« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
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Cela a quelque chose de néronien. Leterme jouant de la lyre sportivo-journalistique, alors que l’incendie communautaire qu’il a attisé en toute ignorance dévore peu
à peu le pays.
En septembre, dans deux semaines, le Premier ministre fédéral Yves Leterme tentera une fois de plus de ranimer son gouvernement mort. En attendant, le Premier ministre du royaume fédéral amuse quotidiennement les lecteurs de journaux avec des billets envoyés de Pékin, au sujet de ses causettes avec les athlètes et du temps pluvieux persistant au-dessus de la baie de Quigdao.
Celui qui s’occupe vraiment de ses dossiers, n’a pas le temps pour de telles fadaises, fait observer Johan Vanden Lanotte. Selon l’ancien président du SP.A, Leterme a pleinement débuté sa campagne électorale.
Tel un rassemblement de concierges, le gouvernement fédéral surveille ce qui reste encore du mobilier. Gouverner ? Il n’en est pas question. Car il ne reste même pas un euro pour amorcer encore la moindre gestion. (…)
L’appareil financier de l’état fédéral et, par voie de conséquence, les mécanismes de répartition ont été totalement déréglés ces dernières années par la politique du vice‑Premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders. Le démantèlement de l’état est l’agenda à peine caché de l’ultralibéral Reynders, dirigé par la haute finance belgo-bruxelloise. Par son action politique, il a miné, bien plus que n’importe quel nationaliste flamand, la solidarité entre le Nord et le Sud. Car le fait que la pauvreté ait augmenté de façon alarmante ces dernières années, que les basses pensions contribuent à la pauvreté et que le paiement des soins de santé soit devenu une fiction, semble être le moindre des soucis de Reynders.
Que ce soit sur le plan financier ou politique, la Belgique a été gouvernée de façon totalement désastreuse au cours des dix dernières années. La rue de la Loi est un grand self-service pour les partis et leurs bandes de gros bonnets dont les carrières viennent en premier lieu avec un statut politique et financier correspondant. Le gouvernement fédéral est une bourse d’échanges pour les intérêts de partis et les avantages personnels.
L’état fédéral est le distributeur automatique qui crache chaque année plus de 48 millions d’euros, dont les partis peuvent se servir selon leur force électorale.
Il y aujourd’hui littéralement un prix pour toutes les fonctions administratives et parlementaires. Cela explique l’acharnement avec lequel les partis de la majorité surtout essaient de se maintenir par l’échange réciproque d’intérêts.
Leterme sait fort bien que le médiateur royal Karl-Heinz Lambertz a raison quand il dit, en toute innocence, qu’il sera impossible d’aboutir à une réforme de l’Etat avant les élections de 2009. Tout simplement parce que ce gouvernement, par son manque de cohésion et la manière gauche avec laquelle il est dirigé, est complètement impotent.
C’est pourquoi Leterme a adapté son discours. Avant le 10 juin 2007, Leterme affirmait qu’il ne rentrerait jamais dans un gouvernement sans réforme profonde de l’Etat. Aujourd’hui il promet de ne pas quitter le gouvernement sans réforme de l’Etat. Une nuance avec laquelle il espère se maintenir sur le plan électoral.
Cela explique aussi sa tentative de déposer les dossiers communautaires dans le panier de son coreligionnaire Kris Peeters, ministre-président flamand.
Ce dialogue de communauté à communauté n’est rien de plus pour les partis francophones de la coalition qu’une thérapie occupationnelle. L’accès au râtelier belge reste ainsi assuré au moins jusqu’en 2011.
Mais on devine que, dans ces circonstances, Kris Peeters, qui doit se présenter aux électeurs flamands en 2009 et ne peut donc se permettre aucune rupture avec le partenaire de cartel N-VA, refusera d’entreprendre le dialogue communautaire.
Septembre risque d’être le moins le plus cruel pour Yves Leterme. A
moins que le Premier ne décide finalement de consulter l’électeur.
Sans commentaires !
Ainsi, la nouvelle campagne de re-belgification et de culpabilisation des Wallons déclenchée suite au sondage encourageant mais conjoncturel du "Soir" et de la "Voix du Nord" dont on a beaucoup parlé bat son plein. Désormais, nous, Wallons, serions en fait des… Flamands ! Après le quotidien portant un nom prédestiné la "Dernière heure", la RTB(f) en a rajouté plusieurs couches…
Faisant écho à une enquête, ils affirment (sans rire)que les Flamands maîtrisent toujours mieux les langues étrangères que les Wallons. La preuve ? 59% des Flamands parlent le français tandis que 19% des Wallons peuvent discuter dans la langue de Vondel. Et alors ? L'utilité n'est pas la même, combien de Wallons ont besoin de connaître le néerlandais ? Et (clin d'œil !) depuis quand le français est-il une langue étrangère ?
