Le blogue-notes de Claude Thayse

Dans le journal gratuit " Metro" de ce vendredi, Jules Gheude rappelle fort opportunément "qu'il ne manque plus que BHV à la Flandre pour accomplir son homogénéité. Il ne reste que cela pour transformer la Flandre en une véritable nation avec un peuple, une langue et un territoire. Plus rien ne pourra leur empêcher de proclamer unilatéralement leur indépendance.",

Je partage évidemment ce point de vue que j'ai développé à plusieurs reprises dans des cartes blanches. Mais, ayant quelques minutes, j'aimerais pousser la réflexion un peu plus loin. Très brièvement et par une seule question, rassurez-vous.

La démarche flamande est logique : un peuple, une langue, un territoire, ce qu'on appelle "le Droit du sol" étant un principe républicain. C'est sur cette base que se sont construites toutes les nations du Monde. En tous cas, celles qui ont un avenir.

S'il existe bien des confédérations d'Etats (la Suisse en est un des plus vieux exemples), existe-il quelque part sur cette planète un Etat où la cohabitation de deux peuples et de deux langues (ou plusieurs ?) est vraiment harmonieuse ?

Et si vous avez une minute, ce vendredi, répondez au sondage sur le site du journal (en bas, à droite).

Ven 6 jun 2008 9 commentaires
Vous y allez un peu fort quand même. Je signale que Jean-Marie Dedecker avait fait la réflexion qu'il fallait un pays pour chaque langue, ce qu'un autre interlocuteur sur le plateau de Ce soir ou jamais a répondu en disant qu'il y avait plus de 2000 langues dans le monde et donc qu'il faudrait alors plus de 2000 nations, ce qui a cloué le bec à JDD.

A ce rythme on peut dire la même chose de la Catalogne, de l'Ecosse, de l'Irlande du Nord, du Pays de Galles ces trois derniers avant leur anglicisation parlaient nettement plus leur dialecte.
Guillaume - le 06/06/2008 à 13h38
"on peut dire la même chose de la Catalogne, de l'Ecosse, de l'Irlande du Nord, du Pays de Galles ces trois derniers avant leur anglicisation parlaient nettement plus leur dialecte"...
Certes, mais l'unité s'est faite autour d'une langue commune dans ces différentes régions.Il en va de même pour de nombreuses régions de France ou d'Allemagne où les patois ont été remplacés par la langue officielle. Je ne suis pas certain que la langue celte (qui n'est pas un dialecte) parviendra à s'imposer. Le catalan, par contre...
De toute façon, l'Ecosse et la Catalogne ont prévu un referendum d'autodétermination en 2010. Ce qui est important, c'est qu'une même langue fédère un peuple sur un territoire. Pensez au nombre d'Etats dont la langue officielle est le français ou l'anglais ou plus proche de nous, l'allemand (Allemagne, Autriche, Berne...)
Claude Thayse
Je souscris pleinement à un droit du sol, mais à condition que les frontières soient reconnues et acceptées par les populations concernées, naturellement ... sinon c'est de l'annexion pure et simple (n'est-ce pas ce qui se passe en périphérie bruxelloise?)
didier - le 06/06/2008 à 15h03
C'est pour ça que je ne crois pas à une solution dans le cadre belge. Cette consultation ne pourra avoir lieu que sous contrôle international.
Attention à ce que tu écris... Suivant le point de vue, ces limites ont été votée démocratiquement par des Représentants du Peuple. La tâche d'huile francophone et les revendications actuelles de réttachement des communes litigieuses à la Région de Bruxelles (en fait, un Etat dont on n'ose pas dire le nom) peut - du point de vue Flmand - s'apparenter à un processus d'annexion...
Claude Thayse
Cher Claude,

Le vent tourne! La multiplication de ce genre de sondages montre que cette idée fait son chemin et qu'indépendamment des résultats, qui ne sont pas très importants, les esprits sont lentements préparés à l'inéluctable.....et sa suite logique.
Personnellement, je verrai bien le gouvernement tomber dès cet été. Je vois ici et là des posts et commentaires entendus de gens bien informés (mais qui ne l'est pas bien calé anonymement derrière son écran :D)qui parlent d'un vote à l'automne 2008.
Mais surtout a quoi pourrait bien servir une élection anticipée au point où l'on en est?...Quel est votre pronostic sur ce point là?

PS : Important ou pas , j'ai bien évidemment voté sur le site, où le résultat affichait 74% de oui. (Impossible de voir le nombre de votants...)
Goulven - le 06/06/2008 à 15h54
Dans ce... pays (?) tout est possible...
J'ai le sentiment, mais ce n'est qu'une opinion qui n'est étayée par aucun fait, qu'après une phase de radicalisation, les partis traditionnels francophones vont céder pour "sauver la Belgique". Ils auront alors beau jeu de dire qu'ils ont été fermes et ont été au bout des négociations possible, tout en sauvant l'essentiel. Empochant ainsi les suffrages des électeurs soulagés...
Claude Thayse
Ah j'ai oublié de répondre à votre petit jeu...

A ma connaissance je n'en vois qu'un : La Finlande. Avec 5% de suédophones super chouchoutés, descendants de suédois, ou de finlandais ayant changé de langue, du temps où la Finlande était une province du royaume de Suède. Il existe également beaucoup de suédois d'origine ayant le finnois pour langue maternelle.

