« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès) * « (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar) *
« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de
conscience. » (Armand Gatti)
Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en
entier...sans modération à condition d’en
citer la source.
C’est bien connu, la seule maladie mortelle pour l’olivier est le
« pourridié ».
Les oléiculteurs savent que les conditions favorisant l'apparition
de ce champignon (de pourriture en occitan) sont :
- Un terrain lourd et humide en
permanence.
- Des racines mortes et pourrissantes.
- Des débris végétaux ligneux enterrés avant
décomposition.
- Un arbre affaibli et aux racines
blessées.
- Un amendement avec du fumier frais et non
décomposé.
Constatons le avec sérénité, toutes ces conditions sont bel et bien
réunies avant même que la plantation ne soit faite.
Les résultats des élections ont différé fortement entre les trois
principales régions du pays. On parle même de pays différents. On est bel et bien dans deux configurations socio-économiques, socio-culturelles, qui ont de moins en moins de points communs.
L’idée d’un destin commun est de moins en moins présente. Et ça ne va pas s’améliorer. La stratégie
flamande qui va se développer dans les prochains mois est dictée par la pensée d’un politologue à la KUL (Leuven), Bart Maddens. Celui-ci a largement inspiré la stratégie gagnante de la N-VA et souhaite que la Flandre utilise largement ses
compétences, même en contournant la Constitution, recoure le plus souvent à la procédure du conflit d’intérêts (comme ce fut le cas lors du dernier accord interprofessionnel) et renfloue le moins
possible les caisses de l’Etat fédéral, etc. Bref une stratégie agressive Dès le 7 juin au soir, il n’y avait qu’un seul thème qui retenait l’attention des présidents
de parti flamands : la réforme de l’État. (À l’exception des écologistes (*)de groen), chacun s’accordait sur le fait que la Flandre devait développer au maximum ses compétences. Si les partis
traditionnels semblent se démarquer encore (un peu) des nationalistes flamands quant au but poursuivi. Affichant leur croyance en une Belgique fédérale ou confédérale et s’opposant encore
officiellement au séparatisme, la question – réelle – est de savoir si ce n’est plus qu’une discussion purement sémantique. Après tout, le SP.A demande une réforme sociale de l’État touchant à un
symbole décrit comme essentiel de la survie de l’Etat fédéral, la Sécurité sociale.
Culturellement, la Flandre est plus tournée vers le monde
anglo-saxon et les Pays-Bas; la Wallonie est plus influencé par le débat latin et en particulier français. Reste Bruxelles évidemment où il faudra suivre attentivement la progression de sa propre
conscience nationaliste.
Bruxelles, où rejeté dans l’opposition, on peut compter sur le FDF
pour en rajouter une couche dans ce qu’il sait le mieux faire.
Le terrain est lourd. Rien n’est réglé en matière institutionnelle.
Tout est en place pour que les prochaines élections soient centrées sur une réforme de l’Etat qui n’aura pas eu lieu et surtout sans qu’un certain nombre de réalisations de demandes sociales ne
soient rencontrées. La crise va compliquer les choses plutôt que de rassembler.
Bref, un arbre aux racines mortes, planté sur un terrain
composite (Bruxelles et la Wallonie sont deux entités différentes) bourré des déchets d’un Etat pourrissant, avec un deux partis affaiblis sur trois et le dernier composé de déchets verts
trop frais… J’imagine mal cet arbre à deux troncs résister au choc communautaire qui se prépare. Faut-il le regretter ? Non. Le peu de temps que la branche wallonne
pourra consacrer à la Wallonie ne sera pas perdu. C’est déjà ça.
Pour le reste, les arbres infectés par un pourridié sont souvent
renversés par le vent. Un vent qui viendra du Nord.
NB Les liens vers des articles publiés ont été ajoutés au fur et à mesure de la publication du billet. Ils confirment celui-ci.
(* J’étais aux Amis de la terre
dans les années 80 et opposé à la création d’un parti spécifiquement dédié à l’écologie, considérant que cette préoccupation ne devait pas tomber dans le partisan ou encore sectarisme et le
doctrinaire. Comme l’avait dit un ami à l’époque, éviter de faire en sorte que « l’écologie politique devienne à l’écologie ce que la musique militaire est à la musique »… Mais on
pourrait dire la même chose d’autres tendances politiques, sans compter que chaque idéologie a ses dérives extrêmes...
Partager l'article !L’olivier et les conditions du pourrissement.:
C’est bien connu, la seule maladie mortelle pour l’olivier est le
« pourridié&nbs ...
Tout d'abord, bravo pour la nouvelle présentation du blog. Il est tout aussi clair et plus complet qu'avant, notamment avec les liens qui évitent d'enregistrer une multitude de "favoris" sur son PC. Au sujet de votre billet du jour, tout en partageant vos idées, je constate qu'une nouvelle fois, il est question des "prochaines élections" pour régler le débat communautaire. C'est une vieille rengaine qui nous a été servie la dernière fois en 2007, quand les commentateurs écrivaient que rien ne se réglerait avant les régionales de 2009. Nous y sommes et voilà qu'on nous annonce déjà 2011 comme prochaine étape. Feu Lucien Outers avait raison en disant que la Belgique était un pays qui évolue (très) lentement. Quarante ans qu'il a écrit le Divorce belge, quinze ans qu'il est décédé. Quinze ans aussi depuis la dernière réforme communautaire. A ce train-là, le prof Delperée a raison: nos petits-enfants pourront faire la fête à la reine Elisabeth lorsqu'elle visitera leur école!
Commentaire n°1
posté par
francolatre
le 19/06/2009 à 11h45
Ne soyons pas pessimistes. Une accélération est toujours possible. Des structures comme la Belgique n'évoluent que dans la douleur et sous l'effet de chocs puissants.
Pour la réunion à la FranceMon action se base sur les Valeurs
républicaines, les déclarations
des Droits de l'Homme et du Citoyen 1789 & 1793 La
République indivisible, laïque, démocratique et sociale
Il est tout aussi clair et plus complet qu'avant, notamment avec les liens qui évitent d'enregistrer une multitude de "favoris" sur son PC.
Au sujet de votre billet du jour, tout en partageant vos idées, je constate qu'une nouvelle fois, il est question des "prochaines élections" pour régler le débat communautaire.
C'est une vieille rengaine qui nous a été servie la dernière fois en 2007, quand les commentateurs écrivaient que rien ne se réglerait avant les régionales de 2009.
Nous y sommes et voilà qu'on nous annonce déjà 2011 comme prochaine étape.
Feu Lucien Outers avait raison en disant que la Belgique était un pays qui évolue (très) lentement. Quarante ans qu'il a écrit le Divorce belge, quinze ans qu'il est décédé. Quinze ans aussi depuis la dernière réforme communautaire.
A ce train-là, le prof Delperée a raison: nos petits-enfants pourront faire la fête à la reine Elisabeth lorsqu'elle visitera leur école!