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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 12:06

Le parti bruxellois (FDF) a annoncé qu’il adapte son « image de marque » à la réalité politique qui l’entoure. « Image de marque » ? Curieux terme... mieux adapté à une boîte de conserve qu'à un pari politique.
Alors, opération marketing de ravalement ou réalité profonde ?

 

Si la nouvelle signification à l’acronyme est de : « s’identifier aux citoyens qui partagent leurs convictions - les fédéralistes -, plutôt que de demander aux gens de s’identifier à une structure »…  J’avoue ne pas vraiment voir de changement par rapport au passé, sauf à effacer le côté « anti-flamand » (1) de « front » en accentuant (pour ratisser large) la notion de « communauté naturelle » entre « Wallons et les Bruxellois (qui) vivent (vivraient ?) cette unité francophone dans leur réalité familiale, professionnelle, culturelle ». Ce à quoi ce parti s’est attaché depuis des années : préparer les esprits à une Belgique continuée par la fusion de Bruxelles (2) élargie à la Wallonie dans une sorte de « Fédération Wallonie-Bruxelles ».

 

Ils ne lésinent pas à utiliser des accents populiste que ne renieraient pas certains partis qui utilisent les sentiments antipolitiques primaires. Quelques exemples, mais vous verrez, tout est dans la nuance :

A la manière de

- « Pirenne à B+ » : « Nous avons un attachement sincère à la Francophonie, bien éloignée d’un « nationalisme français ombrageux » (sic !) » (3)

- «  PP (très à la mode dans la presse) » : « Les citoyens sont fatigués des égocentrismes des partis, des querelles d’influences, de la médiocrité de ceux qui croient que le pouvoir leur permet toutes les bassesses ou toutes les pitreries ».

Ou encore : « Ces dernières années, nous avons connu trop de manquements aux principes fondateurs de l’Etat de droit. Ces atteintes viennent tant du monde politique que du monde judiciaire. La séparation des pouvoirs est malmenée, l’indépendance des magistrats est devenue incertaine »

- « De Dekker & De Wever » : « Le fédéralisme est toujours menacé dans notre Etat et (…) est menacé par les dévoiements d’une gestion publique au sud du pays qui minent le sens des responsabilités »…

- « BUB » :

« Scinder BHV, c’est enfermer la Flandre dans cette logique nationaliste infernale qui la conduira non seulement à un recul démocratique mais aussi, tôt ou tard, à sa perte économique et sociale. » (4)

- « journalistes et politiques bruxellois (il y a trop de noms à citer…) » : « Aujourd’hui, les fédéralistes d’union de la Wallonie et de Bruxelles ont convaincu bien plus d’esprits « au sud du pays » (re-sic !) que les tenants d’un repli régionaliste (5) qui ne renforce en définitive que le sous-régionalisme et le féodalisme provincial. »

 

Sans oublier les incontournables messages incomplets :

- « …parce que la Wallonie a payé un lourd tribut social à des mutations économiques mal maîtrisées, nous n’ignorons pas ce que peuvent être les revirements de la vie économique. »… Incomplet parce qui oserait rappeler que la reconversion économique de la Wallonie a été volontairement différée par l’Etat belge (« gardez vos charbonnages ainsi que votre sidérurgie en l’état, ne les modernisez surtout pas, nous en avons besoin pour gagner la bataille économique (1945-1960), nous pourrons ainsi développer la Flandre avec des investissements européens et des outils modernes (1955 et suivantes))

 

- « Par le confédéralisme, l’Etat belge peut, à tout moment, basculer dans le vide institutionnel. C’est une pente dangereuse vers l’inconnu, le chaos ». Pourquoi ? Parce que « le confédéralisme qui menace l’avenir de la Belgique est la cohabitation cynique de l’Etat PS et de l’Etat CD&V ». « Nous ne sommes ni des régionalistes bruxellois, ni des régionalistes wallons »(6). « Nous savons tous que face à l’Etat flamand qui se construit, seule l’unité de la Wallonie et de Bruxelles nous permettra de faire jeu égal, tant sur le plan économique et social que sur le plan politique ».

