Le blogue-notes de Claude Thayse

Une fois n’est pas coutume, je voudrais mettre en avant une PME qui fait un travail remarquable : la Société Frémeaux & Associés. A ce jour, le patrimoine sonore, dans son sens le plus large, n’est pas ou plus à la disposition du public ou des enseignants, du fait que les grandes maisons de disque ne s’autorisent plus la diffusion des produits culturels dont les ventes ne s’inscrivent pas dans leur logique économique. Une grande partie de notre patrimoine sonore enregistré, qu’il soit artistique, historique ou musicologique n’est ainsi plus à la disposition du public alors que son l’intérêt est supérieur au marché.

Vous retrouverez au catalogue de cette société (de cette librairie sonore !) des choses aussi différentes que des cours de philosophie ou de sciences humaines (par André Comte-Sponville, Michel Serres, Michel Onfray, Edgar Morin… ou encore lus par de grands comédiens), des archives d’Histoire (des discours de De Gaulle à ceux de Mitterand en passant par Léon Blum ou André Malraux… mais aussi des voix de citoyens ordinaires ayant vécu des choses extraordinaires), des livres sonores lus par leurs auteurs (Pagnol, Camus…) ou par de grandes voix de la comédie, les grandes voix de notre mémoire collective(Sanghor, Prévert, Maurois, Céline, Reeves, Daniel Cohn-Bendit, Françoise Dolto…), des émissions de radio, l’héritage musical, du Jazz aux musiques du Monde. Bref, une somme.


A l’heure où le marché du disque est menacé, que l’Internet est incertain comme solution à ce problème, cette société offre une piste intéressante entre le modèle de la culture subventionnée (essayez d’obtenir un enregistrement d’émission à la RTB(f) !) et celui de l’industrie du divertissement et des loisirs qui ne s’intéresse pas à ce patrimoine collectif pour d’évidentes raisons d’enjeu économique.

Soutenir cette société est presque un acte civique !

Mar 11 nov 2008 1 commentaire
Empêcher les députés français de voter la loi HADOPI permettant aux maisons de disque de fliquer tous les français sur Internet et de les condamner à une coupure d'abonnement sans pouvoir réellement se défendre (il faudra prouver que le logiciel de sécurité fourni par le gouvernement français pour surveiller votre connexion Internet soit actif au moment de l'infraction détectée) ce n'est pas un luxe. Sachant qu'en plus de l'abonnement, on peut vous envoyer en prison sans vrais preuves. A vous de prouver que vous êtes innocents. On rêve là.
Guillaume - le 12/11/2008 à 18h17
C'est un autre débat. Et un peu plus complexe. Attendons de voir comment ça va se passer...
Claude Thayse