrer les moyens et de pouvoir initier les politiques les plus utiles à notre population brabançonne wallonne. Et en particulier :

 

- L’enseignement, un des fleurons de notre province où une attention particulière devra être portée à l’éducation permanente ;

 

- La politique sociale, via l’ISBW ;

Dans le domaine social, la province devra aider à assurer une couverture plus complète de structures d’accueil agréés publiques et privées pour la petite enfance en concertation avec l’ONE et sans oublier la politique de prévention.. Il en va de même en ce qui concerne les aînés, en soutenant les projets de mutualisation de maisons de repos, la solution la plus rationnelle pour les petites communes.

D’une manière générale, en termes de cohésion, la province doit prendre des initiatives pour que son territoire constitue plus qu’aujourd’hui un véritable « bassin de vie ».

 

- L’expansion économique avec entre autre :

- l’épuration des eaux ;

- le traitement des déchets ;

- En matière économique, la simplification des outils économiques doit être la priorité et ce afin de mieux valoriser les actions des pouvoirs publics wallons et dynamiser les partenariats nombreux en Brabant wallon.

- La province doit être le moteur des politiques innovantes en matière de sécurité civile et de logement.

Ainsi, nous plaidons pour que la Province se dote d’un observatoire permanent du logement et de lutte contre la pression foncière qui pourrait regrouper la Régie foncière, les HBM, l’AIS, les régies communales et l’IBW.

- Les inondations des ces dernières années doivent pousser le pouvoir provincial à jouer un rôle clé dans la gestion de l’eau et la prévention des inondations.

 

- Le domaine sportif où une mutualisation des moyens doit être mise en œuvre sous l’impulsion de la province pour permettre à chaque brabançon wallon de pratiquer l’activité qu’il souhaite dans les meilleures conditions.

 

- Le tourisme où l’action future doit davantage s’articuler entre la province, les communes, toutes les structures supra communales et aussi les associations bénévoles (asbl, etc..), la province jouant un rôle de coordination en garantissant le rôle premier des pouvoirs locaux dans la gestion de ces différents domaines en évitant les doubles emplois. Pensons simplement - et à titre d’exemple - à la commémoration des événements de 1815 qui, de Wavre à Waterloo, ont particulièrement touché notre région. Un effort doit être fait pour la promotion coordonnée du tourisme.

 

- La lutte contre la politisation de l’institution qui n’est pas un secret…

 

- L’identité :

La province fait intégralement partie de la Wallonie par son histoire et son ancrage culturel, elle doit y faire davantage référence.

Pourquoi dans le blason du Brabant wallon, a-t-on choisi un grand lion sur fond noir, qui a l'air très flamand flanqué, de deux petits coqs ? C'est là la responsabilité du Conseil héraldique ou autres responsables de la vexillologie avec lesquels, à Wavre, le Conseil provincial tout content de sa nouvelle province, on n'a pas voulu ou su discuter oubliant les vraies origines culturelles de la province. Nous mettrons l’accent sur ce travail de respect d’identité.

On pourrait aussi imaginer et défendre le principe d’organisation de cours ou d'atelier de Wallon. Notre patrimoine culturel et historique en langues est exceptionnel en Brabant wallon, ce serait regrettable de le perdre. Il n’est pas trop tard.

 

- Pour une province du Brabant wallon à part entière !

 

1) Il est patent que dans un vain souci d’apaisement communautaire, certains candidats nouvellement installés dans le Brabant wallon, souhaitent introduire la notion de facilités pour les néerlandophones également immigrés chez nous. Cette proposition est parfaitement inutile, illégale et dangereuse risque justement d’introduire des risques de conflits comme c’est le cas dans la périphérie bruxelloise. Le Rassemblement wallon s’y opposera pour plusieurs raisons : La langue officielle de la Wallonie est le français et cela n’a jamais été remis en cause depuis les années ’30 et par ailleurs, en matière de langue, cette politique, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Qui dit, en effet, que demain, la conséquence de cette inconséquence ne sera pas d’ouvrir certains emplois publics dans nos communes à des ressortissants flamands au détriment des Brabançons wallons, comme c’est déjà le cas à Bruxelles ? Mais peut-être est-ce voulu… Les linguistes expliquent que la langue, c’est la culture en acte, c’est notre univers en expression, avec notre histoire, notre culture, nos peurs, nos angoisses et nos espoirs.

 

2) Sans mettre nullement en cause l’équilibre entre laïcité, courants philosophiques et religieux, il est plus que temps de mettre fin à une situation ubuesque qui - chaque année - coûte cher aux habitants de Brabant wallon.

Il est en effet contraire à l’esprit et à la lettre des compétences provinciales que le Brabant wallon finance deux Fabriques de cathédrale et deux résidences épiscopales extérieures à son territoire.

