Le blogue-notes de Claude Thayse

En réponse à un commentaire sur son blog, le député du Hainaut, Denis Ducarme, évoque l'évolution institutionnelle du pays dans ces termes : " Pour ce qui me concerne, il est utile de sortir de l'impasse profonde dans laquelle nous nous trouvons. La coopération avec la France est une option parmi d'autres. Mais à ce stade, la communauté francophone de ce pays n'est pas mûre pour ce grand saut et n'adhère pas à cette perspective. J'estime donc que ce n'est pas la solution actuelle aux problèmes rencontrés. Il faut demeurer pragmatique. La piste du confédéralisme peut-être une évolution à long terme ou juste une phase. Je ne rejette pas l'option française pour autant, mais elle n'est pas à ce stade, d'actualité et doit continuer à être analysée. L'essentiel à mon sens aujourd'hui est d'œuvrer à la prise de responsabilité francophone, à la prise de conscience de l'opinion francophone visant à la faire sortir enfin d'une nostalgie un peu niaise qui la conforte dans un romantisme attaché à une Belgique dépassée. "

Hier, son père Daniel, à la fin d'une interview sur RTL, ne disait pas vraiment autre chose, mais semblait aller un peu plus loin dans la réflexion. Comparant même, dans un accès de lyrisme, la Belgique avec la défunte Yougoslavie.


Hélas, tous deux se comportent encore trop en "politiciens traditionnels". De ceux qui suivent l'opinion publique au lieu de la précéder. Ça doit être ça : "être Représentant du Peuple". Porte parole d'une opinion convenue, conforme, défendre des options auxquelles on ne croit plus vraiment. Dommage ! Je considère pour ma part comme du devoir d'un homme politique d'être un moteur de changement, de réforme, d'être capable de prendre des risques et non d'être un suiveur. Faute de quoi, nous sommes condamnés à vivre un long pourrissement, à moins que les Flamands...
J'en viendrais presque à rejoindre la position de Béatrice Delvaux dont je parlais dans un billet précédent dans son regret qu'il n'y ait plus de vraie politique. Mais force est de constater que c'est le système qui veut ça.

 Et pourtant, en décembre 2007, la proposition de Daniel Ducarme de " formule d’association avec la France "  ne manquait pas d'audace et d'originalité. Souvenez-vous… un statut du type de celui de la Polynésie ! Hypothèse que j'avais également évoquée en novembre, parlant de la souplesse et l'inventivité de l'ingénierie institutionnelle française en matière d'autonomie régionale et locale. Un statut qui pourrait même satisfaire nos indépendantistes les plus purs comme le montre cet article sur le site de la ville de Papeete où il est précisé que : " La population était venue très nombreuse assister également au dévoilement des deux plaques de marbre sur lesquelles sont inscrites pour les générations futures, l’engagement des partis autonomistes à maintenir la Polynésie au sein de la République française".

A un moment ou la Lijst Dedecker annonce son intention de s'allier avec le Vlaams Belang pour obtenir la majorité en Flandre, ça vaut la peine d'y réfléchir et de sortir de " la nostalgie un peu niaise qui la conforte dans un romantisme attaché à une Belgique dépassée " pour reprendre une expression du commentaire ci-dessus.

Mer 2 jui 2008 4 commentaires
"Nos élus" qui suivent l'opinion publique au lieu de la précéder. C'est exactement ce que je voulais écrire en lisant les mots de Ducarme. Suivre l'opinion publique pour garder son siège, voilà ce qu'est le pragmatisme politique à la belge. Qu'ils soient anciens ou jeunes, ia plupart des politiciens qui détiennent un peu de pouvoir tiennent tous fermement à ce pragmatisme qui est infdispensable pour faire de la politique une professio.

Que faut-il faire pour changer cela ?
Francois Collette - le 02/07/2008 à 13h46
Bonne question !
Le système électoral actuel bloque de fait l'apparition de tout nouveau parti et assure une rente de situation aux élus en place. Et essayer de changer les choses de l'intérieur des partis est illusoire. La force d'inertie est telle...
Il faut jouer le jeu et agir sur l'opinion publique. En appliquant les principes de "
La loi d'unanimité et de contagion  ". Mais ça prendra du temps et demande de la persévérance.
Claude Thayse
En repensant à la Loi d'unanimité dont vous faites référence, je me dis que toute la force d'un bon politicien n'est pas forcément d'annoncer une nouvelle idée, au risque de se brûler les ailes, mais d'être celui qui saura, le premier, par opportunisme ou par conviction, faire remonter un courant qui commençait à poindre, à bruisser, sans qu'une arcane, ou organe officiel n'ait encore repris l'idée.

Je sais, cela ne ressemble plus vraiment à de la politique, mais plutôt à de la veille économique, métier que je connais un peu et qui consiste, entre autre, à repérer sur la Toile les récurrences de sujets qui montent (volumétrie des mots clés recherchés par ex...)

Dans cette période propice aux bouleversements, il faut user des armes à notre disposition.

Pour le réunionisme, la masse critique des élus qui reprennent l'idée (chacun avec un petit aménagement perso, histoire de s'approprier le sujet, vous remarquerez...) sera bientôt atteinte. Dès lors, que la population aura intégré cette option, au point que chacun sera persuadé d'y avoir toujours adhéré, ce sera gagné!

Lorsque je vois l'évolution en 2 ans, je pense qu'un grande parti du chemin a été parcourue.

Goulven
Goulven - le 03/07/2008 à 11h59
Je partage votre opinion. L'évolution politique (et la pression flamnde) est favorable à la cause de la réunion.
L'opinion publique en est à la phase du questionnement . Et les incertitudes actuelles poussent heureusement à une plus grande ouverture d'esprit.
Plus les références au rattachisme apparaîtront dans les courriels des lecteurs de journaux ou sur Internet, plus l'idée deviendra commune. Et alors, ce sera au politicien le plus habile à en profiter. Peu importe qui, du moment que ce soit un démocrate.

J'utilise tous les moyens à ma disposition pour mettre l'idée de la réunion en avant. Et tant pris si ce n'est pas toujours compris par ceux qui partagent mon (notre) objectif. Je n'ai de toute façon rien à y perdre ou à y gagner.
Claude Thayse
A mon avis, il est illusoire de penser que les Francophones dans leur
majorité puissent trahir " leur drapeau" . Certes l'idée d'un rapprochement avec la France fait son chemin, mais dés lors que la Royaume aura ...déja disparu. D'où les scores insignifiants de la mouvance réunionistes.
La scission ne pourra être le résultat que d'un coup d'état institutionnel
de l'une des deux parties. Et n'en déplaise à beaucoup qui refusent  à voir s'établir un parallèle entre les 2 situations. J'invite tout ceux qui s'intéresse à cette Histoire là à consulter l'ouvrage ou à défaut l'article de Rupnik . C'est un "spécialiste ".
Renaud Lachamp - le 03/07/2008 à 23h52
Hélas, le dernier argument des Belgicains est de dire qu'il ne sera pas possible de se réunir avec la France, même si nous avons la même culture (en quoi ils progessent, contraints et forcés) pour la bonne raison que 175 ans d'histoire nous séparent (guerre d 'Algérie, Indochine, Zaïre, etc.). On se demanderait bien où étaient les parents de ces gens là en mai 1940. Pas d'histoire commune, disent-ils?
Feuilly - le 04/07/2008 à 00h04
Et ils ont raison évidemment ! En 175 ans, aucune nouvelle ne nous est parvenue de France. La frontière a été fermée. Nous ne parlons plus la même langue. Il n'y a plas eu d'échanges commerciaux, etc... ;-)
Claude Thayse