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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 10:19

Ce qui est étonnant dans les propos d'Yves Leterme à Libération, c'est que certains fassent mine de s'étonner ! 

Sa sortie médiatique fracassante (pour certains francophones qui ne se rendent pas encore compte que, pour les Flamands, la Belgique c'est bientôt "Leterminus" - d'accord, ce n'est pas très bon comme jeu de mot mais...) de ce jeudi ne permet plus le moindre doute sur ses intentions quant au devenir de l'Etat Belgique. Rien de neuf sous le soleil gris de la faillite belgicaine. Leterme est resté très modéré, très en deçà de ce qui se dit habituellement,t en Flandre.  

Les réactions indignées de vierges effarouchées des présidents de partis traditionnels wallons et bruxellois francophones traditionnels oscillent - laborieusement - entre l'indignation "à tout hasard" et le constat "vaille que vaille". Quand ce n'est pas carrément de l'hypocrisie pure comme ce Ministre président wallon qui, connaissant fort bien Leterme et sa parfaite connaissance de français, estime pourtant que les propos rapportés par le journal "doivent découler d'une erreur de traduction ou d'une mauvaise utilisation de la langue française"...  Ou encore comme ce président d'une section francophone bruxelloise du MR qui menace de déposer une plainte sachant parfaitement que ce n'est que de l'esbrouffe parce qu'elle n'a aucune chance d'être prise en considération.

Certains m'écrivent pour nous apporter leur soutien ou pour nous demander de réagir. La réponse est simple. La philosophie générale de notre message repose sur la positivité de notre projet politique. Yves Leterme et les autres se chargent, bien mieux que nous le ferions nous-mêmes, d'entretenir la sinistrose. sans précipitation. Dans le marasme ambiant, notre objectif, en tant que parti radical, doit être d'observer, de dénoncer, mais aussi et surtout de préparer. Notre choix est un choix positif.  

Enfin, Leterme a particulièrement tort sur un point, on reverra bien la frontière linguistique... lors du partage des dépouilles de l'ancien Etat belge entre les Etats successeurs : La Flandre et la France !


 

DOCUMENT IN EXTENSO - "D'un Etat unitaire à un Etat fédéral"
Yves Leterme, ministre-président de la Flandre, envisage l'autonomie de sa province et souligne les différences entre néerlandophones et francophones. Son interview paru dans le journal Libération, ce jeudi 17 août.
Yves Leterme est le ministre-président de la Flandre depuis 2004. Membre du "Christen-Democratisch en Vlaams" (CDV: démocrate-chrétien et Flamand), de père francophone et de mère néerlandophone, il porte sans complexe les revendications flamandes vers une autonomie toujours plus grande. Il reconnaît qu'il envisage sereinement l'indépendance de la Flandre, mais pas "à court terme".
La notion de "frontière linguistique est-elle une création belge?
Tout à fait. Cela étant, lorsque nous avons fixé définitivement cette frontière entre les néerlandophones et les francophones, en 1963, on a consacré une réalité qui remonte à la chute de l'Empire romain, lorsque les Gallo-Romains ont été repoussés par les peuples germaniques. La différence linguistique entre le Nord, qui a adopté la langue des envahisseurs, et le Sud, qui a continué à employer le latin, date de cette époque. La réalité, très simple, est que la Belgique est une construction infiniment plus récente que la frontière linguistique.
C'est une fois l'espace linguistique néerlandophone reconnu qu'on a commencé à lui donner un contenu politique: il n'y a pas d'autre exemple historique où une frontière linguistique précède ainsi une frontière politique.
En règle générale, les systèmes fédéraux tendent à être davantage fédérateurs. En Belgique, c'est le contraire: nous sommes passés d'un Etat unitaire à un Etat fédéral, et chaque entité fédérée conquiert, au fil des ans, toujours plus de pouvoirs. C'est ce que j'appelle le "fédéralisme centrifuge". Il faut aussi bien voir que cette autonomie grandissante de la Flandre est tout à fait conforme à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, qui estime qu'un peuple a droit à un territoire incontesté, ce qui est valable pour les Flamands et les Wallons. Dans la réalité belge, cela suppose des frontières, des démarcations.
N'aurait-il pas fallu rectifier cette frontière pour tenir compte de l'évolution de la réalité linguistique et politique? Par exemple, Rhode-Saint-Genèse, au sud de Bruxelles, est très majoritairement francophone bien qu'en territoire flamand.
Il n'est pas question de toucher à cette frontière! Si on le fait, je remettrais aussitôt en cause la parité entre francophones et néerlandophones au sein du gouvernement fédéral, où les francophones sont surreprésentés par rapport à leur poids réel dans la population belge. Il est cependant exact qu'il y a des communes en territoire flamand qui sont à 70 ou 80% francophones. Mais l'usage du français y est toléré: c'est ce qu'on appelle les communes à facilités. Cela étant, au départ, l'idée était que beaucoup de francophones allaient s'adapter à la nouvelle réalité linguistique. Mais apparemment les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais, d'où la prolongation de ce statut d'exception.
Pourquoi avoir constitué deux espaces monolingues et non un espace bilingue?
La Flandre, pas plus que la Wallonie, n'a jamais été un espace bilingue, sauf pour la bourgeoisie. Pis: l'Etat belge a longtemps opprimé les néerlandophones en refusant de reconnaître leur langue, considérée comme un simple patois. Aujourd'hui, il est trop tard pour changer cette réalité. Regardez les difficultés des leaders francophones, et même du Roi de ce pays, à parler couramment le néerlandais! Comprenez-moi bien: je suis prêt à discuter de la création d'un véritable espace bilingue, mais je ne crois pas qu'il existe une telle volonté politique du côté francophone.
Aujourd'hui, le fossé entre Flamands et francophones n'a jamais paru aussi profond.
Oui, les différences s'amoncellent, le fossé se creuse. Que reste-t-il en commun? Le Roi, l'équipe de foot, certaines bières...
Est-ce dramatique?
Non. La Belgique n'est pas une valeur en soi, ce sont des institutions au service d'une population. Si les institutions n'évoluent pas pour s'adapter aux désirs des citoyens, ce pays n'a pas d'avenir. Je veux être clair: mon parti ne participera pas à un gouvernement, après les élections de 2007, s'il n'y a pas de nouveaux transferts de compétences vers les régions. La nécessité d'avoir un gouvernement fédéral passe au second plan par rapport aux intérêts de la Flandre. Vous savez, des gens ont vécu ici depuis des siècles et des siècles sans être Belges... La Belgique est née d'un accident de l'histoire, il ne faut pas l'oublier.
Bruxelles, ville francophone, est une épine dans le pied de la Flandre.
Elle compte entre 80 et 90% de non néerlandophones. Mais Bruxelles est à la fois un problème et une opportunité. C'est une ville à vocation internationale qui devrait voir son statut évoluer dans ce sens.
Ecartez-vous la création d'un Bruxelles "district fédéral" sur le modèle de "Washington, D.C.", qui échapperait à l'autorité des Flamands et des Wallons et serait géré par les Bruxellois et les Européens.
Je n'écarte absolument pas cette idée car c'est une possible solution à l'imbroglio actuel.
Une Flandre indépendante changerait-elle beaucoup la réalité politique actuelle d'une Belgique qui ressemble de plus en plus à une coquille vide?
Cela changerait très peu de chose, c'est vrai. Mais je ne suis pas séparatiste par principe: je ne vois pas la valeur ajoutée à court terme d'une Flandre indépendante, même si elle pourrait parfaitement se débrouiller seule. Il y a certaines choses que l'on peut encore faire en commun, par exemple, la solidarité interpersonnelle pour les retraites et les malades. Et puis, vous savez, pour divorcer, il faut être deux.
Recueilli par Jean Quatremer, Libération

