Le 28 mai, j’écrivais « Un duel entre les deux premier
a toujours l'avantage pour ceux-ci de faire oublier les autres et de drainer vers eux des voix qui sans ça se seraient portées ailleurs malgré l'appel à soutenir la progression annoncée
d'Ecolo ». Les sondages ne s’étaient pas trompés, ils ont simplement contribué à resserrer les rangs durant les quinze derniers jours de la campagne. Ils ont donc bien joué leur traditionnel rôle stabilisateur.
Mes prévisions à court terme restent valables. En Flandre,
les partis de l’ancien cartel, et principalement la N-VA, sont les grands vainqueurs des élections régionales en Flandre. Les électeurs flamands
exigent une Flandre plus forte, plus autonome. Si l’extrême droite y recule un peu, la gauche y est réduite
à un petit 20 %.
Il est à observer que seuls les partis demandeurs d’une réforme de l’Etat ont progressé. En face,
chez-nous et à Bruxelles, rien n’a vraiment changé, la Belgique va donc s’engager dans une période de turbulences puisque il sera très difficile de discuter de la réforme de l’Etat malgré le
retour prochain de BHV. Kris Peeters a déjà annoncé qu’il voulait un gouvernement flamand plus combatif.
Après la victoire des « demandeurs de rien » en Wallonie et à Bruxelles on peut
s'attendre à de belles gesticulations.
Une élection cruciale pour notre avenir, donc.
Malgré le battage médiatique important et un climat favorable à l’idée, ce qui était prévisible,
l’option du RWF stagne – ou progresse à peine en pourcentage - dans l’opinion. On peut toujours se dire que les électeurs ont fait ce qu’ils ont l’habitude de faire en période économique
difficile, lorsque l’avenir est incertain, choisir le discours des partis qu’ils connaissent. Mais c’est un peu court comme raisonnement. N'empêche, j'imagine que la faible progression en voix sera considérée là aussi comme une très grande
victoire...
Une raison importante de se réjouir (mais provisoirement,
hélas, la bête n’est pas morte), l’échec des listes d’extrême droite (FN, Wallonie D’abord ! ou encore de la droite extrême nationaliste comme Belgique positif ou
BUB…)
Pour une première expérience, « Wallons » lancé fort tard, à quelques jours des élections
pour ne pas laisser à l’extrême droite l’exclusivité des symboles du combat wallon ne s’est pas mal comporté malgré la confusion (parfois volontairement) entretenue dans la presse avec
« Wallonie D’abord ! ». (*)
M. à J. Je ne m'y étais pas intéressé, mais à Bruxelles, les résultats de pro-Bruxsel et du FDF confirment l'émergence du nationalisme bruxellois dont j'ai déjà eu l'occasion
de vous parler ici. C'est une donnée dont il faudra tenir compte à l'avenir. En matière de volonté d'annexion du Brabant wallon en particulier.
La campagne pour les législatives est commencée. Mobilisons nous. La roue politique tourne toujours. Mais n'oublions pas que la fatalité triomphe dès que l'on croit en elle (**).
(*) Gregory Goethals, l’animateur du Talk-élections de RTL a
avoué à Didier Melin qu’on ne l’avait pas invité plus tôt parce qu’il pensait que « Wallons » était d’extrême droite… Et il n’est pas le seul journaliste dans le cas. Comme quoi, on
peut être journaliste et très mal informé… conséquence de la concentration et centralisation des médias ? Seuls "la Libre" et "Le Vif", mais toute fin en fin de campagne ont
finalement attiré l'attention sur ce problème.
(**) Simone de Beauvoir
Ici, ce qui s'est passé, c'est que les électeurs ont volé au secours du PS. Ce n'est pas la première fois qu les tendances sont inversées par des sondages qui sont de fait assez prédictifs.
"On vole au secours d la victoire ou des perdants", c'est assez courant.
Gauche ou droite, peu importe, ce qui compte ce sont les réalisations; Le modèle social hérité de l'après guerre a été mis en place autant par la droite que par lea gauche et a fait la richesse de nos pys entre les années 50 et les année 80. Il a ensuite été détricoté aussi bien par la gauche que par la droite.
Il n'y a pas de malédiction, mais "on " aime bien taper sur la Wallonie...
Je préfère une Wallonie de gauche à une Flandre de droite extrême.
Bruxelles: le nombre de votes néerlandophones est historiquement bas
Sans vouloir polémiquer, je souhaite vous faire remarquer - mais vous le savez parfaitement - que le site "wallon" ( http://www.wallonie-france-bruxelles.com/election-2009.htm) affirmait son intention de participer aux élections régionales et proposait un formulaire à compléter beaucoup plus que "quelques jours" avant les élections.
Quant à l'argument de "ne pas laisser à l'extrême-droite l'exclusivité des symboles du combat wallon", il est pour le moins surprenant. A moins de nier l'existence d'un autre parti wallon réunioniste ou, pire encore, de considérer qu'il fasse preuve d'indulgence envers ces idées nauséabondes. Ce qui serait pour le moins insultant.
J'espère sincèrement que l'union des réunionistes ne restera pas une chimère perpétuelle et que lors des prochaines échéances, la réunion fera enfin la force.
Que les inimitiés personnelles seront définitivement oubliées et que chacun pourra exprimer ses nuances et jouer sa "petite musique personnelle" dans un parti uni, solidaire et pluraliste.
Bien à vous,
RP
Le RWF n'a jamais dénoncé l'existence de "Wallonie d'abord!". La raison en est simple. Gendebien a toujours considéré que les partis qui font référence à la Wallonie (sous-entendu... "Wallingants" comme dirait leur responsable de la communication) ne chassent pas sur les mêmes terres. Les résultats électoraux semblent lui donner partiellement raison.
Mais je partage le souci exprimé dans votre dernier paragraphe. Nous verrons ce que l'avenir nous réservera.
Pourtant, quand on voit comment l'orientation de la Flandre se confirme, quand on voit la prise de contrôle de certains pans de l'économie par les français (surtout), il serait quand même judicieux de s'interroger un peu sur le devenir réel de ce pays.
Il est important que la mouvance réunioniste ou autonomiste continue à faire son travail d'information. Mais j'ai finalement l'impression que l'avenir des francophones de Belgique se fera sans eux...
Si le mouvement était unifié, il ne s'agirait pas d'une addition, mais d'une multiplication en matière de crédibilité. Espérons que les résultats actuels incitent à un rapprochement.
Pour le reste, d'accord avec vous.