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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 19:36

Si Luc Van Der Kelen (qui « se sent toujours belge, et pas flamand en premier lieu »…),  dans « Le Soir » se montre modéré dans ses propos, il est néanmoins très clair.  L’élargissement de Bruxelles ? : « C’est la seule chose qui n’est pas négociable »

Et pour cause !

Je reste confondu devant la mauvaise fois des partis traditionnels (ou plus récemment par les calculs électoraux de partis francophones sociologiquement bien implantés en périphérie bruxelloise comme le MR et le CdH) et des organes de presse francophones qui taisent aux citoyens la réalité politique et institutionnelle qui s’est imposée le 31 octobre 1962 lors du « clichage » de la frontière linguistique par 130 députés (dont 93 élus dans les arrondissement flamands) contre 56 autres (dont 45 élus d’arrondissements wallons). « Clichage » qui a été complété par l’adoption de la loi sur l’emploi des langues et la reconnaissance des quatre régions linguistiques le 2 août 1963 ainsi que par l’inscription dans la Constitution des Régions linguistiques le 24 décembre 1970. Constatons donc que depuis 1963, et à plusieurs reprises, ce choix politique de la frontière linguistique a plutôt été confirmé que remis en question malgré un échafaudage de délicats compromis.

La Constitution (et personne ne remet ça en cause) précise que les limites des Régions ne peuvent être changées ou rectifiées que par une loi adoptée à la majorité des suffrages dans chaque groupe linguistique de chacune des Chambres…

 

Quand Mme Milquet – dont le parti a voté touts les réformes - ou Monsieur Maigain proposent de rendre la province de Brabant flamand bilingue ou d’agrandir Bruxelles au Brabant wallon, c’est de la démagogie.

Cette revendication d’élargissement de Bruxelles est purement tactique. Qui y croit vraiment, en réalité ?  

 

Dans la dernière parution de la « Revue nouvelle » Pascal Fenaux analyse avec pertinence et documentation les mensonges et errements des partis traditionnels qui ont gaspillé depuis plus de quarante ans une énergie démesurée pour ce qu’ils persistent à appeler curieusement un faux problème. Curieusement baptisé « faux » alors qu’en même temps, ils annoncent des scénarios de jour en jour plus catastrophiques(en quoi et pour qui ?) comme la scission de la Belgique, l’indépendance flamande (et alors ?), l’étranglement financier de Bruxelles et l’effondrement de la Wallonie…

 

BHV n’est pas un faux problème, c’est une illusion politique et tactiquement entretenue et contrairement à ce que dit le « Sénateur- j’étais professeur de Droit constitutionnel » « Désespérée », un vrai problème. Sinon, comment expliquer que ces trois lettres ont fait tomber quatre gouvernements en trois ans ?

 

C’est un réel problème en ce fait :

- que on maintien l’opinion publique dans un sentiment d’insécurité,

- qu’on condamne les enjeux économiques et sociaux au second rang des préoccupations politiques,

- qu’on a contribué à cabrer l’opinion publique et, en conséquence les partis flamands, qui confondent allègrement « francophones impérialistes » et Wallons,

- qu’on a laissé, quand ce n’est pas incité, des Bruxellois francophones et étrangers à s’installer en périphérie de Bruxelles dans un territoire qu’ils sont sensés savoir constitutionnellement et définitivement administré en néerlandais depuis 1963, BHV est scindé depuis 47 ans !

- qu’il y a un déficit démocratique dans les cantons de Halle-Vilvoorde, puisque les partis cités plus haut puisent allègrement dans un vivier de plus de 75000 électeurs francophones auxquels ils n’ont pas (ou peu) de comptes à rendre mais sont d’une importance énorme en matière de constitution des majorités dans le collège électoral français et donc sur la manière dont la Wallonie y est prise en compte. (*)

- que les partis des deux camps se sont radicalisé en « néo-belgicains agressif » d’un côté et objectivement flamands de l’autre avec les dérives exclusives et discriminatives que sont l’interprétation sous forme de circulaires (Peeters, Keulen, etc) des décrets par tous les partis. Dois-je citer celles en matière de logements publics et aussi privés ?

