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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 12:00

Trente ans d’acquisition d’autonomie pour la Wallonie, ça se fête.

 

Partie de rien, ou presque, depuis l’expérience de régionalisation préparatoire, l’autonomie wallonne est montée en puissance au cours du temps. Et pourtant, que de résistances à cette évolution dont  tous les observateurs objectifs reconnaissent aujourd’hui qu’elle a permis à la Wallonie d’enrayer le déclin dans lequel l’avait plongée la Belgique.

 

Cette institution jouera demain un rôle de plus en plus important.  Je constate d’ailleurs un changement de ton et de propos très significatif. 

Effet « Bart »  ou  prise de conscience ? L’avenir proche nous le dira. Serions-nous à un moment fondateur ?

 

Après avoir été étouffé sous «  la francophonisation » qui a empilé dans les esprits une double dose de « belgicanisme »  censée permettre la survie de la Belgique par l'écrasement du sentiment wallon et son remplacement par un « sentiment francophone » tout aussi artificiel.

Oui, la Wallonie a bien une identité et cette identité wallonne est une des multiples identités françaises.

 

Mais là n’est pas le thème de ce billet.

 

Parlons plutôt d’une évolution terriblement importante où certains politiciens, syndicalistes et intellectuels n’hésitent plus à oser dire tout haut ce que vous avez pu lire sur ce blog depuis quelques années en matière d’identité, de reconnaissance du fait wallon, de son indispensable prise en main d’outils de développement qui lui échappent encore. Sans enregistrer de sarcasmes ou de manifestations indignées. Tiens ! Comme si ce n’était plus tabou.

 

Sans remonter aux propos de Demotte sur l’identité wallonne, trois exemples récents :

 

L’excellente émission « Face à l’info » sur l’avenir de la Wallonie de ce jeudi 16 septembre 2010 (à écouter ou réécouter ici jusqu’au 23/09…)  et particulièrement les interventions de Thierry Bodson de l'Interrégionale wallonne de la FGTB, Michel Quévit économiste et professeur émérite de l'UCL  et aussi Vincent Reuter Administrateur délégué de l'Union wallonne des Entreprises. Vous y retrouverez des propos très semblables à ceux distillé ici au cours de ces dernières années.

 

Jean-Jacques Viseur, après avoir fait campagne sous le slogan belgicain éculé : « L'union fait la force » vient maintenant de déclarer : « La Wallonie doit oser la carte d’un nationalisme wallon ».  Certains retournements sont décidément très rapides...

 

Le ministre Marcourt s’est exprimé il y a quelques jours en faveur de la régionalisation de l’enseignement. En toute logique ou cohérence dirais-je parce qu’il est clairement démontré depuis des années que les Régions de vieille industrialisation qui ont obtenu la maîtrise de leur enseignement et de leur culture sont aussi celles qui ont le mieux réussi leur reconversion et leur redéveloppement. (sud de l’Angleterre, nord de l’Espagne, etc..)

   

Une chose est certaine, c’est qu’on ne peut plus se contenter de parler uniquement en termes économiques.  Surtout maintenant que les prémices (pour rester volontairement modeste) du redressement wallon sont là (exportations et investissements où la Wallonie a dépassé la Flandre… et autres domaines où  la Wallonie fait jeu égal). Ce n’est pas suffisant, il faut y ajouter l’indispensable versant culturel.

 

C’est le moment de faire émerger un projet fédérateur wallon. L’identité se crée et se recrée tous les jours.  Nous avons tous un rôle à jouer.

 

Si certains en parlent, nous, nous devons le faire !

 

 

PS. J’ajouterai pour ceux qui lisent rapidement, ou font une lecture manichéenne, que mes propos ne rejettent absolument pas Bruxelles. Simplement, Bruxelles n'est pas la Wallonie. Mon opinion reste celle que je défends depuis longtemps. Je suis partisan d’un maximum d’autonomie et d’acquisition de compétences pour chaque entité (Flandre y comprise !) tant que la Belgiqe existe. Des entités clairement distinctes.  Ce qui n’empêche absolument pas de conclure - ensuite - des accords équilibrés de partenariat. D’égal à égal. Comme avec n'importe quelle autre entité politique.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 06:08

Je n’en ai pas parlé au moment de sa parution il y a quelques jours. Pourtant j’avais été averti de la publication de Luc Rosenzweig sur le site du « causeur » consacrée à la situation politique locale.

