Le blogue-notes de Claude Thayse

La crise que nous vivons - sans précédent depuis celle de 1929 - révèle évidemment la faillite d’un système économique et financier aux contrôles défaillants et à la seule finalité d’enrichir démesurément quelques acteurs sur le dos de tous les autres. Eminemment discutable... et instable par ses excès et à sa profonde injustice.

Pour sortir de la crise et enfin remettre l’économie de marché au service de l’Homme, il faut agir sur ses causes. Il serait en effet inutile et scandaleux de continuer à déverser des milliards d’aides publiques sur un système à bout de souffle pour lui permettre ensuite de recommencer les mêmes erreurs.

Tout le monde semble d’accord aujourd’hui, il faut, à tous les niveaux, à la fois moraliser, relancer et rééquilibrer notre économie.

Il n’y a pas de marché bénéfique sans confiance réelle. Le rôle de la puissance publique est de la garantir par un ensemble de règles. La dérégulation de ces 20 à 30 dernières années a permis au système, avec la complaisance des gouvernants. On ne peut pas simplement, ni sauver le système, ni chercher à désigner l’un ou l’autre coupable, cela reviendrait à accélérer dans une voiture sans freins.

Une nouvelle régulation des marchés doit être mise en œuvre au niveau européen et mondial. On en est loin. Le système européen est essentiellement dérégulateur. Sarkosy arrivera-t-il à obtenir une coopération européenne indispensable ? J’en doute.

Heureusement, les vieilles nations que cette même Europe veut détruire ont la capacité de réagir.

-le Parlement hollandais a voté le 9 septembre une loi taxant fortement les excès de rémunération des dirigeants d’entreprises ou de fonds d’investissement ;

-certains, en France, proposent de soumettre au droit commun les plus-values liées à l’exercice des stock-options comme des indemnités des départs, ce qui permettrait aussi de financer des dispositifs sociaux sans ponctionner les classes moyennes ;

-Enfin, il faudrait, par voie législative, contraindre les banques à déclarer les « créances pourries » qu’elles détiennent. Toute tricherie aurait un caractère pénal.

La leçon keynésienne de la crise de 1929 aurait du nous apprendre qu’il faut éviter la contagion de la crise financière à l’économie réelle. Le paradoxe est de voir l’Europe incapable de relancer son économie alors qu’elle est réellement moins exposée que les Etats-Unis sur le plan bancaire. Là aussi, faute d’une action coordonnée européenne, les gouvernements ont montré leur capacité d’agir très vite au niveau national.

Pourquoi le Conseil européen n-t-il pas déjà été réuni pour mettre en œuvre un plan de relance économique. C’est qu’aujourd’hui, le vrai danger est de voir les banques ne plus prêter aux particuliers et aux PME, au risque de les pousser à la faillite. Il est grand temps de proposer un plan de relance à plusieurs volets voici quelques pistes :

-un plan d’investissement de la Banque européenne d’investissement, notamment pour les infrastructures de transports permettant de lutter contre l’effet de serre ;

-la suspension officielle du pacte de stabilité et l’incitation pour les pays excédentaires de la zone à accroître leur déficit ;

-la soumission (enfin !) de la Banque Centrale européenne au pouvoir politique pour l’obliger à baisser ses taux pour permettre aux taux courts de redevenir inférieurs aux taux longs, un euro bon-marché grâce à une stratégie de change;  l’application de montants compensatoires monétaires vis-à-vis de pays à monnaies sous-évaluées; la création d’un fond de garantie des prêts aux PME ; la relance des emplois aidés ; des prêts préférentiels aux particuliers qui rénovent leur habitation ; une réduction des charges sociales sur les nouveaux emplois; le renforcement de l’aide aux collectivités locales qui épargnent et qui investissent. Ily a beaucoup d’autres pistes.

Il faut, tout comme après la crise de 29 réinventer une économie de marché où existe un équilibre raisonnable et durable entre l’offre et la demande.

Les événements viennent de démontrer que « l’é-casino-conomie » où les cours boursiers atteignent des sommets grâce aux licenciements massifs, à la compression des salaires et à la création de valeur fictive au profit de quelques uns, n’est pas seulement injuste mais autodestructrice.

