Ceux qui connaissent ce blog depuis sa création (avec plus d’un
million de pages vues depuis le 14 novembre 2005 !) à l’époque où j’ai été amené à reprendre la présidence d’un parti devenu si peu rassembleur auront suivi l’évolution, ou plutôt
« l’affinage » de ma vision. Partant rattachiste militant pur et dur, sans trop de nuances, sympathique mais inefficace, cette évolution a été nourrie de divers apports dont l’excellent
texte sur « Le vrai visage des Français ».
Du billet militant : « Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec
le syndrome de Stockholm ! » à celui sur «La fin du syndrome de Waterloo
? » et « La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? » ou encore
« La
Wallonie sur la voie d'une organisation nouvelle ? » à ceux plus récents, mais nullement contradictoires avec les premiers, sur l’indispensable identité wallonne dont je
retrouve une belle synthèse dans ce beau texte d’Arnaud Pirotte qui fait le tour du
sujet, je retrouve – modestement - une constante qui me rassure. Celle d’être capable d’intégrer, d’écouter, de continuer à réfléchir, à prendre du recul, bref à évoluer. Ce n’est pas simple dans
le milieu politique, fait de croyance ou d’opportunisme ou encore d’hyper-certitude, de continuer à marcher hors des sentiers battus. Une éducation à la pratique du « doute raisonné »,
si elle n’est pas un handicap n’est certainement pas le meilleur moyen de se faire des « amis » dans ce monde où règnent les croyances parfois irrationnelle qui - précédant et
prédéterminant les convictions - s’opposent à la vérification et demeurent inaccessible à la contradiction et aux arguments raisonnables.
Ethiquement, ma position, mon message politique ne peut se baser que sur la multitude d’éléments factuels, d’indices, de
témoignages, sérieux et souvent concordants recueillis personnellement ou rapportés par d’autres. C’est – je le reconnais - une forme d’intime conviction, qui est une « croyance
raisonnable » en quelque sorte.
En mai dernier au premier (et dernier !) congrès de « W+ », je
disais que « nous étions les vrais continuateurs du Mouvement wallon, celui de nos grands anciens, les Albert Dubois, Jules Destrée, François Bovesse, Maurice Bologne et tant d’autres qui
avaient déjà clairement défini la voie à suivre en parlant de « peuples indépendants et libres ainsi que d’intégrité française de la Wallonie ». J’ajoutais que, dans cette logique, « nous
devions réclamer d’urgence l'émergence de quatre Régions autonomes par le transfert de nouvelles compétences et des moyens correspondants de l’Etat fédéral. Dans un souci de cohérence, de
simplification de dynamisation et surtout d’efficacité. En particulier le transfert des compétences de l'actuelle Communauté française aux Régions, wallonne et bruxelloise. Régions égales en
Droits, libres et autonomes. C’est que, pour la Wallonie, cette maîtrise indispensable de compétences essentielles, comme l’enseignement et la culture, vont renforcer une identité négligée, mais
historiquement fondée sur la fraternité et l’égalité, et agiront comme un puissant moteur de changement social, culturel et économique ». J’ajoutais à ces notions de Régions (avec une
majuscule car il s’agit d’entités humaines qui ont rang d’Etats, quelle que soit par ailleurs la terminologie utilisée.) libres et égales en Droits, « le droit de s’associer deux à deux en
fonction de leurs intérêts propres, mais aussi de s’adosser à un pays voisin pour les mêmes raisons ». Autonome en effet, la Wallonie peut sortir de la logique belge qui veut que son
économie soit mise au service des autres. Le monde a changé, les frontières et les relations entre états européens ne sont plus les mêmes. Une Wallonie souveraine pourra – librement – choisir ses
alliés ». Ajoutant : « Par exemple, un pays voisin dont nous partageons tant de chose sans perdre pour autant nos spécificités. Une Wallonie souveraine sera libre de négocier les
accords qui lui conviendront avec ses voisins. Sans subir ! »
J’ai constaté que ce terme « d’adossement » a été repris à plusieurs
reprises dans la presse ou sur des fora politiques.
Et confirmant la justesse de ma vision, dans l’interview donnée
dans le « Paris-Match – édition Belgique » du 8 juillet dernier, Jean-Pierre Chevènement disait clairement que « si nous le demandions, et si en toute hypothèse les Flamands
prenaient leur indépendance – conditions qui ne sont pas aujourd’hui réunies – je trouverais juste de les accueillir dans la République française sous un statut à déterminer. Ce pourrait être le
statut actuel avec un simple rattachement de la sécurité sociale wallonne à la sécurité sociale française ».
Le confédéralisme n’est donc absolument pas le « fédéralisme
des cons » suivant une expression autant malheureuse que ridicule, mais une étape essentielle, la meilleure chose qui puisse arriver à la Wallonie pour le moment. Je répète : celle-ci, souveraine, sera libre de négocier les accords qui lui conviendront avec - tous -
ses voisins. Sans subir !
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