Le blogue-notes de Claude Thayse

Je viens de lire avec attention ce qui a été publié sur le « nouveau plan de sauvetage de Fortis » et j’en garde un sentiment de malaise.
 

Certes, et je l’ai écrit précédemment, il fallait sauver la banque. Sans faire de sentiment, simplement pour éviter le risque grave de chaos qu’aurait amené l’instabilité financière, mais surtout pour ne pas précipiter les épargnants dans la misère. Sans compter les nombreuses pertes d’emplois confortablement rémunérés et générateurs de richesses indirectes. La meilleure solution aurait été de la nationaliser temporairement (*) comme la Finlande et la Suède l’ont fait dans les années nonante (et comme la Flandre vient de le faire…) il y a quelques années.  En la revendant pour le plus grand bénéfice des contribuables le jour où elle retrouvera une valeur intéressante , tout en garantissant entre temps les systèmes de crédit et de paiement.
 

C’est pourquoi, là où je cale un peu, c’est en voyant la nouvelle approche qui a été adoptée cette semaine. Je ne pense pas que sauver une banque, c’est sauver les actionnaire. Quand une entreprise fait faillite, ceux-ci perdent leur mise, ça fait partie du risque. Ici, j’ai le sentiment que l’Etat a  fait le contraire et carrément mis de côté l’intérêt des contribuables puisque dans le nouvel accord entre l’Etat et BNP Paribas, l’Etat belge reprend ou garantit la plus grande partie des actifs nocifs de Fortis. Si je ne me trompe pas, c’est nous, contribuables, qui allons donc payer pour la plus grande partie des pertes sur ces actifs. Fortis banque, qui est libérée de ses actifs nocifs, est maintenant dans les mains d’actionnaires privés et de BNP. Les profits futurs de Fortis seront uniquement pour ces derniers. Et en conséquence, à terme ce sera pire pour le budget de l’Etat, je le répète, nous, citoyens contribuables prendrons les pertes en charge, c’est inacceptable !
 

Et personne ne réagit ? A quand un avocat pour défendre les intérêts (légitimes cette fois !) des contribuables ?

Les « banksters » et leurs complices (parfois innocents, certes) s'en sortent la tête haute, les victimes, elles...

Belle allégorie de notre société !

 

(*) Ce n’était pas une question de moyens diponibles, l’Etat pouvant émettre rapidement des obligations permettant de racheter des banques qui ne valaient plus grand-chose...

Dim 1 fév 2009 3 commentaires
Il doit bien y avoir quelque part au moins UN avocat qui se sente aussi citoyen et qui entamera une action analogue à celle des actionnaires de Fortis : tous les avocats ne sont pas vénaux, égoïstes, et ultra respectueux des partis politiques et du pouvoir.
Si cet homme extraordinaire se manifeste je suis prêt à faire partie de son groupe de clients-contribuable lésés.
francis baudoux - le 01/02/2009 à 17h29
Peu rentable peut-être... Nous verrons...
En tous cas, c'est une belle démission du pouvoir politique.
Claude Thayse
Le nouvel accord tient surtout compte du jugement récent le forçant à tenir compte de l'avis des actionnaires... lesquels doivent voter pour ou contre l'accord...
Donc on bricole un accord qu'ils accepteront, en principe.
didier - le 02/02/2009 à 13h39
Je devrais retrouver cette citation d'Herbert Marcuse qui dit - en gros- que "les lois, réglements et jugements sont faits pour maintenir le système établi"...
Claude Thayse
L'expression "banksters" a été créée par un "brillant" sujet, en l'occurrence Léon Degrelle...  J'imagine que vous vous revendiquez que d'un mointain cousinage avec le Führer de poche de Bouillon

http://books.google.com/books?id=Z8ZixRcQfV8C&pg=RA1-PA470&lpg=RA1-PA470&dq=banksters+degrelle&source=bl&ots=VkZYA1dHie&sig=8IsjrZrMZCt124RFkzWjTq52DBo&hl=en&sa=X&oi=book_result&resnum=1&ct=result#PRA1-PA469,M1
bainville - le 02/02/2009 à 17h22
Bravo mon Cher ! Belle recherche que vous avez fait là... Je croyais vous avoir perdu comme lecteur, mais... Décidément, la vengeance est un plat qui se mange froid. Allons, ce n'est pas très "chrétien" comme attitude...
J'avoue que si cette expression a bien été utilisée dans des revues de gauche française, personne à part vous et l'auteur de cette " Encyclopedia of Modern Christian Politics" n'a relevé l'origine de cette expression. Elle est tombée dans le domaine public.  Je n'en connaissais pas l'origine. Mais comme le mot sonnait bien, je l'ai utilisé.
Libre à vous évidemment de faire l'association qui vous plait en fonction de vos croyances. Je la récuse évidemment. Quand on manque d'arguments, le recours à l'insulte ne grandit pas.

J'avoue également, au contraire de vous, très mal connaître l'individu auquel vous faite référence et le peu que j'en sais ne m'incite absolument pas à approfondir la question. Ma famille a combattu ses idées, ça me suffit.
Maintenant, ce terme a également été repris par de nombreuses personnes qui ne sont absolument pas proches de ses idées nauséabondes.

J'ai eu la curiosité de faire une recherche sur votre patronyme que j'avais initialement pris pour un pseudo faisant référence à Jacques Bainville. Vous m'avez écrit vous appeler Manuel Bainville, ayant vécu à Bruxelles (ce que semble confirmer votre adresse discrète, en tous cas pour le prénom (manubxl@... ) et habitant actuellement Montréal. Vous deviez être de passage... ou alors, le seul de votre espèce... Ce patronyme n'existe pas en Belgique. Curieux, non ?

M.à J. : J'ai bien reçu la bibliographie que vous m'avez envoyée de ce triste sire dans un aute commentaire. Vous comprendrez aisément que je ne peux la mettre en ligne, n'ayant aucune envie de lui faire de la pub.
Claude Thayse