Il y a d’autres conséquences, particulièrement en matière sociale en Région de Bruxelles même, mais je vous invite à lire l’article de Pascal Fenaux.

 

Même si la loi de 1963 n’est pas allée au bout de sa logique et si, à cause de ceux qui ont refusé d’intégrer (et ont même ou même nié) le caractère territorial et linguistique des « compromis des belges », le « jusqu’auboutisme belge » aura couté très cher  - non seulement à la Wallonie, je l’ai écrit souvent ici – mais aussi, à titre individuel à ces gens qui, s’installant en toute confiance dans la périphérie bruxelloise, ont été trompés par leurs représentants politiques. Eux, ils savaient !

 

Il y a quelques années, on pouvait encore, dans l’intérêt de ces francophones égarés, espérer sauver quelque chose. Il reste maintenant, en fonction du résultat des élections à négocier au mieux le divorce puisqu’il sera difficile de former une majorité fédérale sans les partis dits nationalistes flamands, l’entêtement francophone sur la scission de BHV aura, pour les tenants de l’aveuglement néo-belgicain, comme conséquence que ce seront ces partis les moins intéressés à la poursuite de la Belgique qui sortiront renforcés du scrutin. Mais, en face qu’aurons-nous ?

 

Le fait aussi que Van Der Kelen décerne à Di Rupo un titre « d’homme d’Etat » n’incite guère à l’optimisme.

Au mieux, nous retournerons aux urnes dans l’année.

 

 

 

(*) A ceux qui estiment que la reconnaissance du caractère flamand serait une tragédie pour les francophones égarés (comme l‘écrivait déjà Jules Destrée en 1929 !) on peut rétorquer que la scission de l’Université de Louvain a apaisé les esprits dans la ville universitaire, que les francophones seront toujours libre d’être candidats et de voter pour des listes francophones. Encore que, pour les élections régionales de 2009, 58% des électeurs francophones ont apporté leurs suffrages à une liste francophone (UF) alors que 42 % des électeurs (toujours francophones) ont voté pour une liste flamande classique.

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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commentaires

Bxxl 08/06/2010 14:56



les communes à facilités "historiquement flamandes", dites-vous. Deux objections:


1) Quand on fait référence à l'histoire, il est logique de remonter jusqu'aux premières traces connues. Or, avant l'arrivée des flamands, ces terres étaient gallo-romaines, donc
généalogiquement francophones.


Si on suit votre argument historique, il faut vite rendre Water-loo à la Flandre, non?


Par ailleurs, vous rappelez qu'en 63, une minorité de francophones a voté cette frontière. C'était un mauvais choix, fait dans un esprit d'apaisement qui n'a pas porté ses fruits. Qu'est-ce qui
empèche de réparer ce mauvais choix?


Un parallèle: dans des tas de pays, des gens ont voté il y a très longtemps des lois itronisant la peine de mort. C'était un mauvais choix. Depuis des décénies, de plus en plus de pays
réparent ce mauvais choix en abolissant cette peine.


Rien n'empêche de faire de même pour la frontière linguistique. D'autant qu'elle est née d'une malhonnêteté indiscutable: Alors que le recencement décénal des populations était la loi en vigueur
en Belgique, les flamands qui se disent si soucieux du respect scrupuleux des lois ont nié cette loi et refusé de faire un recensement qu'il savaient en leur défaveur. Or ce resencement aurait
été l'expression de la démocratie et aurait débouché sur une fronière honnête. Je sais que des francophones naïfs (une minorité de francophones) ont voté la frontière, mais cela ne retire rien du
caractère malhonnête de sa genèse.


Réparons, recensons. Et si Flobecq ou d'autres communes frontalières devaient devenir flamandes, ce ne serait, tout autant, que l'expression de la démocratie.


