Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 19:00

Nous regardons - presque tous les jours - et de plus en plus avec stupéfaction, sur les écrans de nos télévisions, les visages graves des négociateurs gouvernementaux qui, sous couvert de « prendre les mesures qui s'imposent », font en réalité assaut de stratégies partisanes. Prenons du recul...

Leur première erreur majeure est la véritable idolâtrie du PIB. Les vrais économistes, ceux qui ne sont pas payés par les gouvernements, savent que le PIB est une quantité tout à fait artificielle où se mélangent joyeusement la
carpe et le lapin. Bien mieux, elle est trafiquée au hasard des caprices des politiques, ces trafics se produisent dans tous les pays ; or l'on prétend faire les calculs de PIB à l'échelle des Régions ou de l'Europe et forcément les ajustements obligatoires sont livrés à l'arbitraire. Bien pire, certains économistes font même des calculs à l'échelle mondiale, comme si un PIB mondial satisfaisant pouvait fournir du travail aux Américains mis au chômage par Barak Obama ou à nos sidérurgistes qui le sont par Mittal...

Au demeurant, il n'y a pas de véritable indice pour mesurer la richesse des nations qui, par définition, ne peut pas être mesurée.

Une autre idole universelle est à mettre aussi en question : la « sainte croissance », qui résoudrait tous les problèmes. Le malheur est que cette sainte croissance n'obéit pas vraiment - ou alors si peu - aux ordres des gouvernements, même les plus interventionnistes.

L'idée un peu folle est que cette dernière pourrait aider à supprimer les déficits budgétaires. Nos journaux se remplissent de pourcentages qui ne veulent pas dire grand-chose. Si le PIB est faux par nature, les réflexions sur la croissance - en pourcentage du PIB - le sont aussi. D'autant que pour résoudre les problèmes grâce à la croissance, il faudrait des taux
absolument déraisonnables étant donné les chiffres tels qu'ils sont réellement (mais sont-ils vraiment réels ?) malgré les manipulations du PIB. La controverse, alimentée par les sociétés de notation, bat alors son plein entre les chiffres annoncés par les gouvernements et, par exemple, ceux que prévoit l'Europe ou d'autres : c'est un festival. Chacun s'appuie sur des
moyennes et/ou sur des comparaisons avec les années précédentes. C'est ainsi qu'à la Banque nationale de Belgique, on « balaie sous les tapis » pour voir si un 0,1 % ne se serait pas caché là !

Enfin, le dérapage se poursuit avec l'énoncé d'un seul objectif : « la diminution du déficit budgétaire ».

Un surplus public a existé, il y a fort longtemps, et il existe encore dans certains pays. Ce devrait être l'objectif essentiel d'une bonne gouvernance et ce n'est pas le cas puisqu'il n'est seulement question de diminuer le déficit dans un avenir incertain à savoir : 2012, 2013, 2015, 2050 (?) etc. Ceux qui occupent le pouvoir ont, au demeurant, tellement peur de leur propre incapacité à l'atteindre, cet objectif, qu'ils militent pour l'inscription dans la constitution d'une « règle d'or » : un « déficit
acceptable ». Pour n'importe quel observateur de l'actualité récente, ce projet ne serait évidemment qu'une barrière de papier incantatoire, inopérante et contournée à la première occasion.

En outre, l'action sur le déficit budgétaire fédéral, évidemment utile et nécessaire, est un peu l'arbre qui cache la forêt. Puisque le point essentiel est l'importance de l'endettement public global. A supposer que le déficit budgétaire soit réduit, cela n'aurait pas de conséquence si par ailleurs l'endettement global de tous les pouvoirs publics et de toutes les institutions para publiques augmentent par le transfert ou la création de nouvelles dettes.

