Le blogue-notes de Claude Thayse

Avec trois amis, Jules Gheude, Didier Melin et Thierry Ollevier, nous avons publié hier un « Manifeste pour la convocation des Etats-généraux de la Wallonie ». La presse y a fait écho.

Constatant l’inéluctable évolution de la Flandre vers une forme d’indépendance quoi nous serait préjudiciable si elle se fait à ses seules conditions, nous y plaidons pour une analyse, sans a priori ni limites, des pistes d’avenir possibles pour les Wallons. 1° Un Etat wallon indépendant ; 2° Un Etat wallo-bruxellois ; 3° La réunion à la France ; 4° La réunion à une autre composante européenne que la France.   Nous y constatons qu’il n’y a pas actuellement vraiment de comparaisons objectives, de compilation de faits concrets qui permettent aux Wallons de choisir, en toute objectivité, quel avenir serait le meilleur. Nous souhaitons élargir le débat, par un appel à la constitution de dossiers objectifs, présentant les avantages, conditions et inconvénients de ces quatre formules. Ces dossiers seraient ensuite soumis à une Assemblée largement représentative des forces vives de la Région et de la société civile au travers de ses divers courants politiques et idéologiques.   Le fait que nous citions un « Etat wallo-bruxellois » parmi les quatre options, montre que nous ne nous désintéressons nullement de la donne bruxelloise. Mais nous estimons essentiel que les Bruxellois se déterminent également eux-mêmes quant à leur avenir.   Indépendamment de nos choix personnels et de nos convictions, nous avons fait cet appel parce que nous estimons que l’heure n’est plus aux chamailles partisanes, mais à la mobilisation dans la sagesse et l’entendement. Il est temps, pour nous, de réfléchir à une réponse de survie, digne, raisonnable et dans l’ordre.  Qu’on ne se méprenne pas sur le sens de cette initiative. Elle ne vise nullement à mettre de l’ordre dans le paysage institutionnel francophone. Sans doute ce débat ne manque-t-il pas d’intérêt, mais il nous paraît totalement dépassé vu la précipitation des événements et la plus que probabilité d’une scission de l’Etat.  
La presse quotidienne, tant flamande que francophone y a fait écho. Voici ce qu'en dit "Le Soir", journal sur lequel un débat des lecteurs est ouvert.
  Vous pouvez lire et signer le manifeste à cette adresse : http://www.etatsgenerauxdewallonie.net 
Sam 16 fév 2008 4 commentaires
Cher Monsieur, J'ai signé l'appel aux états généraux de Wallonie . Voici quelle est ma position personnelle définitive à ce sujet ( nous en avons déjà discuté à deux reprises ) qui rejoint la vôtre avec quelques nuances.Elle me me semble tenir compte des réalités de l'heure, des aspirations Bruxelloises et du statut un peu particulier que les citoyens de cette ville ne manqueront pas vouloir conserver ( à la différence de Daniel Ducarme, je pense que le Roi Albert II doit être destitué ) . Je tente de la faire circuler chez mes quelques amis à Paris, si cela peut vous être utile Voiçi une idée de manifeste simple et dénué de toute ambiguité ".Oui, cette idée est la bonne et elle est parfaitement d'actualité. Il faut qu'à la fin des fins, les Francophones se lèvent et qu'ils cessent de croire au mirage de L'Etat Fédéral. Au train où vont les choses, ce dernier sera bientôt privé de la possibilité de leur apporter tout concours Non , Les Wallons ne sont ni des paresseux, ni des fainéants, comme tente de leur faire accroire une vilaine propagande orchestrée par le Nord. Ils sont des hommes comme les autres , qui sont morts par centaines dans les mines au début du siècle. Ils sont courageux et aussi industrieux ou qualifiés qu'un Lorrain, qu' un Germain, ou un..... Indien . En ma qualité de citoyen Français, mon choix est fait : c'est l'idée d'une grande Confédération de tous les Francophones aux compétences largement décentralisées ( un peu à la façon Ducarme, et dans le style qui lie la Métropole à la Nouvelle Calédonie ). C'est une organisation institutionnelle à inventer, qui permettra de respecter les particularismes de chacun, et notamment ceux des Bruxellois, dont le concours à cette idée est loin d'être acquis . Nos deux lois de décentralisation successive, notre Constitution permet l'éclosion d'une telle entité . La Wallonie et Bruxelles ne sont pas seules . Elles peuvent compter sur un hinterland et un capital de sympathie non négligeable de la part des 63,50 millions de citoyens de France, qui n'ont effectué aucun calcul comptable. Une fraction d'entre eux peuvent être indifférents à cette cause qui en vaut bien d'autres, mais rares sont ceux qui lui sont franchement hostiles. Quant à la Flandre, qu'elle rejoigne son cousin Batave. C'est la meilleure des solutions qui se présente à elle. Elle en a la philosophie marchande et la langue. Ainsi , l'Europe, qui, dans sa fuite en avant, s'est enflée à tort des Roumanie, Estonie et autres Lettonie, toutes régions à problème" linguistico-identitaire "ou friand de subventions , sera débarrassée de la crainte d'un nouveau morcellement...... en son coeur Historique. Merçi de m'avoir lu. Bonne chance à vous tous !
Renaud Lachamp - le 16/02/2008 à 16h06
Merci pour votre initiative à vous et vos amis.
Heureusement que certains
Il n'est pas trop tard mais il est temps que les Francophones se positionnent en effet et appréhendent le départ des 'beste vrienden'.
J'espère que les media ont donné suffisamment d'écho à votre conférence de presse. Mais je doute. Le bon peuple n'est malheureusement pas prêt à tout entendre ou tout écouter.
Merci encore pour cette belle initiative, preuve que certains ont encore de la lucidité.
Pierre - le 17/02/2008 à 11h04
Le « Manifeste pour la convocation des Etats - généraux de Wallonie» représente, en ce qui me concerne, une initiative très attendue et présente le grand intérêt non d’imposer une solution ex cathedra mais d’inviter le citoyen à une réflexion sur des choix raisonnés. Parmi les solutions théoriques, manque cependant le statu quo.
 