 

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, c’est un journaliste, généralement bien informé, ancien journaliste de « Libération » et ancien rédacteur en chef du « Monde » (excusez-moi du peu) est aujourd'hui écrivain. Cà ne l’empêche pas d’avoir un regard acéré sur l’actualité.

 

Je retiendrai trois extraits de son article (j'ai souligné quelques points significatifs).

 

« Dans le courant du mois de juillet, quelques personnes réputées bien connaître la politique belge ont tenu une réunion discrète, sinon secrète, dans le bureau de Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux affaires européennes. Des diplomates en retraite et en activité et des journalistes de renom étaient invités à formuler leurs analyses sur l’avenir du royaume à la suite des élections législatives de juin(…) »

« Pour les sommités réunies par Pierre Lellouche, l’hypothèse d’une « petite Belgique » maintenue après le départ de la Flandre devrait alors s’imposer. C’est en tout cas la vision développée dans la classe politique francophone (*) et dans les élites universitaires et médiatiques (*). Cette entité serait, paraît-il économiquement et politiquement viable. Voire… Car qui prendrait alors le relais des transferts d’argent de la Flandre vers la Wallonie au nom de la « solidarité interpersonnelle » entre tous les Belges ? »

 

Bien, ça c’est de l’information. Rien de plus.

 

Par contre, cette dernière phrase est évidemment beaucoup plus intéressante et montre que, connaissant certaines réalités locales,  certains réfléchissent (beaucoup !) plus loin. :

 

« Le moment n’est pas encore venu où les Wallons sûrement et les Bruxellois peut-être se diront que la meilleure solution, au bout du compte, serait de compléter l’union culturelle et économique franco-belge par son volet politique. Mais il approche. Quand elle a démarré, l’Histoire a tendance à s’accélérer, et c’est dans ces circonstances que se révèlent les grands hommes d’Etat ».

 

Pas mal, non ?

 

 

(*) … belges, évidemment ! Pour ces dernières, la Belgique est (et doit encore être considérée comme) un ilot isolé au milieu de nulle part. Ils sont encore et toujours incapables de réfléchir d’une manière globale. La systémique a encore du chemin à faire, nous sommes terriblement interdépendants de nos voisins comme avec le reste du monde.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 06:00

« C'était impossible et ils l'ont fait »  (Winston Churchill)

 

Les conservateurs du régime belge n’ont plus beaucoup d’illusions. N’empêche,  ils sont encore très actifs (énergie du désespoir ?). On lit ainsi de plus en plus que la scission de la Belgique en trois (plus rarement quatre !) entités mettrait la Wallonie en situation particulièrement difficile. (Et pourquoi uniquement la Wallonie ?)

 

J’avoue rester assez sceptique.  Tout d’abord, nous ne sommes pas isolés sur une planète lointaine. Il y a une vie en dehors de la Belgique (Le billet précédent (ainsi que celui consacré à l’interview de Chevènement) montre bien que d’autres sont là et pensent à nous).

Par ailleurs, la situation économique de la Wallonie s’améliore. Selon le Financial Times, la Wallonie fait partie du "Top 5" des régions les plus attirantes d’Europe pour les investisseurs, derrière l’Ecosse, la Flandre, l’Irlande du Nord et le Kent. La Wallonie, c’est aussi trois centrales nucléaires, le réseau routier le plus dense d’Europe, des canaux, un véritable nœud de communication au cœur même de l’Europe. On sait que si la balance commerciale de la Belgique est en boni, c’est grâce aux exportations wallonnes. Et en matière de transferts, nous sommes les premiers partenaires commerciaux (entendez : surtout clients…) de la Flandre. Donc, leurs principaux contributeurs… Imaginons que demain, nous achetions ailleurs, tout en leur faisant payer notre eau à son juste prix, par exemple…

