Le blogue-notes de Claude Thayse
Le président de la Cour d’arbitrage donne une interview au Soir de ce mercredi. « Il faut changer le système actuel, anticonstitutionnel… » dit-il puisque les candidats de Hal-Vilvorde à l’élection de la Chambre ne peuvent pêcher des voix dans tout le Brabant flamand : Louvain étant un arrondissement distinct. Il y a là rupture du principe d’égalité.
Il appelle le législateur à trouver un système équitable « avec toute l’imagination dont il peut faire preuve en la matière »…
Il ne peut cependant s’empêcher d’ouvrir quelques pistes remettant en cause les statuts et limites des arrondissements actuels. D’une manière formelle – le redécoupage – ou plus subtilement « unitaristes », mais sans aller jusqu’à la citer, laissant à la journaliste le soin de l’écrire : « une autre solution satisfaisante sur le plan juridique, la scission de BHV couplée au système des apparentements. Et là, plusieurs cas de figure se profilent : apparentements entre Bruxelles et le Brabant flamand, entre Bruxelles et le Brabant wallon, etc. », bref, le retour du principe de l’apparentement, niant par là l’évolution institutionnelle (et constitutionnelle) qui a fixé les limites des régions politiques en créant la province du Brabant wallon, partie intégrante de la Wallonie, Région de langue française.
Ce système d’apparentements entre arrondissements appartenant à des provinces différentes de régions différentes me paraît pourtant être en contradiction avec l'existence de Régions administrativement et surtout politiquement distinctes. Des élus (con)fédéraux (à la Chambre) représentants de leur Région pourraient-ils logiquement être élus avec des voix venant d'autres Régions grâce au hasard de l'apparentement ?
Je ne veux pas rappeler ici l'exemple caricatural d'un élu Volksunie dans l'arrondissement de Nivelles avant l'heureuse scission de l'ancienne province du Brabant.
Ou alors, mais il s’agirait là d’un choix politique, la négation du fait régional (revendication essentiellement wallonne) pour privilégier uniquement le fait communautaire (comme pour les élections du Sénat), ce qui répondrait aux attentes les plus folles des Flamands les plus pointus et du FDF... même s’ils semblent apparemment défendre des points de vue différents…
Ne vaudrait-il pas mieux supprimer les élections fédérales pour envoyer, au besoin et en fonction des circonstances des élus régionaux. Au Parlement fédéral ? Belle simplification plus en phase avec l’évolution des mentalités. Non ?
La Wallonie absente des débats institutionnels
Ils ont tous accepté pendant trente ans que la «Belgique» soit dirigée sans aucun Premier Ministre «francophone» pour se rendre compte aujourd’hui que décidément c’était la Flandre qui tenait définitivement la main dans ce jeu de dupes. Et, le ridicule ne tuant pas, ne voilà-t-il pas qu’ ils font encore semblant de croire à leur désignation possible de Premier Ministre, d’où déjà cette relance de rivalités entre présidents du PS et du MR, avec un CDH à l’affût de tout opportunisme.
LA SAGA BELGICA
A quand l’ultime sursaut de mandataires Wallons pour décider enfin, outre les ukases de partis «francophones» discrédités, le dialogue d’égal à égal avec les mandataires Flamands afin d’instituer pacifiquement l’autonomie des Régions Wallonne et Flamande dans le respect de l’intégralité totale de leur territoire respectif. Et, s’il le faut face à l’aveuglement des partis traditionnels, peut-être alors nous réunir dans un Parti Wallon autonome, en prenant nos distances envers l’hégémonie francophone bruxelloise sur B.H.V. qui fait obstacle à l’entente cordiale entre la Wallonie et la Flandre?