Elie Barnavi, spécialiste des religions et ancien ambassadeur d'Israël en France livre
quelques réflexions dans la dernière édition du Vif.
D'entrée de jeu, il fait remarquer qu'en période d'éclatement des idéologies, on assiste au
retour des identités meurtrière (pour reprendre l'expression d'Amin Maalouf). Le prix à payer est le tribalisme et le communautarisme. Deux maux que nous connaisons bien, puisque le système
belge multiculturel cache en réalité une dérive multicummunautariste. La solution - dit-il - est simple : " il faut rechercher l'homme, l'individu derrière l'empilement d'identités dont nous
sommes tous faits."
Pour lui, le modèle républicain d'intégration à la française est le seul valable. Même si
l'identité nationale française est affaible, elle est suffisament forte pour suciter l'adhésion des nouveaux venus. L'exemple de la loi interdisant le port du foulard islamique dans les écoles
qui est passée comme une lettre à la poste est une preuve de l'efficacité du modèle. Il regrette que ce modèle ne soit pas suffisament appliqué. Coincés entre deux cultures et deux visions du
monde différentes, les "politiciens belges" avec le souci constant de compromis(sions) confondent la diversité culturelle qui n'empêche pas l'adhésion à des valeurs communes fortes avec le
communautarisme qu'ils privilégient et ne conduit qu'à la juxtaposition des valeurs antagonistes. L'exemple hollandais est là pour le montrer, ils sont passés d'une société tolérante à une
société de ghettos, une société fermée. La Wallonie a toujours été une terre d'accueil, d'égalité et de respect mutuel, puissent les dirigeants élus - et en particulier l'olivier qui semble
se profiler chez-nous - s'en souvenir. J'avoue êttre inquièt à la lecture des ouvertures communautaristes aux intégrismes de toutes sortes qui se trouvent dans les programmes de deux de ses
membres pour des raisons que j'espère uniquement électorales.
" L'empilement d'identités dont nous sommes tous faits"... N'est-ce pas la définition la plus complète de ce que nous sommes vraiment. N'est-ce pas la meilleure définition des Wallons, comme
celle d'autres, en France ou encore ailleurs ? N'est-ce pas la première cause d'échec tant de la logique nationaliste belge qu'on a cherché à nous imposer comme, à un autre échelon, de
celle de ces dirigeants, ces "khmers tricolores de la République" qui ont cherché à s'approprier la cause rattachiste en niant aux Wallons leur identité. Terrible convergence
!
Il termine son entretien par quelques considérations sur la Belgique dont dit-il " il
n'est plus possible de recréer une nation. On a laç deux pays qui se vivent comme totalement différents, qui n'ont plus le goût de vivre ensembles et qui finisent par ne plus avoir de mémoire
commune." poursuivant par "ce n'est plus la peine de leur apprendre une histoire commune, qui est une réalité très ancienne (sic !), ils vont l'entendre dans deux langues différentes. (...) Quant
à Bruxelles, il reste à voir si elle pourrait devenir indépendante comme une cité-Etat".
Ne connaissant la Belgique que par ses fonctions localisées à Bruxelles (Conseiller scientifique au musée de l'Europe ... à Bruxelles) , il termine par : " (...) la coupure entre Bruxelles et la
Wallonie est une absurdité".
Evidemment, il ne sait pas que l'expérience d'apprentissage d'une "histoire commune très ancienne" a déjà été tentée et, si elle a échoué, cette tromperie laisse des traces en terme d'identité.
Particulièrement en Wallonie où cet erzatz d'histoire, construite de toute pièce sur celle de la Flandre marque encore les esprits non critiques. Et c'est loin d'être fini.
Hélas.
Enfin, si Barnavi met Bruxelles à part, c'est qu'il n'a pas encore intégré le fait
national - identitaire - bruxellois. Peux-t-on lui en fair grief ? C'est le cas de nombreux journaliste ou politiciens qui devraient s'en rendre compte. Et je n'ose pas écrire intellectuels, mais
c'est tout comme.
Si la Belgique avait fonctionné, personne ne verrait d'inconvénient aujourd'hui à lui trouver des racines profondes dans les états bourguignons (comme le faisait Pirenne), voire dans la Gaule belgique romaine. Avec le recul, évidemment, ces vaines tentatives paraissent bien ridicule...
Et oui, ce qui fait qu'une histoire nationale est "vraie" et qu'une autre est "fausse", ce n'est jamais au bout du compte que le fait que les populations concernées acceptent ou rejettent cette histoire (le "plébiscite permanent" comme disait l'autre).
Ce n'est pas l' "Histoire" (celle des historiens) qui fait une Nation, c'est la volonté de la population de se reconnaître dans cet ensemble qui forme la nation et dont ils appréhendent l'histoire (celle des historiens) en trouvant dans leur passé les signes déterminant leur présent.
Ce qui est très intéressant en Belgique (il faudra qu'un sociologue ou un psychiatre se penche là-dessus) c'est que seule une portion de la population belge croit en la "nation belge". Alors que l'ethnie majoritaire y est largement indifférente (au mieux) ou hostile (au pire)...
Personnellement je trouve ce Monsieur très condescendant à l'égard des Wallons. Il semble ignorer, omettre, oublier que si Bruxelles en tant que Région est une réalité c'est grâce aux Wallons et que si Bruxelles est riche, elle l'est du travail des Wallons.
Ce Monsieur et son mouvement semblent animés d'un angélisme à l'égard de leurs "amis du Nord" que je m'explique difficilement. A les entendre les politiciens Bruxellois néerlandophone semblent, sur les questions communautaires, fait d'une tout autre farine que leur collègue de flandre... et que les problèmes entre Wallons ert Flamands ne les concernent pas...Difficile à croire
Hélas (ou tant mieux ?) je pense que vous avez raison. Il est d'aileurs curieux que tant de Bruxellois se voient "au dessus de la melée". Et que ce soit ce modèle qui soit prôné dans certains milieux qui se veulent intellectuels. Il est de bon ton de mépriser ces basses considérations de "petite politique médiocre" en parlant d'extrémisme flamand qui ne serait que celui d'une minorité tout en stipendiant l'inévitable "repli wallon"...
Bof...