Ces deux cathédrales (Sint Rombout et Sainte Gudule) sont situées en dehors de la Région wallonne, compétente en la matière. Ce flux financier (articles 79000/64000/003 des budgets) est non conforme à la Constitution et aux lois, depuis 1980 ! En outre, ces deux cathédrales relèvent d’un territoire pour lequel une autre Région et pour l’une d’elles, une autre Communauté sont exclusivement compétentes.

Depuis le deuxième concile du Vatican, le Saint-Siège (Rome) a adopté un principe mondial en 1967: faire coïncider pour autant que possible les limites des diocèses avec celles des provinces civiles. Ceci pour éviter tout un ensemble de difficultés administratives inutiles qui peuvent surgir entre les chefs ecclésiastiques et les autorités civiles, notamment en ce qui concerne le temporel des cultes.

Il est navrant de constater que ce point n’est pas respecté. Conséquence, en plus des dépenses d’entretien des deux évêchés extérieurs, le service provincial du budget a du tenir compte en 2011 d’une action judiciaire de la province d'Anvers visant à ce que le Brabant wallon lui verse un montant de plus de 630.000 euros pour la restauration d'un monument du patrimoine de Flandre, la cathédrale Sint Rombout à Malines.

 

Les élus de la province ont le devoir impérieux de veiller au bon emploi de ses derniers et d’assurer le respect de l’entité de droit public qu’est le Brabant wallon, dans le cadre de la structure institutionnelle actuelle de la Belgique avec la répartition des compétences entre Régions, Communautés et Provinces, selon les matières. La stricte logique postulerait donc que ce poste budgétaire soit rejeté unanimement, or, il n’en est rien depuis des années ! Mais comment en être étonné quand on connaît le mode de désignation des candidats : fiables avant même d’être compétents, car fidèles et obéissants au chef de file. Une république des redevables…

 

Après les précédents logiques, mais au service de la Flandre, de la création dans les années ‘60 des diocèses d’Anvers d’abord, de Hasselt ensuite, il eut convenu de faire de même une quinzaine d’années plus tard en 1980 au « sud de Bruxelles » de sorte que si était créé un siège épiscopal, avec cathédrale, sur le territoire du Brabant wallon, la situation serait tout autre et dans un tel contexte, la Province pourrait proposer selon l’usage le vote du budget de la Fabrique de sa cathédrale. En l’occurrence et, sans doute, l’illustre et très ancienne collégiale de Nivelles, qui fait partie du patrimoine majeur de Wallonie.

 

- La sécurité des biens et des personnes; l’arrivée prochaine du RER, censé faciliter les déplacements, de et vers Bruxelles, s’accompagnera d’une augmentation significative des risques importants en matière de sécurité. Même si le taux de criminalité ne reflète qu'une chose : l'activité de la police, il faut noter que la Région de Bruxelles-capitale est celle où le taux de criminalité est parmi les plus importants d’Europe (plus de 30.000 faits criminels pour 1000.000 habitants (Eurostat) et 16, 45 % des délits recensés en Belgique pour 10,5 % de la population). Cette criminalité déborde déjà sur des communes comme Waterloo et Braine-l’Alleud.

 

 

criminaliteComparee 
Sources : www.polfed-fedpol.be/pub/rapport_activites/crimestats2010_fr.php

 

Même si ce n’est pas une compétence directe de la province, celle-ci se doit de dégager les moyens nécessaires à venir en aide aux communes concernées qui doivent - dès à présent - anticiper l’arrivée inévitable des bandes urbaines et autres délinquants le long des trajets du RER.

Pas de « bronxellisation » du Brabant wallon.

- L’Emploi ;     La centralisation des activités à Bruxelles héritée de l’Etat unitaire, comme de l’ancienne province du Brabant, s’est marquée par un fort taux de navetteurs brabançons wallons. Les autorités de la Région de Bruxelles-capitale souhaitent un accord de coopération sur la procédure de recrutement de fonctionnaires fédéraux pour garantir un minimum d'emplois aux habitants de cette Région, les Brabançons wallons ne doivent pas être les dindons de la farce.
L’Enseignement également un rôle capital à jouer en matière d’éducation permanente.

- Transports et mobilité : Le Rassemblement wallon est demandeur d'accords de coopération sur l'intégration tarifaire des sociétés de transport en commun.  Par ailleurs, si la Communauté urbaine de Bruxelles est un jour d’application, il est important en termes d’environnement que la province et les communes concernées plaident pour le bouclage du « ring » Sud de Bruxelles par la construction d’un tunnel urbain, entre le « ring » Ouest et la E411 désengorgeant le tronçon autoroutier entre Ittre - Waterloo et le Carrefour Léonard.

L’histoire a montré que les partis nouveaux ont toujours contribué à éviter une trop grande connivence entre les partis traditionnels associés à l’exercice du pouvoir. Les élus du Rassemblement wallon au Conseil provincial se montreront donc particulièrement vigilants à défendre l’intégrité du Brabant wallon comme les droits de ses habitants.



