La presse du régime glose actuellement beaucoup sur l’éventualité hypothétique du départ
d’Herman Van Rompuy à une fonction somme toute honorifique et en partie redondante à la tête de l’Union européenne.
Certains s’inquiètent. « On voit mal qui pourrait le remplacer… ». C’est que
l’homme a jusqu’ici réussi - temporairement - à maintenir le couvercle sur la marmite en fusion qu’est devenue la Belgique.
Ils ne semblent pas se rendre compte qu’en fin politique, il doit déjà avoir pris la mesure
de l’échec inéluctable de sa mission. L’ouverture européenne serait évidemment une occasion irrésistible pour lui. D'où sa prudence.
D’autres hurlent en rappelant que l’homme est l’auteur du point de vue flamand su BHV. Point
de vue décliné dans une série de propositions de loi : scission sans conditions de l’arrondissement électoral, pas d’élargissement de Bruxelles, pas de nomination des trois bourgmestres «
francophones » dans la périphérie flamande bruxelloise s’ils ne respectent pas les décrets flamands. Ils s’opposent à cette nomination au prétexte qu’elle « constituerait un bien mauvais
signal donné par une institution fondée sur la liberté individuelle et la tolérance » Euh… On parle bien de l’Union européenne là, non ?
Ne se rendent-ils pas compte que Van Rompuy, soit dit en passant, est paradoxalement
susceptible de prolonger l’existence de la Belgie-que en restant premier ministre ?
S’opposer à ce départ, est-ce bien réaliste ? N’y aurait-il pas là derrière un enjeu
géostratégique qui dépasse le choix d’un homme pour une fonction ?
Se sont-ils posé la question de savoir pourquoi la France a été parmi les premiers pays à
appuyer la candidature de Van Rompuy ? Pourquoi l’Allemagne y est ouverte ?
C’est un secret de polichinelle, la déliquescence de la Belgique n’a échappé à personne,
même pas aux journalistes de la presse internationale (« The job is done »...). Les responsables politiques des grands pays voisins ne sont pas complètement inconscients au point
d’ignorer la possibilité de la partition (ou du moins du blocage institutionnel) de la Belgique. Sans compter l’effet délétère sur le fragile équilibre de l’Euro de l’effondrement de ses finances
publiques. De là à imaginer – rêver ? - que les puissances riveraines (France, Pays-Bas et
Allemagne) soient (enfin ?) prêtes prêts à précipiter la fin de la Belgique en lui prélevant le dernier fusible… Voilà qui me ferait drôlement plaisir !
Van Rompuy, « l’orangiste déclaré» de longue date, se faisant douce violence, pourrait ainsi
devenir l’élément déclencheur d’un processus doux de démembrement de la Belgique et en même temps, le garant que la Flandre pourrait se plier à un scénario préparé pour elle d’union aux
Pays-Bas plutôt que de se choisir un destin de nouvel Etat indépendant dont les partenaires européens ont tout à redouter, ne fusse que pour les complications diplomatiques et
institutionnelles qu’il amènerait (*). L’état d’esprit des Wallons en cas de partition est connu, leur choix posant moins de problème, l’intervention d’un fonctionnaire français dans les débats
autour de l’Appel à la réunion d’Etats généraux de la Wallonie aurait fort opportunément contribué à continuer à préparer le terrain.
Mais, arrêtons de rêver. Tout ça n’est que de la politique fiction.
Et pourtant ? Et si… ?
(*) 2010 sera l’année de tous les dangers avec des referenda sur l’autonomie en Catalogne et
Ecosse. Et si on y ajoute le risque que fait courir la Padanie à l’Italie…
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