Le blogue-notes de Claude Thayse

Certains néo-rattachistes - surtout bruxellois - viennent de découvrir grâce au site de l'ultra belgicain FDF une déclaration de Vincent de Coorebiter du CRISP à la libre Belgique : « Si on finit avec cette double exception que constitue BHV sur le plan électoral et judiciaire, on verra toutes les frontières – administrative, judiciaire et électorale – coïncider. A ce moment, effectivement, la voie est ouverte à cette règle de droit international, dominante pour ce que j’en sais, selon laquelle en cas de scission d’un pays, les frontières intérieures reconnues servent de base aux nouvelles frontières extérieures des Etats qui résultent de la scission. »
 
Rien de bien neuf, évidemment. J'avais publié une
carte blanche dans "Le Soir" sur ce même sujet en... février 2005 (!). Et à la relecture, il n'y a rien à y changer.
 
Si je peux comprendre l'attachement du FDF et de ses électeurs à la « Belgique de papa » et son regret de voir le fait régional ainsi que la volonté d'émancipation du Peuple flamand (pour ne parler que de lui) bouleverser leurs croyances, je comprends moins le point de vue de ceux qui se disant rattachistes (ou réunionistes) craignent la disparition de
ce dernier verrou.
Actuellement, ces limites chevauchent et contredisent celles des régions linguistiques et des Etats fédérés de Flandre et de Bruxelles. Il faut sortir de cette situation. La Flandre, comme Bruxelles ont toutes deux droit à des frontières claires et stables... Ainsi que la Wallonie !
A la proposition défendue par le FDF de «  lien territorial avec la Wallonie », je préfère l'expression, s'il le faut et que les habitants des communes flamandes de la périphérie bruxelloise en décident ainsi, de « frontière commune ».
 
Le choix des mots n'étant pas innocent, ce serait plus clair. Pour plagier le slogan du FDF (alors fédéraliste) d'il y a quelques annés : « Chacun, maître chez soi ! ».
Evidemment, ce serait là une nouvelle déception pour les tenant de l'ancienne Belgique. Ou plutôt d'une Belgique à l'ancienne...

Mer 2 déc 2009 1 commentaire
La frontière entre la Flandre et la Wallonie est bien plus que linguistique. En fait - n'ayons pas peur des mots - c'est une frontière ethnique, appelée à devenir une frontière d'Etat. Toutes les ethnies du monde sont des nations en devenir qui aspirent à se structurer en Etat indépendant. Un bel exemple est celui du "Kurdistan", ce pays des Kurdes à cheval sur la Turquie et le nord-ouest de l'Irak. Dans la littérature du Mouvement wallon, comme dans les ouvrages de sociologie, on n'hésitait pas à qualifier notre frontière linguistique de "frontière ethnique" (Cf Nouvelle Revue Wallonne, organe du Congrès national wallon, tome III, pages 85-92; Travaux du Séminaire de sociologie de la Faculté de droit de l'ULG, Ouvriers flamands immigrés en Wallonie, 1951, p.VIII-XII). On n'héitait pas davantage à qualifier d"immigrés" les Flamands établis en Wallonie et les Wallons établis en Flandre...
André Schreurs - le 06/12/2009 à 12h38
En effet. Depuis, les horeurs du nazisme et de la haine ethnique sont passés par là. Le "politiquement correct" importé du puritanisme hypocrite américain a subtilement changé le sens des mots pour cacher une réalité qui dérange.
Claude Thayse