Mon ami Jean-Sébastien Jamart mène en ce
moment une campagne salutaire, mais que je pense vaine s’il espère vraiment un changement plus que cosmétique. Il plaide pour une réflexion et une rénovation des structures de son parti.
Salutaire parce qu’elle montre qu’il peut encore y avoir des gens qui réfléchissent. Vaine parce que j’observe que ce parti a entamé il y a quelques temps un processus qui n’est pas sans rappeler
celui qui a mené entre 1976 et 1981 à la destruction de la seule forme politique historique cohérente du Mouvement wallon, le Rassemblement wallon.
Cette maladresse des dirigeants, cette mal-gouvernance, nous
aura ainsi fait perdre plus de 30 ans. Discréditant et décrédibilisant tout un mouvement et déstabilisant des militants sincères qui n’avaient pas besoin de ça. Au grand bonheur des adversaires
d’une cause qui n’ont eux-mêmes que peu d’arguments à faire valoir, si ce n’est l’inertie, le déni, la peur, la méconnaissance ou au mieux la défense d’acquis qui ne sont et ne seront de toute
façon pas mis en cause.
Nous sommes dans ce débat là plus dans le domaine des
croyances, du dogmatisme et de l’irrationnel que dans celui de la réflexion. Tout ça est évidemment propice au dénigrement quand ce n’est pas – encore plus stupide et plus toxique – au recours à
la personnalisation des débats en en faisant des questions de personnes plutôt qu’au vrai débat d’idée. Nous sommes loin du sain débat démocratique dans le respect des différences, de la
fertilisation croisée entre les connaissances de chacun, de l’enrichissement collectif.
C’est un ancien président d’un parti traditionnel, je crois,
qui a dit un jour qu’un parti démocratique ne se gère pas démocratiquement… Que dire alors de ceux qui n’ont plus de fonctionnement démocratique qu’un vague
vernis ?
Si j’avais deux conseils à donner à mon ami, ainsi qu’à ceux
qui pensent comme lui, c’est, premièrement de se tirer de ce piège, vite fait. Après 10 ans d’existence, cette structure a montré qu’elle était irréformable de l’intérieur. C’est après tout le
lot de toute structure, le principe d’entropie est plus fort que les agents de changement. Sans compter que dans toute structure partisane, et donc humaine, on a bien montré - au-delà des
rapports de force - que le facteur d’inertie le plus puissant est l’incapacité qu’ont les hommes à aller à l’encontre d’un engagement fait en public. Même s’ils se rendent compte de leur erreur,
il est plus facile de persister dans l’erreur que de changer de comportement ou d’engagement. On appelle ça l’auto-manipulation. Peut-être la forme la plus puissante de manipulation parce
qu’acceptée et rationnalisée par ceux qui en sont les victimes...
Le second conseil, c’est de faire autre chose. On dit, en
effet, que quand quelque chose ne marche pas, il faut cesser de faire toujours plus de la même chose. Nos actes produisent des résultats, et ces résultats sont plus ou moins aidant pour atteindre
nos objectifs. Il faut en tenir compte.
Ensemble, nous possédons probablement toutes les ressources
nécessaires au développement de notre cause. Il est toutefois nécessaire d'organiser ces ressources potentielles pour qu'elles deviennent opérationnelles.
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