La Cour internationale de Justice de La Haye a donc reconnu la légalité internationale de l'indépendance
du Kossovo (*), proclamée unilatéralement voici deux ans et demi. Cet avis juridique, non contraignant, et portant si j'ai bien compris sur la méthode, est une évolution juridique
considérable.
Certes, cette reconnaissance est la porte ouverte à d’autres déclarations d’indépendances. Reste à voir si
les régions qui se sentent pousser des ailes auront le courage politique de le faire. L’Ecosse, la Catalogne probablement. La Flandre ? Ça reste à voir. Aura-t-elle vraiment les cinq minutes
de courage politique que ça demande ?
Cette jurisprudence pourrait bien ouvrir la porte à une échappatoire honorable au « problème belge.
Nul doute que les négociateurs réunis autour du préformateur doivent y penser…
Les bruxellois qui ne se sentent ni Wallons, ni Flamands vont-ils profiter de l’occasion pour absorber
dans leur rêve (nationaliste) de « District européen » en sortant les communes colonisées de la périphérie flamande du « joug flamand » ? Les « francophones de
la périphérie » feront-ils mieux ou aussi bien que les Albanophones du Kossovo ?
Quoi ? Parler de « colonies » à propos de communes à facilités vous
choque ?
Rien n’est plus éloigné de mon esprit que la provocation. Face à la réalité historico-sociologique à laquelle nous sommes confrontés, il s’agit bien de cela ! Le terme de « colonisation » est beaucoup plus adéquat
à la situation de ces communes (comme de celles des Fourons d’ailleurs) qu’il ne l’était à l’ère dite « coloniale », pour laquelle il constituait une sorte d’abus de langage. A l’ère dite «
coloniale », et qu’il vaudrait mieux vaudrait appeler « impériale », l’Etat impérialiste ne transférait pas sa population. Il conquérait, fondait un empire. Ce fut d’ailleurs une brève parenthèse
vite refermée. Tandis que la colonisation actuelle, francophone comme flamande, mais aussi « économico-religieuse » pour élargir le concept, mérite bien mieux son nom, étymologiquement.
Elle a d’ailleurs des conséquences mille fois plus graves, puisqu’elle implique un remplacement, d’une population par une ou plusieurs autres. Il ne s’agit pas, cette fois, pour le « peuple
colonisé » (Flamands comme Fouronnais mais pas seulement), de perdre son indépendance un moment : il s’agit de disparaître, de s’effacer, de se dissoudre et même. D’être persuadé qu’il n’a
jamais existé, qu’il a rêvé son histoire et son existence même.
C'est un des effets néfastes de l'existence de la Communauté française. Néfaste aux Wallons, on ne le dira jamais assez
!
Tiens, avez-vous remarqué que le terme générique « francophone » remplace presque systématiquement celui de
wallon pour qualifier les populations du… « Sud du pays ».
Que devenons-nous ? Que Wallons-nous encore ? Comment Wallons-nous réagir ?
Ce n’est pas de la provocation de ma part, mais bien du ressentiment. Cette volonté d’effacement de notre
identité n’aurait pas été possible sans l’effondrement culturel dû, pour la plus grande part, au désastre du système éducatif. Un peuple qui connaît son histoire et qui sait ses classiques ne se
laisse pas mener béatement dans les poubelles de l’Histoire. L’enseignement de l’oubli, l’inoculation scolaire de l’inculture, la bêtification de masse sont les conditions indispensables à la
survie de la Belgique.
(*) Kosovo étant un anglicisme. En français, on écrivait jusqu’il y a peu « Kossovo »…
Il faut tout de même faire remarquer que c'est la Gauche qui n'a jamais cessé de daboliser l'identité, comme on vient de le voir pendant le débat national organisé par la Droite sur l'identité des Français. La Gauche accuse de fascisme tout ce qui ne correspond pas à son idéologie universaliste, se rendant par là elle-même coupable de dictature intellectuelle sur le peuple de France à force de nier ce qui fonde la personnalité des gens, l'identité culturelle. La Droite n'est pas en reste, traitant le peuple français d'"amalgame" et délégant son premier ministre pour inogurer la mosquée d'Argenteuil, énorme usine à bourrage de crânes islamique, qui fait son discours à côté d'une petite fille voilée (symbole de l'infériorité de la femme), avant d'offrir un repas halal à quatre cents personnes aux frais de la République ! Il ne faut donc pas s'étonner que nos "élites", toujours l'oeil rivé secrétement sur la France, en perde leur wallon et verse dans l'indéfinissablement mou.