[1] Un « Hinterland », mot d’origine allemande signifiant « arrière pays » ne peut être qu’économique.

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Published by Claude Thayse - dans Brabant wallon
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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 10:44

Le Rassemblement Wallon est de retour en Brabant Wallon comme ailleurs en Wallonie.

 

Si tous les partis qui se présentent en Brabant wallon présentent des priorités semblables en matière économique, d’enseignement, de mobilité ou encore de logement,  – et comment faire vraiment original en la matière ? – Le R.W. met , en plus, l’accent sur le respect de l’identité de notre province.

 

Résume en trois point de la position du parti en Brabant wallon

 

Notre filiation avec le Rassemblement Wallon historique est claire par la présence parmi nos membres des deux derniers président et vice-président du parti historique : André Libert et Jean-Emile Humblet.

 

Depuis la fusion des communes, nous prônons la suppression des provinces dans leur forme actuelle et l’évolution vers de nouvelles entités plus proches des citoyens, regroupant –  sociologiquement et par intérêts - plusieurs communes dans un souci d’efficacité. On peut imaginer 3 entités : Autour de Jodoigne à l'est, de Wavre-Ottignies-LLN au centre et une à l'ouest.

Mais l’institution provinciale existe encore et il y a des choses à y faire immédiatement, en particulier en Brabant wallon.

 

Le Brabant wallon c’est la plus jeune province de Wallonie avec ses spécificités et son identité propre.

Le Brabant wallon fait intégralement partie de la Wallonie par son histoire et son ancrage culturel. Le respect de son identité doit être assuré et conforté.

C’est un des objectifs du Rassemblement wallon.

 

Dans ce cadre, en exemples, nous mettons 3 points en avant :

 

1. Autonomie : La position géographique qu’occupe le Brabant wallon, à proximité de la Région bilingue de Bruxelles-capitale, est à la fois un avantage, mais aussi un risque.

On le sait, la « Déclaration de Politique Générale - décembre 2011 du Gouvernement Papillon 1er » dit expressément « qu’afin de promouvoir activement la coopération entre Bruxelles et son hinterland, une communauté métropolitaine sera créée par la loi spéciale ». Constatons, comme l’avaient prévu les partisans de la scission de l’ancien Brabant que depuis celle-ci, grâce à son autonomie politique, notre province a vu son économie se développer au point de devenir un modèle pour le reste du pays. Son autonomie politique, économique et culturelle (linguistique) par rapport à Bruxelles doit être protégée. Nous y veillerons.

 

Pas de « bruxellisation » du Brabant wallon.

 

2. Sécurité : L’arrivée prochaine du RER, sensé faciliter les déplacements, de et vers Bruxelles, s’accompagnera d’une augmentation significative des risques importants en matière de sécurité. Même si ce n’est pas une compétence directe de la province, celle-ci se doit de dégager les moyens nécessaires à venir en aide aux communes concernées qui doivent - dès à présent - anticiper l’arrivée – inévitable si on ne fait rien - des bandes urbaines et autres délinquants le long des trajets du RER.

 

Pas de « bronxellisation » du Brabant wallon.

 

3. Reconnaissance : Sans mettre nullement en cause l’équilibre entre laïcité, courants philosophiques et religieux, il est plus que temps de mettre fin à une situation ubuesque qui - chaque année - coûte cher aux habitants de Brabant wallon. Il est en effet contraire à l’esprit et à la lettre des compétences provinciales que le Brabant wallon finance deux « Fabriques de cathédrales » et deux résidences épiscopales extérieures à son territoire. Depuis Vatican II, le Saint-Siège (Rome) a adopté un principe mondial en 1967: faire coïncider pour autant que possible les limites des diocèses avec celles des provinces civiles.

Les élus de la province ont le devoir impérieux de veiller au bon emploi de ses derniers et d’assurer le respect de l’entité de droit public qu’est le Brabant wallon. Nous exigeons la fin de cette situation par la reconnaissance d’un siège épiscopal, avec cathédrale, sur le territoire du Brabant wallon.

 

Dans tous les domaines : Pour une province du Brabant wallon à part entière !

 

rwpetit 

 

 


 

 

 

 

 

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Published by Claude Thayse - dans Brabant wallon
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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 16:01

  Une célébration trop discrète...

Monument Kellermann

 

Le vendredi 21 septembre 2012, à 17h, à l’issue du colloque « 1792, Entrer en République», la Société des études robespierristes a célébré le 220e anniversaire de la République sur la place du Panthéon à Paris. 

 

Retrouvez les discours ICI

 

Et en particulier celui-ci dont j'ai vraiment apprécié le souffle et l'actualité.

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Published by Claude Thayse - dans Coup de coeur
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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