Le blogue-notes de Claude Thayse

Discutant récemment avec Guido Fonteyn, l'éditorialiste flamand de gauche bien connu, celui-ci me soutenait que nous avons une vision tronquée de la Flandre. Que le Peuple flamand de gauche s'opposerait à toute indépendance, entre autres, parce que dans ce cas, ils se retrouveraient avec un régime de droite assez dur.
Le Manifeste des intellectuels réunis dans le "Gravensteengroep" montre au contraire qu'il y a certainement plus que des convergences entre les deux côtés de l'échiquier politique en Flandre. Ils ont une même vision de l'Histoire et des revendications communes pour le tout proche avenir. Et bien l'intention de les voir aboutir... Je n'avais pas encore eu l'occasion d'en parler.

Dim 2 mar 2008 2 commentaires
Je recommande l'interview du prof gantois Vermeersch dans le Soir du jour. Très instructif pour connaître les buts de l'élite flamande, tout comme sa psychologie, toujours aussi marquée par les "humiliations" infligées tant au passé qu'au présent par l"'arrogance francophone".
francolâtre - le 03/03/2008 à 11h45
Ce qu'un Peuple n'accepte pas, ni surtout n'oublie jamais, c'est l'humiliation...
Claude Thayse

A la lecture de ce manifeste ce qui m'étonne le plus c'est de retrouver le dolorisme victimaire à propos de l'oppression du peuple flamand.
En 1914 peu de  paysans ardennais parlaient et/ou comprenaient le français, idem pour les poilus picards, béarnais, provençaux, ... Mais j'ai beau le répéter à mes amis flamands, c'est comme si je touchais à un dogme, le dogme fondateur de l'identité flamande. La même chose pour les collabos et la répression d'après guerre. Toute les études historiques un tant soit peu sérieuses démontrent qu'elle ne fut pas plus sévère en Flandre qu'en Wallonie, mais la encore quand j'évoque cela les ergots se dressent. 
Lorsque je leur fait remarquer que jamais on ne manifesté en Wallonie pour la réhabilitation des inciviques, je passe pour un démagogue. Si je fais remarquer que la pluspart des soldats Wallons ont passés 5 ans en Allemagne contrairement à la majorité des Flamands, je suis proche du lynchage pour blasphème.
Que les partis populistes, nationalistes flamands tiennent cette réthorique victimaire c'est de bonne guerre, mais que des hommes qui se réclament de la philosophie des lumières en fassent aussi une entienne, ...me fait penser que leur lumières sont bien glauques. Je leur conseille de changer d'ampoule.

dinsart denis - le 07/03/2008 à 17h21
Les croyances érigées en digmes sont les plus difficiles à déstabiliser. C'est ancré... Et c'est la raison pour laquelle,il sera très difficile de maintenir ce pays.
Claude Thayse