Le blogue-notes de Claude Thayse
Cela a quelque chose de néronien. Leterme jouant de la lyre sportivo-journalistique, alors que l’incendie communautaire qu’il a attisé en toute ignorance dévore peu
à peu le pays.
En septembre, dans deux semaines, le Premier ministre fédéral Yves Leterme tentera une fois de plus de ranimer son gouvernement mort. En attendant, le Premier ministre du royaume fédéral amuse quotidiennement les lecteurs de journaux avec des billets envoyés de Pékin, au sujet de ses causettes avec les athlètes et du temps pluvieux persistant au-dessus de la baie de Quigdao.
Celui qui s’occupe vraiment de ses dossiers, n’a pas le temps pour de telles fadaises, fait observer Johan Vanden Lanotte. Selon l’ancien président du SP.A, Leterme a pleinement débuté sa campagne électorale.
Tel un rassemblement de concierges, le gouvernement fédéral surveille ce qui reste encore du mobilier. Gouverner ? Il n’en est pas question. Car il ne reste même pas un euro pour amorcer encore la moindre gestion. (…)
L’appareil financier de l’état fédéral et, par voie de conséquence, les mécanismes de répartition ont été totalement déréglés ces dernières années par la politique du vice‑Premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders. Le démantèlement de l’état est l’agenda à peine caché de l’ultralibéral Reynders, dirigé par la haute finance belgo-bruxelloise. Par son action politique, il a miné, bien plus que n’importe quel nationaliste flamand, la solidarité entre le Nord et le Sud. Car le fait que la pauvreté ait augmenté de façon alarmante ces dernières années, que les basses pensions contribuent à la pauvreté et que le paiement des soins de santé soit devenu une fiction, semble être le moindre des soucis de Reynders.
Que ce soit sur le plan financier ou politique, la Belgique a été gouvernée de façon totalement désastreuse au cours des dix dernières années. La rue de la Loi est un grand self-service pour les partis et leurs bandes de gros bonnets dont les carrières viennent en premier lieu avec un statut politique et financier correspondant. Le gouvernement fédéral est une bourse d’échanges pour les intérêts de partis et les avantages personnels.
L’état fédéral est le distributeur automatique qui crache chaque année plus de 48 millions d’euros, dont les partis peuvent se servir selon leur force électorale.
Il y aujourd’hui littéralement un prix pour toutes les fonctions administratives et parlementaires. Cela explique l’acharnement avec lequel les partis de la majorité surtout essaient de se maintenir par l’échange réciproque d’intérêts.
Leterme sait fort bien que le médiateur royal Karl-Heinz Lambertz a raison quand il dit, en toute innocence, qu’il sera impossible d’aboutir à une réforme de l’Etat avant les élections de 2009. Tout simplement parce que ce gouvernement, par son manque de cohésion et la manière gauche avec laquelle il est dirigé, est complètement impotent.
C’est pourquoi Leterme a adapté son discours. Avant le 10 juin 2007, Leterme affirmait qu’il ne rentrerait jamais dans un gouvernement sans réforme profonde de l’Etat. Aujourd’hui il promet de ne pas quitter le gouvernement sans réforme de l’Etat. Une nuance avec laquelle il espère se maintenir sur le plan électoral.
Cela explique aussi sa tentative de déposer les dossiers communautaires dans le panier de son coreligionnaire Kris Peeters, ministre-président flamand.
Ce dialogue de communauté à communauté n’est rien de plus pour les partis francophones de la coalition qu’une thérapie occupationnelle. L’accès au râtelier belge reste ainsi assuré au moins jusqu’en 2011.
Mais on devine que, dans ces circonstances, Kris Peeters, qui doit se présenter aux électeurs flamands en 2009 et ne peut donc se permettre aucune rupture avec le partenaire de cartel N-VA, refusera d’entreprendre le dialogue communautaire.
Septembre risque d’être le moins le plus cruel pour Yves Leterme. A
moins que le Premier ne décide finalement de consulter l’électeur.
Sans commentaires !
Mon combat a toujours été à gauche ! (Mais au sens XIIIè siécle du terme)
S'il est un domaine où l'autonomie totale est déjà une réalité, c'est le sport.
Avec quels résultats? La perspective de ne récolter aucune médaille aux JO. Une première belge... et donc flamande depuis 1932.
