Le blogue-notes de Claude Thayse
Une fois de plus, le gouvernement belge est tombé ; et les partis flamands, lancés dans une surenchère entre eux avant les prochaines élections , avancent des exigences d'autant moins acceptables que, pour beaucoup de Flamands, un refus wallon serait une bonne nouvelle, précipitant la naissance d'un Etat flamand, ni belge, ni néerlandais.
La goutte qui pourrait faire déborder le vase est la question des 6 communes dites « à facilités linguistiques » limitrophes de Bruxelles. Elles sont géographiquement incluses en Flandre mais pas linguistiquement : alors Bruxelles est à 85% francophone, les communes voisines le sont aussi ; deux d'entre elles, Linkebeek et Rhode St Genèse , le sont même à 70 et 88%. Or, les Flamands veulent inclure ces 6 communes dans leur unilinguisme. Cela y entrainerait la fermeture des écoles francophones, quand elles existent, la fin du droit de vote en faveur de partis francophones, et la fermeture des services publics et judiciaires dans la langue de Molière. Déjà, trois bourgmestres francophones de ces communes se voient refuser le droit d'entrer en fonction bien qu'élus au suffrage universel, parce que la Flandre refuse de confirmer le vote. Si les Flamands tentent ainsi d'imposer aux francophones voisins de Bruxelles de vivre en flamand, et considèrent Bruxelles comme leur seule capitale, les Wallons ne pourront l'accepter et cela en sera fini de la Belgique.
La Belgique est un grand acquis de l'Histoire : comment espérer en l'unité de l'Europe si s'effondre celle de la Belgique ? Mais la situation en arrivera peut-être bientôt à un point de non-retour ; et les Wallons, comme les Bruxellois, doivent savoir ce que fera la France s'ils décident de rompre avec la Flandre, ou si la Flandre divorce : soutiendra-t-elle encore une Belgique devenue imaginaire, ou une Wallonie non viable ?
A mon sens, sans faire campagne pour le rattachement de la Wallonie, la France devra bientôt dire publiquement que, si, par malheur, la Belgique venait à se défaire, cela pourrait etre de son intérêt d'accueillir la Wallonie et de voir accorder à Bruxelles un statut de district européen, indépendant de la Flandre. Le prix à payer pour la France serait surement plus faible que ce que cela lui rapporterait, ne serait-ce que par l'augmentation de ses droits de vote dans les institutions européennes. C'est un beau débat. Qu'il commence !!!!!
pas inutile de le faire ,quand on sait par exemple l'abandon ( culturel )
dont a pâti le Val d'Aoste de la part de la République, sitôt le refus exprimé par les Américains en 1946 d'un rattachement de ce petit territoire de 122.000 habitants.
On pourrait ajouter, que, sans le dire explicitement, Attali a probablement saisi que l'abcès purulent et le point de fixation qui devraient précipiter la fin de l'Etat Belge se situent à Bruxelles et notamment en périphérie. Je ne reviendrai pas, pour ma part, sur cet
aspect des choses dont nous avons débattu tant et tant de fois .
Pour le reste, rien de neuf sous le soleil de Satan, si ce n'est , bien entendu, que les négociations ( mais peut on encore parler de négociations )qui s'ouvrent sont sans issue. Enfin j'en fais le pari raisonnable sans trop prendre le risque de me tromper...