Incomplet et faux. C’est un message politique en contradiction avec le « plutôt que de demander aux gens de s’identifier à une structure » puisque dirigé contre une autre formation politique en Wallonie. Mais bon, c’est de bonne guerre.

Faux, puisque le fédéralisme est dépassé dans les faits et qu’un peu plus loin, ils reconnaissent que le fédéralisme belge (la nuance est d’importance) « est menacé par la force centrifuge du nationalisme flamand qui remet en cause les solidarités. La Belgique n’est pas encore un véritable Etat fédéral car l’autonomie et la solidarité qui caractérisent tout système fédéral n’ont pas encore trouvé leurs véritables assises ». On est loin d’un parti qui énonce curieusement que « Les citoyens ont le droit à la vérité »… Pourquoi ne pas dire alors ce que tous les politiques savent, c’est que les partis flamands sont déjà un pont plus loin dans leur réflexion ? Que le fédéralisme mal implanté et mal conçu est dépassé dans les faits et les esprits en Flandre alors que grâce à la pusillanimité des«  politiques francophones » - et du rôle de la presse qui leur doit sa survie financière - les esprits en Wallonie - presqu’autant qu’à Bruxelles - sont encore dans la Belgique unitaire ?

 

Enfin : si, « le fédéralisme est une exigence de respect du pluralisme mais aussi le refus que la société soit partagée entre piliers philosophiques ou religieux, qui ne correspondent plus à la réalité sociologique de nos populations », voilà un avis que je peux tout à fait partager. Mais pourquoi ne pas aller plus loin dans la définition et la corriger par la reconnaissance de réalités économiques, et surtout sociologiques et culturelles différentes ?  Evidemment, si l’objectif est de gommer la réalité wallonne dans une « Belgique francophone » uniforme, ils ne peuvent le reconnaître…

 

 

(1)    « Nous sommes des francophones. Nous ne le sommes pas par rejet d’une autre langue ou d’une autre culture ». 

(2)    « Nous avons été les premiers à plaider l’unité de nos deux Régions »

(3)    « nationalisme français ombrageux »… et « le fédéralisme est à l’opposé du nationalisme car le nationalisme menace la démocratie ». Ils ne semblent pas faire de différence entre le nationalisme à la Renan et celui, germanique, de Bismarck qui est plutôt celui d’une certaine Flandre…par sa volonté d’expansion territoriale. Oups… c’est justement aussi la position du FDF… Damned !

(4)    « Il faut sauver la Flandre »… Sympa ça, non ?

(5)    Bon sang, la vieille « théorie du repli » qui, sert depuis les grèves de l’hiver 60-61… J’ai vraiment eu peur qu’on l’oublie.

(6)    Voilà qui a le mérite d’être clair. Bruxelles et la Wallonie indifférenciées ne peuvent donc qu’être une seule entité.

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Published by Claude Thayse - dans Réflexions
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commentaires

Benoît OLEFFE 25/01/2010 22:18


Cela ne m'étonne pas que tu tires à boulet rouge sur Maingain et... je ne te donne pas tout à fait tort. Ce qu'il a dit hier lors de son forum est complètement incompréhensible pour le citoyen
moyen que je suis. En juin 2011, que le FDF fasse quelques pourcents en Wallonie, que le Parti Populaire en fasse un peu plus, qu'Ecolo dépasse le CDh et éventuellement le MR, même si c'et
important pour quelques personnes, ce ne sera rien à côté de l'enjeu énorme qui se prépare en Flandre: va t-il y avoir plus ou moins de 50 % d'indépendantistes ?
Tout le reste ne sera que des détails infimes dans l'histoire de notre pays.