Déjà, les règlements de comptes ont éclaté au nord du pays avec au banc des accusés, le ministre compétent (?) Bert Anciaux, moins fanfaron face aux Chinois qu'aux francophones, son protégé Ivo Van Aeken, directeur technique du sport flamand, ou Gella Vande Caveye, responsable du judo régional, qui fut jadis source à médailles.
Pourtant, ce n'est pas l'argent qui fait défaut, chacun est d'accord là-dessus.
En vérité, comme pour nos équipes de football, la Flandre découvre qu'il est plus facile de briller dans une compétition nationale que tenir son rang au niveau mondial.
Bien du plaisir quand elle siégera à l'ONU et devra envoyer des soldats en Georgie!
Ce qu'on constate, c'est qu'une nation qui "monte" a, en général, de bons résultats sportifs.
Serait-ce un signe ?
En complément, j'ajoute ce titre délicieux de BEATRICE DELVAUX dans le soir qui montre bien l'étendue du désarroi des défenseurs du maintien de la Belgique "Une médaille, ce luxe dont la Belgique ne peut se priver "
Excellent, non ?
Comprenne qui pourra...
J'ai lu avec intérêt que la Flandre ne connaissait pas son histoire. Si elle retient 1302, elle ignore la signification profonde de la Pacification de Gand et elle refuse de se souvenir de son adhésion à l'Union d'Utrecht qui regroupait la Nation néerlandaise sous forme confédérale.
Il lui manque la GRANDEUR. Cette GRANDEUR séculaire qu'elle connut jusqu'au XVIe siècle lui fut ravie par la bêtise sanguinaire des Habsbourg malheureusement aidés par les collaborateurs wallons de l'Union d'Arras. Ne serait-il pas intéressant pour le combat wallon actuel de rappeler ces détails à la Flandre? Parce qu'en réalité l'Union Bénélux, sans la Wallonie bien entendu, représente l'ancienne Union d'Utrecht (avec Bruxelles puisque Benelux est l'enfant du bruxellissime Paul-Henri SPAAK, anti Wallons à ses heures).
Je vous avoue être perplexe sur l'intérêt pour le Mouvement wallon d'aider la Flandre dans son devoir de mémoire.
Et si... Et si, nous décidions une fois pour toute que c'est de la Wallonie que nous devons nous occuper ?
Comme l'écrit Monsieur le Professeur François Perin (Hist. d'une nation introuvable): "La solution finale la plus simple,(...)est de réintégrer les Flamands dans les Pays-Bas néerlandais, dont les horreurs de l'abominable XVIème siècle les avait arrachés"(n.b.: l'Union d'Arras wallonne participa aux horreurs). "Et de rattacher les provinces wallonnes à la France,(...)". Pour des raisons étranges (peut-être encore religieuses) les Flamands ne semblent pas prendre ce chemin qui faciliterait pourtant l'adhésion de l'Union européenne au schéma précité. De plus, cela permettrait aux Wallons de se débarrasser de Bruxelles plus facilement puisque, comme le révait Paul-Henri Spaak, le cadre serait bénéluxien. Bruxelles,la brabançonne, retrouvait ses villes soeurs: Leuven, Mechelen, Antwerpen, Breda et Bergen op Zoom.
Hors sujet concernant justement le ratio entre les deux.
Les rattachistes soutiennent qu'un wallonnie seul sera un pauvre petit etat a la traine de l'europe. Par contre si elle rejoint la France (5eme puissance mondiale) elle serait la 5eme region de France. On parle de population? Parce que si c'est d'economie, je ne vois pas comment on passe de pauvre a riche en 1 seconde juste apres la signature de tous les documents qui nous rattacherait a la France.
Ou bien alors il y a un message qui n'est pas clair dans le plaidoyer du mouvement.
Je ne pense pas du tout la même chose. Je suis rattachiste par fierté wallonne et amour de la France.
Relisez ce que j'écrivais dans le billet "Le Syndrome de Waterloo" publié en septembre 2007 (bien avant le "projet Ducarme"). La Wallonie n'est pas aussi pauvre qu'on ne nous le dit. Elle se classerait au 8ème rang des régions de France pour son PIB. Excusez-moi du peu !
En tout cas bcp de fçais suivent ce qui se passe chez nous et même si ça n'a aucune valeur de sondage, même près de Perpignan, nos cousins français nous acceuilleraient avec bcp de plaisir - en tout cas d'après nos discussions ...
Pour l'accueil, je n'en doute pas ! Merci !
Ds mon post précédent, lire "... qui dépasse La Moisson ..." et non pas "...ma loisson..." dyslexique ???