Le blogue-notes de Claude Thayse

On le sait, c’est là une très vieille revendication flamande. Les Wallons se basent plutôt sur un point de vue régional. Ce dernier point de vue est issu de la doctrine du nationalisme de Renan qui veut que la nation soit la volonté libre et consentante de vivre ensembles sur un même territoire (pour faire simple).

 

Il y a une certaine confusion dans ce terme de dialogue de communauté à communauté. Si les communautés se définissent sur une base linguistique ou religieuse, ou encore « ethnique », que vient y faire le concept territorial ? Ce concept est logique dans la doctrine de Renan, mais est assez contradictoire dans celui de communauté qui concerne les matières personnalisables, liées aux individus. Ces matières ne peuvent pas être limitées par des frontières. (C’est là toute la subtilité du point de vue du mouvement flamand…)

 

Si vraiment, on s’engage dans ce type de dialogue, ne faudrait-il pas préalablement recenser et définir les différentes communautés existantes ? Si c’est sur base linguistique, combien d’habitants de l’actuelle Belgie-que déclarent-ils être de langue flamande, française, allemande, arabe, luxembourgeoise, anglaise… pour ne citer que les plus reconnues ?

On serait peut-être étonné du résultat...

Mais je m’arrête là, tomber dans le piège de la lecture d’un point de vie communautaire, c’est faire le jeu des Flamands et de leurs alliés belgicains puisque le terme « français » serait rapidement corrompu en « francophone ». Et donner des arguments aux pseudo-"défenseurs des francophones" ou aux pseudo-réunionistes qui n'existent, et ne sont mus, que par leur sentiment d'exaspération plutôt que par amour des leurs, de leur région ou leur désir de devenir Français !

Dim 20 jui 2008 4 commentaires
Le principe des communautés aurait été valable s'il était appliqué sur l'intégralité du territoire fédéral. La Communauté flamande défendrait tous les néerlandophones de Belgique où qu'ils soient, et pareillement pour les francophones et les germanophones. Mais je ne pense pas que ce soit possible actuellement.
Stéphane Dohet - le 20/07/2008 à 16h31
C'est justement à quoi se sont opposés des gens conscients comme François Bovesse par exemple. Il avait compris que derrière cette revendication il y avait le principe du bilinguisme généralisé qui n'aurait profité qu'aux Flamands.
Claude Thayse
On ne peut même pas taxer les Flamands d'ambiguité, tellement leur objectif est clair quand ils déclarent vouloir parler "de communauté à communauté", c'est à dire à deux: nier Bruxelles en tant que Région, nier sa population qui est francophone, nier son territoire qui finalement 'est sur le sien'.
C'est gros comme une maison et personne n'est dupe.
Heureusement - si l'on peut dire - même sur cette "méthode du dialogue" (à 2 ou à 3), Flamands et Français de Belgique ne peuvent se mettre d'accord.
Patience... la fin est proche.
didier - le 20/07/2008 à 19h23
"Dialogue de communauté à communauté" : encore un pataquès belgicain pour éviter de dire "dialogue Flamands-Wallons" ou "dialogue Flamands-Francophones".
On pourrait plus brièvement dire : "dialogue intercommunautaire", ce serait plus claire et plus court.
Mais je sais dans "communauté à communauté", il y a comme un sentiment d'égalité, "d'homme à homme", "les yeux dans les yeux". On est encore une fois dans le non-dit et le subliminal.

Personnellement, j'opte pour "Dialogue international".
PR Mélon - le 21/07/2008 à 09h31
Bienvenue et bien vu, Pierre-René !
Claude Thayse
Petit correctif : "ce serait plus clair"
Au lieu de pataquès (mauvaise liaison), il faudrait dire idiotisme.

Désolé. On ne se relit jamais assez.
PR Mélon - le 21/07/2008 à 11h25
Je partage ta conclusion. J'ai aussi le tort de ne pas me relire...
Claude Thayse