Le blogue-notes de Claude Thayse
Toujours dans son rôle de Maître de conférences en Droit International public à l'Université
de Liège, Jean-Sébastien Jamart, décidément très en forme ces derniers temps, vient de publier une nouvelle analyse sur " Debout la Wallonie !
". Je vous invite à la découvrir sous le titre : "Et si la répartition de la dette belge était un faux problème ?".
J'apprécie particulièrement que par rapport à son article précédent, il fait remarquer, comme je l'avais suggéré dans mon billet de présentation que : " chaque succession d’Etat qui se présente est en quelque sorte un cas nouveau, qui sera tranché dans ses modalités, non par un droit international permanent et prévisible, mais par des accords entre Etats successeurs, selon le rapport de force entre eux à un certain moment ".
Faut-il pour autant s'inquiéter ? Tout dépendra de ce qui prendra la succession de l'Etat Belgique. La partie de la dette belge détenue par les Wallons et les Bruxellois (petits épargnants ou institutions) serait tout à fait marginale dans la dette française, question d'échelle. Je vais essayer de retrouver un article publié il y a quelques années sur ce sujet par deux économistes.
Par ailleurs, la "jurisprudence" (si on peut parler comme ça) en droit international s'est enrichie à chaque expérience. Particulièrement suite à l'éclatement de l'ancienne URSS et de ses états satellites.
Donc, considérons tout ça pour ce que c'est, comme une information, une réflexion. Ces deux articles de Jean-Sébastien Jamart, incomplets et certes un peu provocateur dans la forme, ne sont que l'amorce d'un débat que personne n'a jamais voulu commencer jusqu'ici. Mais qu'il faudra bien avoir. Il fait donc oeuvre utile.
Toutes les expériences récentes de succession ou de séparation d'états apportent des arguments qui confortent les thèses de l'un ou l'autre côté en fonction des opinions.
Il n'empêche qu'à l'avenir, comme je l'ai écrit dans un billet précédent, ne pouvant plus recourir aussi facilement à l'épargne de ses habitants par la perte du contrôle de ses banques relais, la capacité d'emprunt de la Belgique et donc le risque de ses futures obligations serait probablement plus important. Mais bon, la situation évolue au jour le jour, bien malin est celui qui pourra prédire l'avenir.
Des débats que j'ai eu avec JS Jamart, il ressort bien que " chaque succession d’Etat qui se présente est en quelque sorte un cas nouveau, qui sera tranché dans ses modalités, non par un droit international permanent et prévisible, mais par des accords entre Etats successeurs, selon le rapport de force entre eux à un certain moment ". Et il faudra compter avec les formidables moyens de pression dont bénéficie la communauté internationale,. Nous en savons quelque chose puisque nous en avons été victimes en 1830...
Bref, une seule chose est certaine, la scission de la Belgique et sa disparition donneront certainement beaucoup de travail... aux juristes !
http://www.observatoiredeleurope.com/La-crise-politique-belge-et-le-droit-international_a1007.html
Le connaissez-vous? Quel est votre sentiment? Il me semble que vous n'en avez pas encore parlé ici (ou alors je l'ai manqué).
J'ai hésité à le mettre en lien avec le billet consacré à l'article précédent de JS Jamart.
Sinon, j'ai apprécié le sens général de ses propositions en matière d'avenir pour nos régions. On retrouve dans la conclusion l'essentiel de ce que vous aurez déjà pu lire sur ce blog.
"TOUS les députés flamands sont derrière De Gucht"... qui en aurait douté ?
Merci de le faire remarquer... On en a tellement l'habitude !
Suberbe article en effet, propre à semer un trouble supplémentaire dans l'esprit des épargnants déjà bien secoué par la crise financière. Merci à JSJ. Aurait-il un confrère constitutionnaliste qui pourrait expliquer , avec des bases juridiques plus étayées que les miennes, les scénarios possible pour les élections européennes du 7 juin 2009 (et éventuellement aussi législatives), dans la mesure où un arrêt de la Cour d'arbitrage (on nous l'a assez seriné) rend ses élections impossible avec les circonscriptions électorales actuelles. Jean-Sébastien, si tu me lis...
Bonne question ! Inscris-toi sur facebook pour dialoguer en direct avec lui...
Par ailleurs, il y a encore quelques points de discussion comlme l'a fait remarquer un de ses amis (Le Droit n'est pas quelque chose de simple..). Par exemple, en droit civil interne, les
créanciers d'une personne qui décède sans héritier (ou dont tous les héritiers refusent la succession) ne sont pas sans recours, puisque ils peuvent demander la désignation d'un curateur à
succession vacante qui réalisera l'actif du défunt (ce n'est donc qu'à défaut d'actif que les créanciers sont perdants). La question sera alors "Y aura-t-il assez d'actifs belges pour couvrir la
dette belge qui est de plus ou moins 290 milliards d'euros ?"
Ceci serait une bonne raison pour e^tre violement contre la disparition de l'Etat Belge non ?
Ou alors il nous faut courir acheter des bons d'Etat français ou néerlandais ?