Etrange coïncidence ! (encore que…)
Dans "Le Soir" du week-end, Di Rupo affirmait : "Nous avons en réserve une série d'idées, comme l'extension de la région bruxelloise avec un lien territorial avec la Wallonie."
Ce matin, deux dirigeants du MR publiaient une « Lettre aux Wallons » dans laquelle ils rappellent qu'ils plaident depuis longtemps pour une meilleure organisation des francophones, une plus grande solidarité entre la Wallonie et Bruxelles. Rien de bien nouveau me direz-vous.
Cette idée d’élargissement de la Région bruxelloise à son Hinterland naturel n’est pas nouvelle. Dans n’importe quel Etat démocratique, ça n’aurait pas posé de problème. Encore faut-il se rappeler que l’hinterland(*) est une notion économique. Et non politique. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit.
Le Vice-président MR et Président du FDF, parti saprophyte(**) du PRL au sein du MR, exige également l’extension de la Région bruxelloise à presque toute la Wallonie… si on écoute bien ses discours.
Où se ferait ce lien territorial ? Nulle part ailleurs que dans la province du Brabant wallon, la plus proche de Bruxelles.
Vers quelles communes ? Celles qui sont les plus rapprochées de la frontière linguistique. Wavre, peut être exclue parce qu'il faudrait alors déterminer un autre Chef-lieu pour la nouvelle province.
La Hulpe est envisageable (elle avait d’ailleurs déjà été menacée à l'époque des lois Gilson – 1963 !), mais présente l'inconvénient de ne pas être contigüe d’une commune flamande dotée du régime dit « de facilités ». Une situation d'ailleurs semblable pour Wavre qui serait également exclue pour cette seconde raison.
Quelles communes répondraient alors aux critères requis par la pensée Di rupienne ?
Le choix n'est pas large, il ne reste plus que Braine l'Alleud et Waterloo qui possèdent les « caractéristiques convenables » pour fusionner avec la région bruxelloise, les deux villes jouxtant la commune à facilités de Rhodes Saint Genèse. Déjà Di Rupo avait pointé le bout de l'oreille en annonçant il y a quelques semaines que cette commune à facilités pourrait faire la liaison entre la région de Bruxelles et la Wallonie.
Inquiétant. Deux des principaux partis francophones seraient ainsi en train d’accorder leurs violons sur notre dos. Le fait que ces communes perdraient ainsi leur statut linguistique français pour devenir de facto bilingues (et donc pourvoyeuse prioritaire d’emplois aux « nés flamands » comme à Bruxelles) semble bien être le cadet des soucis des généreux Di Rupo et Maingain. En venant avec cette proposition, il s'agit uniquement de pouvoir s'asseoir à la table de négociation avec une monnaie d'échange dont une fois de plus la Wallonie ferait les frais. Quant à l'avis des habitants, on s'en passerait tout naturellement...
Le danger ne vient pas toujours des Flamands !
Merci à Pierre Bary pour avoir attiré mon attention !
(*) Zone d’influence et d’attraction économique
(**) "Germe" ou "végétal" qui vit sur un hôte, se développant à partir de matière organique inerte...
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