Nous avons aussi vu récemment sur les écrans les visages graves des membres du G20 avec en figure de proue Sarkozy et Merkel engagés dans une course poursuite vers un accord qui sera forcément ruineux pour tous. Ce vrai spectacle s'accompagne d'une dramatisation : « L'avenir de la zone euro va se jouer ». Le prétexte immédiat est de « sauver » la Grèce ce qui serait nécessaire pour éviter la propagation de l'incendie ailleurs. Ce prétexte est erroné, car les actions engagées - on le voit par les réactions des Marchés financiers - diffusent les inquiétudes sur des pays bien plus importants. Pour prétendument « sauver » la Grèce, il est déversé des tonnes d'argent, or personne n'ignore que ce sera un trou sans fond avec en prime le terrible malheur de la population victime des prétendus remèdes. La valse des sommes à emprunter à cette fin va de 440 milliards d'euros à 1000 milliards d'euros. Un fonds européen ainsi que d'autres moyens seront utilisés à cet effet. La planche à billets tourne à plein régime à la grande inquiétude des Allemands. (*)

Enfin, ce qui ne serait - en temps normal qu'un bête dérapage vite maîtrisé devient un véritable toboggan lorsque l'on évoque le remède qui va être utilisé : de nouveaux impôts. Ces manipulateurs au sommet de l'Etat se rendent bien compte que leurs objectifs ne seront pas atteints sans pourtant vouloir expliciter les raisons véritables énoncées ci-dessus. C'est ainsi
que sont évoquées des mesures correctives urgentes ; elles se réduiront à des aggravations fiscales et des pertes de pouvoir d'achat. Or, nous sommes déjà noyés sous les différentes formes d'impôts. Les médias, et donc les citoyens, sont tellement imprégnés par cette pensée unique (inique ?) qu'ils n'imaginent pas qu'il puisse exister un autre chemin.

Tout impôt quel qu'il soit est destructeur de la richesse nationale et en conséquence contraire aux objectifs officiellement annoncés. Certes, parmi ces mesures, nous entendons parfois évoquer la nécessaire et massive diminution des dépenses en commençant par les plus inutiles, voire les plus stupides. Mais la culture de la dépense publique est fortement ancrée dans
la sphère des partis traditionnels... et s'adosse à la richesse personnelle qu'en tirent ces mêmes acteurs publics ! On n'évoque pas - par exemple et puisque tout le monde - dit-on - « est invité à participer... » - la réduction ou même la suppression des dotations publiques aux partis politiques...

A examiner les faux théorèmes, on comprend que personne parmi ces derniers n'ait envie de prendre courageusement le chemin de la vérité qui serait aussi rigueur pour eux.

En toile de fond de toute cette tragédie se trouve l'objectif fondamental de sauver l'euro. Or cette monnaie n'est qu'un appendice inutile de la construction européenne, l'objectif final étant en fait de sauver l'Europe. Cet objectif qui est pourtant très clair se manifeste par le projet de renforcer la gouvernance économique de l'Europe. Or, l'Europe qui est acquise à la mondialisation « par le bas » sous l'influence des marchands et des financiers incontrôlables (en fait, le néo-libéralisme) inonde le continent, sous prétexte d'uniformité destructrice d'identités, de directives superfétatoires, socialement et économiquement couteuses.


Dans ce contexte, la crise a encore de beaux jours devant elle.

 

(*) Michel Henrion signale la publication par le Standaard des inquiétudes d'un économiste allemand, Gernot Brähler, professeur à l'Université d'Ilmenau,qui affirme - sur base d'un module mathématique- que "les données belges ont fait trembler ses chercheurs."
Les chiffres belges, de 1999 à 2009, seraient d'après dans les tests seulement "légèrement mieux" que les grecs.
Il y aurait une indication que "les chiffres de ce pays avec son endettement élevé ne correspondent pas à la situation réelle". L'équipe de recherche allemanderecommande donc que l'on vérifie les chiffres belges pour complément d'enquête.
http://www.standaard.be/artike l/detail.aspx?artikelid=DMF20111025_113

Partager cet article

Repost 0
Published by Claude Thayse - dans Coup de gueule
commenter cet article

commentaires

coche 05/01/2012 18:54


Un Premier ministre wallon au service de la Flandre ?


 
http://www.vigile.net/Un-Premier-ministre-wallon-au  

 

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Recherche

Réunioniste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Dans Le Rétro...

Pour y réfléchir

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

Autres sujets ?


Merci à
FreeFind !

Sur Le Feu...