Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 09:41
J'ai retrouvé ce texte (engagé !) écrit en mars 2005 et toujours d'actualité...
 
Août 73, un évadé de prison tente de commettre un hold-up à Stockholm. L'intervention des forces de l'ordre l'oblige à prendre en otage quatre employés. Il obtient la libération de son compagnon de cellule, qui vient immédiatement le rejoindre. Les médias rapportent les surprenantes déclarations des personnes détenues : « Nous avons pleinement confiance dans les voleurs qui nous protègent contre la police. » Six jours de négociation aboutissent, finalement, à la libération des otages au cours de laquelle ceux-ci s'interposeront entre leurs ravisseurs et les forces de l'ordre. Par la suite, les otages refuseront de témoigner à charge lors du procès, contribueront à leur défense et iront leur rendre visite en prison. L'une des victimes, tombée amoureuse finira même par épouser un de ses ravisseurs... Un peu comme dans l’enlèvement des Sabines de Tite Live…
 
Parmi les critères qui permettent d’établir le diagnostic de ce syndrome, retenons le développement d'un sentiment de confiance et de sympathie des otages vis-à-vis de leurs ravisseurs et l'apparition d'une hostilité des victimes envers ceux qui veulent les libérer.
 
La situation dans laquelle les « élites » belges maintiennent les Wallons et Francophones de ce royaume en sursis n’est pas sans analogie avec ce phénomène.
 
Par le truchement de la particratie et des médias subsidiés à leur dévotion (la télévision surtout), ils ont patiemment créé ce qu'on pourrait appeler un syndrome de Stockholm de second ordre. Amener la population à une attitude de dépendance, de pensée déconnectée de la réalité: En effet, écoutons ce qu’ils disent  : «Peut-être les Flamands arrêteront-ils si nous accédons à leur demande ». Pire  encore : « peut-être le problème est-il imputable à notre manière de faire (nous Wallons, serions paresseux, gréviculteurs…). Peut-être y a-t-il moyen de raisonner ces gens. Peut-être devrions-nous nous abstenir de réagir, afin de donner une chance à la Belgique, etc...»
 
Il n’y a rien d’autre dans le message politique principal des PS, CdH, Ecolo, MR  : « Nous ne sommes demandeurs de rien ». Et c’est ce rien qui leur tient désormais lieu de programme politique. Rien, ce n’est vraiment pas grand-chose et pourtant, tout est là, tout est dit !
Ce que nous entendons, c'est un message lénifiant : « vivre ensemble malgré tout » qui entretient des attentes impossibles (par exemple, via les résultats de sondages nationaux où 10 réponses équivalent à un pourcent d’opinions…).
 
Aujourd’hui comme hier, ils cherchent à nous leurrer. Ce message présuppose qu'aurait déjà existé une communauté de pensée entre une majorité de Flamands et de Francophones sur le devenir de la Belgique. Une communauté que le discours de quelques politiciens en mal de notoriété aurait brisée et que l'on chercherait à recréer. On sait pourtant que depuis l'avènement du nationalisme flamand moderne, la mésentente fut la règle et les accords, l'exception.
Léon Dion, politologue à l'Université Laval, a bien démontré que ce type d’attitude n’aboutissait à rien. C’est ce qu’il a appelé la «théorie des attentes croissantes» où chaque concession accordée ou chaque attente créée mène invariablement à une escalade des revendications.
A force de vouloir concilier l'inconciliable plutôt que d'assumer avec sérénité et respect nos désaccords mutuels, on risque de re-basculer dans une espèce de «beau risque» à la belge. Avec le même investissement d'efforts, la même dynamique malsaine de concessions qui se terminera par le même cul-de-sac politique, la même déception, les mêmes déchirements entre partisans, les mêmes reculs pour nous. Et un coût décuplé…
 
Un marché de dupes !
 
Nos élites ont ainsi et en quelque sorte confisqué (ravis ?) la capacité de réaction de nos compatriotes. La résignation tranquille associée à la peur d’un avenir en dehors de la Belgique entretenue par le système ! Nos concitoyens, devenus alors de plus en plus passifs et confus, aspirent avant tout à l'apaisement. A un point tel que les concessions qui seront faites par les partis traditionnels seront interprétées comme un acte de générosité, une victoire ! Attendons-nous donc à entendre dire que, non seulement l’essentiel a été sauvé au lendemain de la « négociation » sur BHV, mais que des avancées significatives auront été obtenues pour nous… Jusqu’à autopsie du résultat.
 
Réagissons !
 
Il faut savoir que si le syndrome de Stockholm se caractérise par un caractère généralement réversible, il est néanmoins susceptible de bouleverser profondément la vie des personnes ayant été détenues, ainsi que celle de leur famille. Au niveau d’un peuple, il peut modifier durablement, voire définitivement, la personnalité, les valeurs et les convictions morales. Les Wallons et les Francophones en sont victimes depuis 175 ans. Le RWF-RBF propose la seule thérapeutique efficace.
 
Sans une saine lucidité, et nous ne devons pas nous faire d’illusion, le syndrome de Stockholm guette, une fois de plus, les décideurs actuels comme il a guetté leurs prédécesseurs. Comme le dit si bien - et de manière si universelle - un des personnages de la pièce de théâtre Rhinocéros d'Ionesco: « Je ne suis pas beau, ce sont eux qui sont beaux, comme je voudrais leur ressembler»... et me les concilier. Voilà leur mode de fonctionnement… Et leur intérêt personnel.
 
C’est dire que davantage que contre les Flamands, c’est un combat contre nous-mêmes et nos représentants politiques que,Wallons et Francophones lucides, nous devons mener sur le chemin de la libération.
 
Heureusement, aujourd’hui nous pouvons constater une évolution majeure : entre partisans et opposants à la réunion à la France, le groupe des indifférents, qui était le plus important, est en pleine déstabilisation. Chacun de nous, doit, et c’est un devoir, diffuser notre message. C’est de plus en plus facile, ce que nous avons annoncé se réalise.
 
Nous vous invitons tous, militants comme sympathisants, à appliquer la technique des révolutionnaires : d’abord convaincre et recruter vos proches. Le temps presse !

Partager cet article

Repost 0
Published by Claude Thayse - dans Réflexions
commenter cet article

commentaires

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Recherche

Réunioniste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Dans Le Rétro...

Pour y réfléchir

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

Autres sujets ?


Merci à
FreeFind !

Sur Le Feu...