En ce moment, fourmillent des cogitations et conclaves divers que ce soit Octopus ou le groupe WB qui devraient aboutir à des conclusions sur l’avenir du pays et des institutions régionales. La critique majeure est le manque de démocratie de cette assemblée issue des partis. En un mot, je ne suis pas sûr que les participants à ces instances nous représentent fidèlement pour un sujet aussi fondamental. Seuls un référendum ou des états généraux sont à la mesure de l’enjeu.
 
D’où l’intérêt de votre manifeste. Par contre, il me semble que pour être crédible, il devrait associer d’autres courants de pensée. J’évoque les colloques du RWF, les propos  de personnalités du MR comme D.Ducarme ou ceux de Louis Michel «Entre un Etat wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France », ceux de socialistes comme W.Burgeon ou Van Cau, relevant d’une même inspiration.
 
Existe-t-il dans votre démarche une stratégie d’ouverture ou même d’invitation vers ces tendances. En fait, une devise ne suggérait-elle pas en son temps que « l’union fait la force » ?.
Tanghi - le 17/02/2008 à 20h09
Certes. Nous appelons à une large concertation.
Claude Thayse
Monsieur Thayse, 

J'apprécie la pertinence de cette démarche, mais ne connaissant pas la raison profonde des divergences entre une partie des réunionistes de Debout la Wallonie et Gendebien, je cherche à comprendre pourquoi cette initiative s'est faite sans la signature de poids du président du RWF (à moins que vous ne considériez qu'elle soit un handicap). J'ai rejoint le RWF en novembre 2006, après neuf ans de militantisme chez Ecolo, et vous ai à l'époque fait part de l'impossibilité de faire avancer ce débat au sein de l'appareil d'Ecolo (Marcel Cheron cadenassant la commission Belgique,  Jean-Michel Javaux entreprenant de sauver la Belgique comme dans "Sauvez Willy"). 

J'ai adressé deux courriers électroniques à Didier Melin il y a quelques mois, dans lesquels je me réjouissais que deux traducteurs germanistes en arrivent à des conclusions similaires. Je l'invitais à mobiliser avec moi les jeunes trentenaires du mouvement, au-delà des sensibilités idéologiques, pour adresser une carte blanche à notre génération, si peu soucieuse de ces questions. Je regrette qu'il n'y ait pas donné suite.

Nos militants sont des gens de caractère dotés d'un sens certain de l'histoire, et si l'on ne peut exclure les frictions et les exaspérations - pas plus que les conflits de personnes - à une période aussi tendue, je regrette que nous avancions en ordre aussi dispersé, alors que nous sommes déjà victime d'ostracisme de la part d'une grosse partie des médias orchestrant aujourd'hui l'aveuglement généralisé des francophones, Wallons en tête ! 

Je cherche à comprendre ! 

Bien à vous, et en espérant de tout coeur que cette initiative connaîtra une suite prometteuse...

Didier Kuckaertz
Ancien membre du bureau du RBF retourné vivre à Verviers.
Kuckaertz Didier - le 19/02/2008 à 22h08
Cher Monsieur,

Je me souviens parfaitement de nos contacts à l'époque.

"Debout la wallonie ! " se veut un groupe de réflexion, indépendant, libre et revendique le droit de tendance. Et donc celui de penser et d'agir différemment. Nous partageons la même cause, mais pas la manière de la défendre. Notre démarche s'inscrit en dehors de toute strucure partisanne.
Gendebien est parfaitement libre de signer ce manifeste. Nous ne pouvons, ni ne voulons lui imposer.

Par ailleurs, je pense au contraire de ce que vous écrivez que nous devons multiplier les occasions de parler de notre cause. mais j'agis plus en partisan d'une cause qu'en mebre policé d'un parti. J'ai été marqué par certaines convictions de François Perin qui diasit par exemple "qu'un parti n'est que le moyen de faire passer des idées". Ou aussi : "Quand mon parti fait des bêtises, je le quitte et j'en fonde un autre".

Mais peut-être devrions-nous en discuter de viove voix à l'occasion.
J'ai transmis votre message à Didier Melin.
Claude Thayse