Dans certains milieux né-unitaristes (ou néo-rattachistes, ce qui revient curieusement parfois
au même), mes écrits sur ce blog sentent le souffre. Le fait que je me positionne en Wallon – ce qui est quand même mon droit – et me refuse de prendre position sur la stratégie que devrait
développer l’une ou l’autre région ou pays en matière de « gouvernance interne » ou de choix institutionnel m’est régulièrement reproché.
Et, c’’est vrai, je n’ai pas et n’aurai pas l’impudeur de dire – et de quel droit ? – aux
Bruxellois ou aux Flamands ce qu’ils doivent décider eux-mêmes et surtout pour eux-mêmes. J’insiste sur ce « pour eux-mêmes ». J’aimerais
beaucoup qu’il en soit de même de leur part en ce qui concerne la Wallonie et les Wallons.
La Constitution a consacré le principe de trois régions, tout en gardant le principe
contestable de communautés linguistiques basé à l’origine sur des arrière-pensées flamandes, mais récupérées stratégiquement par d’autres pour en revenir à un semblant de Belgique avec comme
dernière évolution un dernier avatar : la « Fédération Wallonie-bruxelles ». Changement d’emballage, mais même produit.
Amusant de constater qu’en agissant de la sorte, il y a une négation de l’existence d’une
population flamande à Bruxelles et d’une population de langue allemande en Wallonie dont les spécificités culturelles (personnalisables en jargon belge) sont pourtant reconnues et protégées dans
la Constitution.
Pour ne tenir compte que du contexte récent, l’origine des trois régions linguistiques remonte
à très loin et a été concrétisée au cours des temps (1878-1921-1932-1954) et surtout par le « compromis des belges » coulé dans les lois de
1962-63 (dites de pacification !) fixant la frontière linguistique entre les régions de langue française, néerlandaise et bilingue.
Certes, on peut regretter a posteriori que le
législateur de l’époque ait agi sans véritable fil conducteur, avec une certaine méconnaissance des situations locales, tant présentes (à l’époque, je parle de 63) qu’historique (surtout dans les
Fourons), mais c’est une réalité. Réalité qui a été confirmée (et somme toute peu remise en question) par la suite (1977-1988).
Il est intéressant de constater que depuis à l’appui, par exemple, de la revendication de
l’extension de la Région de Bruxelles, il ne s’agit que très peu, ou en tout cas très récemment, de remettre en cause le principe de territorialité, mais bien de contester la façon dont certains
territoires ont été fixés. Même dans la formation politique bruxelloise la plus radicale, je n’ai lu, jusqu’il y a peu, aucune revendication d’extension des droits des francophones au delà des
zones litigieuses, dans les communes de la périphérie bruxelloise où une certaine francisation s’est produite après 63. Il y aurait donc les bons francophones pour qui ça vaudrait la peine de se
battre et… les autres ?
Je constate que dans un cadre où les régions linguistiques (à l’exception de la région de
langue allemande) avec les Régions au sens d’entités fédérées, aucune force politique francophone ne réclame de modification des frontières régionales. Il en va de même dans « l’autre
camp » où aucune force politique flamande représentative (donc, hors associations romantiques ou encore en voie d’évaporation telles que Voorpost, TAK ou encore Vlaams Belang - et merci pour
ça à Marie-Rose Morel (*) quand même !).
Le retour à un principe évolutif des frontières régionales me paraît difficilement envisageable
tant cette question est devenue émotionnelle à un point tel qu’il est quasiment impossible d’en débattre sereinement. Non pas en principe de « conquête de territoires » ou de
« privilèges linguistiques » à moins d’un compromis qui ne pourrait être passé qu’entre trois forces politiques dominantes (majoritaires)
dans chaque région qui pourrait corriger les régimes linguistiques et l’appartenance régionale des communes (ou parties de communes) litigieuses qui ont contesté le traitement qui leur a été
réservé en (depuis ?) 1963. Renforçant ainsi le principe de territorialité, ce qui impliquerait forcément la fin définitive (ou à la rigueur extinctive) des facilités, la scission de
l’arrondissement de BHV et le renforcement du principe de territorialité dans l’enseignement, la culture et les « matières personnalisable », autant dire une négociation de séparation
entre Etats. On peut toujours rêver. Si du côté flamand, l’idée progresse, ailleurs…
J’en reviens aux reproches « d’anti-bruxellois » qui me sont faits. Evidemment,
chacun lit mes propos avec les filtres qui lui sont propres. Chacun est libre d’interpréter les choses à sa manière en fonction de son histoire personnelle, de son éducation, de sa culture pour
rester dans le concret, ou de ses croyances acquises avec - forcément - la part d’irrationalité que ça comporte. Ce qui explique que si je m’inquiète évidemment des droits des habitants
francophones de la périphérie bruxelloise (on ne me reproche jamais de m’inquiéter de ceux des Fourons) au même titre de ceux d’autres habitants d’autres régions – proches ou non - du monde, je
réagis et je continuerai à exprimer ma plus vive méfiance à l'égard de tout projet qui impliquerait selon certains, comme Pierre-Yves Monette récemment, un élargissement de Bruxelles parfois
considérable au Brabant wallon ainsi que dans d'autres communes de Wallonie. J’estime avoir le droit légitime de défendre ce territoire wallon qui fait partie de l’aire latine et française (où je
suis né et où je vis) tel qu'il est fixé depuis presque un siècle.
