Le blogue-notes de Claude Thayse



Merci Bob !

Bob Deschamps est décédé le 2/07/2002 sans que la RTB(f) n'en parle...

Dim 7 déc 2008 3 commentaires
Bien que je ne puisse pas bien le parler, le wallon est pour moi une trace de mon identité sur cette terre en tant que Français empêché par l'Histoire. D'origine congolaise (ex congo belge) de père et polonais de mère, je dois vous dire, cher ami (si vous me permettez cette amabilité), que ce court passage est magnifique.

Nous avons, malgré tous les ragots, une très belle langue régionale et je le dis donc ainsi : Dji so fîr d'èsse walon.
Yannick BRUS - le 08/12/2008 à 02h07
Et cette langue régionale a tout à fait sa place dans l'ensemble français. Bob Deschamps ne dit rien d'autre quand il compare le plaisir d'entendre d'autres accents comme celui de Marseille. Le nier est stupide et méprisant.
Claude Thayse
Bien sûr, Bob Deschamps était un artiste wallon, apprécié de ceux qui n'ont pas honte d'être né dans cette terre de liberté qu'est la Wallonie. Alors, pourquoi les plumitifs en auraient-ils parlé?
Jacques Cécius - le 08/12/2008 à 13h42
Il y a surtout un problème de reconnaissance de la culture populaire. Quand est-ce de la culture ? Et quand est-ce populaire. Et de quel peuple parlons-nous ?
Bob Deschamps a été victime du "centralisme belgicain". Victime d'un certain snobisme.

Fier de son terroir, et donc ne touchant pas - suivant les beaux esprits - à l'universel. Pourtant ce texte n'est il pas un hymne à ce qui nous touche au plus intime ? Ce qui nous vient de nos mères ? N'inscrit-il pas clairement le wallon dans les langues endogènes du monde français, à l'instar des parlers d'autres régions de cette France aux identités locales multiples ?
Claude Thayse
Dans l'énoncé : "culture populaire" il y a aussi en effet le mot "populaire".
Elevé dans une famille bourgeoise de la région de Charleroy, j'ai pu y apprendre que la Wallon était la langue de la "classe sociale inférieure". Pas question d'en dire un traitre mot y compris dans la cour de récréation de la très libre école primaire de l'endroit.
Bob Deschamps lui aussi Carolo était regardé avec beaucoup de condescendance.
Je considère cela comme une petite trahison vis-à-vis de mes racines. Et je le regrette.
Maintenant force est de constater qu'à l'instar du flamand en Flandre, il y avait presque autant de différentes conjugaisons de cette langue wallonne qu'il n'y a de sous-régions voire de cantons.
Pierre - le 09/12/2008 à 12h22
Oui, nous sommes nombreux à avoir connu cet état de fait.
Il était de toute façon difficile de concilier l'extraordinaire et indispensable pouvoir émancipateur de la langue française avec le maintien des traditions dialectales. Qui peut le nier, même si on peut le regretter du fait de la disparition des parlers locaux et du sentiment de perte qui est ressenti.
Mon propos ici était de montrer que la culture populaire, wallonne et carolo mais ça vaut pour d'autres, représentée par Bob Deschamps, participe d'une approche des identités locales françaises. Et mérite(ra) cette reconnaissance au même titre que les autres "langues endogènes" de la République.
Claude Thayse