Le blogue-notes de Claude Thayse

Une fois n'est pas coutume, je vous propose ce communiqué de l'agence Belga :
« Nous n’avons pas peur de l’autonomie. Il faut faire taire toute ironie qui dit que les Wallons ont peur de se prendre en main », a déclaré le ministre-président wallon, Rudy Demotte, ce mercredi devant le parlement wallon, lors du débat initié par son prédécesseur Jean-Claude Van Cauwenberghe sur la position de la Wallonie dans le débat institutionnel. 
  
Les instances régionales sont partagées sur la question de savoir si la question doit être débattue uniquement dans le groupe de travail Wallonie-Bruxelles, ou si elle doit faire l’objet de discussions au parlement wallon. « La légitimité démocratique réside dans un parlement et non pas dans un groupe de travail », a remarqué M. Van Cauwenberghe, s’opposant ainsi à Michel de Lamotte (cdH), mais rejoint dans ses propos par Serge Kubla (MR). 
 
Le ministre-président a pour sa part souligné que la réflexion ne devait pas se tenir dans un lieu unique. Il a précisé qu’il s’était forgé une opinion, entre la réforme défendue par Marc Uyttendaele et le Manifeste pour des Etats-généraux de Wallonie. « La Wallonie a son administration, son parlement, son gouvernement, son budget et sa capacité à se prendre en main », a-t-il souligné, invitant les partis démocratiques à prendre contact entre eux pour établir une position commune sur le sujet. 
 
M. Van Cauwenberghe s’est finalement félicité d’avoir mis le débat sur le tapis au parlement. « Et je vois que M. Demotte devient plus régionaliste que moi… C’est un bonheur de faire des émules et de voir que le corpus de la pensée wallonne de M. Demotte s’enrichit », a-t-il conclu, rappelant que sa volonté n’était pas un « repli wallon » mais bien une « volonté de s’entendre avec Bruxelles, dans le respect des compétences des uns et des autres ». 
(D’après Belga) 
 
Finalement, il semble bien que parfois, la fonction crée l'organe... en politique en tous cas. Encore un petit effort, Rudy !

Mer 19 mar 2008 12 commentaires
Je rêve Claude Thayse ????
Pincez-moi svp.

Demotte ne dit pas s'il choisit Uyttendaele ou votre Manifeste mais il a osé citer ce dernier ...
Mon dieu, mon dieu....
J'ai bien fait de vivre jusqu'aujourd'hui pour lire cela.

Vas-y Rudy c'est bon, vas-y Rudy c'est bon bon bon .......
Pierre - le 19/03/2008 à 21h10
Bonjour Monsieur Thayse,
Je crois que dans un problème aussi grave que la proclamation de la république et le rattachement à la France, il est indispensable de se décider après un referendum citoyen, et non sur base de l'avis de politiques, même élus.
LERUSSE - le 19/03/2008 à 21h57
Vous avez tout à fait raison. Et ce referndum sera indispensable, il est d'ailleurs prévu à l'article 53 de la Constitution française.
Claude Thayse
les demotte et van cau ne deviendront jamais rattachistes : leur régionalisme wallingant masque mal un appétit de pouvoir moyenageux  qui ne digerera jamais un quelconque controle républicain ...

et bruxelles , c' est l' étranger pour eux : ils la livreront en kit aux flamands sans problèmes si ca peut conforter leur pouvoir en wallonie ...
Benoit B - le 19/03/2008 à 23h31
Pour Demotte, c'est un progrès...
Claude Thayse
Et Demotte cumule maintenant la présidence de la région wallonne et de la communauté française. Doit-on y voir un autre signe ?
Guillaume - le 20/03/2008 à 13h42

Si j'ai bien compris les propos De Dirupo à Liège mardi soir, il semble bien que le parti socialiste sorte de sa phase autiste en la matière.

Claude Thayse

Les mentalités évoluent donc dans le bon sens. Depuis cette déclaration, Demotte cumule Région et Communauté, ce qui est une bonne chos dans le sens de plus de cohérence.

