C'est dans l'hebdomadaire Knack, pour Joëlle Milquet, "avec un peu de bonne volonté, la
réforme pourra être décidée après les élections du 7 juin".
Sa recette ?
Elle est simple : "pour mener avec succès des négociations institutionnelles, il faut aller s'asseoir avec les présidents de partis loin des caméras, dans un château ou
ailleurs"... Et tout peut être réglé en un week-end !
Les conditions de réussite ?
Ce dossier doit être discuté exclusivement au sein du cercle fermé des présidents de partis et certainement pas avec les ministres régionaux ou d'autres représentants des régions. Le
fédéralisme ? Connais pas !
Trois réflexions :
Si c'était si simple, pourquoi ne pas l'avoir fait avant le 7 juin ? (La réponse est dans la question)
Il y a quelques temps, j'ai écrit dans un billet où je m'interrogeais sur le populisme, que "s'il faut reconnaître un - faux - mérite au populisme, c'est
celui de rendre le discours politique plus largement accessible. En simplifiant les enjeux, ceux-ci deviendraient lisibles et, de ce fait, susceptibles d’être débattus. À outrance. Or,
la simplification est-elle vraiment compatible avec la nuance et la complexité ?" Je ne change pas d'avis. Il n'y a pas de solution simple aux situations complexes, ça se saurait.
Par ailleurs, ces propos montrent tout son mépris pour la démocratie (y compris pour les élus de son parti) et les vertus du débat démocratique. Quelques personnes, douées certainement pour
prendre et occuper le pouvoir dans leur parti respectif (un ami dirait : "des tueurs", parce qu'on n'arrive pas là "sans avoir beaucoup de sang (virtuel !) sur les mains")
s'arrogeant le droit d'être "compétents en tout" vont décider pour tout le monde. N'est-ce pas là une définition de l'absolutisme ? Autre nom du mal qui a rongé ce spectre de pays : la
particratie.
Le rôle du politique doit être revu. Des démarches citoyennes comme celles des Etats généraux de la Wallonie ou encore du Mouvement du Manifeste wallon vont dans ce sens. Rendre aux citoyens
le droit de faire ds choix et d'être maîtres de leur destin collectif. Nous en sommes décidément bien loin en Belgique. L 'État ne doit pas d'abord être le détenteur de la violence
légitime, mais surtout, comme l'a écrit Jean-Marc Ferry, le détenteur de l'éducation, légitime !
Ce n'est pas nouveau, ce mépris de madame Milquet a déjà été stigmatisé par Jean-Emile Humblet (ici, à propos de la culture et des Wallons), ancien sénateur et militant
wallon lors d'une intervention qui se retrouve sur Youtube :
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