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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commentaires

Snow Eric 21/08/2006 11:56

Bonjour,
J\\\'ai entendu à radio les insultes de monsieur Leterme. En tant que français de "Belgique", je me sent révolté par le racisme montant de la communauté flamande et la pacivité du gouvernement vichiste de Wallonie défaitiste et collaborateur. En 1940 un homme seul et désavoué de tous a dit "NON" Il a cru en la France et il a gagné.
Nous wallons, qu\\\'attendons nous pour imiter le Général de Gaule. Renverser le gouvernement de "Vichy" Namur, pardon et dire "NON" à l\\\'ogre flamand et rejoindre la France. Un France qui doute d\\\'elle même et qui doit assurer sa rnaissance peut-être grace à nous.
Alors amis wallons, encore tentés par l\\\'immersion linguistique après ce que vous venez d\\\'entendre. Pour ma part, plus un mot de néérlandais ne sortira de ma bouche. La résistance commence par là.
Merci.
Eric Snow

Un peu de bons sens 20/08/2006 20:38

Je ne vois pas comment on poura imposer à la Flandre de revoir la frontière linguitique.
En cas de création de nouveaux états, les frontières restent les mêmes.
Je ne vois donc pas comment on peu imposer à la Flandre de donner de son territoire.

Claude Thayse 21/08/2006 16:35

Je vous invite à relire, dans les documents, le texte : "L'heure décisive approche pour les Bruxellois"

Michel Ancora 20/08/2006 18:48

Monsieur le Président,selon la sensibilité de chacun et aussi peut-être selon qu'il se sent particulièrement visé ou pas, chacun aura donc une réaction plus ou moins violente.Mais en voulant défendre les francophones et la francophonie il ne faudrait pas non plus jouer à l'autruche et essayer de cacher le problème qui est malheureusement bien réel.Ce problème ne se posera peut-être plus dans un avenir plus ou moins proche mais est quand-même toujours bien présent dans l'actuelle Belgique.Cette réaction n'est à mon sens en rien en opposition avec mon appartenance au RWF, simplement je ne suis pas de ceux qui comme on le reproche au militants du VB crie "Que la Belgique C...", simplement Elle va vers sa mort et mon souhait est que son héritage soit bien géré et c'est là qu'intervient la France.A votre service.Michel Ancora

Claude Thayse 21/08/2006 16:38

Tout à fait d'accord. Vous constaterez par ailleurs que nous dénonçons également.
Toute la difficulté consiste à aller à l'encontre de la "pensée unique" qui veut que "les problèmes communautaires ne sont pas de vrais problèmes"...

Jacques Locquet 20/08/2006 10:19

Je répondrais à M. Leterme qu'il est difficle à un être humain d'apprendre à aboyer flamand.Quant à la scission, qu'on la fasse sur la base du choix  démocratique par référendum, commune par commune, par  réponse à la question : La Belgique se divise : quelle partie de la Belgique choisissez-vous de rejoindre ? La néerlandophone ou la francophone ?".Cependant les élus flamands aboyent mais n'ont  pas de couilles au cul pour passer à l'action , sauf un certain Filip.

Claude Thayse 21/08/2006 16:41

Ce choix (referendum) ne pourra se faire que lorsque le processus de désintégration sera encore un peu avancé. Le tout est de s'y présenter dans les meilleures conditions.  Ce n'est pas l'attitude actuelle (la tête dans le sable) des partis traditionnels qui y mènera !

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
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