Le blogue-notes de Claude Thayse

C'est l'anniversaire de la nuit du 4 août 1789. Cette fameuse nuit où les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux. 

En une nuit donc, au milieu des applaudissements et des cris de joie, sont ainsi abattus les justices seigneuriales, les banalités, les jurandes et les maîtrises, la vénalité des charges, les privilèges des provinces et des individus...

Ensuite, passé le moment d'euphorie, les députés prennent le temps de réfléchir. Ils décident que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité d'aucune sorte. C'est ainsi que disparaissent - en France ! - à jamais certains archaïsmes comme la corvée obligatoire, de même que des injustices criantes comme la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.

À la faveur de cette grande séance parlementaire qui a vu disparaître d'un coup les distinctions de classe de même que les particularismes locaux, l'égalité de tous les citoyens devant la Loi devient la règle (même si, aujourd'hui encore, elle est au cœur de tous les débats politiques). Les députés tireront les conséquences de leur vote en préparant une solennelle Déclaration des Droits. A posteriori, cette Nuit du 4 Août n'apparaît pas seulement comme une splendide victoire de l'égalité. C'est aussi une belle démonstration de l'efficacité du centralisme administratif sur les us et coutumes locaux : en-dehors de la norme reconnue par les Représentants de tout le Peuple, il n'y a plus de légitimité.

Un regret, l'exception qui concerne «l'abolition de l'esclavage des Nègres» dans les colonies, proposée en vain par le duc François de la Rochefoucaud-Liancourt, aristocrate éclairé, adepte de la philosophie des «Lumières».

A quand l'abolition des «nouvelles féodalités» partisanes, financières, etc.. qui, chez-nous, ont remplacé les anciennes pour notre plus grand malheur.

Tien, à ce propos, j'aurais bien aimé être l'auteur de ce magnifique terme de «Mugabétisation». Je ne l'aurais peut-être pas appliqué à Joëlle Milquet qui, certes s'accroche à sa présidence, mais est encore assez jeune - me semble-t-il - et qui contrairement à Mugabe (*) ne me paraît pas être un dictateur aigri qui a fait le vide autour de lui, ne s'entourant plus que de médiocres courtisans. Non, je verrais plutôt quelqu'un d'autre qui correspond mieux au profil…

(*) Evidemment, il y a un point commun. Mugabe comme Milquet sont en train de détruire leur pays. C'est infiniment regrettable pour le premier. Pour la seconde, bof... on ne va pas la blâmer !

Lun 4 aoû 2008 2 commentaires
j'ai une question à vous poser....

la présidence du RWF est elle élective ou autoproclamée ?????
Benoit B - le 04/08/2008 à 10h46
Euh... Statutairement, elle est élective. Mais d'expérience, elle est aussi sans surprise possible. Ou du moins elle l'était, je ne suis plus membre, mes informations datent donc un peu...
Claude Thayse
Les journaux du groupe Sud Presse qui collaborent avec le Laatste Nieuws n'ont pourtant soufflé mot dans leurs éditions de ce lundi sur la polémique autour de la fortune du Roi qui pourrait s'élever à 200 millions d'euros. Un oubli ou un manque de place?
Verra-t-on un jour Moureaux ou Di Rupo réclamer une commission d'enquête sur le véritable patrimoine de leur ami "Sa majesté le Roi"?
francolâtre - le 04/08/2008 à 11h41
Un oubli, certainement...
Vous voulez parler de la Villa Fanini ? Et des 50 millions d'Euro que le roi offre pour son achat alors que l'an dernier il a fait lui-même savoir que sa fortune ne délevait qu'à 12,4 millions d'euros ? Et de son discours où il se préoccupait des 15 % de pauvres ? Bof, je ne vais pas ajouter ma voix au populisme ambiant. Mais il est vrai que... cet argent (si l'information se vérifie !) auarit pu être utiliser à autre chose. La famille royale est très chrétienne, mais chacun a ses pauvres... Et puis, "charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même " ? Bref, attendons de vois s'il s'agit d'un scoop ou d'un carnard !

Et le roi est plus que leur ami, puisqu'ils parlent toujours de "Souverain"...
Oui, Il y a encore du chemin à faire !
Claude Thayse