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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 05:52

Le 6 août dernier, Paul Durieux répondait ceci à un commentaire sur le blog de l’AWF : « Le RWF a connu les résultats électoraux que vous connaissez. Je crains que vous ne connaissiez pas la situation interne de ce groupement politique. Quant au mouvement wallon, il n’existe plus. Ce n’est pas moi qui le dis, mais une personne autrement qualifiée qui l’affirme : M. Paul Delforge, coordinateur du Centre d’Histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. La Belgique et ses médias de langue française ont réussi à "belgifier" complètement la société wallonne. Celle-ci est chloroformée et vit dans un état second où seul le noir-jaune-rouge est un refuge, refusant de constater que la Flandre ne veut promouvoir que le noir et le jaune.

Ce constat est terrible et le réveil ne pourra être que très douloureux ».

Indépendamment de la situation interne actuelle du RWF (sur laquelle je n’ai aucun avis, et que je ne connais pas)  je ne peux que rejoindre le constat terrible concernant le Mouvement wallon.

Tout a été fait depuis le Congrès national de 1945 pour l’anéantir. C’est à partir de là que les « élites » belgo-flamandes  (pléonasme qui peut se traduire par « francophones ») ont tout fait pour belgifier notre peuple. Et à part quelques sursauts en 60-61 et lors de l’aventure du Rassemblement wallon, ils semblent bien y avoir réussi… jusqu’ici.

Ils ont utilisé toutes la puissance des médias à commencer par la télévision qui soirée après soirée (à l’exception des quelques émissions d’Henri Mordant) ont distillé un dégoût de l’identité wallonne (traités de géviculteurs, paresseux, inconstants, frivoles, imprévoyants, etc...). Et ça, dans tous les domaines, il est bien connu qu’un sportif qui gagne ne peut être que  belge, le même s’il perd est au mieux wallon, au pire désigné par son appartenance communale.

La discréditation de notre passé entretien cette détestation de soi qui sommeille désormais en chaque Wallon (en quoi, nous sommes bien proche de la culture française…°)

Ils ont menti sciemment et avec constance. Présentant systématiquement les choses sous un angle anti-wallon. Les plus anciens d’entre nous se souviendront des moqueries concernant les Wallons qui auraient dépensé tout leur argent à soutenir des « canards boiteux » alors qu’en réalité, à l’époque, tout était entre les mains des capitalistes bruxellois (la fameuse Société générale de Belgique en particulier) pour qui l’objectif a toujours été uniquement de gagner de l’argent et qui ont maintenu un appareil industriel situé en Wallonie sachant parfaitement qu’il était obsolète pour « permettre - à la Belgique - de gagner la bataille économique du charbon et de l’acier de l’après-guerre » tout en préparant l’avenir en détournant les fonds européens de reconversion au profit de la Flandre. L’argent n’a pas de patrie ! Quévit a parlé – à juste titre - d’un pillage de type colonial des richesses wallonnes. Et ce n’est pas fini, pensons à la filière bois, à l’eau, etc…  Regardez ce que la Belgique a fait, en un petit siècle, d’une ville de très grande culture comme Liège pendant qu’ailleurs, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille sont devenues des centres de développement et de référence.

Comment s’étonner que les Flamands reprennent à leur compte et si facilement les mensonges belgicains nous concernant ? Alors que la presse belge fait semblant de s’offusquer, elle qui a tant contribué à construire notre mauvaise réputation.

Ils ont fait disparaître la presse d’opinion régionale au profit de rédactions situées à Bruxelles quand ce n’est pas en Flandre.

Ils ont remplacé »l’Histoire de Belgique » (où de ci-delà apparaissaient encore par hasard des références à certaines fort anciennes de ce qui aurait pu notre histoire) par une vague « étude du milieu » asexuée et sans références. Ils ont compris qu’un Peuple privé d’histoire est destiné à disparaître.  Avec comme conséquence immédiate qu’on fait de de nos jeunes des « citoyens du monde belgo-européen » avant d’en faire des Wallons aimant leur pays. Même encore aujourd’hui, les jeunes enseignants sont encore complètement imbibés de l’histoire revisitée par Pirenne et ignorent tout du passé glorieux, ancien comme récent,  de la Wallonie. Alors, que deviendront leurs élèves ? Dans ce monde globalisé où les identités se dissolvent et la mémoire devient ultra-courte , la profondeur historique est une nécessité.

Plus grave, ceux qui se présentaient encore il y a peu comme les continuateurs de l’action wallonne ont nié leur identité. J’entends encore les dirigeants du RWF ou d’autres associations ou cercles d’études  clamer qu’il n’y a pas de Wallons, pas de Wallonie, qu’une nation wallonne est impossible que nous sommes des « Français indifférenciés parce que curieusement sans attaches locales ». Ajoutant leurs outrances à celles des belges. Cette attitude a grandement contribué à leur faire perdre toute crédibilité. Y compris plus grave, à la crédibilité du rattachisme lui-même alors que celui-ci.

