Le blogue-notes de Claude Thayse
Dans une interview au journal « Le Soir », Joëlle Milquet déclare : (…) « nous nous trouvons dans une crise d'Etat immensément profonde, avec un équilibre
dans le pays terriblement fragile, avec un gouvernement fédéral condamné à réussir… S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel
gravissime »… Elle poursuit par : « c'est la première fois que l'existence même de l'Etat est sur la table aussi brutalement, que l'option d'une séparation est aussi réelle, au
point que les francophones en arrivent à se préparer… Une crise dans ces conditions, ce serait l'aventure. »
Et à la question : « On a l'impression que du
côté socialiste, ils se préparent déjà… », elle répond : « Se préparer, oui, mais attention à ne pas participer à l'accélération du processus », reconnaissant par là qu’elle
acte déjà l'échec annoncé.
« S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel gravissime »… La phase de dramatisation est donc loin d’être terminée. Les prochains mois vont être
passionnants.
Tout est possible… Entre la vision transférant aux sciences humaines (et donc à la politique) les principes déterministe acquis sur base des théories
« raisonnables » ou économiques (c’est à dire toutes les raisons (les idées reçues ou toutes faites) de rester dans un pays unitaire, uni, « fédéral d’union » ou encore de
créer une petite Belgique résiduelle « Wallo-bruxienne » ou « Brulonie ») et l’imprédictibilité, les lois du hasard (le vrai chaos, c'est-à-dire – comment vont réagir les électeurs Flamands ?) Prigogine (*) a montré que « quelque chose d'autre » peut émerger d’une faille entre le
déterminisme et le chaos. Une petite perturbation qui peut prendre des proportions gigantesques et aboutir à une nouvelle cohérence, un nouvel état.
Nous sommes le 22 mars… Il y a 40 ans, « Mai 68 » a commencé par une manifestation d’étudiants mécontents de se voir interdire l’accès au dortoir des filles à Nanterre. Notre monde n’a
plus jamais été pareil après…
Qui sait ce que l’avenir très proche réserve en cette période d’instabilité.
(*)Selon I. Prigogine, « s’éloigner de l’équilibre réserve des surprises ». En effet, « il est impossible de
prolonger ce que l’on a appris de l’équilibre, on découvre ainsi de nouvelles situations, parfois plus organisées qu’à l’équilibre. Cela se produit en des points particuliers, qui correspondent à
des changements de phases de non-équilibre, ce que j’appelle des points de bifurcation. » N’est-ce pas un beau filtre pour observer l’évolution des réformes successives de
l’Etat ?
C'est assez étrange, mais, puisque je me connecte en permanence
sur "Le Soir", j'ai fait part dans ce journal de ma réaction qui s'est révélée être presque mot pour mot la vôtre sur un point. Il n'est d'ailleurs nul besoin de sortir de l'X pour en faire cette analyse de texte ! Si la mère Miquette ( j'aime bien la qualifier de ce sobriquet " ironico-affectif" ) y reconnaît l'existence d'un processus dont les acteurs ne pourraient tout au plus qu'en ralentir la marche.. , c'est bien que les carottes sont cuite à plus ou moins longue échéance. La confession de l'intéressée pourrait même être Instructive, si les mots que profèrent à la cantonade tous ces gens là revêtaient un sens et plus encore une logique construite face aux événements. Hélas, pas plus que le Francophone moyen, ses prétendues élites politiques- qui n'en est que son miroir - ne semblent vouloir se mettre en ordre de marche.
Je vous ai posté le texte de Bourdon de 2002 que vous connaissez, et dans lequel il affirme que P.H Gendebien est " un pont trop loin" ( l'affaire d'Arnhem en octobre 1944 ), mais voilà que mon message n'est à nouveau pas passé. ....
Je pense , pour ma part sans en être certain , que les Francophones vont encore signer un compromis ( en lâchant sur l'emploi, comme semble l'exiger Kris Peeters et certains poids lourds du CD&W pour pouvoir conserver la main vis à vis de la N-VA ) , et puis , comme de toute manière nul leader du Nord n'osera transgresser les tables de la Loi gravées dans le marbre par le Parlement Flamand en 1999, un jour ou l'autre, il y aura rupture.Que notre animal de basse cour BDW participe au concert de casserole gouvernemental ou pas n'a finalement aucune importance. Entre un Confédéralisme à caractère technocratique à la sauce CD&W et celui fondé sur l'émotionnel, quelle différence, si ce n'est qu'ils se complètent .Les Compromis durables ne peuvent, par essence, en effet que s'instaurer entre deux parties au poids similaire...au delà , ils font place à des diktats à terme inacceptables ou sont des préludes à des fractures.
Salutations de Paris
... Et votre commentaire a bien été mis en ligne... Vérifiez !
Autant il se l joue unitaire avec "la famille liberale" autant Ducarme pere et fils, un peu Maingain, et parait-il d'autres ont des "plans B" preparer dans leurs dossiers.
D'ailleurs Antoinette Spaak, qui a crée un manifeste pour le wallobrux (je resume) n'est elle pas une ancienne du FDF?
Je crois que mis a part Ecolo qui s'accroche a l'unite du pays avec Groen (je respecte ce choix et sincerement si tout le monde etait comme eux, on ne serait pas ici a papoter), et peut-etre le CDH les 2 autres formations preparent la scission au cas ou.
Au fait, dire que la Belgique est un accident de l'histoire (waterloo,..) meme i 'est vrai ca vexe les gens et est nuisible a la cause, c'est du moins mon impression. il vaut mieux passé par la case wallobrux et puis belgique frncaise e puis reunion. c'est moins violent.
Comme le soulignait la proposition de Ducarme quand on la prend avec du recul "quitte a faire du confederal avec la Flandres, pourquoi ne pas la faire avec la France?"
