« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
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On le sait, c’est là une très vieille revendication flamande. Les Wallons se basent plutôt sur un point de vue régional. Ce dernier point de vue est issu de la doctrine du nationalisme de Renan qui veut que la nation soit la volonté libre et consentante de vivre ensembles sur un même territoire (pour faire simple).
Il y a une certaine confusion dans ce terme de dialogue de communauté à communauté. Si les communautés se définissent sur une base linguistique ou religieuse, ou encore « ethnique », que vient y faire le concept territorial ? Ce concept est logique dans la doctrine de Renan, mais est assez contradictoire dans celui de communauté qui concerne les matières personnalisables, liées aux individus. Ces matières ne peuvent pas être limitées par des frontières. (C’est là toute la subtilité du point de vue du mouvement flamand…)
Si vraiment, on s’engage dans ce type de dialogue, ne faudrait-il pas préalablement recenser et définir les différentes communautés existantes ? Si c’est sur base linguistique, combien d’habitants de l’actuelle Belgie-que déclarent-ils être de langue flamande, française, allemande, arabe, luxembourgeoise, anglaise… pour ne citer que les plus reconnues ?
On serait peut-être étonné du résultat...
Mais je m’arrête là, tomber dans le piège de la lecture d’un point de vie communautaire, c’est faire le jeu des Flamands et de leurs alliés belgicains puisque le terme « français » serait rapidement corrompu en « francophone ». Et donner des arguments aux pseudo-"défenseurs des francophones" ou aux pseudo-réunionistes qui n'existent, et ne sont mus, que par leur sentiment d'exaspération plutôt que par amour des leurs, de leur région ou leur désir de devenir Français !
En réponse à un commentaire sur son blog, le député du Hainaut, Denis Ducarme, évoque l'évolution institutionnelle du
pays dans ces termes : " Pour ce qui me concerne, il est utile de sortir de l'impasse profonde dans laquelle nous nous trouvons. La coopération avec la France est une option parmi d'autres.
Mais à ce stade, la communauté francophone de ce pays n'est pas mûre pour ce grand saut et n'adhère pas à cette perspective. J'estime donc que ce n'est pas la solution actuelle aux problèmes
rencontrés. Il faut demeurer pragmatique. La piste du confédéralisme peut-être une évolution à long terme ou juste une phase. Je ne rejette pas l'option française pour autant, mais elle n'est pas
à ce stade, d'actualité et doit continuer à être analysée. L'essentiel à mon sens aujourd'hui est d'œuvrer à la prise de responsabilité francophone, à la prise de conscience de l'opinion
francophone visant à la faire sortir enfin d'une nostalgie un peu niaise qui la conforte dans un romantisme attaché à une Belgique dépassée. "
Hier, son père Daniel, à la fin d'une interview sur RTL, ne disait pas vraiment autre chose, mais semblait aller un peu plus loin dans la réflexion. Comparant même, dans un accès de
lyrisme, la Belgique avec la défunte Yougoslavie.
Hélas, tous deux se comportent encore trop en "politiciens traditionnels". De ceux qui suivent l'opinion publique au lieu de la précéder. Ça doit être ça : "être Représentant du Peuple". Porte
parole d'une opinion convenue, conforme, défendre des options auxquelles on ne croit plus vraiment. Dommage ! Je considère pour ma part comme du devoir d'un homme politique d'être un moteur de
changement, de réforme, d'être capable de prendre des risques et non d'être un suiveur. Faute de quoi, nous sommes condamnés à vivre un long pourrissement, à moins que les Flamands...
J'en viendrais presque à rejoindre la position de Béatrice Delvaux dont je parlais dans un billet précédent dans son regret qu'il n'y ait plus de vraie politique. Mais force est de constater que
c'est le système qui veut ça.
Et pourtant, en décembre 2007, la proposition de Daniel Ducarme de " formule
d’association avec la France " ne manquait pas d'audace et d'originalité. Souvenez-vous… un statut du type de celui de la Polynésie ! Hypothèse que j'avais également évoquée en novembre, parlant de la souplesse et l'inventivité de l'ingénierie institutionnelle française en matière d'autonomie régionale
et locale. Un statut qui pourrait même satisfaire nos indépendantistes les plus purs comme le montre cet article sur le site de la ville de Papeete où
il est précisé que : " La population était venue très nombreuse assister également au dévoilement des deux plaques de marbre sur lesquelles sont inscrites pour les générations futures,
l’engagement des partis autonomistes à maintenir la Polynésie au sein de la République française".
