8 octobre
2010
Un plan A comme avenir !
La Belgique « de papa
» est bel et bien morte. Le fédéralisme à la belge basé sur une confusion entre Régions et Communautés que les négociateurs ont essayé d’adapter jusqu’ici vient encore de montrer ses limites. Ce
qu’on peut considérer comme un plan de sauvetage mitonné difficilement pendant plus de cent et quelques jours n’a mené nulle part, comme on pouvait le prévoir. Les objectifs poursuivis, plus que contradictoires, rendaient en effet illusoire tout accord équilibré. Certes, il
y a bien eu quelques avancées ou pistes évoquées que d’aucuns, qui n’ont pas intégré l’évolution de la Belgique, obligée de se désunir pour prolonger son existence, considèreront comme des
concessions.
Le fait est qu’à
l’heure actuelle, on n’est clairement nulle part.
Heureusement, les
entités fédérées assument, malgré des compétences incomplètes et à géométrie variable, les missions qui leur ont été déléguées.
L’option d’une
Belgique communautaire - à défaut de rester commune - est dépassée, les Régions doivent maintenant prendre le relais.
Si aucune volonté de
se doter d’une vision et de règles communes et – enfin ! – cohérentes ne se manifeste, il sera vain de continuer à imaginer des bricolages institutionnels en saupoudrant - surtout du côté wallon
et bruxellois – les compétences entre Régions et Communauté. La « fédération Wallonie-Bruxelles » – nouvel avatar de la Communauté dite française et
Belgique résiduelle – dont certains rêvent sous forme d’un hypothétique « plan B » n’est évidemment qu’une chimère.
L’unique façon d’en
sortir et de répondre aux questions essentielles (économiques, sociales et culturelles) pour les citoyens est d’oser poser La question pertinente : « veut-on encore réellement faire quelque chose ensemble ? » Et sur quelles bases cohérentes ?
Indépendamment des
aspects institutionnels, il est plus que temps, de prendre vraiment en compte la défense des intérêts des Wallonnes et des Wallons, et permettre à toute personne habitant en Wallonie de
bénéficier d’un environnement physique, psychique, économique et social, le plus favorable possible. Pour cela, il faut mettre fin en priorité et une
fois pour toutes aux Communautés linguistiques en tant qu’institutions distinctes en confiant toutes leurs compétences, ainsi que ce qu’il sera cohérent d’enlever du niveau fédéral, parce que
transférables aux entités mieux adaptées pour les gérer et plus proche des citoyens : les quatre Régions qui doivent être égales en souveraineté et en droits.
Nous sommes attachés
à l’homogénéité linguistique de notre territoire arrachée en son temps par le Mouvement wallon, et pensons qu’il est essentiel que la même règle s’applique aux autres. Ainsi, que le néerlandais soit la seule langue officielle reconnue et acceptée en Flandre et l’allemand, dans la Région germanophone, rendra les choses plus claires et plus simples pour les citoyens de ces
territoires. Quant à la Région bruxelloise, seule région du pays que l’Histoire et la Constitution ont
reconnue comme région bilingue où le français et le néerlandais sont langues officielles, elle doit logiquement disposer des moyens de continuer à fonctionner dans le respect et la cohabitation
harmonieuse de ces deux cultures. Nous plaidons donc pour confier en priorité aux Régions les compétences de l’enseignement et des matières personnalisables comme la culture ou le tourisme sans
oublier les matières sociales. Il n’y a plus à l’heure actuelle aucune raison de maintenir l’échelon communautaire.
Les quatre Régions,
autonomes, égales en droits et en compétences, pourront ensuite, ensemble décider de ce qu’il conviendra de confier à un niveau fédéral et de
déterminer quelles solidarités elles souhaitent maintenir entre elles, en fonction des besoins objectifs de leurs populations.
Face à la dissolution
accélérée de l’Etat belge, nous avons la conviction profonde que la meilleure manière de répondre aux défis du 21ème siècle est de recréer un projet politique durable et cohérent au départ du
niveau régional. En particulier une Wallonie conforme aux valeurs morales, facteurs d’une forte cohésion sociale, économique et culturelle qui ont
fait notre Peuple
Une société wallonne,
disposant d’une situation géostratégique exceptionnelle et unique dans l’espace européen, sûre de son identité et maîtresse de ses moyens pourra œuvrer à une coopération équilibrée avec les Régions et Etats voisins.
http://www.rassemblementwallon.be
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