1°- c'est au sein du MR que l'on retrouve vraisemblablement les projets
les plus achevés , mais tout aussi officieux ,quant à une scission du pays .L'idéologie sur laquelle est fondée le MR en est probablement la raison . Chez les Libéraux ( que je déteste ) , les destins de chacun sont individualisés par essence . On y cotoie donc naturellement des électrons libres , tels Denis Ducarme ( que j'approuve en matière communautaire ), tandis que les "Socialos" sont tenus par ce qui leur reste de ciment idéologique. Quant aux CDH, ils sont enfermés dans un rata idéologique invertébré et leur corpus doctrinal est faible.
2°- Au risque de me répéter, et c'est en cela que je ne suis pas d'accord avec Claude Thayse, de longues périodes intermédiaires seront nécessaires pour viser à une intégration à la République Française. L'opinion Belge n'est pas prête .En sont témoins les scores minimes du RWF aux élections passées ( et peut être à venir ).Je crois pouvoir faire état de mon expérience passée au sein de l'Ultra gauche Française , qui 40 ans après demeure globalement au même étiage.
3°- L'unification organique de tous les Francophones est en soi une tâche suffisamment compliquée et qui prend des tours alambiqués , pour que l'on ne saute pas une étape intermédiaire pour se " se vautrer dans l'escalier ". De ce pont de vue là , on pourrait établir dans une certaine mesure une comparaison utile entre la lutte sans issue de l'ETA en Espagne et du ....PNV. L'un tente un coup de force, se fondant sur une stratégie "révolutionnaire" pseudo-léniniste, l'autre vise l'indépendance à moyen terme. L'éducation des jeunes Basques à l'idée
d'une identité partagée en fait partie. C'est évidemment une oeuvre de longue haleine, que des "terroristes " ne peuvent entendre .
Merçi de m'avoir lu. Monsieur Thayse , j'attends votre commentaire .....consistant et argumenté !
Je réponds:" Et si par hasard, la conjoncture fait que ça marche un peu, enfin suffisamment pour rassasier certains de nos politiciens, on encore parti pour des décennies de Brulonie, bref on passe encore à côté d'une occasion". Quand à ce que déclare Mme Milquet, si nos politiciens toutes tendances confondues se préparent sans s'accrocher à la Belgique (ou faut il dire à leur bout de gras), la crise à venir ne sera temporairement difficile sans doute mais pas gravissime. Encore faut il choisir la bonne option.
Il y a bien de toute part dramatisation et bras levés au ciel à propos de l'avenir du pays, mais il ne faut pas s'y attarder.
Si cela explose en juillet, chacun pourra dire : "je vous l'avais bien dit", et tirer à nouveau la couverture à lui.
Si cela passe, comme je le pense, on entendra, côté francophone : "Nous avons sauvé le pays". Et ce cri, déjà entendu en décembre et tout récemment, permettra de faire passer les pilules des scissions accordées aux Flamands, pour mieux remettre le couvert quelques mois plus tard.
Les Wallons ne devraient pas écouter les prophètes de tous ordre, mais
1°/ Envisager le pire scénario pour eux, à savoir une Belgique continuée et détricotée lentement
2°/ Echaffauder toutes les stratégies possibles et concrètes pour sortir de cette ornière sans rester dans une attitude attentiste.
3°/ Obtenir un consensus et une adhésion populaire sur celui-ci.
Avoir raison tout seul ou avoir raison trop tôt, c'est avoir tort. L' avantage des politiciens professionnels sur d'autres, c'est leur maîtrise du calendrier.
" Les flamands hurlent plus que les francophones.
C’est ce qu’affirment tous les négociateurs que j’ai rencontré. En négociation les chefs de file néerlandophones perdraient régulièrement leur calme et manieraient facilement l’insulte. L’ambiance se serait nettement détériorée par rapport aux négociations précédentes (sous l’égide de Guy Verhofstadt pour former le gouvernement violet, mais aussi lors des discussions sur BHV lors de la dernière législature ou à l’occasion du dossier DHL). «On a franchi un cap, il existe désormais un climat ouvertement hostile aux francophones » commente l’un. « Ils n’ont plus aucune éducation : cela crie, insulte, et on se permet même de roter à table » regrette un autre. « Jamais vu ça, commente un troisième : Bart Sommers pique une crise toutes les heures, Yves Leterme est plus mesuré mais il "pète aussi les plombs" de temps à autre, les flamands sont nettement plus irrationnels que nous». Témoignage d’un autre sur les habitudes francophones « On voit tout de suite quand Joëlle s’irrite, mais elle ne crie pas. Elio et Didier ne se sont que très rarement énervés ». Dernière confidence d’un négociateur : «A l’intérieur Reynders était beaucoup plus zen que sur le pas de la porte. Lors de la crise de l’avant-dernière nuit il est même allé dormir ».
Eh bien ,c'est édifiant , et cela n'a pas l'air d'aller vraiment fort la bas
Au train où l'on va , il va bientôt falloir appeler les forces de l'ordre pour les calmer et éviter un pugilat général........Qaand est ce que toute cette vaine comédie va s'achever ? tout le problème est là.
R.Lachamp
Liedekerke ne veut que des néerlandophones sur ses plaines de jeux
Mme Milquet qui a participé depuis plusieurs mois aux différentes tractations communaitaires sait de quoi elle parle. Si les socialistes se préparent à l'échec des discussions de juillet, la position du MR et surtout de Reynders et de sa cour est dangereuse pour les Wallons et Bruxellois car il est tellement obnubilé par le poste de premier ministre qu'il est prêt à toutes les capitulations pour y arriver. C'est là le danger pour nous et la chance de la NVA et autres malades du même style.