Annoncé dans "De Morgen" puis mis sous le boisseau par le préformateur, le coup de la scission des
allocations familiales est un coup de maître pour les Flamands.
Du point de vue flamand, l'appartenance à une communauté est indissociablement liée à l'appartenance à une
Région, la seule exception étant basée sur les choix linguistiques des habitants de la Région bilingue de Bruxelles. Cete matière communautarisée,
les « néo-Flamands bruxellois » risquent de se révéler nombreux demain. Les populations les plus faibles économiquement (mais pas seulement elles) vont évidemment se
précipiter pour se déclarer néerlandophone pour avoir droit à des prestations sociales plus élevées. Comme c’est déjà le cas dans d’autres domaines comme le sport amateur.
Il est à noter que cet accord de principe ne date pas d'hier : les « Francophones »
ont déjà dit à maintes reprises dans le passé être prêts à discuter de la scission des allocations familiales. Sans qu'il y ait eu- jusqu’ici - toutefois d'accord qui se dessine sur les modalités
de la scission.
Le Morgen qui diffusé l’information nous informe également que « le financement fédéral se
poursuivrait, mais une partie des allocations seraient régionalisée ou... communautarisée ». Le principal point de discussion porte en effet sur le niveau des compétences: la N-VA
veut transférer les allocations familiales vers les Communautés. Comment vont réagir les partis francophones ? Régionaliser pour ne pas exclure Bruxelles ?
Ou céder ? Le silence imposé par Di Rupo est un signe.
Toujours pour la presse, la scission des allocations familiales doit faire partie d'un grand
« paquet » visant à réformer l'Etat. Curieusement, on ne parle pas (encore ?) du tout des pensions, domaine dans lequel la Wallonie est
contributrice nette aux recettes de la sécurité sociale. Il y a plus de retraités en Flandre qu'en Wallonie où la vitalité démographique est comparable à celle de la France. Vitalité
qui est une des plus grande d’Europe.
En d’autres termes, si on maintient le régime des pensions dans le fédéral, ce sont les Wallons qui vont
supporter majoritairement les retraités de Flandre.
C’est un risque, rappelons nous la lamentable négociation sur le refinancement des Communautés qui
n’a pas tenu compte des projections démographiques et qui a mis l’enseignement à Bruxelles et en Wallonie dans une situation financière intenable. A un point tel que la
Wallonie a du venir au secours des Institutions bruxelloises. Ce qui risque d'être le cas égalment demain pour les allocations famillialles.
Les Flamands travaillent sur une base communautaire. Il en va curieusement de même du parti
pourtant bruxellois FDF... Et, hélas, par contagion, ces alliés objectifs, entraînent les partis "dits francophones" sur le même terrain. Il suffit de lire les conclusions lamentables du groupe
de réflexion initié par Arena en son temps. Groupe dit « Busquin-Spaak » dont je parlais ICI.
La seule façon de leur résister efficacement, c'est d'organiser au plus tôt les partis politiques à
Bruxelles, en Wallonie et en Région de langue allemande sur base régionale.
Tant que des structures wallo-bruxiennes comme PRL, le MCC, Ecolo, le PS, le CDH etc... continueront à
fonctionner sur base communautaire - comme les Flamands - il n'y aura de solution gagnante que pour ces derniers. Et hélas, je ne pense pas qu’ils vont évoluer. La tendance lourde a plutôt
été de marginaliser systématiquement les régionalistes.
Pourtant, les acquis les plus positifs du fédéralisme ont été le fait des revendications
régionalistes.
Plutôt que la poursuite d’un fédéralisme (ou un confédéralisme ne jouons pas sur les mots)
déséquilibré et conflictuel, la meilleure solution à court terme serait une vraie réforme de l’Etat Belgique en quatre Régions libres et égales en Droits, libres de s’associer deux à deux ou avec
d’autres Etats voisins. Mais pour ça, il faut sortir de la logique communautariste.
PS : Je partage complètement l'avis de Robert Collignon publié dans la DH de ce dimanche : http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/319180/plutot-que-le-senat-supprimons-la-chambre.html
(*) Si la Wallonie dépendait du régime social français, comme nos structures de population sont voisines, on pourrait imaginer une amélioration des prestations au titre de la branche
famille, car les prestations françaises pour cette branche sont très généreuses (ce qui explique le dynamisme démographique).
Comique cette proposition de scission des allocations familiales. Pour les fonctionnaires fédéraux, on fait comment ? Qui verse les allocations familiales ? Sur base de quelle région ? Celle où ils travaillent ou celles où ils habitent ? Et s'ils déménagent et vivent à l'étranger comme beaucoup de fonctionnaires fédéraux d'origine wallonne qui s'installent en Lorraine, en Champagne-Ardennes ou dans le Nord-Pas de Calais (si, si, ...) ? A se demander si Di Rupo a préparé tout cela ou bien s'il improvise...
Ils ont prévu qu'une partie resterait fédérale... ça doit être la réponse...
A moins... qu'on ne se décide à tout transférer aux Règions. Il n'y aura alors plus de fonctionnaires fédéraux. Finalement, c'est peut-être eux, le dernier ciment...
;-)