Le blogue-notes de Claude Thayse

Vous qui me faite la gentillesse de suivre ce blog depuis le début devez être étonnés du "ralentissement" de ma production. Il y a à ça deux raisons, une personnelle, liée à un petit problème provisoire de santé m'empêchant d'utiliser le clavier de l'ordinateur comme je le voudrais et l'approche des élections régionales qui m'impose d'éviter de publier des billets qui pourraient favoriser un parti particulier.

Mais revenons au sujet du présent billet.
Je suis toujours effaré, mais pas surpris du manque de culture historique de nos concitoyens.  Pas surpris, parce que je suis de plus en plus persuadé que c'est le résultat d'une volonté politique, celle de créer un Etat (état ?) belge à tout prix, même au mépris de l'Histoire. La création du mythe belge est à ce prix. Tous les nationalismes en ont fait autant, avec des bonheurs divers. Ici, c'est une opération vouée à l'échec mais poursuivie avec - il faut le reconnaître - une belle persévérance et surtout beaucoup de moyens. C'est pourquoi, il faut saluer ceux qui font oeuvre utile en allant à contre-courant de la pensée unique qu'on nous impose. C'est le cas de deux personnes que j'apprécie beaucoup ; dans un domaine que j'aborde peu par méconnaissance du sujet, celui du pouvoir de la finance, superbement décortiqué par
Marco Van Hees (*) ou sur un plan plus wallon, de José Fontaine dont je ne partage pas toujours toutes les idées, ni les choix politiques, mais dont beaucoup d'articles de sa revue en ligne "TOUDI" méritent le détour.
Il vient ainsi de mettre en ligne
des archives fort intéressantes, par exemple sur le gouvernement provisoire wallon de 1950, un entretien avec René Lévesque, ou encore pourquoi Namur a-t-elle été choisie comme capitale de la Wallonie .

Evidemment, tous ces textes peuvent être jugés comme "orientés", mais n'est-ce pas toujours le cas ?

On ne peut aimer que ce que l’on connaît. L’enseignement et plus spécifiquement les leçons d’histoire, doivent pousser à l’étude de sa propre région. La connaissance et la compréhension de la région peuvent constituer un levier pour un meilleur avenir pour la Wallonie. Le sort de la Wallonie se trouve entre les mains de l’enseignement.  Jean Pirotte, en  1998 a écrit que "Si la Wallonie reste ignorée ou mal aimée des Wallons eux-mêmes, il y a peu de chances qu’elle en vienne à se dynamiser et à devenir attractive".

(*) licencié en sciences politiques (ULB), est fonctionnaire au SPF Finances, délégué syndical CGSP, journaliste pour l'hebdomadaire Solidaire, 3ème candidat aux européennes sur la liste PTB+ (je viens de l'apprendre) et, auteur de plusieurs ouvrages :

- C’est pas nous, c’est eux – Les fondements idéologiques de l’anti-tiermondisme, Editions Dialogue des Peuples, 1990 ;
- La fortune des Boël – Un énorme patrimoine, une immense dette sociale
, Editions Aden, Bruxelles, 2006 ;
- Didier Reynders – L'homme qui parle à l'oreille des riches
, Editions Aden, Bruxelles, 2007 ;
- Le Frankenstein fiscal du Dr Reynders – Tout ce que vous n’auriez jamais dû savoir sur les intérêts notionnels, Editions Aden, Bruxelles, 2008.

