Six mois depuis les dernières élections fédérales...
Je peux comprendre que ceux qui n’ont pas encore compris – et il ne faut pas demander à des pseudos
experts en finances autoproclamés et surtout américains - de comprendre le mode de fonctionnement d’un micro-état européen connu pour son chocolat, ses gauffres et ses « french fries
»… Il est vrai qu’un état « normal » sans gouvernement, ça craint d’habitude.
La nuance que ces « experts n’ont pas comprise, c’est que les Régions sont des états en voie de devenir et
que ces états ont des compétences qu’ils utilisent au mieux en fonction des moyens dont ils disposent. A ce propos, en réponse à ceux qui habitant en Belgique qui n’ont pas compris que grâce au
fédéralisme, la Wallonie a pu enrayer sa descente aux Enfers, il suffit de regarder les résultats (en pertinence et efficacité) de la politique économique mise au point par le Gouvernement
wallon. Malgré ça, il y a encore bien du chemin à parcourir pour amener l’ensemble des citoyens de chez nous à abandonner les vieux clichés, l’image débilitante d’une Wallonie engluée dans la
torpeur, la résignation, l’impuissance. D'autant plus que nous voyons , à la faveur de la crise, revenir les partisans du retour à un état unitaire dominé par une certaine Flandre et ses alliés belgicains.
Souvenons-nous, il fut un temps où les Wallons étaient fédéralistes, alors que les Flamands, majoritaires
dans l'Etat unitaire, préféraient jouer la carte « du minimalisme ». Le fédéralisme, mis en place beaucoup trop tard ne pouvait évidemment pacifier la Belgique. Le fait d’être entré à reculons
dans les réformes pourtant nécessaires et avec l’intention de les rendre les plus inopérantes possibles a abouti à un salmigondis institutionnel lourd et complexe, dont la propagande populiste
belgicaine a fait ses choux gras. Que penser en effet de ces 49 % de Wallons qui, selon un récent sondage, souhaiteraient le retour à l'Etat unitaire avec suppression des Régions et des
Communautés ?
Cette idéologie belge est devenue folle. Folle parce que amnésique : pour croire qu'un Etat unitaire, sans
Régions ni Communautés, mettra un terme au conflit, il faut en effet n'avoir aucune mémoire, et n'avoir tiré aucune leçon des événements qui jalonnèrent les soixante dernières années. Folle parce
qu'elle met ses espoirs dans un projet qui n'a pas la moindre chance de se concrétiser, qui va à l'encontre de toute solution raisonnable !
Le « patriotisme belge » trouve là son fondement, dans le conditionnement identitaire, l’ignorance volontaire
par les élites et le rejet de l’Histoire (*). Par populisme, par suivisme d’une opinion qu’ils ont contribué
à déboussoler, des Di Rupo, Javaux, Milquet, Maingain, Reynders-Michel et Cie jouent un jeu très dangereux. A cause d’eux, nous serons tous perdants.
Pour le reste, les négociations institutionnelles, qui se souvient qu’en réalité, elles
durent depuis 4208 jours, soit 11 ans, 6 mois et 7 jours…? Depuis le 13 juin 1999, le gouvernement Verhofstad-Michel a mis subtilement la négociation au frigo tout en faisant semblant de négocier
tout – on s’en souvient – n’étant demandeur de rien. Soyons sérieux, on s’et moqué des Flamands. Tant qu’il n’y aura pas d’accord sur l’institutionnel, il n’y aura plus de gouvernement
fédéral.
Et si les Régions prenaient la relais ? Pour la Wallonie, il est urgent et nécessaire de
créer le lien obligé entre l'économie, l'enseignement et la culture et ainsi travailler à l'appropriation de l'identité wallonne !
(*) « Nos sociétés
démocratiques – et le journalisme – seraient fondées sur l’idée que les citoyens ont envie de savoir. Pourtant le refus de savoir l’emporte très souvent sur la quête de la vérité, comme si
l’ignorance était plus convaincante et l’illusion plus confortable» . (JP Marthoz)
Tout cela est, hélas, bien réel! Mais je ne vois plus comment lutter contre l'inertie des masses en non-mouvement. Les belgicains sont loin de comprendre que la triste réalité sera, non pas "Wallonie, terre d'accueil" mais "Wallonie, colonie flamande". L'influence des médias est primordiale. Cela me rappelle, il y a 50 ans d'ici , mon grand-père qui me disait: "C'est écrit dans le journal, donc c'est vrai!".
Il y a effectivement 65 ans que les conservateurs ont compris comment mentir au Peuple. De "c'est écrit dans le journal" à "vu sur RTL", ils n'ont jamais cessé de faire des progrès !
Finalement le problème ne ressort pas de la psychiatrie, mais de la virologie. Le belgicisme est un virus de pensée ! Et il est mortel !
Oui et voilà pourquoi, il faut espérer que Baert garde le cap de l'évaporation de " La Colonie pénitencière" belgeoise.
Bonne fin d'année aux lecteurs.
Je voulais écrire "Colonie pénitentiaire". Navré.
@ Coche P: non, c'est bien pénitencière car il faut faire pénitence!
Quand on lit les déclarations de BDW et de EDR dans la presse, on se demande pourquoi ils continuent des négociations pour maintenir la Belgique?
Mais ils sont fous, oh oui!
