J’ai déjà écrit que les objectifs du Mouvement wallon fédéraliste qui ne demandait qu'un
fédéralisme économique, étaient trop modestes. Ce fût en effet une grave erreur que de minimiser les aspects culturels et de croire que les revendications du mouvement flamand se limiteraient à
ce domaine et étant ainsi satisfaites la « paix communautaire » pourrait enfin régner...
D’autant plus que la confusion induite par l’accent mis sur la « solidarité
Wallonie-Bruxelles » a occulté le fait régional et les identités au profit de ceux qui comme Monsieur Maingain se sont ralliés à la thèse flamande des communautés. Au grand bonheur des
adversaires de l’autonomie wallonne (pensons à leur fumeux fantasme sur le « repli wallon »…) et les nostalgiques de la Belgique unitaire.
Dans la Libre d’aujourd’hui, Paul
Piret, probablement un des journalistes actuels le plus vigilant sur les intérêts wallons, fait écho à la lettre ouverte au Gouvernement wallon envoyée par les animateurs du « Mouvement du manifeste pour la culture
wallonne ». (1)
Si en marge de la commission Arena (2) (3)
(4)
dite Busquin-Spaak dominée par la vision du FDF, Demotte et Picqué avaient proposé une
« fédération Wallonie-Bruxelles » mettant l’accent sur la prééminence des régions (5), Piret constate que « la législature Olivier s’est à coup sûr enclenchée sur - comment dire? - une "incorporation" poussée et inédite de
la Région wallonne et de la Communauté française »… Bien vu !
S’étonnant du silence des régionalistes, il cite quelques extraits de la lettre
montrant que « (…) la Communauté Wallonie-Bruxelles n’est plus un espace de solidarité mais celui de transferts unilatéraux structurels et permanents de la Wallonie vers Bruxelles »,
tout en prenant soin de se distancier des auteurs, c’est prudent.
Il n’empêche, la Région wallonne participe pour environ 200 millions au refinancement de la
Communauté, alors que la Région bruxelloise s’y est refusée.
Piret conclu en écrivant « qu’objectivement, les questions posées ne sont pas sans
intérêt. Voilà une organisation intrafrancophone retravaillée qui, jusqu’ici, n’a pas fait l’objet du moindre débat. Or, elle le mérite. M. Demotte a beau préférer "l’ordre du concret à la
tuyauterie institutionnelle", on ressent déjà combien la dynamique voulue d’une "fédération Wallonie-Bruxelles" (appellation encore incontrôlée) se heurte aux difficultés voire aux impossibilités
- institutionnelles comme financières - pour les institutions bruxelloises d’y participer vraiment. Qu’il s’agisse de la Région-Capitale ou même déjà, voire surtout, de la Cocof qui est pourtant
uniquement francophone ».
Après avoir été le moteur du développement de toute la Belgique depuis 1830 jusqu’en 1980
(et encore !), et à l’heure où un nationalisme identitaire bruxellois est en train de grandir, on voit aujourd’hui combien la Wallonie s’est fait piéger dans ce jeu de la
solidarité.
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