Mer 15 avr 2009 7 commentaires
Cher Claude,

Un très grand merci pour ces remarques et je voudrais dire que F.Bismans est aussi quelqu'un d'intéressant pour les sous-bassements du Pouvoir financier. En ce qui concerne les articles sur le Gouvernement provisoire wallon je pense que l'on peut avoir ses apaisements: la valeur historique de cet article a été reconnue puisque c'est à quelques fifrelins près (sans importance), que l'Encyclopédie du Mouvement wallon l'a publié. On peut dire la même chose de l'article de JP Hiernaux, lui-même publié dans l'Encyclopédie et qui est un homme certes très wallon, mais d'une immense rigueur. L'Entretien avec René Lévesque a été réalisé par Patrick Leboutte qui était alors (1986) au Québec pour y trouver sa vocation de critique de cinéma (il est professeur à l'INSAS). Chantal Kesteloot à qui je reproche d'avoir dit que les Wallons étaient dans l'état d'esprit des génocidaires notamment hutus (voir ci-dessous), sans nier la valeur de la revue TOUDI met en cause le fait que l'on y est engagé et affirme (non sans raison), que comme dans tout Etat qui est remis en cause, des militants  expriment avec rage leur révolte contre les travestissements de toute histoire nationale. Ce à quoi on pourrait lui répondre que dans tout Etat dont on conteste l'unité, des professeurs d'université défendent cette histoire nationale avec une rage égale. Ni elle ni personne ne possède le monopole de l'esprit critique. Personne ne peut se prévaloir d'un point de vue non engagé même si la fonction d'enseignant (surtout dans une université), vous en donne le profil apparent. Cela a bien été analysé par Gramsci, mais, au total, le seul critère qui puisse départager le vrai du faux ne réside pas dans les titres que l'on possède, mais dans la valeur de ses écrits, des méthodes utilisées etc.

Quant à C.Kesteloot j'ai eu du mal d'admettre qu'elle se réfère (dans son livre Au nom de la Wallonie et de Bruxelles français, Complexe, 2004), à Thual pour parler des mouvements identitaires et considérer selon la ligne de pensée de Thual, que le mouvement wallon en relèverait. Alors que cette qualité d' "identitaire", Thual l'attribue aux génocidaires, les Hutus gouvernementaux de 94 notamment. Elle ne l'a pas dit elle-même explicitement mais en se référant à Thual c'est ce qu'elle a dit (consciemment ou non).

A propos de l'effet bonsaï, je voulais attirer l'attention de tes lecteurs sur l'édito de Thierry Haumont au départ de la revue:

http://www.larevuetoudi.org/fr/story/être-supérieur-au-présent-édito-n°1 

(c'est pour cela que j'étais venu sur ton blog)

Parce que c'est l'état d'esprit qui a animé beaucoup de militants wallons souvent accusés (mais depuis toujours), d'être étroits et "repliés". Je sais parfaitement qu'il est très difficile de bien faire comprendre cela mais je sais aussi que faire la Wallonie est la chance d'élargir ses horizons au-delà de la Belgique. Il n'a jamais été facile de le faire comprendre, ni aujourd'hui, ni il y a trente ans, soixante ans etc. Ici aussi, il n'y a aucune raison rationnelle de penser qu'un militant wallon serait moins large d'esprit que quelqu'un d'autre, même si, évidement, beaucoup de gens le pensent... C'est même le grand problème du mouvement wallon. Les sites comme le tien sur la toile contribue à s'en faire une autre idée, mais ce ne sera pas facile de convaincre, cela ne l'a jamais été. Et il faut savoir que les médias raffolent de nous quand nous sommes folkloriques et/ou radicaux.
Surtout, ménage-toi, accepte de rendre du bon temps : la santé par-dessus tout!
José Fontaine - le 15/04/2009 à 23h06
Merci, ce billet est - tu l'auras compris - assez superficiel et simplement destiné à renvoyer le lecteur vers les sites mis en liens. Il y a, en effet, d'autres articles intéressants.
Ce que je cherche à combattre, c'est ce virus de pensée qui veut qu'être Wallon, c'est être différent  des autres être humains quand on aborde des sujets qui touchent à notre identité propre et qui fait que curieusement alors, nous sommes considérés, au mieux comme folkloriques et au pire comme radicaux. C'est un des effets pervers de l'existence de la Belgique.
Enfin, Il faut dire que certains (je reste dans "l'esprit bonzaï" publié le 1er avril...) , par bêtise ou inconscience, n'hésitent pas à faire ce qu'il faut pour entretenir cette image désastreuse jusqu'en Californie ! Hélas !
Claude Thayse
Je me souviens d'un sujet que j'avais posté sur le forum d'un journal dont je tairai le nom.
En gros, sur ce qui constitue la force de cohésion de la Belgique.
Un bide complet... Mais je l'avais cherché avec un sujet pareil! Par contre, beaucoup d'arguments anti-France.