Francois Collette - le 20/03/2008 à 18h14

Guillaume a devancé ma question ??

Y-aurait il un début de compréhension de la part des Francophones ???

Pierre - le 20/03/2008 à 18h42

Lors d'un débat ouvert auquel était invité Di Rupo le 18/03 à Liège, le politologue de l'ULG a systématiquement cité l'option de la réunion à la France dans ses propos. A quoi Di Rupo aurait répondu que ce sera aux citoyens à choisir leur avenir, mais que pour ça, il faut les informer... (ça ne vous rappelle rien ?)

Claude Thayse
Demotte concentre les pouvoirs de la region et de la communauté et beaucoup trouve que c'etait une chose a faire... moi aussi.
Cependant qu'est ce que j'entends ce midi, le gouvernement bruxellois fait la gueule suite a cette " consolidation".
C'est nul.
Je suis desolé mais moi "la specificité bruxelloise" ca ne m'atteint pas.
Et de toutes facons je crois que Demotte respecte cela, il veut juste concentrer les forces il ne veut pas mener a mal la "specifité bruxelloise".
Leon - le 21/03/2008 à 19h04
Non, en effet. Je suis un peu exaspéré par l'attitude de  "victimisation" que prennent certains Bruxellois. Sans raison, au contraire puisque la Wallonie a toujours montré une solidarité sans faille, même à son propre détriment.
Claude Thayse
La prochaine échéance est le 15 juillet 2008
http://www.lecho.be/article/Le_CD_V_est_amer.6569976
Olivier - le 22/03/2008 à 13h26
Sujet : "Le Manifeste "

Cher Monsieur,

Je ne trouve rien de particulièrement " subtil " à ce manifeste auquel
j'adhère pleinement et qui est la voix (et la voie) de la raison. Engluée
dans ses institutions surabondantes ( étaient elles là la résultante d'un verrouillage juridique communautaire et régional ) , La Communauté
Francophone doit procéder par étapes construites et ordonnées .Comme le dit très clairement Denis Ducarme, il faut "contraindre" ( rapidement) le peuple Francophone à se rassembler sous une bannière
étatique unique. Encore une fois, il ne s'agit pas de se faire des illusions sur les buts du FDF ( mais que savons nous réellement de  l'objectif final et peut être non avoués de certains de ses leaders ? Les dirigeants de cette faction, qui est populaire, ne raisonne peut être qu'en fonction de la situation présente ? )
Bref je prends ce qui existe et non ce que je rêve .....en tentant de l'infléchir ! ( sourire ) 
Je vous soumets un texte que vous connaissez et qui émane de l'un des promoteurs du Manifeste . Il m'a été communiqué par un de mes amis Bruxellois . Ce n'est pas si mal. Qu'en pensez vous ?

 Le Soir - 18/01/02

 

 

Carte blanche

 

Paul-Henry Gendebien, un pont trop loin

 

par Jean Bourdon, Président de « Bruxelles souverain en francophonie »

 

Certes, Paul-Henry Gendebien est un visionnaire pour notre Communauté française. Son dernier livre « Le choix de la France », en atteste : le projet qu'il y développe tire la Wallonie et Bruxelles vers le haut, les extrait de la moraine formée depuis 1830, zone glaciaire où l'histoire ne s'écrit pas tant l'Etat Belgique a mis les nations entre parenthèses. Deux nations, dont l'une, la Flandre, s'ébroue sous nos yeux inquiets de francophones.

 

Ses roboratives réflexions comportent cependant une erreur stratégique de même nature que celle commise, en 1944, à Arnhem, par le maréchal Montgomery, installant une tête de pont coupée de ses bases arrières. Quel est, pour nous francophones, ce « pont trop loin ? » Projeter l'avenir de notre communauté sans que celle-ci ne soit organisée. Hic et nunc, elle ne l'est pas. Comment le président d'un parti rattachiste, qui veut nous lier à la France, ne s'en rend-il pas compte ? Croit-il que l'Hexagone se pliera aux contorsions diplomatiques nécessaires au sein de l'Union européenne pour accueillir les deux orphelins wallons et bruxellois, si ceux-ci, avant de se présenter, n'ont pas fortifié et enrichi leurs relations ? Pense-t-il vraiment qu'il suffira que la Flandre tire sa révérence pour que les Bruxellois - parce qu'ils sont à 90 % francophones - unissent leur sort à celui des Wallons ?

