Le blogue-notes de Claude Thayse
A la question : "Quand vous dites élargir Bruxelles, c’est élargir à quelle commune, dans quelle proportion ?"
Maingain répond ceci :
"Aux communes où la population par voix de consultation démocratique se prononcerait pour se revenir à Bruxelles. Je rappelle quand même qu’historiquement, ces communes étaient dans le même arrondissement que Bruxelles, je ne parle pas que de l’arrondissement électoral ou judiciaire mais même à l’époque avant 62, 63, dans l’arrondissement administratif. Donc fondamentalement, il y a là une consultation démocratique à faire".
Soit ! Mais il ajoute :
" Et au risque de chagriner peut-être certains de mes amis wallons, qu’est-ce qui interdirait que la même consultation se fasse pour certaines communes du Brabant Wallon, et on verra bien le résultat. Si c’est ça qui peut rassurer du côté flamand (…)".
Maingain utilise donc la Wallonie pour pouvoir présenter son message d'élargissement de Bruxelles comme quelque chose de "logique socio-économiquement" et "pas du tout d'anti-flamand "…la preuve ? "On propose la même chose aux Wallons"... Belle manipulation ! Quelle impudence !
Evidemment, ce monsieur sait qu'à l'instar des communes à facilité (ou peut-être pour les fuir ?) il y a eu ces dernières années une très forte immigration bruxelloise dans les certaines communes du Brabant wallon – avec des problèmes d'intégration (oui, je sais, il est politiquement incorrect de le dire) et d'augmentation des prix - et il espère évidemment en retirer les dividendes électoraux auprès de ces personnes.
Mais là, contrairement aux communes de la périphérie bruxelloise où le statut est resté assez flou puisqu'il y a contestation de limites politiques, il faut lui rappeler avec force que les communes du Brabant wallon font partie intégrante de la Région wallonne, région de langue française. Et qu'il n'est pas question de les utiliser pour un troc entre Bruxellois et Flamands. Certains mayeurs ont du batailler ferme en ce sens dans le passé. Je pense en particulier à Pierre Ruelle à La Hulpe.
J'en ai déjà parlé et donné de nombreuses raisons de s'opposer à cet expansionnisme territorial et culturel. Après plus de deux décennies de fédéralisation, le fait territorial bruxellois s’est ainsi imposé sous la poussée de la création de la Région bruxelloise - bilingue - et le succès de sa gestion comme entité multiculturelle qui ont développé un embryon d' " identité "nationale" bruxelloise " qui a progressivement pris le pas sur l’identité francophone et/ou flamande.
Bruxelles et la Wallonie – et donc le Brabant wallon – sont deux entités sociologiquement et politiquement différentes. Utiliser l'économie comme alibi à l'élargissement est ridicule dans l'Europe de la libre circulation des hommes et des marchandises. Prendre comme prétexte de "rassurer les Flamands" relève de la mauvaise foi et d'un grand mépris pour la Région wallonne. J'espère qu'aucun irresponsable de parti traditionnel ne le suivra dans ces errements.
La volonté d'expansion territoriale de ce monsieur Maingain serait-elle d'inspiration… germanique… ou flamande ? Il est vrai qu'à force de trop les fréquenter…
Maintenant,à part cet aspect détestable du personnage, tout n'est pas négatif. Son attitude à l'égard des
revendications flamandes, comme celle d'autres négociataeurs d'autres partis traditionnels, consistant à les exaspérer doit être encouragée. Pousser les Flamands à bout pour les obliger à prendre
réellement leurs responsabilités (et déclarer unilatéralement leur indépendance) est une bonne chose. Mais est-ce là leur objectif ?
Le clan Michel a loti politiquement le Brabant wallon a son profit. C'est de là et de tous ces "obligés" que viendra le danger.
ne devriez vous pas dire plutôt
qui a progressivement pris le pas sur l’identité WALLONNE et/ou flamande ?
Malheureusement, si les mouvements wallons ont bien été à l'origine d'un parti de défense du fait français (le FDF) les temps et les hommes ont bien changé. L'invention du qualificatif "francophone" et sa transformation en nom commun, la stigmatisation des défauts (réels ou sopposés) de la Wallonie par les médias essentiellement concentrés à Bruxelles ont contribué à estomper ce sentiment wallon. L'acculturation a ensuite joué à plein. Bruxelles devenant et se voulant de plus en plus cosmopolite. L'étape suivante, c'est la naissance d'un sentiment "national bruxellois" sous la pression du mouvement flamand et le sentiment (faux comme on peut facilement le démontrer) d'un manque de solidarité des Wallons.