 



Claude Thayse 15/06/2010 11:53



Gallo-romaines ou Celtes ? En réalité, constituée entre le IVème et le IXème siècle, la frontière linguistique
est née des densités différentes de populations germaines et gallo-romaines qui s’y étaient implantées. Au nord de l’ancienne voie romaine Bavay-Tongres, on y parle le flamand, au sud le picard,
le wallon et plus tardivement le français. Cette ligne est restée quasi figée jusqu’au XIXème siècle, les différences de langues mais aussi de caractères et de mentalités entre Flamands et
Wallons y préexistant avant même la création de la Belgique en 1830.  C’est en 1932, sous la pression conjointe des mouvements flamand et wallon que
la frontière des langues acquiert son caractère politique.


Le tracé de la frontière linguistique a fait l’objet de nombreuses publications. Je vous invite à vous y référer : Génicot, Rousseau,
etc…


 


Votre parallèle est audacieux. La peine de mort a été une « tradition » héritée d’un lointain passé barbare, je n’ai pas connaissance qu’à
l’aube de nos civilisations on ait décidé tout à coup démocratiquement de voter une loi appliquant la peine de mort. Au contraire, son abolition un est un signe d’évolution vers plus
d’humanisation de la civilisation. Cette comparaison n’est-elle pas exagérée dans la situation qui vous préoccupe ?


 


Et dans la minorité de francophones (que vous qualifiez de naïfs), vous devriez préciser qu'il y avait une majorité de Bruxellois...
francophones.


 


 


 


 



Jean-Paul D'Haeyer 06/06/2010 16:14



Pourquoi ne pas proposer un "lien territorial" entre Bxl et la Wallonie en rattachant les "communes à facilité" .....  à la Wallonie ?


Comment diable n'y a t-on jamais pensé ?



Claude Thayse 06/06/2010 17:40



Avez-vous lu l'article ?
Pour plusieurs raisons. La première est que les communes à facilité sont historiquement flamandes.
Ensuite, Les "communards à facilités" sont évidemment sociologiquement  infiniment plus bruxellois que Wallons.  


Et pourquoi vouloir à tout prix un lien territorial ? Nous sommes au XXIème siécle. Je me rends très régulièrement à Bruxelles et il n'y a pas de frontière visible. Pas de "Check point". Nous
sommes en Europe et il n'y a plus de frontières. Bruxelles n'est pas isolée en territoire hostile. Ce n'est pas le Berlin de la guerre froide.



francolatre 05/06/2010 17:09



Le même Van der Kelen se montre plus lucide que de coutume dans la Libre du 3 juin en écrivant: "Si même la famille De Croo devient confédéraliste, c'est que la fin est toute
proche" ou encore "Le 14 jun, nous aurons une toute dernière occasion, vraisemblablement la dernière, de faire une concertation raisonnable". Un peu plus loin, ce "modéré"
avance comme proposition une régionalisation des pensions afin que la Wallonie paye seule pour ses fonctionnaires. Bonne chance à Di Rupo pour composer un programme et une équipe de
gouvernement. 



Claude Thayse 05/06/2010 18:16



La régionalisation des pension sera l'acte fondateur de la fin de la Belgique. Abbye !



FDB 05/06/2010 13:00



De quoi je me mêle?



Claude Thayse 05/06/2010 18:15



J'avoue avoir hésité à publier ce commentaire courageusement anonyme. Je déroge à vcette bonne habitude parce qu'il montre jusqu'à que niveau d'aveuglement peuvent aller certains extrémiste
francophones bruxellois. En lesur "qualit", ils n'hésitent jamais à donner leur avis (j'allais écrire dénigrer...) sur la Wallonie,. Par contre, vous ne pouvez pas - jamais - en tant que Wallon
doner un avis sur Bruxelles. Amusant, non ?


Ces gens sont ausi incoinscents que les pseudo rattachistes qui sont leurs alliés objectifs, ainsi que paradoxalement ceux des Flamands les plus odieux. Ils prennent beaucoup de plaisir à mettre
en scène ine image misérabiliste de la Wallonie.



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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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