Pour le reste, je soutiens les Bruxellois, comme les Flamands, dans leur droit de décider pour
eux-mêmes et s’ils le souhaitent vraiment, j’aspire à ce qu'ils s'émancipent. Mais leur avenir ne regarde qu’eux-mêmes. Tout comme celui des Wallons.
(*) Lire à ce propos l’excellente analyse de Michel Henrion qui remet bien les choses en
perspective : http://blogs.rtlinfo.be/sanslanguedebois/?p=877&preview=true
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Des chiffres peu connus et encore plus rarement diffusés…
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Recensement linguistique en pourcentage
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1846
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1954
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Néerlandais
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Français
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Anderlecht
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90
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10
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O(a)uderghem (Watermael à l’époque)
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98
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2
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Bruxelles-Brussel
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60
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39
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Haren
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100
|
0
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La(a)eken
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79
|
21
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Neder-Over-Hembeek
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99
|
1
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Etterbeek
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97
|
3
|
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Forest-Vorst
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93
|
7
|
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Ixelles-Elsene
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54
|
46
|
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Jette
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87
|
13
|
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Koekelberg
|
98
|
2
|
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Molenbeek
|
85
|
15
|
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|
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Schaerbeek
|
72
|
28
|
|
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|
Saint-Gilles-Sint-Gillis
|
83
|
17
|
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Saint-Josse-Ten-Node - Sint-Josse-ten-Noode
|
49
|
51
|
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Uccle-Ukkel
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95
|
5
|
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Watermael
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98
|
2
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Woluwe-Saint-Lambert-Sint-Lambrecht-W.
|
100
|
0
|
|
|
|
Woluwe--Saint-Pierre-Sint-Pieter-W.
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99
|
1
|
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|
|
|
Néerlandais
|
Français
|
Néerlandais
|
Français
|
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Berchem-Sainte Agathe
|
|
|
100
|
0
|
|
Evere
|
|
|
100
|
0
|
|
Ganshoren
|
|
|
100
|
0
|
|
|
Néerlandais
|
Français
|
|
|
|
Krainem
|
100
|
0
|
|
|
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Drogenbos
|
89
|
11
|
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Linkebeek
|
100
|
0
|
|
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Rhode-Sainte-Genèse- Sint-Genesius- R.
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94
|
6
|
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|
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Wemmel
|
99
|
1
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Wezembeek-Oppem
|
99
|
1
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Mise à jour d'après : http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20110217_088
Johan Vande Lanotte – qui en principe sait de quoi - il parle a donné, ce matin devant un collège d'invités de l'Université de
Gent, sa vision de ce que le futur local pourrait être :
« Les négociations peuvent progresser si un point final stable en ressort. »
Il imagine une « Union Belge » qui existe par 4 états
fédérés: Flandre, Wallonie, Bruxelles et la communauté germanophone. Cette union respecterait aussi bien la territorialité au niveau des états fédérés que la solidarité au niveau
confédéral.
Dans une telle Union, il y aurait une répartition claire des tâches aux différents niveaux, des responsabilités financières
particulières et des règles claires sur la teneur des rapports entre l'Union et les états confédérés.
Les compétences régaliennes de l'Union Belge resteraient donc entre autres la défense, les affaires étrangères, la
coopération au développement, l'immigration, l'asile et le financement de la sécurité sociale.
Ce qui implique un transfert et une réorganisation des compétences actuelles à rendre homogènes comme l'enseignement, le
bien-être, l'environnement et la culture. Ensuite s'y ajoutent de nouvelles compétences comme la politique de l'économie et de l'emploi, la justice et les dépenses de la sécurité
sociale.
Un beau progrès en attendant mieux, non ?
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