Et quel serait le côté rassurant? Car cela "agraverait" (point de vue flamand) un peu plus le pourcentage de la population francophone? Bilinguisme ou pas...
Cela me fait d'ailleurs penser à une thèse lue je ne sais où qui disait que si dans les années trente la Belgique était devenue entièrement bilingue, la langue flamande aurait pratiquement disparue aujourd'hui, même (et surtout) en Flandre.... Qu'en pensez-vous?
Goulven
L'intérêt de l'opération est essentiel en terme de survie électorale à long terme. Présentant aussi l'avantage d'empêcher définitivement toute annexion de Bruxelles (devenant alors, par l'absorption de nombreux citoyens de langue française réellement majoritairement francophone (*)) par la Flandre.
Par ailleurs, n'oublions pas ce qui compte pour "nos" leaders politiques. Qu’est-ce qui est prioritaire ? La réforme de l’Etat ou gagner les élections de juin 2009 ? Je crains que le second point ne pèse actuellement plus lourd dans la balance. Tant du côté francophone, avec une lutte qui s'annonce impitoyable entre le PS et le MR, que du côté flamand, où le cartel doit tomber coûte que coûte.
(*) Les 19 communes qui composent actuellement la région bruxelloise sont peuplées de nombreux "nouveaux belges" dont la langue française n'est jamais que la langue administrative. Le cosmopolitisme voulu à Bruxelles fait que le français ny est plus considéré que comme une culture parmi les autres.
Question: Dans l'idée d'une "Belgique Française" de D. Ducarme je ne trouve pas, ou alors cela m'échappe, de référence aux députés "belges" siègeant à l'assemblée nationale française??
Denis Dinsart
Pour Ducarme, en effet ! Si son texte a le mérite d'exister, il devrait être sérieusement adapté.
J'ai parfois eu l'impression qu'il a fait ça (ou plutôt ses collaborateurs) dans l'urgence.
La situation des communes du Brabant wallon est différente. Mais il faut y être né et y vivre pour le comprendre. Ceci dit, je ne pense pas non plus que les Flamands accepteront ce marché.
L'identité nationale bruxelloise n'existe pas.
Je comprends parfaitement que vous ne soyez pas d'accord avec les propositions des uns et des autres. C'est même ce qui constitue l'intérêt de votre blog, son grand anticonformisme et une forte capacité de réfléchir autrement. Je continuerai donc à vous lire. Parcontre, quand vous parlez d'identité nationale bruxelloise, je tombe à la renverse. Je vis et travaille à bruxelles, j'utilises les transports en commun quotidiennement, je me déplace et rencontre des centaines de personnes par an. "L'identité nationale" des bruxellois est perçue comme ridicule. Il est très clair que les bruxellois ne voudront jamais d'une nation bruxelloise. En cas de scission ou de confédération, je suis convaincu que s'il faut choisir une nouvelle nation, bruxelles la francophone choisira l'alliance avec la Wallonie, peut être aussi avec la Wallonie, pour une entrée sous la bannière républicaine française...Je ne suis pas devin. Mais, de toute évidence Bruxelles est francophone et constitue une véritable excroissance linguistique, économique; sociale et culturelle de la Wallonie. Vive la Wallonie-Bruxelles libre!
Je travaille à Bruxelles, j'y rencontre des autochtones et je n'y vis pas.
Michel Quévit fait la même analyse que moi.
Charles Picqué exprime également le même message.
Je ne parlerai pas des personnes qui s'expriment sur les fora.
Mais je peux me tromper. Ou pas... L'avenir nous dira qui a eu raison.
Ce que je n'ai pas mis dans ce billet, parce que je l'ai déjà fait à plusieurs reprises, c'est évidemment que mon propos ne met pas en question la traditionnelle et indispensable solidarité forte, et très souvent exprimée dans les faits, des Wallons à l'égard des Bruxellois d'expression française. Mais ça va de soi !
Et merci pour les compliments !
Nationalité, identité bruxelloise : elles restent à créer. Mais une volonté collective et un sentiment d'appartenance à quelque chose qui n'est surement pas la Flandre, et peut-être pas, il faut le reconnaître, la Wallonie, sûrement.
