Regardez attentivement cet extrait :
http://video.rtlinfo.be/video/153138.aspx
On y entend Olivier Maingain déclarer : « Il faut tuer le
nationalisme flamand qui veut faire de la scission de BHV le levier pour aller vers l'indépendance de la Flandre avec Bruxelles en Flandre, donc l'élargissement de Bruxelles est une nécessité
pour l'avenir même de ce pays. »
Ce pays, c’est évidemment la Belgique de papa dominée par les
francophones de l’axe Bruxelles-Anvers que vient encore de dénoncer Michel Quévit.
Voilà une déclaration qui va certainement décevoir ceux qui,
en Wallonie, croyaient avoir compris que le « FDF » avait évolué et pouvait se poser en « parti pour les
Wallons ».
Les pauvres ! Il est vrai qu’en politique, les promesses
- surtout à demi mot ou implicites – n’engagent que ceux qui y croient…
Belges ils sont, et le resteront. Belges jusqu’au bout, malgré
les faits. Certains pensaient trouver des accents gaulliens chez Maingain. Fatale erreur, par rapport au Général, Maingain, c''est plutôt Salan et le FDF, c’est plutôt l’OAS, mais sans les bombes. Un OAS du pauvre, quoi !
BHV, ce conflit de frontière est le résultat du flou des
compromis précédents. Depuis 1963, je déconseille d'ailleurs à ceux qui m’en font part de s’installer dans les communes de la périphérie bruxelloise, puisque – et j’en ai eu la preuve à plusieurs
reprises par mes beaux-parents (qui ont fondé l’école fondamentale de Wemmel à l’époque ce qui leur a valu d’être la cible des « promeneurs flamands sous la conduite d’un certain Wilfried Martens
- » à un point tel qu’ils ont vécu pendant plus de six mois avec un combi de gendarmerie dans leur cour) qui ont vécu cette époque sur place – et pour qui il était entendu, tacitement,
implicitement, en 1963, que les facilités ne seraient jamais que temporaires. Ce qui explique peut-être la persévérance des Flamands, puisque si elles ont été bétonnées au moins dix fois depuis,
elles ont été remises en question autant de fois.
Beaucoup n’ont jamais voulu comprendre qu’il y a deux nations
qui se « disputent » (pour les Flamands) ou se « partagent » (pour les belges) un même territoire… Les Flamands se sentent -paradoxalement- en situation d'insécurité, linguistique, politique,
économique (ce qui n'est pas contradictoire avec une situation de domination locale). Ils souhaitent réduire ce sentiment d'insécurité et développent une « stratégie du bunker», de forteresse,
comme en Albanie communiste. Il faut en prendre acte.
Mais nous, (les Wallons, mais aussi les Français et les
Bruxellois d’expression française,) avons le devoir d'en tenir compte et de nous arcbouter, non pas tellement sur les grands principes, mais tout simplement la matérialité concrète de nos
intérêts. Comme De Gaulle en Algérie.
Hormis le plan du FDF revendiquant des communes du Brabant
wallon (Waterloo et Braine-l'Alleud), aucun autre parti bruxellois (ni flamand) ne le fait. Par contre la région de Bruxelles demande à la Flandre de respecter la volonté des habitants des
communes à facilités, en nommant les candidats bourgmestres, et de rétrocéder ces six communes s'ils veulent la scission de BHV, c'est un litige avec la Flandre ne concernant pas la Wallonie. Au sens territorial bien sûr. Je ne parlerai pas du projet d’un fonctionnaire français qui défend une théorie d’agrandissement de la Région de
Bruxelles qui a séduit quelques néo-rattachistes peu concernés. En voici brièvement la version minimale : frontières avec la Flandre : le Ring (périphérique) au nord, à l'Ouest, à l'Est, au sud :
frontières avec la Flandre puis la
Wallonie : route puis chaussée du Mont St Jean à l'Est, et
autoroute E19 Bruxelles-Nivelles-Charleroi- Paris à l'Ouest, jusqu'à leur jonction à Ittre, au sud de Braine-l'Alleud, englobant aussi le centre de
Waterloo. Il fourni également en fonction de son auditoire une version plus étendue amputant le Brabant wallon (territoire roman depuis la conquête romaine de près d’un tiers de sa population
depuis le canal de Charleroi jusqu’à l’autoroute E411 !
Sans compter que cette stratégie en chambre imposerait le
bilinguisme des administrations (et donc de emplois réservés aux Flamands de facto à des populations qui sont nées ou ont choisi de vivre en français. Le « point de vue de Sirius » n’est pas
toujours la meilleure position.
Leterme devant l’intransigeance du FDF et de l’Open-VLD
présente la démission de son gouvernement. Je suppose que le roi va temporiser. Attendons donc de voir ce qui va se passer. La dramatisation est une vielle technique de
négociation…
Prenons du recul. Et observons lucidement la situation.
Il est possible que les proposition de M. Dehaene (et
redisons-le : de tous les partis flamands) de scission et de limitation de Bruxelles pourraient bien servir à terme les positions (la lutte de libération dans ce cas d’hypothèse) des habitants «
francophones » (Bruxellois périphériques ayant fait le choix de s’exprimer en français) car en isolant sur son territoire devenu national
une minorité significative de citoyens n'ayant nullement envie
de se faire assimiler, la Flandre ne se tire pas ainsi une balle dans le pied. Car enfin, voyons quelle serait la situation après cette situation acquise : certes, la Flandre aurait fait
coïncider toutes les communes du Brabant Flamand à son territoire national unilingue, mais, en revanche, n'aurait pas fait un pas de plus vers l'assimilation de Bruxelles avec sa majorité
d’habitant ayant adopté le français comme langue administrative, qui résistera, nul doute, tout en se créant un énorme problème de minorité intérieure non reconnue et vouée à la stigmatisation.
Un Kosovo en devenir…
Observons aussi que le long terme ne joue pas en faveur de la
langue flamande à cause du vieillissement de sa population. Ceux qui me lisent depuis la création de ce blog savent qu’en cas de rupture, les frontières régionales pouvant facilement devenir des
frontières d’états, le confédéralisme à trois ne pouvant pas plus (ou mieux) marcher que le fédéralisme à deux (les communautés ou trois (les régions). Cette stratégie, par sa radicalité, ne peut
qu'amener sur la
Flandre que la responsabilité d’un désordre international… au
cœur de l’Europe qui est déjà bien malade. Et l’apparition d’une puissante pression française percolant à moins de 15 km de Bruxelles.
Evidemment, ce regard est un peu… cynique, certes
!
Mais n’est-ce pas ça aussi la politique ? Le rationnel et
l’analyse (si pas la prospective) prenant le pas sur l’émotionnel ? La raison d’état sur les principes pour faire triompher les deux en même temps. Il y a eu de grands exemples dans le
passé.
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