Il est parfois utile d’aller voir ce qui se passe ailleurs...
Avez-vous déjà entendu parler de la « Business Route 2018 for
Metropolitan Brussels » (à vos souhaits !)?
Cette plate-forme née de l'initiative des trois organisations patronales Beci-UEB
(Bruxelles), Voka-Comité Brussel et l'Union Wallonne des Entreprises (UWE), avec le soutien de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), cette feuille de route présentée début avril vise à
doper le dynamisme économique de Bruxelles et de sa grande périphérie, en ce compris certaines régions des provinces du Brabant flamand et du Brabant wallon. Au total, le « grand Bruxelles »
ainsi délimité s'étend sur 35 communes et compte une population de près de 3 millions d'habitants.
Ces gens ont compris que l’attirance économique d’une ville est liée à son impact culturel
et relationnel. C’est ainsi que parmi les projets il est prévu de fonder un musée d'art contemporain à Bruxelles, sorte de phare architectural et culturel, créant un effet "Bilbao-Guggenheim" à
l'instar du musée qui a mis la cité basque sur les cartes touristiques. Doter Bruxelles d'un centre pour les médias de "calibre international" et de programmes d'études de haut niveau sur l'Otan
et les affaires européennes ou encore fonder un centre d'accueil des Bric (pour Brésil, Russie, Inde et Chine) afin d'encourager les entreprises de ces pays à forte croissance à s'installer dans
la ville. Plus curieusement (mais c’est aussi une certaine forme de culture, ou en tous cas, ça fait parler de la ville) l'organisation à Bruxelles lors de la prochaine décennie d'un
« événement planétaire » (sic !) comme la Coupe du monde de football… (Enfin si d’ici là la Belgique existe encore…)
Il est tout à fait normal qu’une ville cherche à développer son attirance économique en se
faisant connaître par des organisations ou des constructions de prestige qui la rende séduisante. Les villes wallonnes qui, grâce à la politique économique de la Belgique, ne sont plus des pôles
de développement devraient sérieusement y réfléchir et s’en inspirer. Quitte à bousculer un peu les opinions publiques. Pensons aux ratages que sont le non-achèvement de l’environnement de la
gare Callatrava à Liège ou le refus du projet de l’architecte Botta de construction du nouveau Parlement wallon en bord de Meuse à Namur…
Maintenant il s’agira également d’être vigilant. Cette plate-forme est un bel outil de
développement économique pour Bruxelles. Espérons que ces retombées pourront profiter aux régions des Brabant flamand (là, je n’ai aucun doute…) et du Brabant wallon impliquées. Et surtout ne pas
tomber dans le piège de confondre hinterland (qui est une notion économique) et région politique en utilisant ce projet à des fins bassement politiques pour ramener les projets d’annexion de
communes du Brabant wallon à la Région de Bruxelles.
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