Je n'ai donc pas pu me faire un avis très clair sur la question. Si ce n'est cette drôle d'impression: qu'une partie de l'identité belge, en tout cas francophone, se définissait par opposition à la France. Ce qui signifie peut-être aussi une certaine mécompréhension de sa propre identité (l'identité étant pour moi quelque chose de positif par définition).


Quoiqu'il en soit, je vous souhaite un bon rétablissement.

Bien cordialement,
Frédéric (France) - le 17/04/2009 à 15h55
Vous avez parfaitement raison. La Belgique n'existe qu'en tant qu'institution opposée à la France. Dès son origine (1830) elle a été considérée (et s'est considérée) comme rempart de l'Europe contre la France. Jusqu'il y a peu, c'était cette définition qui était enseignée par les instits. L'identité belge n'existe que par rapport à une autre (la française en l'occurence), il n'y a pas d'identité commune, ni de volonté positive de vivre ensemble. Et pourtant voilà près de 200 ans que cette cohabitation basée sur cette identité négative existe. Être belge, c'est ne pas être Français et rien d'autre. Absurde, non ?
Malgré la propagande officielle, un fort (mais tabou) irrédentisme français,  a existé jusquà la fin des années 1950. Ensuite la puissance du message a été multipliée par l'arrivée de la télévision dans les foyers. Les émetteurs bruxellois ont remplacé ceux de Paris et de Lille.
Je vous invite, si vous en avez l'occasion, à écouter les informations des chaînes tant publique que privées. Il n'y a pas un journal où on monte en épingle un fait français pour montrer combien ça va mal là-bas ou pour dire "comme c'est mieux chez-nous" !

L'identité belge est probablement un des rares exemples d'identité négative... Nous sommes loin de Renan.

A tout ça vient s'ajouter l'émergence de la nation flamande...
Claude Thayse
Et donc, seule l'identité flamande pourra mettre fin à ce pays. Rien à attendre des partis francophones ni de "leur" presse; rien à attendre non plus du RWF je le crains. Bref, on verra après les élections, en espérant un blocage
benoit - le 17/04/2009 à 18h46
"...l'approche des élections régionales qui m'impose d'éviter de publier des billets qui pourraient favoriser un parti particulier."
Faut-il comprendre que vous ne souhaitez à aucun prix le progrès d'un certain parti réunioniste lors de ces élections ?
Si vous avez lu l'article du Vif de la semaine dernière "le bal des rattachistes" (si ce n'est pas le cas, il y a un fil sur Vox à ce sujet), vous avez sans doute constaté que les différences entre diverses tendances réunionistes sont totalement secondaires.
Les inimitiés seraient-elles à ce point tenaces ... ?
Res Publica - le 19/04/2009 à 11h19
La phrase corrrecte était : "un parti en particulier"... De quelles inimitiés parlez-vous ?
Claude Thayse
Bonjour Claude, la santé va t'elle mieux ?
En ce qui concerne un certain parti que je connais bien étant sur les listes électorales de celui-ci, j'aimerais connaître les raisons de ta rancoeur à l'encontre de celui-ci. Cela pourrait éclairer quelques questions que je me pose à son sujet.
Mon objectif est simple mais essentiel, c'est la fusion de la "communauté française"(pas l'institution du même nom) avec la France. Ce parti peut être un tremplin pour y arriver et diviser nos forces par des querelles de personnes ou d'idéologies ne peut qu'amener la ruine de notre oeuvre. Il est toujours possible au sein d'un même parti de créer des tendances différentes, aile gauche, aile droite, etc ... mais pour toi, ce n'est peut-être pas possible.
Snow - le 19/04/2009 à 17h05
En théorie, tu as raison ! Et en pratique aussi... mais pour ta conclusion.
Je me suis déjà expliqué, il n'y a aucune rancoeur de ma part. C'est quoi, cette histoire ? Ne nous trompons pas. J'ai quand même le droit de penser librement... ou autrement, non ?
Pourquoi serait-ce de la rancoeur ? En psycho, on appelle ça de la projection. Si la lecture de pensée existait, ça se saurait !
J'ai encore eu le plaisir de déjeuner hier midi avec la vice-présidente du parti (et à cette fonction depuis 1999 !) sur les listes duquel tu te présentes. Nous sommes tout à fait sur la même longueur d'onde à propos de l'indispensable unité et du droit de tendance.
Je m'applique à agir en libre-exaministe. Ce qui explique peut-être que j'ai toujours eu de sérieuses difficultés à suivre les "vérités révélées" de certains gourous et d'apprendre à anonner les cathéchismes...
Téléphone moi un de ces jours.
Claude Thayse