C’est là qu’est l’origine de la crise que nos dirigeants, trop contents de passer sous silence leur responsabilité première (mais depuis 20 ans et plus, nous sommes tous un peu responsables d’avoir, si pas oublié, du moins approuvé la pensée unique de dégraissement des responsabilité de l’Etat) dans la dérive du système, veulent faire oublier en mettant à l’index « les spéculateurs ». Le rôle du politique n’est plus de fermer les yeux sur un système fou en versant de temps à autre des sommes colossales pour le renflouer. Quand ce n’est pas une larme de crocodile sur les gigantesques dégâts sociaux, humains et environnementaux, qu’il cause. Tous les partis sont impliqués au même titre, même les partis de gauche qui crient maintenant plus fort que les autres (Voir ce que je publiais ici, « in tempore non suspecto », en janvier 2006… et qui m'avait vallu de recevoir une vollée de bois verts de certains qui n'hésitent maintenant plus à le reprendre à leur compte).

L’intérêt collectif et le service universel ont été bradés sous l’influence du libre échange ultime et sans limites prôné par la Commission européenne. Cette crise a du bon, voilà, je l’espère, un mythe définitivement démodé.

Je suis opposé à toute chasse aux sorcières. Plutôt que se focaliser, en toute bonne conscience, sur les erreurs du passé, il est désormais indispensable d’articuler efficacité économique et justice sociale. Conditions indispensables au développement valable, durable, matériel et moral, des sociétés. Nous avons donc besoin d’en revenir à des frontières politiques et économiques qui rejettent une mondialisation sauvage fondée sur une harmonisation sociale et environnementale par le bas, à une économie mondiale multipolaire organisée sur des zones régionales de libre échange, et coopérant entre elles.

Keynes que j’appelle un socialiste intelligent avait raison d’analyser que le capitalisme est en crise permanente. Sans récuser le principe d’une une économie libérale, il faut entreprendre de le dépasser par une transformation en profondeur en renforçant certaines réglementations, et en particulier celle de l'information. La crise actuelle ayant été provoquée par une grande asymétrie de cette dernière : toutes les parties n'étaient pas informées au même niveau. Irons-nous vers un nouveau Bretton-Woods ? Méfions-nous d'une approche qui voudrait d’abord régaler (les plus riches) pour éventuellement mieux réguler par après...

Mais d'ici là, il peut encore se passer beaucoup de choses. J'appréhende les prochains jours à la Bourse...

En complément, pour ceux qui veulent comprendre toute l'histoire des "subprimes", téléchargez ce petit document réalisé par l'excellente équipe du Blog "Rue 89".

Sam 4 oct 2008 11 commentaires
Bonsoir,

C'est toujours avec grand intérêt que je prend connaissance de vos messages et vous en remercie. Je partage les idées que vous défendez. Sur la crise économique, il y en eu bien d'autre avant 1929 et Karl Marx dénonçait  déjà au miliu du 19ème siècle les dérives du capitalisme non contrôlé. Je suis Wallon comme vous. J'habite en Charente Maritime depuis 15 ans et suis très bien intégré dans la société française. Le rattachement de la Walllonie à la France est certe souhaitable. Mais je pense qu'il faudra une adaptation plus ou moins longue et le développement de sinergies à tous les niveaux. Au lieu de regarder vers la Flandre et la Belgique: les Wallons devrient regarder vers Paris et le régions limitrphes dans une perspective de rapprochement culturel, éconoique, social Ceci est une modeste contribution à votre combat pour la francophonie  A bientôt 
Paul Tholomé - le 04/10/2008 à 16h50
Merci également pour votre intérêt.
Oui, il y a eu d'autres crises avant 1929. Ce qui est à noter, c'est qu'il semble que les mesures prises cete fois-ci sont inspirées de ce qui s'est passé alors.