Qui dans les partis politiques osent encore simplement se dire et se présenter en régionalistes à l’heure d’aujourd’hui ? Ils sont vite mis à l’écart ou alors sont retraités…

Certes, des occasions ont été perdues, nous avons tous notre autocritique à faire. Mais au-delà, que faire Pour que cet hiver belgicain passe le plus rapidement possible ? Parce que, après tout, Léopold 1er, qui prêta le serment constitutionnel le 21 juillet 1831, partageait l'opinion des diplomates de son temps, lesquels estimaient que la nouvelle Belgique était une construction artificielle. En 1859, le roi allait même écrire à son chef de cabinet Jules Van Praet que : «La Belgique n'a pas de nationalité et, vu le caractère de ses habitants, ne pourra jamais en avoir. En fait, la Belgique n'a aucune raison politique d'exister.»

Il nous manque, à nous Wallons, cette fierté que l’on sent chez les Américains, les Chinois, les Britanniques, les Espagnols et qui est manifeste dans leur manière de vivre avec leur Histoire, leur héritage. Je n’ose plus dire la même chose de la France qui sacrifie la sienne au nom de la repentance et du politiquement correct.

Il est temps, en France, comme chez-nous de dire que notre héritage n’est pas honteux, qu’il est source de fierté, ce qui nous aidera à reprendre confiance en nous.

Il faut répondre au coup par coup aux trahisons de nos élites intellectuelles et politique.

Si un jour, les Wallons veulent encore exister ; dans la forme de nation qu’ils auront choisie, Il faut inverser notre rapport au passé pour y voir non une source de lamentations, mais une source de confiance. Réconcilier les Wallons avec leur histoire, Bref, faire naître -  ou plutôt renaître - un roman national wallon. Qui, à part des intellectuels conscients de leurs devoirs envers leur Peuple peuvent le faire. Dire avec émerveillement, avec des mots simples, ce que nous devons aux siècles passés avec leur part d’ombre et de lumière et dont nous pouvons être fiers ?

À ceux qui - parmi nous – se plaisent encore à se définir comme héritiers du Mouvement wallon ou simplement qui aiment la Wallonie, pensons à cette strophe d’une fable bien oubliée dans le contexte mondial actuel :

« Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans. »

« Le laboureur et ses enfants »
Jean de la Fontaine

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Published by Claude Thayse - dans Réflexions
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commentaires

Le Dernier Wallon 30/08/2014 11:49


Excellent article.


Les élites "belgo-flamandes" dont vous parlez... elles ont apparemment trouvé de puissants soutiens chez les "représentants" Wallons.


Di Rupo... Flahaut... Laaanan... Onkelinks... et chez les libéraux, cela ne vaut guère mieux, cf. Louis Michel, de Decker, etc.


Petite quesiton : n'est-il pas étrange que des partis où la maçonnerie est si présente soient aussi belgicains, anti-wallons et royalistes ?


Comment certains initiés peuvent-ils se prétendre républicains en se couchant devant la monarchie ?


Comment osent-ils nous faire peur avec l'extrême droite alors qu'ils sont plus royalistes que Degrelle ?


N'est-il pas étrange que le secteur socioculturel francophone, dont les idéaux sont largement ceux de la maçonnerie (et de la laïcité) soit devenu le rouleau compresseur de la belgitude en
Wallonie ?


Ce pays n'est pas qu'une création de la bourgeoisie catholique, loin s'en faut... et il serait bon de reconnaître enfin la responsabilité de certains milieux dans le maintien artificiel de
l'entité belgicaine.


Lépold Ier, lui-même initié, ne déclarait-il pas, je cite de mémoire : la Belgique est une sale boutique. Le seul intérêt, c'est de se constituer une fortune personnelle. Si c'est vrai, cela en
dit long...


Il ne faudrait tout de même pas toujours prendre les profanes pour des... comment dire? Pour des belges.


Cordialement,


LDW

Claude Thayse 01/09/2014 10:59



Cher anonyme,


En principe, j'hésite ou refuse de répondre à ce type de commentaire.


Je ne suis pas là pour juger ou critiquer les choix philosophiques des personnes qui sont avant tout des citoyens et à ce titre libres de leurs choix.


Je ne me permets de ne critiquer que des choix politiques.  Toute autre attitude est discéditante.


Permettez-moi ausssi de relever des erreurs dans vos propos, Laanan (Bruxelloise) et de Decker (Flamand francophone de Bruxelles) ne sont pas des Wallons.


Je n'ai pas votre connaissance (en tous cas, pas la même) des idéaux de la maçonnerie et je ne peux donc absolument pas vous suivre dans vos certitudes.


Si ce pays n'est pas une création de la seule bourgeoisie catholique, elle y a plus que participé (il aura fallu attendre de nombreuses années pour voir un premier gouvernement qui ne soit pas à
majorité absolue caholique après 1830...) puisque l'émeute qu'on a appelée "révolution" était dirigée contre une Hollande protestante...


Enfin, votre pseudo me semble un peu usurpé. Je puis vous assurer qu'il y a encore bel et bien de nombreux Wallons qui se revendiiquent de cet état et qui sont très loin d'être les derniers



 



« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

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