 

Aujourd’hui, le baromètre économique de la société Ernst & Young (*) vient de démontrer qu’en matière d’investissements les choses se confirment dans le bon sens en faveur de la Wallonie. Je ne résiste pas à vous donner un extrait :

« Le nombre d’IED annoncés en Belgique a augmenté par rapport à l’année dernière : de 142 à 146. Une ventilation entre les différentes régions donne les proportions suivantes : la Flandre enregistre 64 investissements sur 146 (43,9 %), la Wallonie en compte 57 (39 %) et Bruxelles, 25 (17,1 %). Si nous examinons ces chiffres sur une période de cinq ans, nous constatons que la part de la Flandre dans les investissements étrangers ne cesse de reculer. En résumé, nous pouvons dire que la Flandre et Bruxelles enregistrent leurs plus mauvais scores, tandis que la Wallonie atteint un niveau record.

Si nous examinons la dimension provinciale, nous constatons qu’en Flandre, c’est toujours Anvers qui engrange le plus de projets mais pour combien de temps encore ? Alors qu’il y a 3 ans d’ici, la province d’Anvers rassemblait à elle seule 50 projets, ce nombre est passé à 26 en 2008 et stagne à 27 en 2009, parmi lesquels 19 nouveaux projets, ce qui est toutefois très honorable.

Un deuxième constat frappant concerne la Flandre occidentale. Cette province ne joue manifestement plus aucun rôle sur la scène des investissements. Seuls deux projets ont vu le jour en 2009, dont aucun nouveau projet.

La Flandre orientale comme le Limbourg sont en nette perte de vitesse. En 2006, la Flandre orientale pouvait encore se targuer de 20 projets d’investissements étrangers. Aujourd’hui, ce nombre a quasi diminué de moitié.

La proportion entre nouveaux projets et  projets d’expansion n’offre pas non plus beaucoup.

Nous observons une nette diminution de l’attractivité bruxelloise sur une période de cinq ans, au bénéfice du Brabant wallon et plus particulièrement des alentours de Nivelles. Le Brabant wallon affiche plus du doublement de son score par rapport à l’année dernière, passant de 5 à 12 nouveaux projets d’investissements dont neuf dans la région de Nivelles. Nous constatons en outre que la majorité de ces projets correspondent à de nouveaux investissements.

La Province du Brabant flamand obtient aussi un résultat honorable avec 14 nouveaux projets. À l’exception d’un seul, tous ces projets sont des nouveaux projets. Le principal secteur concerné par ces nouveaux projets, dans le Brabant flamand comme dans le Brabant wallon, est celui des ventes et du marketing. Cela démontre sans doute que les entreprises n’envisagent plus Bruxelles comme seul emplacement potentiel pour de telles activités.

 

Au niveau de la Wallonie, l’activité a été particulièrement intense en 2009 avec un succès particulièrement remarquable pour la province de Liège. Celle-ci a maintenu sa stabilité au fil des dernières années, avec 12 à 14 nouveaux projets par an. Cette année, elle grimpe à 21, dont deux tiers concernant de nouveaux investissements. Les principaux secteurs concernés sont l’industrie et la logistique.

De son côté, le Hainaut se caractérise par sa stabilité avec 17 investissements (dont 9 nouveaux) en 2008 et 2009. A l’exception de Bruxelles et d’Anvers, les provinces de Liège et du Hainaut sont en 2009 et de loin, les provinces les plus attractives de Belgique ».

 

Et enfin, la menace de régionaliser la perception de l’impôt des personnes physique sur le lieu de travail ne devrait pas changer grand chose et les effets seraient marginaux sur la Wallonie. Jugez-en :

Selon Eurostat (2006) le salaire brut moyen « belge » d’un employé dans le secteur de l’industrie et des services était de 37 674 s. Il faut ajouter à ce salaire 11 501 € que l’employeur doit payer en charges @sociales obligatoires, ce qui fait grimper le coût total du travail à 49 175 euros. La paie nette de l’employé n’est que de 21 903 €  soit 44,54% du coût total de main-d’œuvre ; les prélèvements obligatoires, i.e. les impôts et les cotisations de sécurité sociale, s’élèvent ainsi à 55,46% de son revenu brut « réel ».