A un moment ou la Lijst Dedecker annonce son intention de s'allier avec le Vlaams Belang pour obtenir la majorité en Flandre, ça vaut la peine d'y réfléchir et de sortir de " la nostalgie un peu niaise qui la conforte dans un romantisme attaché à une Belgique dépassée " pour reprendre une expression du commentaire ci-dessus.
Le principe de l'indexation des salaires destiné à préserver la capacité des ménages à acquérir les biens de
première nécessité et on doit donc protéger les plus faibles de la hausse du prix des produits énergétiques et alimentaires est une bonne chose. Elle est protectrice pour les des petites
pensions, des bas et moyens salaires. Confortable également pour les employeurs, les syndicats et les pouvoirs publics en évitant des négociations à répétitions, puisque celles-ci sont
automatique (ou presque) et suivent en théorie le coût de la vie, (mais de plus en plus loin depuis les manipulations de l'index dans les années '80 et suivantes pour en retirer les produits qui
augmentaient plus que la moyenne). A titre purement informatif, une étude de la KBC a montré qu’une famille moyenne a dépensé cette année 600 euros de plus en énergie. Sur ces 600 euros, 100 vont à l’Etat
sous la forme de 21% de TVA. 100 euros fois 4,5 millions de familles, cela signifie 450 millions d’euros de rentrées supplémentaires pour les pouvoirs publics. Soit beaucoup plus que les 200
millions que le gouvernement a dégagés jusqu’ici pour augmenter le pouvoir d’achat des plus bas revenus.
Il faut aussi démentir l'accusation simpliste selon laquelle l'indexation alimenterait l'inflation dès l'instant où elle cherche à culpabiliser les salariés au moment précis où ils
n'arrivent plus à "boucler les fins de mois". Comme si, dans la poussée inflationniste, la hausse des salaires tenait chronologiquement le premier rôle alors que chacun sait que l'adaptation des
rémunérations à la hausse du coût de la vie se fait avec décalage (un d'un trimestre ou un an) et incomplètement. Ne tombons pas dans le piège, c'est
bien la hausse des prix, et non l'inverse, qui constitue le phénomène premier.
Ce ne sont pas non plus les salaires qui sont le principal élément inflationniste. Le coût des matières premières et des énergies (sorties du calcul de l'index…), mais aussi les charges en capital (marges bénéficiaires et autres dépenses publicitaires) ont un effet direct sur la formation des prix.
Evidemment, la position de Quaden se tient dans le système actuel, les gros salaires sont privilégiés puisque un pourcent d'augmentation ne se traduit pas de la même manière en agent-poche lorsque vous gagnez 1000 € plutôt que 10.000… (Encore faudrait-il s'entendre sur la définition de "gros salaire" et éviter le piège d'oublier d'indexer les plafonds comme pour les contributions... A quoi sert (ou servira) l'observatoire des prix ?). Ces augmentations ne sont évidemment plus nécessaires à l'achats des produits e base. En période d'inflation, les gros salaires augmentent plus vite que les petits et l'écart se creuse. Et nous savons que le système fiscal belge très inégalitaire ne permet pas de corriger cet état de fait. Bien au contraire.
Des pistes ont déjà été lancée dans le passé comme l'allocation universelle ou verser l'indexation sous forme d'un montant unique pour tous et directement en Euros. Mais toute manipulation de l'index est une façon de le remettre en question. On comprend mieux que les syndicats campent avec détermination sur cet acquis social essentiel.
Poussons la réflexion un peu plus loin. J'ai toujours été frappé que l'index progresse (logiquement) en période d'inflation, c'est-à-dire au pire moment pour les entreprises, quand les exportations et les investissements sont en baisse et que la baisse du pouvoir d'achat freine la consommation. Alors qu'en période de forte conjoncture, quand l'économie est au mieux, le pouvoir d'achat n'augmente pas, puisque les salaires restent stables. Prévoir un système d'indexation basé sur le taux de croissance économique ne serait-il pas un moyen de faire participer tout le monde aux fruits de la croissance ? Et serait bénéfique pour tout le monde, y compris les entreprises.
Evidemment, tout ça devrait faire l'objet d'études et de simulations. Ce n'est qu'une réflexion.