 

Est-il à ce point gaullien qu'il imagine voir, dans ce cas d'espèce, l'intendance suivre ? A proprement parler, il ne s'agit pas d'intendance financière ou économique, mais d'intendance organisationnelle. Si « Saint-Polycarpe » a, en grattant bien, une vertu, c'est de donner à la Communauté Wallonie-Bruxelles, un ballon d'oxygène au niveau de son budget. Mais quel sens aura cette nouvelle sécurité si ne s'ensuit pas son redéploiement, si elle n'est pas dotée de nouveaux modes opératoires afin qu'elle soit plus visible, qu'elle bénéficie d'une meilleure concertation entre les deux entités ?

 

Il faut structurer notre communauté pour qu'elle puisse accéder à la souveraineté

 

Très exactement ce que redoutent nombre de partis et groupes de pression flamands, désireux de garder les coudées franches, aujourd'hui et, dans le cadre d'un fédéralisme dévoyé, demain. Et dans celui d'un confédéralisme officiel, après-demain peut-être. Dans celui, finalement, d'une Belgique banqueroutière.

 

Certains traits d'une organisation plus efficace de la Communauté ont été repris par le FDF lors de son congrès de décembre dernier. Il est piquant de constater, que ce parti - est-ce en cela qu'il n'est pas traditionnel ? - soit le seul à se soucier des liens entre Bruxellois et la Wallonie, persuadé qu'il est que notre Communauté n'est pas une association à créer ex nihilo, parce qu'elle est fondée sur un passé remontant aux origines de l'Etat Belgique, et une réalité très contemporaine - pour saisir celle-ci, il suffit, au détour d'un sondage, d'une étude de marché, de discerner combien les attitudes, les attentes, les modes de consommation sont communs aux deux populations. Et ce n'est pas parce que Bruxelles est une région administrativement bilingue enclavée dans une autre région, la Flandre, et choisie abusivement par celle-ci pour en faire sa capitale, priée d'offrir à sa minorité néerlandophone des privilèges exorbitants qui nient les règles élémentaires du suffrage universel, qu'elle n'est pas une métropole francophone. Si Bruxelles, de par ses fonctions internationales, est devenue cosmopolite, elle n'est est pas moins la troisième capitale francophone du monde industrialisé. C'est un atout pour sa partenaire wallonne. A l'instar de ce que représente Montréal pour l'ensemble du Québec. Les modes opératoires institutionnels pour qu'émerge la Communauté française sont, dans les grandes lignes, les suivants :

 

-   Un gouvernement composé des ministres des exécutifs wallons et bruxellois, quand ces derniers sont francophones. Ce gouvernement communautaire aurait une vue globale des problèmes - souvent identiques - qui se posent en Wallonie et à Bruxelles. Le parlement de la Communauté est habilité à décider d'une telle réforme. Qui permettrait une gestion plus efficace et plus rationnelle au service des populations bruxelloise et wallonne, d'autant plus que nous nous trouvons à la veille de nouveaux transferts de compétences héritées des accords de la Saint-Polycarpe.

 

-   Un tel gouvernement, « unique » en quelque sorte, devrait être contrôlé par un parlement, qui en plusieurs matières, tiendrait des séances communes avec le parlement régional wallon et l'assemblée de la Commission communautaire française de Bruxelles. Depuis les Relations internationales, le Commerce extérieur, la Coopération au développement, jusqu'au Tourisme, la Culture, le Sport. Sans oublier la recherche scientifique ou la formation professionnelle.