Le taux marginal maximal pèse bel et bien sur notre travailleur moyen ; pour 2010, le taux de 50% s’applique à chaque euro gagné au-delà d’un salaire brut de 34 300 euros.

Ce qui est certes, loin d’être négligeable à titre individuel. Mais, si on se base sur cette moyenne – même, si comme toutes les moyennes, elle est sujette à caution, ne tenant pas compte des spécificités professionnelles – nous pouvons constater que le manque à gagner pour la Wallonie d’un IPP versé sur le lieu de travail, c'est-à-dire à Bruxelles, serait d’environ (49175( brut+part patronale)-21903 (salaire net annuel moyen) X 100.000 travailleurs) = 2.717.200.000 euros… ce qui correspond, à la grosse louche (pour utiliser un terme technique, précis d’économiste..) à 2.5 milliards si on soustrait les 250.000.000 euros payés chaque année – par la Wallonie - à Bruxelles pour financer la survie des écoles francophones de cette Région.

 

Autant se préparer, d'ailleurs les sondages récents vont dans ce sens...

 

 

(*) Source: Ernst & Young European investment monitor 2010

 

 

 

 

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 12:00

Les temps et les propos changent…

 

Terrible retournement pour ceux qui se font (et même au sein de mouvements qui devraient mettre la Wallonie en valeur) les chantres de la « déclinologie wallonne ».

 

L’Echo, journal financier réputé sérieux, vient de publier un article au ton assez inédit montrant que la situation est loin d’être désespérée, bien au contraire.

En gros vous y retrouverez des analyses publiées ici même à plusieurs reprises : Par rapport aux régions de tradition industrielle, la Wallonie affiche un niveau de productivité supérieur tout en étant plus innovante. Au niveau des pensions, (…) la Wallonie a l'avantage de disposer d'une population plus jeune, tandis qu'en matière de soins de santé, les transferts Nord-Sud sont presqu'inexistants…

 

Voici qui va à l’encontre de propos inspirés chez d’aucuns par une certaine propagande flamande et belgicaine que je dénonce ici depuis des années et reprise sans aucun sens critique comme ce que je viens encore de découvrir sur un site internet récemment mis en ligne et  tenu par un nouveau gourou du « rattachisme catastrophiste » : « la Wallonie ne peut prétendre devenir une nation, dont elle n’a pas les caractéristiques nécessaires, encore moins accéder à une forme d’indépendance, du fait de son retard économique et social. La Région est désormais confrontée à des perspectives très défavorables, le retrait progressif de la solidarité financière belge, essentiellement financée par la Flandre, devant précéder et accompagner la dissolution inéluctable de l’Etat belge (…)»…

 

Evidemment, les arguments rationnels ne sont souvent que de peu de poids face aux croyances irrationnelles.

 

Mais quand même !

 

Extraits significatifs dans les propos de deux économistes qui ne sont pourtant pas séparatistes :

« Le taux de croissance wallon avoisine celui de la Flandre et la productivité wallonne est identique: c’est un cliché de dire que les Flamands travaillent plus. Parmi les régions de tradition industrielle, la Wallonie affiche un niveau de productivité supérieur et c’est la plus innovante. Côté société de la connaissance, les efforts financiers en R & D de la Wallonie et de la Flandre sont quasi identiques. Et le potentiel des ressources créées dans le domaine des sciences et des technologies est quasi identique de part et d’autre ». (Michel Quévit)

 

« En cas de divorce belge, la Wallonie devra fonctionner avec des ressources amputées par rapport à la situation actuelle. Se pose alors la question de voir s’il convient d’augmenter les impôts (avec une baisse du revenu disponible des ménages à la clé) ou de diminuer les dépenses publiques (signifiant également un tour de vis par rapport au train de vie actuel) ». « Tout est question de choix politique ». (Michel Mignolet)