Lois linguistiques

"La loi de relations entre les langues date du milieu du XIXe siècle. Elle régit les rapports linguistiques du citoyen avec l’État, les collectivités locales et les administrations. Elle est modifiée régulièrement, pour la dernière fois en juin 2003. L’article 5 régit le bilinguisme des communes :

  • Une commune unilingue devient bilingue si le nombre de locuteurs de la seconde langue dépasse 3 000 ou le pourcentage dépasse 8% de la population totale.
  • Une commune bilingue devient unilingue si le nombre locuteurs de la seconde langue descend sous les 3 000 et le pourcentage descend sous les 6% de la population totale.

Ces règles permettent de déterminer la langue d'affichage de la signalisation routière bilingue.

En 2006, la Finlande compte 431 municipalités :

  • 368 unilingues finnois.
  • 21 bilingues à majorité finnoise.
  • 23 bilingues à majorité suédophone.
  • 19 unilingues suédois, dont 16 sur le territoire autonome d’Åland et 3 en Ostrobotnie. "

(Source Wikipédia)


Qu'est-ce qu'on gagne?

Goulven - le 06/06/2008 à 16h14
Le droit d'assister en direct à la fin de la Belgique ! ,-)
Claude Thayse
Vous me paraissez bien pessimiste aujourd'hui.
N'est-ce pas vous qui il y a peu disiez qu'on sentait comme un frémissement y compris dans les grands partis et que certaines idées y feraient leur chemin ??

Je n'ai certes pas la faculté d'analyse qui est la vôtre mais je crois plutôt (d'ailleurs je l'espère) que bloqué dans son impasse, le gouvernement mette la clé sous le paillasson dès l'automne. Re informateur, re conciliateur, re machin-à-teur, re formateur et re impasse.
Elections au printemps 2009. Renforcement des idées nationalistes en Flandre et blocage encore plus ferme pouvant déboucher sur une prise de décision du parlement flamand.
Le plus difficile sera derrière nous à ce moment car tout est dans la prise de conscience.

Mais je rêve peut-être un peu ???
Pierre - le 06/06/2008 à 18h03
Pessimiste ? Vous trouvez ?
Si un optimiste est un pessimiste mal informé (;-)) je ne suis simplement que réaliste. Par ailleurs, je partage tout à fait votre analyse (vos prévisions ?) sur l'avenir. Il est clair que la situation est en train de si bloquer complètement... à mois que je n'ai vu juste sur la stratégie des présidents des partis traditinnels.
Enfin, j'ai eu ce WE la confirmation qu'un membre important de la direction du 1er parti de la Communauté française fait la même analyse que nous !
Claude Thayse
Vous avez tout-à-fait raison. Le "droit du sol" est un principe républicain et la République française ne reconnaît aucune minorité sur son sol. Il ne faut pas confondre la "protection" des "minoritésé" avec la reconnaissance de langues, ou plutôt de dialectes régionaux. C'est l'usage généralisé du français qui a bétonné la nation française. Il est absurde d'opposer "droit du sol" et droits de l'homme"; en France, les deux concept cohabitent harmonieusement.
André Schreurs - le 07/06/2008 à 19h35
Evidemment. merci d'avoir si joliment reformulé !
Claude Thayse
A propos de sondage, tout le monde, côté francophone, glose aujourd'hui sur celui du Laatste Nieuws révélant qu'à peine un Flamand sur trois fait encore confiance à Leterme. Assez bizarrement, une autre question, capitale, du même sondage est passée sous silence: or, plus d'un Flamand sur deux se déclare favorable au séparatisme. Une première! 
francolâtre - le 07/06/2008 à 23h29
Bizarrement ? Vous trouvez ?
Dans notre société de désinformation, je trouve ça plutôt classique. La presse belge francophone est sous contrôle.
Dans les "Guignols de l'info", ils terminent leur rétrospective de la semaine par "Vous croyez toujours ce qu'on vous raconte à la télé..."
Claude Thayse

Quelle est la signification précise du "Droit du Sol" et en particulier jusqu'où doit-on remonter dans le temps? Est-ce que ce principe légitime, par exemple, la revendication du "mouvement flamand" de reprendre la Flandre Française, arrachée par la France de Louis XIV à la fin du 17ième siècle aux Pays-Bas Espagnols? J'avoue être un peu perdu dans ce domaine.

Olivier Salomé - le 08/06/2008 à 09h52
Je pense, mais je ne suis pas un spécialiste, qu'il faut remonter au principe du "Pré carré" qui a été complété par la définition de la Nation issue de la Révolution française. Principe qui veut que l'unité se fait sur un territoire et est librement consentie. Certes, ça ne s'est pas passé tout seul au cours des temps.
Claude Thayse
Quelles instances interviendraient dans le cadre de la scission et de la fixation  de frontière entre la flandre d'un côté et bruxelles et la wallonie de l'autre.
Dans la périphérie:
- Un référendum à l'échelle communale pour les communes à faciltés;
- et pour les autres communes de H.V à forte présence francophone mais ou il ne sont pas majoritaire, ... quel découpage géographique pour ce référendum??


Merci pour votre éclairrage.
denis - le 09/06/2008 à 13h24
Si la scission ne se fait pas de commun accord, On peut tout imaginer.
C'est pour cette raison que laes Flamands sont pressés. Une fois la scission acquise, il ne sera pas possible de revenir en arrière. Le Droit international faisant jurisprudence.
Claude Thayse