Le blogue-notes de Claude Thayse
Discutant récemment avec Guido Fonteyn, l'éditorialiste flamand de gauche bien connu,
celui-ci me soutenait que nous avons une vision tronquée de la Flandre. Que le Peuple flamand de gauche s'opposerait à toute indépendance, entre autres, parce que dans ce cas, ils se
retrouveraient avec un régime de droite assez dur.
Le Manifeste des intellectuels réunis dans le "Gravensteengroep"
montre au contraire qu'il y a certainement plus que des convergences entre les deux côtés de l'échiquier politique en Flandre. Ils ont une même
vision de l'Histoire et des revendications communes pour le tout proche avenir. Et bien l'intention de les voir aboutir... Je n'avais pas encore eu l'occasion d'en parler.
A la lecture de ce manifeste ce qui m'étonne le plus c'est de retrouver le dolorisme victimaire à propos de l'oppression du peuple flamand.
En 1914 peu de paysans ardennais parlaient et/ou comprenaient le français, idem pour les poilus picards, béarnais, provençaux, ... Mais j'ai beau le répéter à mes amis flamands, c'est comme si je touchais à un dogme, le dogme fondateur de l'identité flamande. La même chose pour les collabos et la répression d'après guerre. Toute les études historiques un tant soit peu sérieuses démontrent qu'elle ne fut pas plus sévère en Flandre qu'en Wallonie, mais la encore quand j'évoque cela les ergots se dressent.
Lorsque je leur fait remarquer que jamais on ne manifesté en Wallonie pour la réhabilitation des inciviques, je passe pour un démagogue. Si je fais remarquer que la pluspart des soldats Wallons ont passés 5 ans en Allemagne contrairement à la majorité des Flamands, je suis proche du lynchage pour blasphème.
Que les partis populistes, nationalistes flamands tiennent cette réthorique victimaire c'est de bonne guerre, mais que des hommes qui se réclament de la philosophie des lumières en fassent aussi une entienne, ...me fait penser que leur lumières sont bien glauques. Je leur conseille de changer d'ampoule.