 

« Je ne suis pas pour la scission du pays. Mais si elle nous est imposée, Wallons et Bruxellois n’ont pas à s’inquiéter au regard de ce qui se fait ailleurs en Europe ». (Michel Quévit)

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 20:39

http://www.lesoir.be/actualite/france/2010-09-06/un-depute-francais-propose-d-accueillir-wallons-et-bruxellois-791721.php 

 

http://www.debout-la-republique.fr/La-France-doit-se-preparer-a.html

 

 

La France doit se préparer à accueillir ses compatriotes Wallons et Bruxellois

lundi 6 septembre 2010 à 17h41

 

L’entrée en phase terminale de la crise belge conduit le pays au bord de l’éclatement. La France doit donc se préparer à assumer toutes ses responsabilités envers les francophones de Belgique, en les assurant le cas échéant de son accueil et de sa protection.

Ainsi, et pour paraphraser le Général de Gaulle, les Wallons "retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines".

Naturellement, cette évolution territoriale majeure en Europe ne pourrait s’accomplir que dans le strict respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, au terme d’un processus d’autodétermination incontestable par sa netteté et son ampleur.

Dans une Europe désormais prémunie contre les impérialismes territoriaux et les heurts nationalistes entre grands pays, le véritable risque serait au contraire que la France cède à ses inhibitions européistes en refusant à tout crin d’accompagner, voire d’anticiper, le sens de l’Histoire.

En effet, à vouloir marier contre leur gré des peuples différents et détruire les états-nations, les apprentis sorciers de la supranationalité belge ont créé depuis des années les conditions du rejet, de la haine et de la xénophobie.

Maintenir une fiction de Belgique nous conduirait à un divorce violent, à la Yougoslave, là où une séparation paisible à la Tchécoslovaque est possible.

Il est donc du devoir de la France de prouver qu’un autre modèle est possible en accueillant les Wallons et Bruxellois s’ils le souhaitent au sein de la République.

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Député de l’Essonne

Président du rassemblement gaulliste

Debout la République

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 12:00

Les voltigeurs du PS (ou plus précisément de Di Rupo) ont fait ces derniers jours quelques déclarations qui ont fort marqué la presse aux ordres, toujours à l’affut de petites phrases permettant de relancer une opinion publique assoupie et à la conscience politique endormie par des années de propos lénifiants.

 

Les récentes déclarations ne sont sans doute que musculation et rodomontades qui ne sont que des écrans de fumée.

 

Le président de la N-VA qui est loin d’être un imbécile dit d’ailleurs ne pas comprendre le message envoyé par les socialistes francophones et les renvoie dans les cordes : . « Quelqu'un peut-il m'expliquer leur logique ? », déclare-t-il au « Het Laatste Nieuws ». « Lorsque vous lui demandez de faire en sorte que Bruxelles et la Wallonie soient plus responsables, le PS dit « non ». Et avec quelles menaces viennent-ils maintenant ? Faire exploser le pays, conséquence de quoi Bruxelles et la Wallonie seront totalement responsables de leur sort ».

 

En Flandre, la presse s’empresse de faire chorus. Et chose amusante, «  Le Soir », relatant les réactions dans la presse flamande s’associe complètement dans un article à cette dernière, y signalant que sa rédactrice en chef, Béatrice Delvaux, est d'avis que les menaces francophones relatives à la séparation du pays sont « stratégiquement et psychologiquement bien vues ». Elles permettent de dire que « les francophones ne sont pas réduits à conclure un accord à n'importe quel prix » et que, le cas échéant, « on empoignera sans complexe ce projet séparatiste, plutôt que de le subir ». Confirmant les propos de Guy Tegenbos dans le « Standaard », qui croit avoir décelé dans cette stratégie un « truc » visant à faire reposer la culpabilité sur les Flamands. C'est aussi, précise-t-il, un moyen permettant par la suite de légitimer un nouveau compromis, sur le mode « nous avons fait des concessions mais nous avons pu éviter une véritable catastrophe – la fin de la Belgique ».