En tous cas, cette volonté qui s'est manifestée ces derniers temps par la création de différents mouvements régionalistes bruxellois inquiète suffisament le FDF pour qu'il tente de les saborder. Pensez-donc, quand on fait des querelles communautaires son gagne-pain, on a intérêt à les prolonger, pas à les résoudre. J'exprime ceci sur un ton encore plus dur sur deboutlawallonie.net.
N'oubliez pas que le bilinguisme généralisé était voulu par le Mouvement flamand. On l'a oublié. A un point tel que des "francophones" estimet maintenant que c'est le seul moyen de "sauver la Belgique".
Heureusement nous avons eu des gens lucides comme François Bovesse qui s'y sont opposés en 1932.
Depuis, les limites des Etats régions sont fixées définitivement dans la "Constitution", ce n'est plus négociable. Sauf pour celles situées à la périphérie de Bruxelles contestation, situées en Région flamande certes, mais contestées.
Et je faisais simplement référence à l'histoire du Mouvement flamand...
Beaucoup de choses ont changé depuis 1932 et particulièrement ces 30 dernières années.
L'inconvénient des réponses aux commentaires c'est qu'on donne une réponse généralemnt simple à une situation complexe...
de démocratie représentative ( 1 référendum en 65 ans ! ) , serait caduc. Dés lors, les liquidateurs de l'Etat Belge ,sous la supervision des instances internationales ne pourraient priver les Belges de l'appel au
vote populaire. Des référendums à caractère régionaux ,correspondant aux défuntes entités ( Wallonie, Bruxelles et Flandre ) mais aussi locaux ( dans les communes à facilité ,mais aussi dans celle où un recensement préalable ferait apparaître un basculement de majorité communautaire devront être tenues ,quelqu'en soit le résultat ( ainsi si Beauvechain tombe entre les mains de la Flandre, ce sera un moindre mal ) . Je ne doute pas un seul instant que l'opération profitera d'abord et en défintive à la Communauté Francophone toute entière par le lien territorial induit par ses consultations entre Bruxelles et la Wallonie.
Je suis par ailleurs surpris de votre appréciation sur l'identité Bruxelloise, qui par le fait de ses immigrés, ne serait plus qu'une ville cosmopolite et sans âme. A Bruxelles , on parle Le Français, immigré ou non et j'ajouterais que ces mêmes immigrés sont de la langue d'où ils résident et plus encore, pour beaucoup de cette ville d'où ils sont nés ( c'est ainsi que les choses se passent chez nous en France ).Votre argument me fait penser d'une certaine manière à celui des flamingants les plus enragés qui prétendent que les Francophones de Bruxelles ne représenteraient plus que 500.000 citoyens. Curieuse conception de la citoyenneté que la vôtre.
La perte de quelques communes limitrophes à la frontière linguistique
vaut bien le sauvetage de Bruxelles des griffes du Nord.
N'oubliez pas la doctrine Badinter acceptée en Droit international sur les limites territoriales des régions et ce qu'elles deviennent en cas de scission. Il n'y aurait donc que pour les communes contestées (et donc à facilités) que le recours à un referendum serait concevable.
Evidemment, ce n'est pas là un langage militant, mais j'estime devoir être honnête dans mes propos.
"si Beauvechain tombe entre les mains de la Flandre, ce sera un moindre mal"... C'est là un point de vue... qui fera plaisir aux habitants de Beauvechain ! (J'en connais qui apprècieront !)
"(...) votre appréciation sur l'identité Bruxelloise, qui par le fait de ses immigrés, ne serait plus qu'une ville cosmopolite et sans âme"... mais où donc avez-vous donc lu ça ?
Attention aux interprétations, si la lecture de pensée existait, ça se saurait !
Au plaisir de lire les commentaires m'éreintant sur différents fora sous votre pseudonyme habituel.
Mais, s'il vous plait, ne déformez quand même pas trop mes propos en les interprétant trop librement. Laissez les lecteurs se faire leur propre opinion... En citant l'adresse (URL) du billet, par exemple.
19 h00, voici un complément :
Voilà, on vient de me communiquer le fait que sans attendre ma réponse vous avez publié sur un forum un billet estimant mon propos teinté de connotations raciales sous le titre : "Les curieuses conceptions de Claude Thayse", monsieur "Voie de chemin de fer urbain"...
Et évidemment sans citer l'adresse. Est-ce vraiment courtois ?