Dans le journal gratuit " Metro" de ce vendredi, Jules Gheude rappelle fort opportunément "qu'il ne manque plus que BHV à la Flandre pour
accomplir son homogénéité. Il ne reste que cela pour transformer la Flandre en une véritable nation avec un peuple, une langue et un territoire. Plus rien ne pourra leur empêcher de proclamer
unilatéralement leur indépendance.",
Je partage évidemment ce point de vue que j'ai développé à plusieurs reprises dans des cartes blanches.
Mais, ayant quelques minutes, j'aimerais pousser la réflexion un peu plus loin. Très brièvement et par une seule question, rassurez-vous.
La démarche flamande est logique : un peuple, une langue, un territoire, ce qu'on appelle "le Droit du sol" étant un principe républicain. C'est sur cette base que se sont construites toutes les nations du Monde. En tous cas, celles qui ont un avenir.
S'il existe bien des confédérations d'Etats (la Suisse en est un des plus vieux exemples), existe-il
quelque part sur cette planète un Etat où la cohabitation de deux peuples et de deux langues (ou plusieurs ?) est vraiment harmonieuse ?
Et si vous avez une minute, ce vendredi, répondez au sondage sur le
site du journal (en bas, à droite).
Je ne vous parlerai donc pas de l'attitude et des propos de Karel De Gucht qui critique ouvertement la "mal-gouvernance" de pays étrangers. A tort ou à raison, peu importe ici. Ce qui est par contre intéressant à observer, c'est la logique qui est à l'œuvre.
Que se passe-t-il, en effet ?
"On" observe - à juste titre - le manque de cohérence du gouvernement Leterme-Reynders-Milquet-Onckelinx. "On"met en évidence les contradictions, les conflits de compétences. Les relations internationales en sont un bel exemple. Quelques faits récents :
- Leterme au Pérou annonçant unilatéralement la poursuite d'une certaine coopération sans en parler à son ministre responsable (en tous cas, c'est ce que ce dernier a prétendu...)
- De Gucht faisant la leçon aux Congolais sur le sujet du respect des Droits de l'Homme, alors qu'ici, ceux-ci ont été bafoués dans les Fourons où la Flandre, incapable de pratiquer l'épuration linguistique, a favorisé l'immigration (comme dans l'ancienne Yougoslavie...) d'une population hollandaise pour arriver à ses fins et obtenir une majorité néerlandophone.
Mais, ce manque d'unité de la politique étrangère n'est pas vraiment nouveau. Rappelons-nous le lâchage de la vignette autoroutière par la ministre président flamand lors d'une visite en Hollande il y a quelques années. Et je pourrais citer d'autres exemples.
La politique du fait accompli - par les Flamands - est devenue un mode de fonctionnement normal. Sans reprendre leur vieux principe de négociation qui veut que "Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à vous est négociable", il faut reconnaître qu'il n'y a plus de cohérence en matière de politique étrangère, et donc, plus vraiment de... Belgique ! Ceux qui se disent ses représentants ne parlant plus d'une même voix.
Si on veut continuer à cohabiter comme le souhaitent certains, il faudra s'y habituer. On le sait, ce n'est pas mon choix.
C'est pourquoi, je me suis réjoui, contrairement à certains, de la décision du Président du Parlement wallon, José Happart,
(loin d'être exempt de critiques par ailleurs, mais c'est un autre débat) d'avoir accepté une invitation à se rendre en Syrie (*)sans en référer au ministre fédéral des affaires étrangères.
Où est le problème ? Le régime politique syrien n'est pas très fréquentable ? Et alors ? Il n'est pas le seul !
Après tout, même si on feint de l'ignore, nous sommes dans un Etat fédéral (c'est écrit dans la Constitution). Un Etat fédéral est constitué d'Etats, même si on les a baptisé "Régions". Les
Flamands l'ont déjà compris, chez-nous, ça tarde à venir (hélas !).
Je ne sais pas si c'est cette logique qui a consciemment présidé à l'acceptation de cette visite en Syrie, mais je trouve que le Président du Parlement wallon est donc parfaitement dans son
droit. Les esprits chagrins qui y verraient d'autres raisons devraient penser à abandonner leur façon belgicaine d'appréhender le monde.
Alors les problèmes et les tensions liées à la cacophonie dans le domaine des relations extérieurs ne serait pas un problème communautaire selon certains ? Mon œil !
