A l’heure où la cohérence nécessaire entre les questions économiques, sociales et
culturelles, de même que la clarté et la visibilité des institutions imposent que ce qui reste de la Belgique se recompose autour de ses composantes régionales, forme de fédéralisme
traditionnellement privilégiée par le Mouvement wallon, chacune disposant ainsi de « paquets » de compétences homogènes et complémentaires.
Cette recomposition sur base régionale – ou mieux - est dictée par le bon sens. Seuls les
inconscients hésitent encore à reconnaître que ce territoire qu’on appelle Belgique est en réalité composé de nationalités différentes et antagonistes là où il y a
superposition.
La nation flamande est une réalité sociologique, culturelle et humaine. La nation belge
n’existe que d’une manière théorique. Le « paradis perdu » de la Belgique unitaire avec déclinaisons boîteuses de cette solution qui font régulièrement surface - comme le bilinguisme
généralisé ; celui de la province de l’ancienne province du Brabant ou encore la circonscription électorale unique pour une partie des élus au Parlement fédéral - ne sont plus envisagées que par un petit nombre de rêveurs nostalgiques. Ce sont évidemment des mirages.
C’est pourtant le moment que choisissent les partis traditionnels pour jouer sur l’émotion
plutôt que la raison. Nier l’évidence me paraît pas comme particulièrement responsable. Quelle que soit la façon dont l’abcès actuel sur les communes
de la périphérie bruxelloise sera vidé, il est certain que ce dossier brûlant ne sera pas le dernier et que ce qui reste de l’État belge continuera sa progression vers un accroissement des
compétences des entités fédérées. La Flandre politique demande avec insistance cet approfondissement des compétences. Le refus obstiné de rendre justice à leurs revendications institutionnelles
ne fera qu’humilier les Flamands, les exaspérer et gonfler les rangs des indépendantistes. Je trouve que les partis traditionnels sont suicidaire de mépriser à ce point la volonté des Flamands.
Des blessures nationalistes sentimentales peuvent s’infecter méchamment. Je ne suis pas certain que les Wallons s’en sortiront indemnes puisque, en même temps, ils sont ignorés par les partis
traditionnels francophones sensés les représenter et surtout représenter leurs intérêts. C’est là que nous a mené le système. Dans une démocratie, le pouvoir est révocable, chez-nous, le pouvoir ne l’est
plus.
Leur attitude actuelle est proche de celle des mouvements identitaire : « Belges
et rien d’autre », tel semble être leur message principal. Effrayant de penser qu’on joue ainsi sur une fibre nationaliste qui ne repose sur rien. Ou plutôt sur une construction
méconnaissant l’Histoire, un malentendu quand ce n’est pas simplement du mépris pour nos voisins. Les « Autres ».
Ceci dit, il va y avoir une négociation dans laquelle chacun acceptera de perdre un petit
peu pour sauver la face. La question, c’est « au détriment de qui ? ». Il est à espérer que tout ne se focalisera pas uniquement sur les « francophones de la
périphérie ». En 1980, la grande question était la création de la Région de Bruxelles. On y a sacrifié les Fourons et le financement de l’Enseignement.
J’entendais ce matin le candidat écolo bruxellois Olivier
Deleuze dire au micro de la RTB(f) : « Nous, nous sommes prêts à négocier, il faut trouver une solution pour BHV. Vous vous souvenez de
Fouron ? C’était aussi une question « très importante ». Aujourd’hui, le problème est résolu et on parle d’autre chose »... Les Fouronnais apprécieront j'imagine !
Pour nos élus, l’illusion Belgique vaut bien tous les sacrifices…
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