 

Souvenons-nous, il y a déjà quelques années lors d'un congrès du PS (à Gembloux ?), Elio Di Rupo avait déjà menacé la Flandre de la même manière, ou peu s’en faut.

 

Au risque de décevoir les quelques excités compulsifs des forums, mais ça n’a pas d’importance, je ne pense pas qu’il y ait là matière à penser que les socialistes (ouvertement) et les autres (plus discrètement) soient prêts, cette fois ci encore, à oser prendre leurs responsabilités vis-à-vis des Wallons.

Comme des boxeurs, avant de commencer un nouveau round, les partis à la négociation sont en train de s'évaluer et de tester, de fixer, les limites à ne surtout pas dépasser. Certes, l'opinion publique évolue - mais comme toujours - lentement. Le fait que l’on ait demandé au roi de nommer deux médiateurs de chaque bord soit considéré par tout le monde comme très positif démontre que le chemin vers un compromis est actuellement très proche d’aboutir et est toujours préféré à celui vers la rupture.

Un compromis sera conclu entre les deux formations et suivi par les autres. Ce sera certes un mauvais accord, mais l'une comme l'autre partie à la négociation n'en ont cure. et ont besoin de cet accord, simplement pour subsister. En particulier le PS pour pouvoir dire qu’il a sauvé l’essentiel.

 

La négociation va se poursuivre puisqu’ils sont trop près d’un accord. Après tout, du point de vue de la Wallonie, nous pouvons nous réjouir des premiers acquis de la négociation pour les entités fédérées. Auparavant, les transferts (hors le service de la dette publique) qui représentaient 51% des ressources étatiques et passeraient à environ 70% de celles-ci, ce qui augmenterait considérablement l’autonomie wallonne. Tout en continuer à vider la Belgique de sa substance..

A ce propos, j’estime tout à fait ridicule et offensant pour les Wallons de présenter, comme la presse le fait généralement, l’accroissement d’autonomie comme quelque chose à quoi l’on doit se résigner !  La presse francophone n’a pas encore intégré le fait que même si on est entré à reculons dans le fédéralisme, la Belgique unitaire n’existera plus jamais.

 

Mise à jour : http://mediatheque.lesoir.be/v/le_kroll/432sept0710.jpg.html

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 12:38

Pourquoi les Régions n’appliqueraient-elles pas, entre elles, comme minimum, les règles qu’elles seraient conduites à accepter si elles devenaient indépendantes ? C'est la question que pose Philippe De Schoutheete, ancien représentant permanent auprès de l'UE, dans La libre de ce jour.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 06:35

Nous assistons en ce moment à un retour médiatique du MR. Logiquement dans son rôle d’opposition et n’étant pas convié à la table de négociation, ce dernier juge très sévèrement les négociations en cours.

D’après ceux qui se sont exprimés, le MR aurait mieux défendu les intérêts des francophones (encore faut-il définir ce qu’il entend en utilisant ce terme non spécifique) dans la négociation s'il y avait été invité. « Il est tout de même curieux que le premier parti à Bruxelles et le deuxième parti en Wallonie ne soit pas associé » précisent-ils avec une touchante unanimité...

 

Voire ! Si mes souvenirs sont bons, De Wever était plus que favorable à la présence du MR à la table de négociation… Malgré la présence des ultras du FDF et pas uniquement parce que ce parti est de centre droit.

 

Fallait-il inviter le MR ? La politique ne se fait jamais sur base de bons sentiments, mais sur des rapports de force. Le MR a perdu les élections et si je compte bien, les partis francophones autour de la table représentent 62 % des élus francophones de BHV. Soit les deux tiers malgré les voix de cet arrondissement qui se sont perdues pour faire élire un personnage de l’ultra-droite – pour ne pas dire plus - en Brabant wallon par le biais de l’apparentement. (Et c’en est un fameux de biais !).

 

En face, les seuls CD&V et N-VA totalisent 44 élus flamands sur 88, soit exactement 50 %. Les 18 élus du SP.A et de Groen ! qui font l’appoint permettent de dépasser, là aussi, les deux tiers. Sans compter l'appui extérieur des... libéraux.