Claude Thayse 26/01/2010 08:29


Oui... Le problème, c'est que ces gens ne nous préparent rien de bon. Une Belgique continuée au mieux un retour à une domination flamande au pire pour sauver le montage bancal de 1830.
Nous y avons beaucoup à perdre.


Benoît Delvaux 25/01/2010 18:42


Je pense qu'il faut voir au-delà des mots utilisés par Olivier Maingain, tout en sachant qu'il doit être suffisamment diplomatique pour ne pas froisser ceux qui ne sont pas encore prêts à faire le
deuil de la Belgique fédérale. Une chose est certaine : il résistera jusqu'au bout et fera porter le poids de la décision de séparation à la Flandre tout en lui faisant payer le prix fort : non
seulement la perte de Bruxelles, mais aussi celle des 6 communes à facilités, ce via le contexte d'une intervention internationale (principalement la France, l'Angleterre, les Pays-Bas et
l'Allemagne) qui organisera la consultation populaire pour mettre démocratiquement fin à l'instabilité juridique des frontières entre Bruxelles et la Flandre (la scission de BHV ayant été votée,
mais non signée et promulguée vu le refus des ministres francophones). De plus, le mot "fédéralisme" peut s'appliquer aussi à la future Fédération Wallonie-Bruxelles au sein de laquelle on pourra
non seulement donner un statut de région à part entière à Bruxelles (par la régionalisation des matières culturelles et personnalisables), mais aussi préparer les populations des 2 régions au
référendum devant mener à une formule d'association - intégration - assimilation à la France. Il n'y a pas opposition entre l'approche FDF et l'approche rattachiste réaliste (pas celle du RWF !),
mais complémentarité. De plus, si le fait de voter FDF peut avoir pour effet de faire peur au PS quant à sa première place en Wallonie, cela ne pourrait qu'inciter le royaliste Elio à changer
d'avis et à devenir, subitement, plus favorable aux thèses rattachistes. Je n'hésite pas à le dire : comme électeur, j'exercerai ce mode de chantage sur le PS en votant FDF ! Benoît Delvaux


Claude Thayse 26/01/2010 08:42


Je suis beaucopup moins optimiste que vous.
ça fait des annéesqu'on nous demande de "voir au delà des mots". Je connais les propos en privé de Maingain. Mais d'expérience, je sias aussi comment se comportent les politiciens professionnels.
Combien de fois les avons nous écoutés au sein de mouvements (wallons ou autres) nous faire des discours allant parfois plus loin que ce que nous attendions, se faire applaudir et repartir, pour
aller voter exactement l'inverse de leurs propos au Parlement.
Le FDF est utile à Bruxelles où il exaspère les Flamands les plus modérés de Flandre. Et c'est tout.
L'objectif du FDF est clairement de recréer un espace unitaire belge. Avec l'arrière pensée d'un éventuel rattachement ? J'en doute vraiment.
Quant à l'objectif de faire pression sur le PS... C'est de la politique pouvoiriste. N'oubliez pas que le FDF était un parti municipaliste à Bruxelles avant d'être sincèrement fédéraliste. Si on a
créé "l'aglomération" bien avant la Région, c'était pour y placer les militants de ce parti. Leur comportement en qualité de parti principal à Bruxelles n'a pas été différent de l'Etat CVP en
Flandre et de ce qu'on a appelé "l'état PS" en Wallonie.
Ne vous faites pas d'illusions, le MR s'il parvient à ses objectifs se comportera de la même manière, c'est dans la logique du système.

Voir au delà des mots, c'est aussi s'informer des raisons qu'a le FDF de vouloir attacher la Wallonie à Bruxelles. Lisez le premier châpitre de ce document qui montre que contrairement à d'autres,
ils ont compris l'intérêt économique du redressement wallon en cours pour Bruxelles qui a peur d'être dépassé.
Entre l'émotion et le pragmatisme... Ou comment voir au delà des mots.


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