Le blogue-notes de Claude Thayse
C’est une piste, on lit souvent qu’il serait logique que le gouvernement flamand doit choisir une ville sur le territoire de la Flandre pour y installer sa capitale.
Nous sommes face à deux logiques contradictoires. Résultat des différentes séquences de l’évolution institutionnelle.
Une logique communautaire. Les Flamands étaient demandeurs et de ce point de vue culturel, leur présence à Bruxelles, ville historiquement thioise et y comptant encore de nombreux locuteurs, se justifie pleinement dans ce cadre.
Une logique régionale (pour faire simple dont ils ne voulaient pas, même si nous savons que c’est un peu plus subtil que ça) qui est celle des Wallons qui ont fort logiquement implanté – malgré de nombreuses réticences – leur capitale à Namur.
Les Bruxellois se sont ensuite découvert un « nationalisme local » (ni-Flamands, ni Wallons), mais ambigu, parce que élargi et même impérialiste puisque basé sur une extension de leur territoire reconnu constitutionnellement jusqu’aux confins dd l’ancienne Belgique, substitut élastique qui s’est concrétisé par la reconnaissance d’une Région « à part entière » (ou presque) que nous avons payés au prix par la solidarité « Wallonie-Bruxelles au prix fort de l’abandon des Fourons, entre-autres.
Les Flamands ont immédiatement – et c’est leur logique – fusionné Communauté et Région. Idée géniale qui leur permettait de ne rien changer et de confirmer leur installation à Bruxelles. Le territoire de la Communauté flamande devenant ainsi automatiquement celui de la Région flamande en fonction des circonstances et des besoins. Très habile d’avoir fait ça avant la reconnaissance officielle de la Région de Bruxelles. Reconnaissance qu’ils ont freiné des quatre fers.
Par la force des choses, Bruxelles est donc devenue une capitale bi-régionale (flamado-bruxellois) et bicommunautaire (par belgicanisme mal avoué ? Mimétisme ou plutôt par peur ? On ne pouvait quand même pas laisser les Flamands seuls occupant du terrain…). On n’en sortira que quand on passera d’une logique communautaire (à laquelle les Flamands tiennent plus qu’à la prunelle de leurs yeux ne l’oublions pas) à une logique régionale. La scission de BHV entre dans cette logique. Est-on même prêts du côté wallon à faire disparaître cette communauté culturelle entre une partie de Bruxelles et la Wallonie et d’en récupérer les compétences qui nous concernent ? Permettant peut-être ainsi au Parlement bruxellois d’en exciper et de se déclarer Région pleinement autonome et de revendiquer le départ des institutions « étrangères » de son territoire ? J’avoue être septique quand j’entends parler de l’ouverture du prochain « dialogue communautaire » qui ne sera donc pas un « dialogue interrégional ».
Mais ne rêvons pas, Il sera plus... logique (?) de se battre pour un symbole aussi ridicule que l’existence « d’un corridor » (j’en parle dans un billet précédent) entre Bruxelles et la Wallonie. Pour que la Belgique ne meure pas ? Belle excuse pour ne pas prendre ses responsabilités vis à vis des générations wallonnes futures !
2. Curieux qu'aujourd'hui on se focalise autant sur BHW comme s'il représentait le dernier obstacle avant de passer aux "dossiers sérieux" (selon le point de vue francophone. C'est oublier que derrière BHV pointe tout un catalogue de revendications flamandes visant à scinder aussi bien la sécurité routière que les droits d'auteur ou les allocations de chômage. Aurait-on déjà oublié? Ca ne date pourtant que de 2007.
2. Ben oui... Le moteur de la politique expliquée dans les médias) en Belgique, c'est l'amnésie !
Mais la région flamande n'en a pas tenu compte
Ce qui prouve que nous pourrions installer la capitale wallonne à Bruges, ou mieux dans les Fourons.
Et quel bordel lors de l'inévitable, si pas prochaine scission de la Belgique !