Les Flamands de BHV sont représentés, eux, par 78 % de leurs élus.

 

Pour aller plus loin, les deux camps sont donc largement représentatifs des deux communautés. Si l’on se base sur la seule Région clairement délimitable, les Wallons sont représentés par 35 élus sur 49, soit 71 %. Notons qu’il en va de même pour la Flandre (hors BHV) représentée par 56 élus sur 79, soit là aussi : 71 %.

 

La principale pierre d’achoppement étant les limitations de la Région de Bruxelles et son financement, la répartition des négociateurs des partis représentatifs des bruxellois - tant Flamands que Francophones - autour de la table est donc équitable et démocratique. Difficile de trouver d’autres marges de manœuvre compte tenu des résultats électoraux. C’est le choix logique du pré-formateur qui a privilégié les partis gagnants en premier. Ce qui n’a pas toujours été le cas dans le (proche) passé. Combien de majorités composées de battus aux élections n’ont-elles pas gouverné ?

 

Je peux comprendre la déception de ceux qui ne sont pas de cette négociation, mais toute autre considération ressort de la logique partisane. C’est le jeu.

 

Difficile d’en dire plus à cette heure sur les résultats. Nous n’avons – en tant que citoyens ordinaires - que peu d’informations sur les acquis des négociations. Certes, on est en train d’organiser une très grande réforme de l’Etat, il semble bien y avoir trop d’avancées pour dire arrêter, mais pas assez pour dire avancer vraiment.

On entend dire qu’on a parfois l’impression que les Flamands ont tout demandé et tout obtenu. Mais si on analyse concrètement le programme électoral de la N-VA, on se rend compte que c’est loin d’être vrai. Ecolo, Groen !, le CdH et le SP.A jugent qu’il y a suffisamment d’éléments sur la table pour un « compromis honorable ». Le CD&V aurait « vendu son âme au diable »  en 2007 pour obtenir le dixième de ce qui est sur la table aujourd’hui. Aucun des ténors bruxellois du PS ne se manifeste. Certes, on peut efectivement considérer que les partis francophones ont fait des concessions. Mais les Flamands avaient des revendications précises et nombreuses. Les « francophones » n'étaient « demandeurs de rien » suivant l'expression inventée par Monsieur Maingain (du MR !) (et reprise bêtement par tous les autres). Dans toute négociation, surtout si les points de vue sont diifférents, chacun doit céder un peu. Quand on part de rien, on ne peut que reculer. 

Attendons de juger sur pièce. Tout en nous réjouisant des avancées en matière d'autonomie pour la Wallonie.

 

Quelles que soient les péripéties à venir, les acquis de cette négociation serviront de socle aux prochaines.

 

Mise à jour : Suite à ce que j’écrivais ci-dessus et à la conférence de presse de Di Rupo de ce matin, entre le compromis ou le chaos, le choix semble… simple !

 

Décidément, « l'Histoire du futur » reste à écrire. 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 00:01

Ce n’est pas sans un serrement de cœur que j’invoque aujourd’hui la mémoire de ceux dont l’histoire parle à peine.

 

Avant d’être contraint de s’engager dans la funeste campagne de Russie, Napoléon avait, par un décret du 14 mars 1812, constitué des régiments d’infanterie de ligne avec des Gardes nationaux du « 1er ban », c'est-à-dire des hommes de 20 à 25 ans. Destinés en principe, à la sécurité des départements et à la défense immédiate des frontières, le désastre russe avait amené ces régiments en renfort de ce qui restait de la Grande Armée reconstituée en Saxe au printemps 1813. De nos jours, on pourrait dire qu’ils sont passés des forces de défense de l’intérieur aux forces d’intervention.

Parmi eux, les 147ème  et 148ème de ligne firent partie du Vème corps d’armée du Général Lauriston.