(*) Accompagné de son Directeur de Cabinet et d'un Conseiller-Expert. Ouf ! Il ne devrait pas y avoir fait trop de dégâts...
J'aime bien cette phrase de Gandhi.
Récemment, discutant avec un journaliste, celui-ci a eu une réflexion interpellante. Parlant de la floraison (toute relative en ce qui concerne Nivelles) de drapeaux "noir-jaune-rouge" il constatait, en s'étonnant, de la difficulté qu'on puisse avoir à s'afficher "Wallon". Et il est vrai qu'on voit peu de drapeaux frappés du coq hardy sur les maisons particulières. Même les édifices publics hésitent à respecter la loi qui veut que ce dernier soit arboré en même temps et de manière identique aux autres emblèmes officiels belgo-européens.
Il est vrai, me confiait-il, qu'on hésite à se dire Wallon. "Ça fait encore un peu extrémiste", peut-être en référence à ce qui se passe en Flandre. Or, s'il y a bien un emblème qui n'a jamais été mêlé à des dérives politiques nationalistes, c'est bien notre drapeau. C'est plutôt le symbole de la résistance aux extrémismes dans ce pays.
Les extrémistes ne sont-ils pas plutôt ceux que vont au bout d'une logique qu'ils savent pernicieuse et même néfaste pour nous, en défendant un Etat qui nous a pillé, minorisé et dont la majorité des habitants nous méprise (*) ? Ceux dont la douce naïveté finirait par nous attendrir, nostalgique d’un pseudo âge d’or de la Belgique idéale, à l’instar des nostalgiques de Staline en Russie, ce sont des gens qui refusent le dialogue, qui refusent la réalité, et qui confits dans leurs certitudes pratiquent un terrorisme intellectuel largement diffusé par les médias. Mais, attention ! Il ne faut pas les confondre avec la grande partie des gens qui sont mal informés - et voulus comme tels par le régime - des vrais enjeux du combat politique.
On le sait, une bonne part des opinions que nous professons se sont ancrées en nous sous la pression des groupes auxquels nous appartenons par la force des choses ou par choix et dont parfois, par esprit grégaire, nous souhaitons vraiment partager les valeurs. C’est normal.
Il existe alors et en conséquence une dérive, une « spirale du silence », un climat d’opinion à l’encontre duquel la plupart ne souhaite pas aller, par peur de se mettre à l’écart. Ces citoyens se sentant isolés, ont alors tendance à renoncer à leur propre jugement, à se taire. L’opinion publique devenant celle que l’on peut exprimer en public sans risque de sanctions, celle que l’on perçoit dans son environnement, celle qui est diffusée dans les médias. Il y a ainsi dans "l’idéologie belgeoisante" (oui, je sais je ne peux pas résister à un néologisme amusant !) une forme de fascisme, osons le dire, qui se dissimule sous une neutralité bienveillante et prétendument "apolitique" qui n’est que du conservatisme peureux, mais très souvent intéressé. Et on peut dire qu’ils mettent le paquet. Observez que plus se creuse le fossé déjà profond qui sépare les opinions publiques flamande et wallonne ou francophone, plus on cherche à renforcer le belgicanisme de nombreux Wallons et Bruxellois.
S'il y a une chose que le mouvement wallon a
raté, c'est bien la création d'une identité wallonne. Il faut dire que le défi était difficile. Les Wallons (et nous savons qu'il y a plus que des sensibilités différentes entres des
Liégeois et des Picards par exemple pour en citer parmi d'autres) ont été réunis pour la première fois de leur histoire sous la République et l'Empire. Et la référence était française. Malgré (ou
plutôt à cause de) la Belgique, cette identité commune basée sur la langue et la culture "officielle" n'a pu se réaliser, peut-être à cause de nos différences. Et pourtant, une de nos réalité,
c'est "qu'on se sent Wallon ", même si on hésite à le dire. Or ce n'est pas plus ringard que d'être Ch'timi, Parisien, Bruxellois ou Auvergnat ! Dans ce contexte, soyons donc fiers de ce que nous
sommes. Se dire Wallon n'est pas faire preuve d'extrémisme. Au contraire !
(*) J'ai commencé ce billet en citant Gandhi, je le terminerai en citant Jules Destrée : "Si la Belgique disparaît dans cette tourmente, l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des
flamingants" : Source : Maurice Bologne - Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175. On ne peut mieux dire !








