Le blogue-notes de Claude Thayse
Le bricolage royal permettant de gagner du temps jusqu'à la seconde moitié du mois de septembre ne doit évidemment pas faire oublier qu'en coulisse, les tractations devraient être intenses pour chercher (je n'ai pas écrit "trouver") une solution à la crise "interne-nationale" que nous observons.
Les médiateurs ayant joué leur rôle, inutile de dire qu'il ne se passera rien, s'enfermer dans des échéances
intenables empêche toute négociation... Voyons ça :
- 21 septembre, congrès de la N-VA.
- 27 septembre, congrès du CD&V
- 14 octobre, rentrée parlementaire et discours sur "l'Etat de l'Union", comme on dit depuis quelques années. A moins qu'Albert Deux ne sauve, une fois de plus la mise à son royaume en mettant
encore Leterme en congé… Il est vrai qu'alors, ce dernier n'aura plus démissionné depuis six semaines. A moins qu'empêtré dans l'affaire de l'achat de la Villa Fanini… Il n'ait autre chose en
tête.
…
- Juin 2009, élections régionales et européennes. Si on tient jusque là… Comme le dit Leterme : "Si j'échoue, ça ira mal pour la Belgique". Hou ! Le vilain croquemitaine !
Si toutes les analyses concordent, Nord et Sud vont se temponner de front dès le mois de septembre 2008. Bien entendu, Bruxelles demeure l'achoppement à toute solution de communauté à communauté, de peuple à peuple. A relire l'Histoire, les Germains n'ont jamais adopté le centralisme de type jacobin; ils lui préférèrent le confédéralisme ou le fédéralisme, tout en cultivant une notion profonde d'appartenance ethnique et culturelle. Dès lors, à moins qu'il ne s'agisse d'un esprit de vengeance séculaire, d'une rancoeur flandrienne recuite à l'égard d'un ville brabançonne insolente et insoumise, La Nation flamande ne devrait-elle pas se repenser dans une optique fédérale afin d'y accueillir Bruxelles et "son particularisme", plutôt que de s'obnubiler sur une solution de force? Comme le passé et l'avenir de Bruxelles se situe au nord de la frontière linguistique, n'y-a-t-il aucune personalité wallonne de renom capable d'éclairer, en ce sens, les médias flamands et de là des politiques de Flandre éclairés ?
La Nation flamande se pense déjà dans une optique confédérale, c'est à dire de relation aux autres d'Etat à Etat. Le fédéralisme belge, compromis impossible sur un même territoire entre une vision communautaire et une vision régionale a montré ses limites. Même s'il a permis à la Wallonie et à Bruxelles de corriger quelque peu l'impact économique du drame belge.
Oui, il est possible, imaginable, que les frontières clairement définies, les Flamands puissent accepter des particularismes sur leur territoire, mais... n'est-ce pas là, tirer des plans sur la comète ? Je ne peux pas en parler à leur place.
Par ailleurs, je pense sincèrement que, tant les médias que les politiques, sont allés trop loin et que, pressés par l'opinion publique (qu'ils ont façonnée ou pas, c'est un autre - et faux - débat) ils ne puissent plus suivre qu'une seule direction. Ils sont sur des rails...
Cela arrangerait bien les socialistes menacés de perdre leur majorités et qui ont en tout cas peu de chance de rééditer leur score de 2004.
Tant qu'à faire, pourquoi ne pas imiter le Zimbabwe et décréter Di Rupo président à vie de la Wallonie?
Heureusement (pour une fois!), il est très peu probable que les Flamands acceptent ce tour de passe-passe antidémocratique.