Mais il y a pire, au JT de 19h30 de ce mercredi 13 août, la RTB(f) a rappelé d'entrée de jeu l'affirmation de la DH et n'a pas hésité à faire écho à la propagande flamande, reprenant cette vieille antienne que des " Flamands sont venus travailler dans les mines pour prendre les travaux dont les Wallons ne voulaient pas. Wallons qui en ont (évidemment !) profité pour les exploiter. ". Ce qui est évidemment faux.
Tout d'abord, c'est méconnaître scandaleusement la condition ouvrière de cette époque. Ensuite, les Wallons ont été les premiers et les plus nombreux à descendre dans les mines et à souffrir de conditions de travail souvent inhumaine. Si les Flamands et ensuite d'autres nationalités sont venus les rejoindre, c'est parce que l'activité économique a fait appel à l'immigration. Si la Flandre de l'époque était rurale certes, il ne faut pas croire que des "Wallons ruraux" n'ont pas non plus étés contraints de recourir à ces travaux pour survivre. Dans mon petit village de Hesbaye brabançonne - Orbais - pourtant éloigné des sites miniers, j'ai connu bon nombre d'ancien mineurs - y compris dans ma famille - atteints de silicose qui étaient revenus "au pays" après avoir sacrifié leurs jeunes années "al fosse " !
Il est évident que le répit observé actuellement dans la crise existentielle belge n’est qu’apparent et du au fait que la plupart des décideurs sont en vacances à l'étranger. Aucun apaisement durable n’est en effet prévisible, l'incident des drapeaux de Lennik en est une preuve, et si certain craignent la partition de la Belgique en la qualifiant "d’hypothèse sérieuse", d'autres voient plus loin et s'y préparent, réfléchissent déjà à l'après Belgique. C'est le cas des commissions de préparation des arguments destinés aux Etats généraux de la Wallonie.
Le feu couve toujours et le couvercle (le trio de médiateurs) imaginé par les présidents de partis " demandeurs de rien-nistes " ne pourra aboutir qu'à un "flashover" ou encore à un "backdraft" électoral indépendantiste flamand.
Le bricolage royal permettant de gagner du temps jusqu'à la seconde moitié du mois de septembre ne doit évidemment pas faire oublier qu'en coulisse, les tractations devraient être intenses pour chercher (je n'ai pas écrit "trouver") une solution à la crise "interne-nationale" que nous observons.
Les médiateurs ayant joué leur rôle, inutile de dire qu'il ne se passera rien, s'enfermer dans des échéances
intenables empêche toute négociation... Voyons ça :
- 21 septembre, congrès de la N-VA.
- 27 septembre, congrès du CD&V
- 14 octobre, rentrée parlementaire et discours sur "l'Etat de l'Union", comme on dit depuis quelques années. A moins qu'Albert Deux ne sauve, une fois de plus la mise à son royaume en mettant
encore Leterme en congé… Il est vrai qu'alors, ce dernier n'aura plus démissionné depuis six semaines. A moins qu'empêtré dans l'affaire de l'achat de la Villa Fanini… Il n'ait autre chose en
tête.
…
- Juin 2009, élections régionales et européennes. Si on tient jusque là… Comme le dit Leterme : "Si j'échoue, ça ira mal pour la Belgique". Hou ! Le vilain croquemitaine !
Le journal "Le Monde" lance un appel à témoignage sur la manière dont vous vivez la crise politique en Belgique.
Exprimez-vous !
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Les médiateurs ont fait rapport au Roi sur leur « mission d’examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d’une manière crédible un dialogue institutionnel ». Ils ont mentionné que durant leur mission des progrès ont été réalisés (sic !). En conséquence, les médiateurs sont disposés à poursuivre leur travail en particulier sur la structure de dialogue interinstitutionnel (Pas mal, ça ! Un terme appelé à un grand avenir (*) !) devant conduire à une réforme approfondie de l’Etat. Nous informe « le Palais ».
Donc, en gros, comme prévu, rien de neuf ! Combien de temps faudra-t-il encore pour espérer noyer le poisson ?
On se revoit à la mi-septembre et on se fait une petite bouffe ?
(*) De quelles institutions parle-t-on ? Régions, Communautés, Etat fédéral ?
Je me suis forcé à écouter (que dire, à subir) le discours du roi.
Quelle platitude, quelle médiocrité dans le propos, quel manque de lucidité, de courage et d'enthousiasme. Mais qu’attendre de plus ?
La pauvreté, l'insécurité, l'inégalité... comme le soulignait le roi, sont des problèmes qui existent... de plus de 25 ans. Le rappeler une fois de plus aujourd'hui, pour éviter d'aller à l'essentiel, pour éviter d’aller à une des causes principales de ne changera rien à rien. En appeler aux mânes de son frère (*) ne sert qu’à essayer de refaire l’union sacrée des derniers belgicains (entendez : « belges francophones ») et à culpabiliser ceux qui, parmi eux, commencent à ouvrir les yeux. La source des « vrais problèmes des gens » vient, en grande partie, de l’existence même de la Belgie-que et de l’incompatibilité de faire vivre deux peuples antagonistes sur un même territoire. Jean Rey avait déjà constaté en 1947 que « partout, quand un Etat unitaire est travaillé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu'il ne finisse pas par craquer. (...) la sagesse est de s'en apercevoir à temps ». Ni le roi (appelé comiquement « souverain » par d’aucuns, indiquant par là que nous ne sommes pas en démocratie) ni – hélas - les présidents de partis politiques et leurs courtisans englués dans les passions politico-électorales ne semblent encore en être là.