Je suis tout à fait d'accord avec votre point de vue sur la période de transition. Le temps du "rattachisme romantique" est dépassé. Il a été utile pour maintenir la flamme, maintenant, il faut passer à autre chose.
Claude Thayse
Une des leçons de cette crise est de démontrer combien le réflexe nationaliste est encore vivace. A la moindre bourrasque, chacun ressort son drapeau que ce soit Berulsconi pour Alitalia ou les Hollandais pour Fortis. Seuls les Belges croient encore naïvement à une solidarité européenne. Le précédent de Swissair aurait pourtant dû leur ouvrir les yeux. Les entreprises qui transcendent les nations, c'est bien beau en temps de prospérité et toujours au bénéfice du plus fort. Lorsque le vent tourne, il n'y a plus d'alliés. En 1940, les Britanniques chassaient à coups de crosse les Français qui voulaient embarquer sur leurs navires à Dunkerque. Les mentalités sont restées les mêmes malgré cinquante ans de construction européenne dont on nous a rebattu les oreilles.
francolâtre - le 05/10/2008 à 15h42
En effet !
Le rêve européen dans lequel la Belgique, "non-état", aurait pu disparaître reste un rêve.
Le réveil va être très difficile pour nos compatriotes.
Claude Thayse
Quelques commentaires dans l'ordre ou le désordre tel que nous le connaissons ! :
1°- première leçon de marxisme élémentaire : la crise de 1929 a été analysée comme une crise de sous -consommation et non point de surproduction .
2°- La Crise à laquelle nous sommes confrontées est d'une origine toute
différente ,mais, à y regarder de plus près, son apparition trouve son origine dans la création d'instrument de paiement sans rapport avec le pouvoir d'acquisition de futurs propriétaires .
3°- sur un plan strictement intellectuel, le capitalisme est ethymologiquement accumulation. Au XIX eme siècle , cette accumulation a trouvé sa légitimité dans sa contrepartie productive ( le et ceci en dépit des souffrances
de tout ordre que ce processus a induit ).Aujourd'hui, sa justification me
paraît beaucoup plus aléatoire pour un certain nombre de raisons que je ne peux résumer à travers un simple billet.
4°- C'est une grave erreur que de qualifier Keynes de " socialiste raisonnable " ( l'intéressé récusait avec horreur ce qualificatif ). Ce qui est commun à Keynes et Marx, c'est la reconnaissance commune de la
Valeur Travail .....Pour le reste, ma foi ...
5° - le capitalisme peut certainement faire l'objet d'une régulation ( Keynes y a grandement contribué ) .Il existe évidemment tout un arsenal de mesures techniques, dont la plus fondamentale demeure la restauration de l'Etat dans ses prérogatives . Reste à savoir si comme je le disais au point N° 3 si les acteurs en ont le souhait.
Pour ce faire, il faudrait que le désir et le pouvoir de la connaissance vienne à se substituer à celui que confère le signe. 
C'est bien entendu l' affaire de la mise en place d'un système éducatif, fondé sur l'apprentissage de valeurs bien différentes . Utopie ????

A part cela, oui , vive la Belgique Française, débarrassée de Sarkozy et des valeurs dont il est porteur. Je souhaite également que nos caricatures de sociale démocratie s'effondrent . Jean François Kahn le pense également.... il a toute ma sympathie, Il est aussi un type brillant.

 
Renaud Lachamp - le 05/10/2008 à 16h37
Dans le désordre plutôt... monsieur "Strassenbahn". Chacun voit le monde à travers ses propres références. Tout est une question de perception. De culture ou encore de croyances...
Vous me permettrez donc de ne pas toujours vous suivre ou simplement de comprendre où vous voulez en venir... tout comme les lecteurs de ce fil que vous avez initié sur un forum à mon sujet et dont on m'a communiqué l'adresse : http://www.bruxelles-francophone.be/topic1611.html?highlight=thayse. Lecteurs qui attendent encore une réponse aux questions qu'ils vous ont posées...

Et tiens, pour le plaisir, voici une carte blanche dont je partage le contenu et publiée dans "Le Soir" du 3 octobre

Christian Arnsperger Professeur à l’UCL, chercheur à la chaire Hoover d’Ethique économique et sociale

Hyper-crise et hypo-crisie : les dessous d’un sauvetage

A la sortie de la terrible crise financière de 1929, l’économiste John Maynard Keynes entra en scène avec sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Il y défendait l’idée selon laquelle, sans régulation publique et sans intervention étatique (notamment sous la forme de politiques expansives, tant au plan budgétaire qu’au plan de l’émission monétaire), l’économie de marché capitaliste était destinée à s’embourber dans des crises répétées où sous-emploi et misère allaient devenir le pain quotidien des masses. Keynes partait du constat d’une faillite systémique du capitalisme – son incapacité à donner, à lui seul, ce que les humains en attendaient : prospérité, activité et croissance. Il passait alors pour un « hétérodoxe ».

Aujourd’hui, avec la crise des subprimes et ses répercussions sismiques à travers le monde, la vision keynésienne est redevenue, en quelques semaines, la vulgate du gouvernement néolibéral de George Bush Jr. et de divers gouvernements de droite en Europe. Un ministre des finances aussi peu gauchiste que M. Reynders nous affirme qu’il a toujours été en faveur de la régulation des marchés ; les habituels thuriféraires du libre marché n’osent plus tenir leur discours de routine (sauf quand, comme le directeur de la Bourse de Bruxelles, ils se contentent de répéter de façon robotique leur cours d’économie de premier Bac).

