2009 se termine sur ce qui paraît être un constat
d’échec pour la cause du rattachisme.
Les sondages semblent
montrer que les « belges francophones » (On connaît l’opinion des Flamands, mais qui parle encore des Wallons amalgamés dans un machin
« désidentitaire » ?) se désintéressent des problèmes « dits communautaires » pendant que les trois partis séparatistes flamands (N-VA, VB et LDD) recueilleraient 40 % des
voix de leur électorat et seraient en progression constante.
Paradoxalement, alors
que le fédéral se vide de ses compétences, les Flamands semblent bien tout contrôler , de la présidence de l'Europe de Lisbonne à tous les postes importants et stratégiques du
Gouvernement.
BHV, l’arrondissement
qui fâche, mais tient tant bien que mal le vieux pays uni mieux que toutes les équipes de foot apparaît comme marginal dans les soucis.
Mais n’est ce pas normal ? En pleine crise économique les centres d’intérêts sont ailleurs, l’emploi, la sécurité, l’avenir des enfants, sont évidemment prioritaires.
Non ?
Nos concitoyens ont-ils
d’autres choix ? Ont-ils une autre option que la simple survie ? Les questions sont évidemment mal posées. Du style : « Vous avez le choix entre manger à votre faim ou
l'approfondissement de la réforme d l'Etat, que choisissez-vous ? »
Le très unitariste FDF
a signalé son intention (son vieux rêve) de s’implanter en Wallonie sous couvert de francophonie.
Des néo-réunionistes bruxellois déçus publient des cartes d’une Région de Bruxelles élargie aux limites du « ring » (*) jusqu’à Ittre, ce dont même Maingain n’aurait jamais rêvé.
Curieuse façon de reconcevoir la notion de « frontières naturelles ». Un fleuve, une mer, une montagne, oui, mais des bouts d’autoroute… ?
Enfin, ce matin, Paul Piret publie un article dans « La Libre » confirmant la dérive autoritaire du
RWF, et en quelque sorte son suicide. Pratiquant la vieille technique de « l’auto-exclusion de ceux qui pourraient penser autrement », l’article annonce même que « le
secrétaire général Laurent Brogniet et le président Gendebien aient cru devoir acheter la protection juridique et internationale du sigle et du logo de la formation (doit-on désormais écrire
« ®WF » ?). Pitoyable et dérisoire pour un sigle dévalué ? Non, après avoir cédé les droits et la propriété du sigle
(autrement prestigieux) « Rassemblement Wallon » au FDF bruxellois, voici que Gendebien, poursuivant son œuvre, souhaite interdire d’accoler les noms de Wallonie et de
France.
Mais finalement, voyons les choses comme elles sont, et
changeons d’éclairage.
Quand Jacques Etienne, bourgmestre de Namur se dit
« ulcéré par l’immobilisme du gouvernement fédéral sur le financement de la réforme des services d’incendie, ou encore sur les missions de police sans cesse croissantes dévolues aux communes
alors que le fédéral n’en fournit pas les moyens financiers ». Que « les Régions doivent prendre la place que l’Etat fédéral n’occupe plus. Et la Wallonie doit se montrer plus incisive
à l’égard de la Flandre, qui « pinaille sur tout » et prend l’ascendant sur le gouvernement fédéral ». Qu’il ajoute : « Je pense qu’à un moment donné, la question devra être posée :
‘Est-ce qu’il ne vaut pas mieux se séparer quant il y a encore de l’argent dans le ménage plutôt que de faire un divorce quand il n’y a plus rien dans la caisse ? » C’est un excellent signe venant d’une formation politique si
conservatrice !
L’étape du séparatisme est annoncée. Dans un article
consacré aux défis des prochaines années, le VIF ne précise-t-il-pas que « nous vivons déjà dans deux pays différents » ?
Une association d’états indépendants confédérés
Flandre-Wallonie-Bruxelles-Cantons germanophones est un pas dans la bonne direction.
Nous devons nous réinvestir davantage dans notre identité
régionale. Remettre en avant la fierté d’être Wallons et ne plus laisser notre destin et nos choix aux mains d’autres. Le « parti de Gendebien ® » est mort de l'avoir
oublié.
Ce sont là mes vœux pour 2010. Plutôt qu’un « rassemblement », réunissons nous autour de ce que nous avons de plus cher (en dehors de ceux que nous aimons et qui en font partie), la
Wallonie.
Entre opportunités et menaces, 2010 sera une nouvelle année de
combat pour elle, une année d’espoir aussi…
Je forme le vœu que nous affrontions 2010
unis !
(*) Le
« Ring » (mot flamand entré dans le vocabulaire « belge francophone », comme « Bootik », « file » (pour bouchon) ou encore« Bozar »)
n’a rien à voir avec la boxe mais est en réalité, la rocade autoroutière, le périphérique sensé entourer Bruxelles, mais qui n’a jamais été terminé dans sa partie sud pour ne pas déranger les
« riches bourgeois », dit-on…
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