 

Ils ne tardèrent pas à être engagés et participèrent aux opérations autour de Breslau et aux victoires de Bautzen et de Lutzen en mai 1813. L’armistice qui suivit leur donna quelques repos. Mais le 16 août les deux régiments furent mêlés aux sanglantes affaires de Goldberg, le 23 août de la Katzbach et du Bober les 16 et 29 août pour se retrouver à la grande bataille de Leipzig.

 

Assaillis par des forces très supérieures, par un temps épouvantable, aves deux rivières à dos grossies par des pluies torrentielles qui emportaient les ponts et rendaient les cartouches inutilisables, le 147ème fut presque complètement anéanti.

 

«  L’Historique des Corps des Troupes de l’Armée Française » nous dit : « Acculé aux inondations du Boher, le 147ème, qui refuse de se rendre, est presque entièrement détruit ».

 

Régiment, pour deux (*), tiers composé de Wallons issus des départements, de l’Ourthe (540 liégeois), de Sambre-et-Meuse (348 namurois), des Forêts (420 Ardennais),  de la Dyle (ancien Brabant unitaire) (924 hommes) soit 2280 sur un effectif de 3200.

 

Dans notre histoire, qui rappelle le 147ème de la Grand Armée dont on aurait pu dire de lui comme de la Vieille Garde : « le 147éme est mort mais ne s’est pas rendu » ?   

 

ILs sont morts pour la défense des Droits de l'Homme face aux anciens régimes, pour leur Empereure et surtout pour la France.

 

(*) Le complément avait été levé dans les départements hollandais et allemands.

 

A noter que si grandes que furent leurs épreuves, les armées de Napoléon étaient des armées de célibataires. Elles ne traîneront pas avec elles cette lourde angoisse qui pèsera sur les régiments de pères de familles qui composeront par la suite les armées démocratiques.

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Published by Claude Thayse - dans Coup de coeur
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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 06:25

Intitulé : "Ça sent l'orange bleue", l'édito revient sur les résistances des partis "francophones" à la régionalisation de l'impôt.

 

"Une fermeté étonnante" écrit-il  "car l’IPP est déjà partiellement régionalisé (autonomie de 6,75 %) et le périmètre dessiné par Elio Di Rupo porte la marge à 10 ou 13 %". D'autant plus étonnante que de nombreux spécialistes des finances publiques plaident pour une extension de cette fourchette, afin que les Régions soient, enfin, autant maîtres de leurs recettes que de leurs dépenses... Ce que les présidents de parti savent très bien.

 

Leurs réticences viendraient donc d'ailleurs. Il cite trois pistes dont :

1. La crainte : l’IPP régional marquerait très concrètement une évolution du pays qu’ils ne sont pas certains de vouloir,

2. L’anticipation : si la préformation file vers l’échec, l’opinion comprendra mieux l’argument "argent et solidarité" que BHV.

 

Bien vu !

 

Mais c'est grave ! Agir ainsi, c'est  mentir aux Wallons et ce m'est pas en cachant la vérité aux gens qu'on prépare l'avenir. Ppour paraphraser Georges Clemenceau, je finirai par croire que la politique est une chose trop grave que pour être confiée à des politiciens ! 

 

 

PS : J'aime beaucoup cette petite phrase trouvée sur le site de "La Libre" : "A un moment donné de la négociation, si la N-VA poursuit vraiment dans cette voie de la surenchère et de la demande de régionalisation de l’IPP , décrypte une source francophone, on va dire : "OK, mettez vos schémas pour la révision de la loi de financement sur la table", et on verra très bien que ces schémas appauvrissent considérablement les francophones. Alors, on dira : "Si vous voulez discuter de cela, eh bien discutons aussi des pensions. Et eux nous rétorqueront qu’il faut parler de la dette. C’est l’escalade. Et on va négocier la fin du pays..."

 

Et tant qu'a faire, je ne résiste pas à vous redonner ce morceau d'anthologie :

«  la Belgique devrait envoyer des spécialistes du droit constitutionnel en Irak pour aider ce pays à résoudre ses problèmes de minorités parce que la Belgique est experte en la matière  »... (LOUIS MICHEL 2004)

 

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