En quoi votre correction de votre texte initial en change-t-il le sens ?

Ma question était (et reste) : ne souhaitez-vous pas le succès d'un parti particulier (ou "en" particulier si vous préférez) ?
"En particulier" si ce parti est réunioniste ?
Vous semblez revendiquer une certaine neutralité à l'approche de ces élections.
C'est du moins ainsi que je comprends la citation reprise dans mon premier message.
Elections qui mettront en présence un parti réunioniste (le RWF est à ce jour le seul parti réunioniste à avoir publié ses listes) face à de nombreux partis belgicains.
Ne serait-ce pas la moindre des choses qu'un réunioniste déclaré tel que vous ne fasse justement pas preuve de neutralité et affiche ses préférences ?
D'autant que les divergences entre les diverses tendances réunionistes/rattachistes sont à ce stade totalement secondaires (cfr l'article du Vif).
A moins que les inimitiés entre certains membres de ces différentes tendances ne soient plus importantes que la cause commune qui devrait les rassembler. Ce qui serait irresponsable.

J'avais oublié lors de mon premier message : je vous souhaite sincèrement un prompt rétablissement.
Ainsi que quelques éclaircissements ...

Bien à vous,
RP

Res Publica - le 19/04/2009 à 18h06
Soit, je sortirai bientôt de ma neutralité ! Et, rassurez-vous, certainement pas en faveur d'un parti opposé à mes convictions. D'autant plus - et ça ne semble pas émouvoir grand monde - qu'un parti d'extrême droite va se présenter sous le nom trompeur de "Wallonie d'abord". Ce qui est inacceptable et contraire à toutes les valeurs du Mouvement wallon. Et aux miennes.
Dans l'attente, je vous invite à relire ce billet : http://www.claude-thayse.net/article-26549791.html et ma réponse à Monsieur Snow.

L'article du Vif était détestable !

Et surtout, restons réalistes, ne me donnez pas (ni à mes écrits) l'importance que je n'ai pas, ni n'ai jamais revendiquée !
Claude Thayse
Si vous êtes, comme vous l'avez répondu à Snow, "tout à fait sur la même longueur d'onde à propos de l'indispensable unité et du droit de tendance", la conclusion semble couler de source.
Il n'y a donc aucun argument justifiant la division des réunionistes.
Sur plusieurs listes électorales concurrentes, par exemple.
La réunion fait la force ...
Res Publica - le 19/04/2009 à 20h28
Relisez attentivement la réponse à Monsieur Snow.
Il n'y a, en effet, aucun argument rationnel.
Qu'en pensent les autres ?
Claude Thayse