L’étatisme de bon aloi semble être de retour. À court terme, tous s’accordent à le dire à gauche comme à droite, c’est une bonne chose – une inévitable nécessité même. Mais qu’en est-il à moyen et surtout à long terme ? À cet horizon, je le crains, le constat est moins encourageant : aucun de nos décideurs politiques, pas même nos syndicalistes qui prétendent dénoncer la « faillite » du système du capitalisme financier, n’entrevoit d’alternative. Et on sait que ce fut la position de Keynes lui-même : pas d’alternative au capitalisme – d’où la nécessité de le réguler, comme on répare un moteur en panne pour ensuite le faire redémarrer.

Au moment même où Madame Demelenne ou Monsieur Nollet font mine de s’indigner face aux injustices d’une finance dont le plongeon est déjà vu par certains raiders et certains investisseurs comme une magnifique « opportunité », MM. Barroso, Sarkozy, Reynders, Leterme, de Callataÿ et Davignon nous affirment en chœur (et sur des tons divers) que non seulement le sauvetage d’urgence des banques et des compagnies d’assurance était nécessaire, mais une fois les marchés « nettoyés » des mauvais capitalistes, on pourra enfin reprendre le fil des jours sereins… « Sauver le capitalisme des capitalistes », tel semble être le credo sempiternel de nos régulateurs. On nous l’avait déjà servi après la crise d’Enron.

Les grands économistes keynésiens d’aujourd’hui, tels que Paul Krugman ou Joseph Stiglitz, jouent ici un rôle très ambigu, sans qu’on doive douter pour autant de leurs excellentes intentions. Dénoncer les « excès » du capitalisme et en appeler, encore et encore, à sa « moralisation » et à une plus grande « prudence » – comme l’ont également fait Barack Obama et John McCain en une troublante unanimité – n’est-ce pas ignorer une fois de plus la plus fondamentale des vérités économiques : que le capitalisme, notamment sous son actuelle forme financiarisée et patrimoniale, mais plus fondamentalement en tant que logique de la croissance économique impulsée par la recherche de valorisation du capital, est intrinsèquement lié à la cupidité et à la rapacité ? Après tout, ce n’est pas parce que les banques cherchent à utiliser nos dépôts ou nos portefeuilles d’actifs pour se mettre en poche des bénéfices délirants qu’elles commettent une faute : elles ne font que suivre, en parfaite cohérence et en toute légalité, les impératifs mêmes du capitalisme !

Le plan de refinancement américain du système financier, quels que soient sa forme et le moment de son adoption, n’a pas fini de nous laisser perplexes. Sept cents milliards de dollars, c’est immense, mais quelle part de cette fortune publique aurait pu être consacrée à racheter les dettes hypothécaires des personnes expulsées – tout en laissant, ma foi, les grosses banques et les cours d’actions s’effondrer ? Certes, l’écheveau est bien compliqué à démêler : la « machine du diable » capitaliste a fait de chaque citoyen des Etats-Unis un capitaliste malgré lui, dépendant des fonds de pension pour survivre après sa retraite. Chez nous, la dynamique du système nous mènera inéluctablement à une situation semblable. Il est vrai aussi que les ménages américains sont surendettés et qu’ils n’ont jamais demandé aux banques de les aider à emprunter moins – bien au contraire. Là aussi, nos sociétés européennes sont sur la même trajectoire. Dire, comme on l’entend quelquefois, que les c hoses ne sont pas comme ça chez nous, c’est s’aveugler sur la mondialisation et sur sa dynamique profonde : aucun d’entre nous, aucune nation n’est immunisée contre l’addiction capitaliste. « Conso-dépendants » et « bourso-dépendants » : voilà ce que nous sommes en tant qu’acteurs d’une logique économique absurde.

Le capitalisme du « bon père de famille » est donc une profonde illusion, un bipède à trois pattes : à court terme, nos banquiers effrayés appellent l’État à la rescousse et jubilent de voir naître des plans de sauvetage – mais ne nous y trompons pas : une fois la tempête passée, ils recommenceront, comme le drogué sorti de réhabilitation recommencera à se droguer tant qu’il n’a pas vécu, au plus profond de lui-même, une conversion et un changement de vision du monde. Dépensons des milliards d’euros pour sauver Fortis, Dexia et d’autres, imposons même une taxe Tobin sur les flux spéculatifs – c’est un signal qui peut aider, mais qui ne changera rien à terme si les citoyens que nous sommes ne se détournent pas résolument des valeurs de gain, de cupidité et de possessivité qui font le cœur même du capitalisme ! Par analogie, il semble très clair que ni les patrons, ni les décideurs politiques libéraux ne maintiendront une Sécurité sociale stable et généreuse tant que le but du système économique dans son ensemble sera la rentabilité maximale.