 

-   Adopter un même mode électoral pour les élections communales en Wallonie et Bruxelles, particulièrement en ce qui concerne le choix du bourgmestre. Depuis la régionalisation de la législation communale, issue des accords de la Saint-Polycarpe, le risque de divergences supplémentaires, au plan de la vie démocratique, s'est installé entre les deux régions.

 

-   Afin d'assurer la cohésion entre responsables politiques wallons et bruxellois, il conviendra d'installer une conférence permanente, réunissant les représentants des communautés urbaines, qui vont voir le jour en Wallonie, avec les membres de la Conférence des bourgmestres des 19 communes. En attendant que ce soit avec ceux d'une future communauté urbaine dépassant le cadre étriqué de l'officielle Région bruxelloise.

 

La réduction des fractures sociales et culturelles, la politique de l'habitat et celle de la rénovation qu'elle sous-tend, l'interculturalité de certains quartiers, la sécurité, sont autant de sujets qui méritent échange d'informations, initiatives, réflexions en commun. Quand on découvre que les excellences régionales bruxelloises et wallonnes ne se rencontrent même pas une fois par an, on croit rêver
-   L'organisation institutionnelle, telle qu'esquissée ci-dessus devrait inciter le parlement de la Communauté française, à élaborer un projet de Constitution qui définirait les pouvoirs publics francophones, reconnaîtrait les libertés et les droits fondamentaux de tous les citoyens se déclarant appartenir à notre communauté.

 

Lisez-moi bien. Les réformes citées - qui ne dépendent que de la seule volonté de nos législateurs -, ne visent nullement à mettre en place les futurs rouages d'une Belgique résiduelle où, pour citer deux expressions d'un écrivain décapant (Pierre René Mélon), on continuerait à cultiver le goût pour la micromanie, tout en psalmodiant des incantations devant le totem monarchique. Elles poussent à structurer notre Communauté, afin qu'elle puisse accéder à la souveraineté, conditions nécessaire, contrainte incontournable en droit international, comme l'exprime le mouvement Wallonie libre, pour que la République française l'accueille le moment venu. La mise en perspective historique développée par Paul-Henry Gendebien, déboucherait alors sur une hypothèse d'avenir à prendre en considération.·

 
* je pense que mon message "censuré" ne l'a pas été volontairement. Il faisait
allusion aux différends entre "réunionistes" ..... 

 


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Renaud Lachamp - le 22/03/2008 à 13h49
Je connaissais ce texte !
Toute l'astuce du dernier manifeste est d'avoir rallié les amis de ce monsieur Bourdon (sous-marin du FDF) à l'idée que la Wallonie ne doit pas être une vague banlieue de Bruxelles et que les deux régions doivent être traitées sur un pied d'égalité;
Et je persiste à dire que se baser sur les Communautés fait le jeu de la Flandre. (Ou de eeux qui veulent à tout prix garder une Belgique distincte de la France, ce qui ne vaut pas mieux...)
Enfin, il n'y a pas de "Peuple francophone", "l'institution Belgique" n'a rien d'un Etat comme la France. Ce n'est pas une nation (au sens où Renan l'entendait). Il n'y a pas non plus de "nation francophone". "Francophone" aurait du rester un adjectif et s'écrire avec un "f" minuscule. Imaginerait-on le Président de la Réupblique d'adresser aux Français en leur disant : "Francophones, Francophones" , au lieu de "Françaises, Français" ?
A moins de considérer que les Bruxellois d'expression française et les Wallons sont une seule et même région... Alors que leur point commun est d'appartenir tous deux à la culture française. Ce qui n'est pas mal, mais pas suffisant pour former un seul Peuple.
Claude Thayse
Y a pas fallu longtemps ... Selon une dépêche Belga, les membres du CD&V feront tomber le gouvernement en juillet et le pays avec évidemment. 1ère fois qu'on lit que le CD&V parle implicitement d'éclatement du pays comme finalité, c'est pas étonnant d'ailleurs mais devant les journalistes c'est plus nouveau.

http://7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/216513/2008/03/22/Trop-de-francophones-pour-le-CD-V.dhtml
Guillaume - le 22/03/2008 à 14h57