Anne Roekens nous mettait en garde (au colloque sur la grève de 60 à Liège, le 11 décembre dernier), sur le danger à ne voir qu'une seule RTBF. Soit. Le 14 décembre, les évocations de 60 ont été en général bien faites. Sauf celle de "Face à l'Info" confinant à.... Les mots me manquent pour qualifier l'attitude du responsable de cette émission.
Il invite Mark Eyskens (le fils de Gaston Eyskens qui fit réprimer avec une rare violence cette grève portant légale) et (parce que, dans l'annonce, 50 et 60 étaient liés), Vincent Dujardin dont le léopoldisme presque inconditionnel est connu. + un historien flamand qui intervint peu.
Rien d'autre.
Vraiment rien puisque toute la demi-heure se passa à évoquer l'avenir de la Belgique face aux crises de son unité sans quasiment aucun mot sur les grèves de 60.
Il me semble que l'on n'est jamais allé aussi loin dans le pur et simple escamotage de l'histoire.
La RTBF se veut impartiale et indépendante mais elle ne l'est pas quand il s'agit de la Belgique et des Belges qui, certes, sont parfois décrits de manière critique, mais à qui d'amples compliments sont souvent faits sur tous les plans (culturel, politique, économique etc.). Il est rare que dans cette télévision, il y ait (je vais risquer un mot qui vaut ce qu'il vaut), la moindre tendresse pour la Wallonie. C'est déjà assez insupportable. Ce n'est pas neuf. Quand on pense que La Libre Belgique a consacré toute une semaine à évoquer le sens des grèves de 60.
Notons que le PS ne vaut pas nécessairement mieux. Je n'ai guère vu de personnalités socialistes assumer le souvenir de la plus formidable grève ouvrière en notre histoire (par sa longueur, sa dureté, l'obstination de ses militants). Une grève qui d'ailleurs prend place avec son importance dans le mouvement ouvrier universel. On trouve sur Internet d'amples renseignements sur cette grève principalement en langue anglaise... Il y a dix ans Le Monde lui consacrait un article tout à fait important.
Cette grève n'a pas encore bénéficié de la vaste synthèse historique qu'elle mériterait. Il existe une grande biographie d'André Renard mais pas assez de réflexion sur le renardisme (voir ce mot sur google), sauf chez B.Francq (qui est assez pénétrant). La synthèse de Francine Kinet dans sa thèse de doctorat de 1985 reste inédite.
Le véritable mai 68 de la Wallonie n'est pas mai 68 mais l'Hiver 60 une sorte de "Temps des cerises" en plein coeur d'un hiver si froid mais avec des coeurs si chauds qu'il fait de la Wallonie un pays qui a rencontré la grandeur. Nous ne l'oublions pas. Nous ne l'avons jamais oublié. Nous ne l'oublierons jamais.
Je voulais le commenter ici pour lutter contre l'oubli non en fonction du passé mais de l'avenir.
Merci José ! Je partage !
En réponse aux commentaires précédents.
J'approuve et apprécie votre idée de virologie dans l'analyse de la situation. mais j'inverse le point de vue. Ce sont les idées régionalistes et rattachistes qui représentent l'infection virale contre laquelle lutte les média et les politiques avec des doses massives d'antibiotiques. Bon ce n'est pas un très bon message politique mais l'idée est claire. Le terrain n'étant pas encore favorable nos partis restent faibles. Mais a nous entretenons un foyer d'infection en attendant un terrain favorable et une résistance aux antibiatiques . C'est évidement frustrant mais c'est déjà un résultat et qui sait nous progresserons peut être au prochaines élections.
Evidemment associer un nom négatif comme virus, épidémie, maladie à nos idées si cela a le mérite d'être didactique n'est pas une bonne façon de communiquer avec le public et parler de levures plutôt que de virus est trop confus. Il est difficile d'être clair et communiquant en évitant la langue de bois.
De toute manière notre mouvement ne doit pas atteindre la majorité ou les scores de la NVA. Il nous faut juste assez de poids pour "obliger" les partis de pouvoirs à revoir leurs positions belgicaines et peut être rentrer dans un gouvernement progressivement àla manière d'Ecolo en évitant les erreurs de celui ci. C'est l'opinion publique qui doit changer le reste viendra par surcroi.
Je relève aussi la citation du Vif : Un ciel si sombre ne s'éclaircira pas sans une tempête (Shakespeare). et j'ajoute que l'idéogramme chinois signifiant crise est composé de deux autres qui signifié danger et occasion. Mr Thayse va avoir l'occasion de tancer mon pessimisme mais nous ne sommes pas assez en crise ni assez dans la M.... pour que le wallon se réveille. Mais nous y allons lentement mais sûrement. Je n'ai jamais imaginé que la scission de la Belgique préalable à l'adossement a la France ne serait pas coûteux voir très coûteux. Mais cela reste un investissement pour le futur.
Pour avoir un incendie il faut accumuler assez de combustible ici de la peur et de la rancoeur et un détonateur. C'est le boulot de la NVA et des marchés.
Et si tout simplement nous admettions que les wallons se moquent des problèmes institutionnels. Seuls les problèmes socio-économiques les intéressent, et encore. Quelle descente aux enfers depuis 1960 pour les régionalistes dont je fais partie depuis lors. Je suis découragé et j'ai arrêté de rêver à une Wallonie libre et autonome. Je n'ai plus la force de me battre contre ces partis francophones belges. Même au pS, il n'y a plus grand monde pour défendre le régionalisme des Renard, Terwagne, Merlot, Dehousse et autres. Je ne verrai sans doute jamais aboutir notre projet de 1960.