Cessons d’être hypocrites et reconnaissons une fois pour toutes que la spéculation boursière qui précipite nos institutions privées dans les bas-fonds de la non-liquidité est la raison d’être même du capitalisme ! Il est indécent de s’insurger contre les attitudes spéculatives tout en faisant semblant que le capitalisme financier (et le capitalisme en général) pourra exister sans spéculation. À ce titre, les seuls cohérents dans cette affaire ont été, jusqu’à présent, les députés républicains qui, aux États-Unis, ont voté contre le plan de sauvetage en arguant que les capitalistes qui s’étaient fourvoyés devaient payer le prix plein et entier de leur mégalomanie, et que les ménages fragiles qui ont tout perdu dans le processus sont de malheureux mais inévitables dégâts collatéraux d’une logique économique orientée vers le renforcement des forts. Relisons donc Hayek, cet adversaire acharné de Keynes mais qui partageait avec lui la conviction que le capitalisme devait être sauv egardé et promu.

Pas d’autre alternative, en effet : soit nous « sauvons » nos apprentis sorciers à grands frais pour ensuite leur confier à nouveau l’argent que nous voulons faire « fructifier » en vue de continuer à consommer et à nier nos limites ; soit nous abandonnons notre hypocrisie face à l’hypercrise et nous demandons enfin à nos politiques un discours de contestation et de démantèlement de ce système illogique. On a le système économique, et les dirigeants, qu’on mérite… Citoyens, cessons d’être accros, exigeons que l’argent public aide les plus faibles à travers des soutiens au rachat des maisons expropriées, et militons dès à présent dans nos vies quotidiennes pour des entreprises non capitalistes, des banques non capitalistes et un Etat non capitaliste. Il n’y a pas – il n’y a plus – d’alternative crédible

Claude Thayse
Allons, les bonnes nouvelles affluent. BNP-Paribas reprendrait Fortis et la Société Générale ferait de même avec Dexia! Cela aura-t-il pour effet de rééquilibrer les places au sein du comité de direction à l'avantage des francophones?
Tant qu'à faire, pourquoi Leterme ne cède-t-il pas la Wallonie à la Région Nord-Pas de Calais?
francolâtre - le 05/10/2008 à 19h08
Hé hé ! Bien vu !
Claude Thayse
Bonjour,

Cheminade l'avait dit! Aujourd'hui écoutez Cheminade!

Je me permet de vous joindre le dernier article de Jacques Cheminade, le seul homme politique français, à avoir fait campagne pour un nouveau bretton woods depuis des années auprès des dirigeant de notre pays.

Depuis quelques jours J. Cheminade déclare aussi:"Nous avons fait le bon diagnostic, en regardant la réalité en face l’hiver dernier. Maintenant, soutenez avec nous ces mesures : c’est le médecin qui fait le bon diagnostic qui rédige la meilleure ordonnance."

David C.
David C. - le 05/10/2008 à 20h50
Très intéressant. J'y retournerai régulièrement.
Claude Thayse
Comme je l'ai entendu récemment, la crise financière risque de provoquer à terme une crise politique via le soutien à des partis nationalistes et populistes comme après 1929 or en Flandre, c'était le cas avant donc il y a toutes les chances pour que cela s'accentue fortement aux élections régionales. Comme des entreprises belges disparaissent, ce qui liait encore économiquement flamands et wallons au niveau économique via des entreprises d'intérêt national se réduit, il sera d'autant plus facile pour les flamands de partir.
Guillaume - le 06/10/2008 à 08h48
Il est vrai qu'après un certain nombre de grandes entreprises industrielles (y compris la... bière !), de l’énergie à la sidérurgie, c’est maintenant la finance qui quitte le navire. Il y a déjà plus de dix ans que la BBL est passée dans le giron d’ING ; Dexia semble basculer davantage vers Paris. Et Fortis est dépecé. Ne reste en Belgique qu’une participation dans le groupe BNP Paribas...
Claude Thayse
Certains copains ont quitté Fortis a Bruxelles car en avait marre d'une ambiance un peu trop flamingante dans leurs services respectifs.
Je crois que ces memes flamingants la ramenent un peu moins maintenant.
Deja a l'epoque ou Dexia a plus basculer vers Paris, un gars de l'epoque m'avait dit " C'est fou le nombre de Flamands qui savent tout compte fait parler francais!"
Leon_le_gentil - le 06/10/2008 à 09h26
@ David C

Il est vrai que Cheminade avait raison depuis le début mais en fait c'est son mentor américain, le sénateur Lyndon Larouche qui avait fait déjà depuis 5 ans au moins le constat que la crise arrivait à cause de la politique de la FED et de son patron de l'époque Alan Greenspan.