Bottant en touche, il s'inquiète pour l'avenir de...l'Afrique centrale sans oublier de remercier Faribola (tatie Danielle ?) pour services rendus (et justifier la revalorisation de sa dotation ? Les problèmes de pouvoir d’achat touchent décidément tout le monde…)
Non, rien... Une journée pluvieuse... Triste comme une fête
nationale belge.
Si, quand même ! L'agence BELGA nous informe que " Le cardinal Dannels demande l'aide de Dieu pour la
Belgique " ! A quand l'extrême-onction ?
(*) Maintenant on peut aussi se dire que ces gens là ont des conseillers et spécialistes en communication à leur service. Et si le message subliminal qui se cache derrière ces platitudes était : « Baudouin est mort et la Belgique aussi » ?
Il y a quelques années, François Perin a dit qu’un jour, on constaterait l’impossibilité de former un
gouvernement tellement les positions des deux communautés seront inconciliables. Nous en sommes proches.
Le fait nouveau, c’est l’irruption du fait régional dans le débat. Que ce soit dans le communiqué de Leterme que dans la consultation des présidents de région par le roi. L’Etat fédéral est
dépassé dans les faits.
Rien d’étonnant donc à la proposition de démission d’Yves Leterme. Il poursuit ainsi l’objectif du mouvement flamand avec d’autres moyens. La preuve ? Un sondage en passant… celui de la "Gazet
van Antwerpen" de ce 15 juillet.
Qui est responsable de la crise ?
Le cartel CD&V/N-VA : 11.77%
Les francophones : 77.59%
Leterme : 6.25%
Autres : 4.39%
Le cartel a-t-il eu raison de rester ferme sur ses positions ?
Ja : 83.25%
Nee : 16.75%
Doit-il y a voir de nouvelles élections ?
oui : 59.90 %
non: 40.10%
La Flandre doit-elle devenir indépendante maintenant ?
oui : 60.41%
non : 39.59%
Edifiant, non ?
Et pendant ce temps là, nos politiques « francophones » continuent à essayer de rassurer le « bon peuple ». Pour eux, tout ça n’est que l’effet d’une banale rivalité de personnes entre Leterme et
Peeters… Le climat des négociations n’était-il pas « serein et constructif » ? Le seul à qui je donnerais raison, c’est à Marcel Cheron (Ecolo) qui a dit (mais sans le faire exprès) qu’il est
temps de prendre des vacances… J’ajouterais de très longues vacances !
Heureusement, tout le monde n’est pas dupe et certains prennent leurs responsabilités. J’étais en France au moment de la publication de la « note confidentielle » adressée aux membres «
d’Énergie réformatrice » par Daniel Ducarme sur la Belgique française.
Option qu’il avait déjà défendue en décembre de l’an dernier et que j’avais évoquée en parlant de l’ingénierie institutionnelle française qui n’a rien à envier à celle que nous connaissons,
puisque elle au moins, elle fonctionne ! Certes, et c’est toute la différence avec certains rattachistes romantiques, Ducarme a compris que tout est à négocier selon les intérêts mutuels, les
nôtres et ceux de la France. C’est ce que nous disons sur « Debout la Wallonie ! ». J’avais critiqué sa sortie en décembre, mais je lui dois reconnaître maintenant une efficacité certaine. Ce
projet de « loi organique » composée de 132 articles constitutifs d’un « statut d’autonomie de la Belgique française », entendue comme une « collectivité territoriale autonome au sein de la
République » rédigé avec un groupe de juristes, belges et français tient la route. Lisez-là !
Il reste maintenant à se demander comment Ducarme fera passer ses idées au sein d’un parti qui comporte des « belgicains rabiques» à la Fourneaux ou à la Charles Michel ?
Tout autre est la dernière sortie de Monseigneur Léonard, évèque de Namur (que l'on disait pourtant proche des idées du président d'un parti réunioniste, mais postulant au titre de Cardinal, ceci expliquant peut-être cela) : "Durant des siècles, la Flandre a dû lutter pour faire respecter sa langue et sa culture. La Flandre a été pendant longtemps la victime de l'arrogance francophone."
Certes, le "saint" homme a quelques raisons statistiques de faire brûler ses ultimes réserves d'encens sur l'autel de la Flandre : c'est là que se trouvent les derniers bataillons du catholicisme belge moribond.
Mais même à supposer qu'il soit sincère, il faut alors admettre que les cours d'Histoire dispensés dans les séminaires sont de fort piètre qualité. La ré-écriture de l'Histoire par Pirenne, les "historiens" belges qui l'ont suivi et le Mouvement flamand a bien fonctionné. Le révisionnisme a encore de beaux jours devant lui.
M. à J. (20/07) : Une réaction