D'ailleurs j'ai visionné plusieurs de ses conférences depuis deux ans. Donc ce qui arrive ne m'étonne guère.

P.S. : Je suis Larouche dans son raisonnement même si derrière il y met un peu trop d'aspects conspirationnistes à mon goût vu qu'il parle d'un combat entre une économie anglo-hollandaise qui s'attaquerait à l'économie américaine. Même son constat au niveau purement économique est validé aujourd'hui.
Guillaume - le 06/10/2008 à 09h31
@Leon_le_gentil

Il y a presque dix ans, j'ai quelqu'un qui est rentré chez Fortis aucun problème. Sa soeur a voulu faire pareil il y a 3 ans, pas assez bilingue. Changement des DRH entretemps ... Anecdote : un jour dans le train j'entendais des gens de Fortis discuter d'un de leurs colègues qui postulaient pour un poste de direction. Il était parfait trilingue mais on l'a rejeté parce que même s'il maitrisait parfaitement le français-anglais-néerlandais, il ne connaissait pas le flamand. Ca ne s'invente pas. Au moins ce genre de choses aberrantes vont disparaitre avec le temps.
Guillaume - le 06/10/2008 à 09h48
Mes remarques qui étaient effectivement consignées dans le désordre ( vous ne semblez pas avoir saisi que je m'adressais également ironiquement à moi même en cet instant là ) n'en restent pas moins légitimes . Je n'ai pas fait oeuvre de dissertation comme cette personne dont vous avez dupliqué le texte. D'ailleurs , cet article, au risque de vous paraître prétentieux , ne m'apprend  strictement rien et j'aurais pu le rédiger d'une manière beaucoup plus synthétique.  
Son auteur commet d'ailleurs une imprécision à caractère quasiment 
scientifique. Keynes est vivant au sein de la politique économique U.S comme de l'arsenal de L'Europe depuis fort longtemps :des axiomes tels des déficits budgétaires constants ,ou d'une manière plus ponctuelle  ces subventions massives que l'Etat Fédéral octroient à ces petit agriculteurs des deux Dakota, du Montana ( 165 milliards de $ en 3 ans  et de bien d'autre Etats céréaliers en sont des exemples éloquents pris au hasard parmi bien d'autres. 
Prenons un tableau noir et inscrivons ce qui est demeuré Keynesien
deuis les années 30 et ce qui ne l'est plus. 


Vous concernant, je vous ai effectivement attaqué sur un sujet qui n'a pas grande importance : votre sympathie pour les thèses "wallingantes" de Lièges-France ( et je vous ai répondu en détail, me semble t il à ce sujet ) puis j'ai effectivement considéré , à tort ou à raison, que vous n'étiez pas du tout un homme de discours et de débats ( oraux ). Je ne change pas un mot , ni la moindre virgule à ce que j'affirme !

Merci de m'avoir lu

 
Renaud Lachamp - le 06/10/2008 à 22h26
Mais c'est toujours un plaisir de vous lire...
Vos interprétations ou suppositions sur mes sympathie pour les thèses "wallingantes" (un mot d'origine flamande) de "Lièges-France" (pour mémoire, Liège ne prend pas un "s") ou sur mes non-qualités d'orateur ne sont que des broutilles (des billevesées ?) sans aucune importance, en effet.
Dans le sujet auquel je faisais allusion (et que je vous invite à relire et éventuellement à compléter comme vous l'avez promis à vos lecteurs...) je n'ai pas du tout apprécié que vous me fassiez dire ou sous entendre "en substance que les immigrés qui vivent à Bruxelles ne peuvent être comptabilisés parmi les Francophones" (je vous cite). Interprétation complètement hors contexte du billet que j'avais publié et qui montre combien vous me connaissez très mal en m'attribuant ce genre de propos assez calomnieux. Je vous l'ai écrit, la lecture de pensée ne marche pas, ça se saurait... 
Claude Thayse